lundi 18 décembre 2017

Tout naît de notre accueil à l'enfant (petit ou grand)

Ce matin, facebook me rappelait une des mes publications de 2012.

Après cette journée de cuisine traditionnelle de nos beignes en famille, j'en ai fait une brève traduction, que j'ai choisi d'accompagner d'une photo que j'ai prise à Montréal en mai 2013. J'ai plus tard appris que cette sculpture est de l'artiste Léa Vivot, et qu'elle s'appelle... Mother and child.

J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com


Comme vous savez, tout mon travail, toute ma vie - c'est la même chose - de maman, de blogueuse à J'OSE la vie!, d'autrice, de photographe, de citoyenne engagée, de responsable et d'idéatrice du congrès Écologie de l'enfance, tout, absolument tout, naît de cette certitude inscrite dans mon instinct depuis que je suis devenue maman (ou depuis toujours ?) que tout ce que chacun.e vit à chaque instant naît de l'accueil reçu à chaque instant. Et la science ne fait que continuer de nous le démontrer.


Si vous ne suivez pas notre page facebook, je dépose ici quelques liens et extraits d'articles sur le sujet que j'y ai partagés récemment :

Allaitement, un homme en parle - par James Akré, sociologue de formation et promoteur de l'allaitement
L'allaitement ne nous rend pas plus intelligents ; c'est plutôt le non-allaitement qui nous empêche d'atteindre notre potentiel d'intelligence. Les bébés humains ne réaliseront jamais leur potentiel génétique en ingérant du fast-food pédiatrique - je parle là des laits industriels (29) - fabriqué à partir du lait d'une espèce qui nous est étrangère.
Il n'y a pas de bénéfices de l'allaitement, il n'y a que des degrés variés de risque, pour la santé des mères et des enfants, à ne pas allaiter. En fait, vanter les « bénéfices de l'allaitement » n'a pas plus de sens que vanter les « bénéfices de marcher debout sur deux jambes ». Tous deux sont des traits qui définissent - ni plus ni moins - ce que c'est qu'être humain.
D'ailleurs, en parlant de marcher debout, il est peu probable que prôner l'exercice physique soit vu comme une tentative d'humilier les personnes en fauteuil roulant. Pourtant, certains observateurs ne se gênent pas pour clamer que le but réel de la promotion de l'allaitement est de culpabiliser les mères qui donnent le biberon.

Yes, it's Your Parents' Fault
N'ayez crainte, malgré un titre accrocheur, l'article n'est pas moralisateur. D'ailleurs, il faut bien en parler parce que chaque fois qu'on aborde le sujet de notre attitude face à l'enfant, on semble nager en pleine épouvante - peur de la culpabilité. Personnellement, une fois l'émotion respirée, (oui, la peur est une émotion), je trouve bien au contraire que c'est responsabilisant, que ça permet de reprendre chacun.e notre autonomie. Se permettre enfin de regarder clairement les faits, et agir, n'est-ce pas un pas majeur vers ce retour à soi que nous valorisons tellement dans nos sociétés ?

By the end of our first year, we have stamped on our baby brains a pretty indelible template of how we think relationships work, based on how our parents or other primary caregivers treat us. From an evolutionary standpoint, this makes sense, because we need to figure out early on how to survive in our immediate environment.

“Our attachment system preferentially sees things according to what has happened in the past,” said Dr. Amir Levine, a psychiatrist at Columbia University and the co-author of the book “Attached,” which explores how attachment behaviors affect the neurochemistry of the brain. “It’s kind of like searching in Google where it fills in based on what you searched before.”
Et mon préféré (quand des chercheurs découvrent et démontrent ce que nos enfants nous ont montré, ce que nous avons vu et vécu depuis des décennies...) :
How often you hold your baby actually affects their DNA, study finds
A loving mother’s caress is more than simple comfort to an infant. Scientists have known for decades that touch is critically important for a child’s healthy development, according to an article in the journal Pediatric Child Health.
But now a new study shows that the amount a baby is touched can leave lasting, measurable effects — not just on behavior or growth, but all the way down to the molecular level of the DNA. Those changes, the scientists speculate, could have negative effects on the way the child grows and develops.

