mardi 4 décembre 2012

La face cachée de la viande... dimanche, le 9 décembre 2012, sur TVA

On vous en a parlé ici il y a bientôt deux ans. 
Et à nouveau en mai dernier lors de la sortie de la bande-annonce:
http://journaljose.blogspot.ca/2012/05/la-face-cachee-de-la-viande-le-film-de.html
On commençait à se demander ce qui faisait que ça tardait autant...

Synopsis:
« Qu’ont en commun Pamela Anderson, Maman Dion, Anthony Calvillo, Patrick Norman, Hubert Reeves, Georges Laraque et Dr Richard Béliveau? Ils nous dévoilent La face cachée de la viande! »

Le documentaire

La bande-annonce:
http://www.juliesnyder.ca/vegetarisme-et-implications-sociales.html
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Ce qu'on ne vous a pas raconté, cependant, c'est notre petite, toute petite, implication dans ce projet. À l'étape de la recherche, notre famille (tous les 4 végétaliens) a répondu à la demande de la recherchiste qui cherchait des gens qui étaient végétariens, ou en cheminement vers le végétarisme. Elle nous a téléphoné; nous avons répondu à ses questions, Olivier et moi, puis Jérôme, à sa façon, comme vous pourrez le constater ci-dessous.

Je ne me rappelle pas exactement tout ce que j'ai partagé, mais assurément j'ai raconté comment nos enfants, parce qu'on les a respectés, parce qu'on a répondu à leurs questions, parce qu'on a cherché les réponses avec eux lorsqu'on ne savait pas, parce qu'il leur a été permis et offert de faire des choix dès tout petits, pour eux-mêmes, avec les informations qu'ils avaient, et en expérimentant par eux-mêmes, ils ont appris à faire des choix. Et ils ont toujours fait de bons choix. Qui allaient dans le sens de la vie. Pas à l'inverse. 
(Ce ne sont pas eux qui rament à contre-courant!)

Nous avons rédigé 4 billets sur ce sujet et nous pensons les publier ici prochainement. À suivre, donc.
 Édith

Lettre du 6 oct. 2009, par Jérôme, qui a demandé que j'en fasse la lecture à la recherchiste au téléphone.
***
Voici enfin la republication du témoignage écrit par Olivier en 2007 alors qu'il avait 15 ans, et qui a été d'abord publiée dans le bulletin du printemps 2008 de Aequo-Animo.

Témoignage d’un adolescent ‛‛vegan intensif’’
« Je me présente, Olivier, apprenti journaliste-astrophysicien-producteur. Je suis végétalien, et dans ce domaine, je ne suis pas un apprenti. Je me présente d’ailleurs comme un vegan intensif.

Mais j’avoue avoir hésité avant de me décider à raconter mon histoire, craignant qu’elle ne fût peut-être pas suffisamment exceptionnelle pour des lecteurs habitués à des récits aussi pittoresques que celui du père de Brigit Marlin, par exemple (Rencontre avec un chasseur repenti - Automne 2007).

Je crois me souvenir avoir dit un jour : "Mais Dieu n’a-t-il pas créé tout ça pour nous ?" Et ceux qui me connaissent et qui liront ce texte n’en reviendront pas. Mais ce n’est peut-être aussi qu’un souvenir confondu avec cette réplique qui me fût maintes et maintes fois redite, au point d’en devenir l’argument simple et classique d’un carnivore sans imagination. D’autant plus que je ne croyais pas tellement en Dieu, ou, peut-être plutôt, dans la sorte de Dieu dont j’entendais parler; un Dieu qui vous dit de répandre le sang et la terreur parmi ses créations ?
Autant dire que mon choix n’avait pas vraiment de lien avec une certaine spiritualité que je n’avais pas de toutes façons
Mes amis diront que j’en ai tout de même une et ma mère répétera que ma vie elle-même est une prière mais à cela je répondais "Pfff !"(et Denise, ma voisine, m’en est témoin !)
Ma métamorphose, car cela en est une, fût engendrée par bien des éléments et événements qui "allumèrent" ma conscience et ma connaissance.

Car, même sans croire que nous avons une âme ou que nous sommes tous une partie ou création d’un même tout (Dieu, la Vie, ou autre,) on ne peut nier que tous les animaux, incluant les êtres humains, sont constitués d’une même substance – on appelle ça des particules élémentaires – et qu’ils proviennent de la même source. Création divine ou non, nous sommes les mêmes. J’ai donc vu assez tôt un pied d’égalité entre toutes vies, ce, dès l’âge de 7 ans.