Read more here: http://www.miamiherald.com/news/nation-world/national/article186889938.html#storylink=cpy

Sur ce, je vous souhaite bonnes lecture. De mon côté, j'essaie de revenir à moi, cad de retourner à mon écriture un peu délaissée par tout le travail de la première tournée d'Ophélie Véron au Québec. Je ne vous dis pas sur quel sujet j'écris, si ce n'était pas déjà une évidence, je viendrais de le dire dans ce billet. ;-)


Et je vous dis, à bientôt j'espère, avec une ou deux bonnes recettes de beignes ... véganes évidemment ! :-)


Édith

P.S. Au cours de cette tournée avec Ophélie, on nous a demandé à quelques reprises quel était le 'lien' entre nous / notre travail respectif. Si vous vous posez aussi cette question, je vous dirige vers ce billet qui explique assez bien, je crois : La dignité des faibles

extrait :
« Lorsque nos enfants étaient petits, nous les avons respectés de plus en plus à mesure que nous sommes devenus plus attentifs à eux qu'à qui ou quoi que ce soit d'autre. Respect pour leur rythme, leurs besoins, leurs enthousiasmes, leurs choix. »

mercredi 25 octobre 2017

Affiche : Tournée d'Ophélie Véron au Québec du 4 au 17 novembre 2017

Quelle joie de vous présenter l'affiche de la tournée d'Ophélie Véron au Québec qui approche à grands pas !  Au programme : une dizaine de conférences, accompagnées de rencontres et dédicaces, à Montréal, Québec, Sherbrooke et Bromont. 

Et pour terminer cette première tournée en beauté, Ophélie recevra ses invité.e.s - Élise Desaulniers, Martin Gibert et Anne-Marie Roy - animation par Joseph Elfassi, journaliste - lors d'une table ronde au Salon du Livre de Montréal

Après quelques semaines d'attente, j'ai été ravie d'apprendre, le mois dernier, que ma proposition de table ronde sur le véganisme avait été retenue par le comité de sélection du Salon du Livre !! :-D Je pense même - corrigez-moi si je fais erreur - que ce sera le premier événement sur le sujet dans un salon du livre francophone. Ne manquez pas ça !

Ophélie Véron au Québec - J'OSE la vie !

Le calendrier et toutes les infos - et modalités de réservations le cas échéant - sont ici: https://ophelieveron.com/fr/accueil/tournee-quebec-2017/

Bienvenue à chacune, chacun ! (non, non, ce n'est pas seulement pour les véganes, bien au contraire ! :-)
Au plaisir de vous y accueillir,
Édith

P.S. En attendant votre copie dédicacée, pour vous mettre l'eau à la bouche je vous invite à lire cette excellente revue du livre Planète Végane sur le site Végane Québec en cliquant sur le logo V jaune et vert, ici :



mercredi 18 octobre 2017

Communiqué : Lancement au Québec de « Planète Végane » et première tournée au Québec d'Ophélie Véron - Antigone XXI - du 4 au 17 novembre 2017

COMMUNIQUÉ
Pour diffusion immédiate
 
Québec, 18 octobre 2017 – Première tournée d'Ophélie Véron au Québec - novembre 2017


Ophélie Véron – chercheuse en sciences sociales et autrice du célèbre blog Antigone XXI – fera une première tournée de conférences au Québec du 4 au 17 novembre prochain, à l'occasion du lancement de son livre Planète Végane - Penser, manger et agir autrement.

Invitée du Festival Végane et d'universités à Montréal, la conférencière visitera également les régions de Québec, l'Estrie et l'Outaouais pour clôturer cette première tournée au Salon du livre de Montréal, où elle sera d'une table ronde aux côtés de ses invité.e.s : Élise Desaulniers, Martin Gibert et Anne-Marie Roy. Sur son itinéraire, cinq conférences différentes sont proposées pour répondre à toutes les questions possibles et imaginables sur le véganisme, que l’on soit omnivore, végé en devenir ou végane de la première heure.

Et si nous vivions sans exploiter les animaux ? Viande, fromage, laine, cuir, corrida, zoo… Au-delà d’une simple alimentation, le véganisme est un mode de vie, un engagement philosophique et un mouvement politique qui nous invite à changer notre regard sur le monde et sur notre quotidien. C’est aussi une alternative de société, qui vise tout autant à respecter la vie animale qu’à préserver la planète et les générations futures. Loin des idées reçues, Ophélie Véron signe avec Planète Végane un ouvrage riche et bien référencé. Tout y est, des origines du mouvement aux outils nécessaires pour s’engager en faveur d’un monde plus juste et solidaire. 
 
Ophélie Véron est chercheuse en sciences sociales à l'Université Catholique de Louvain et fondatrice du blog Antigone XXI. Ancienne élève de l'Ecole Normale Supérieure de Paris et diplômée de l'Université d'Oxford, elle est titulaire d'un doctorat en géographie (University College London). Ses recherches portent notamment sur les mouvements sociaux, le véganisme et les idéologies dominantes. Autrice de plusieurs livres, elle vient de publier Planète Végane aux éditions Marabout (Hachette).