Plusieurs éléments m’ont conduit vers le végétarisme : amis végétariens m’expliquant calmement leur choix, animaux que l’on voit souffrir et être manipulés au gré de certains, contenu des assiettes provenant de la cuisson de cadavres, et d’autres raisons encore, quoique je n’avais jamais pensé à l’aspect santé – du moins, pas à la mienne, celle des animaux mangés, oui, mais la santé n’est pas vraiment la préoccupation d’un jeune de 7 ans n’ayant pas énormément consommé de viande jusqu’alors.
Une goutte d’eau a fait déborder le vase. Mon père et moi avions capturé deux écrevisses dans une rivière près de notre demeure; activité tout à fait normale, tout bon père et fils vont régulièrement martyriser de pauvres animaux sans défense tels des poissons.
Je ne voulais pas leur faire de mal, simplement les conserver pendant deux jours dans un - minuscule - bol en plastique.
Elles se portaient bien, c’est sûr, autant que si vous vous retrouviez à deux individus coincés dans une pataugeoire, à court d’oxygène, et observés par d’étranges géants d’une autre planète.
J’ai voulu toucher à l’une des écrevisses mais elle m’a pincé et j’ai retiré ma main en vitesse arrachant accidentellement la pince de l’écrevisse.
La douleur alors ressentie par l’écrevisse pendant les quelques heures qui suivirent devait être assez atroce. Je dis quelques heures, car la pauvre écrevisse n’a pas survécu davantage. Je venais de provoquer et d’assister à la mort lente et douloureuse d’un animal qui ne m’avait jamais rien fait ni rien demandé ...

L’écrevisse survivante, de retour à l’eau, ainsi que le cadavre à la pince arrachée, mon père et moi avons repris la route qui passait par la maison de mes grands parents paternels.
J’ai décidé de devenir végétarien et de leur apprendre la nouvelle.
Les questionnements suivirent, et je leur racontai l’histoire de l’écrevisse.
"Le petit gars de 7 ans qui se culpabilise pour rien et s’attendrit pour les animaux." "Il ne tardera pas à retrouver la réalité", semblaient-ils penser tout en essayant de me convaincre que ce n’était rien de grave.
La 'réalité' court toujours. Leur désaccord avec mon choix, et leur indifférence envers les animaux, s’est vite manifesté et c’est toujours le cas.
Mais d’autres se sont montrés ouverts à ma décision. Je me souviens être allé quelques jours plus tard chez mon meilleur ami et lui avoir parlé de tout cela, ainsi qu’à sa sœur. Ils mangent toujours de la viande mais ils ne m’ont pas critiqué lorsque je leur ai appris la nouvelle. Qu’y aurait-il eu à contredire ? Que les autres animaux sont aussi des êtres vivants ?
Il va sans dire que toute ma parenté n’est pas végétarienne mais, en ce qui concerne ma famille, mes parents et mon frère, là oui, l’effet a fait boule de neige ... - et pas boulette de viande !
Nous ne sommes que quatre mais combien d’animaux sauvons-nous chaque année en ne les ... consommant pas !
 
Ma mère a été la première à s’intéresser à mon choix. D’une manière, elle attendait inconsciemment quelqu’un à suivre dans cette voie puisqu’elle n’avait jamais réellement aimé la viande. Il suffit de voir la vache morte dans l’assiette, beurk!
 
Mon frère et mon père ont mis un peu plus de temps. Ils ne mangeaient pas de viande à la maison puisque nous n’en achetions plus, mais il leur arrivait d’en manger occasionnellement à l’extérieur. Lentement mais sûrement, mon père, qui mène une vie active et pratique un métier dur physiquement, s’est vu devenir plus en forme avec des pois chiches et se sentir mal en point avec de la viande. Et dire qu’un de mes amis qui pousse une tondeuse pendant l’été me dit avoir besoin de protéines animales à cause de son activité physique …
 
Nous avons aussi le bonheur de compter parmi nos relations, une autre famille végane avec laquelle nous partageons occasionnellement des buffets. Croquettes, trempettes, pâtés, salades garnissent la table dans une abondance de plats variés et délicieux comme je n’aurais jamais imaginé dans les débuts de mon végétarisme. Il faut voir et goûter ces plats pour le croire.
Voilà maintenant plus de deux ans que je suis végétalien.
 
Mais pourquoi ai-je mis cinq ans avant de franchir ce pas ?
Je n’ai appris qu’à l'automne 2005 en quoi consistait le cycle de la production intensive lait-veau et que des veaux sont tués pour que leur enzyme serve à donner cette consistance qui fait la renommée du fromage.
 
Avant cette année-là, je vivais dans un monde où la vache donnait naissance à son veau, le nourrissait jusqu’à ce qu’il soit sevré et ensuite, les humains utilisaient pour eux le lait restant...
Mais nous ne vivons pas dans un monde naturel tel que les publicités de l’industrie laitière veulent nous laisser croire … (Lire "Nos belles fermes du Québec" dans le bulletin précédent)
 
Comme mot de la fin, je dois d'abord dire que c’est loin d’être fini.
"Et l’aspect social dans tout ça?"
Comme j’ai l’habitude de répondre à une question par une autre : "Faut-il vivre socialement ou correctement ?" Osez ! Mais, même sans défier les gens comme j’ai tendance à le faire, montrez-leur que vous tenez à vos principes et que vous êtes quelqu’un qui respecte toute forme de vie (et qui se respecte) et qui considère la vie à sa juste valeur, valeur dépassant tout prix.
 
Bonne route à tous, et, gaffe au stearoyl-2-lactylate de sodium dans le pain ... on ne sait jamais ... Nous sommes tous frères ! Prouvons-le ! »

1 commentaire:

BénéBretagne a dit…

Wow, quelle plume ! Quel laser ! Quelle maturité ! Très inspirant ! La contrainte rend créatif : supprimer les protéines animales permet de découvrir bien d'autres denrées alimentaires, de les accommoder, de se régaler, tout cela en valorisant la biodiversité. Merci pour tout ! Des bises à tous les 4 !

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