« Le véganisme, ce n’est pas seulement dire non, c’est dire oui autrement. » ~Ophélie Véron
Horaire :
  • Samedi, 4 novembre : Festival Végane de Montréal, Marché Bonsecours, conférence, 16h00
  • Mardi, 7 novembre : Montréal, Librairie Zone Libre, lancement, apéro-conférence-discussion, 17h30
  • Mercredi, 8 novembre : Québec, Bibliothèque Saint-Charles, conférence,19h00
  • Jeudi, 9 novembre : Québec, Université Laval, Pavillon Abitibi Price, local 1160, en collaboration avec l'AVÉGÉ-UL, conférence,11h30
  • Jeudi 9 novembre : Québec, Les Gourmandises Louca, séance de dédicaces, 17h30
  • Jeudi, 9 novembre : Québec, Bibliothèque Claire-Martin, conférence, 19h00
  • Samedi, 11 novembre : Sherbrooke, Centre Communautaire Jacques-Cartier, en collaboration avec l'Association Végétarienne de l'Estrie, conférence, 15h00
  • Dimanche, 12 novembre : Bromont, Espace Vie - Le Studio, en collaboration avec Pur et Simple restaurant, conférence, 15h30
  • Mercredi, 15 novembre : Montréal, Université de Montréal, en collaboration avec la S.A.V.E. (Société pour l'antispécisme, véganisme et l'écologie), conférence, 18h00
  • Jeudi, 16 novembre : Montréal, Université du Québec à Montréal (UQAM), en collaboration avec le CASA, (Collectif Antispéciste pour la Solidarité Animale), conférence, 17h30
  • Vendredi, 17 novembre : Salon du livre de Montréal, Place Bonaventure, Place Confort TD, table ronde, 18h00
  • Vendredi, 17 novembre : Salon du livre de Montréal, Place Bonaventure, Stand Hachette, séance de dédicaces, 19h00
D'autres conférences sont à confirmer pour Montréal et Gatineau.

Entrée : Selon le lieu. Consulter le calendrier : https://ophelieveron.com/fr/tournee-quebec-2017/
Détails et réservations en ligne : https://ophelieveron.com

30 –
Source :
Édith Chabot
Pour demande d'entrevue : edith (arobase) ophelieveron (point) com

mardi 12 septembre 2017

Lancement officiel du livre « Planète Végane » et tournée de conférences d'Ophélie Véron au Québec

GRANDE NOUVELLE ! 

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Je suis ravie et fière de vous annoncer ma toute nouvelle collaboration avec Ophélie Véron, chercheuse en sciences sociales et autrice, entre autres, de PLANÈTE VÉGANE (marabout, 2017).

Le lancement officiel au Québec de « Planète Végane » et la toute première tournée ici d'Ophélie Véron, se tiendra du 3 au 17 novembre prochain !

Après le Festival Végane de Montréal (4 et 5 novembre), d'autres conférences - pour tout genre de public - sont prévues pour les régions de Montréal, Outaouais, Estrie, Québec et la Mauricie. Plus d'informations sur les dates et lieux des conférences à venir sous peu.

Pour organiser une conférence dans votre ville, n'hésitez pas à me contacter... avant que son emploi du temps ne soit entièrement rempli ! :-)

À bientôt !

Pour découvrir le livre et l'autrice, voici quelques liens :

lundi 7 août 2017

Plus intelligent que l'enfant ?

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« Si on définit l'intelligence comme la faculté d'apprendre des choses nouvelles, de trouver des solutions à des problèmes se présentant pour la première fois, qui donc est plus intelligent que l'enfant ? »
~ Michel Tournier (Le Roi des Aulnes)

mardi 1 août 2017

André Stern parle de « JOUER », son nouveau livre (Actes Sud, 20 septembre 2017)


Quelques extraits ici mais écoutez au complet ces 4 minutes de pur, de vrai,... d'enfant !

« C'est ainsi que nous sommes venus au monde, c'est ainsi que sont les enfants. Ils n'ont pas besoin d'entraînement, ils sont ainsi. »

« Les enfants jouent, et dans leurs jeux, ils ont la possibilité de faire des choses qu'ils ne pourraient ni faire ni vivre autrement, car elles seraient trop dangereuses "en vrai". Ils ont une si incroyable constance. La répétition leur permet d'assimiler toutes ces choses. »
« Nous nous voyons toujours comme les autres nous voyaient enfants, et nous pensons : "Je suis nul en gym", ou "Je suis nul en maths". Cet enfant blessé, nous le portons toujours en nous. Et la réconciliation avec cet enfant blessé, va changer le monde. »

lien vers la présentation du livre : andrestern.com/jouer

dimanche 30 juillet 2017

JOUER, le nouveau livre d'André Stern : Et si un nouveau regard sur l’enfant qui joue changeait le monde ?

Et si un nouveau regard sur l’enfant qui joue changeait le monde ?
« Le jeu est pour l'enfant la manière la plus directe de se connecter à la vie de tous les jours, à lui-même et au monde. Le jeu libre est pour lui une nécessité, une prédisposition, un penchant, souvent un impératif. Il est un accomplissement profond. » André Stern
La concurrence, les attentes, les systèmes d'éducation soumettent les enfants et leurs parents à une énorme pression. Dans ce contexte, le jeu est relégué au titre « d’activité pour les loisirs », les dispositions naturelles des enfants restent incomprises, et d’innombrables possibilités de développement leur sont dérobées.

Avec Jouer, André Stern livre un plaidoyer captivant pour l’avènement d’une nouvelle attitude face à l’enfant. Une attitude – et non une méthode – applicable partout et en toutes circonstances, dont l’ingrédient principal est une confiance inconditionnelle dans les dispositions natives de l'enfant. Cet ouvrage nous invite, au lieu de chercher à optimiser les performances et la compétitivité, à prendre au sérieux l’enfant qui joue. Car lorsqu’ils font l’expérience de notre confiance dans leur développement spontané, nos enfants vivent leur plein potentiel, et c’est précisément en jouant à leur rythme, sans contrainte et avec bonheur, qu’ils apprennent vraiment.

(avec des contributions originales de Ken Robinson, Sophie Rabhi, Gerald Hüther, Arno Stern, Erwin Wagenhofer et Sabine Kriechbaum, Thomas Sattelberger, Katharina Saalfrank et Teresa Mekel)

Marié, père de deux enfants, André Stern est musicien, compositeur, luthier, auteur et journaliste. Son travail dans les médias et ses activités de conférencier dans les universités, auprès des professionnels de l’éducation et du grand public, répondent à un intérêt croissant de la part de tous ceux qui, de près ou de loin, vivent et travaillent avec les enfants. Il est l’auteur de …et je ne suis jamais allé à l’école (Actes Sud, 2011, 8 000 ex. vendus - parution simultanée en Babel)

  • Broché: 192 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (20 septembre 2017)
  • Collection : Domaine du possible
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2330078005
  • ISBN-13: 978-2330078003


http://www.andrestern.com/fr/andre-stern/publications/ecrits/jouer.html

lundi 3 juillet 2017

Évaluer le 'unschooling' - projet de loi au Québec

Depuis quelques décennies, au Québec comme partout ailleurs, des parents choisissent, pour l'éducation de leurs enfants, d'adopter cette nouvelle attitude de respect et de confiance qu'on appelle 'unschooling' chez nos voisins anglophones.

Devant cette nouvelle* attitude face à l'enfant, on rencontre évidemment une curiosité naturelle mêlée de fascination mais aussi, bien souvent, une certaine crainte devant l'inconnu..., cet 'inconnu' qu'est l'enfant.

*J'écris nouvelle mais on sait tous que cette attitude est en réalité bien plus ancienne. Il s'agit, bien sûr, de l'accueil attendu par l'enfant - qui vient au monde - et qui est malheureusement bien éloigné de celui qui lui est concrètement réservé dans nos sociétés. Pourtant, cette attente native inscrite dans nos programmes génétiques est toujours la même, aujourd'hui encore, après des millénaires.

À cette curiosité, chaque parent répond, s'il le souhaite ... ou se sent pressé de le faire. Au gré des questions de son entourage, grand-parents, oncles, tantes, amis, voisins, collègues, chacun.e surtout, y va de son bagage, son témoignage. Ce qui ne devient pas pour autant un questionnaire obligatoire, n'est-ce pas ? 
 
Depuis longtemps, mais plus encore depuis le dépôt du projet de loi 144, bien des parents se demandent comment ils pourront s'assurer que les apprentissages de leurs enfants soient vus, compris, par les 'autorités' chargées d'évaluation.

À ce questionnement, ma réponse est que seule une volonté sincère d'apprendre à connaître l'enfant ouvrira la porte de la communication. Et ceci, de la part de chaque personne impliquée d'une façon ou d'une autre, de près ou de loi, dans l'apprentissage / la vie d'un enfant :


dimanche 7 mai 2017

Tel que tu es, tu es parfait - dispositions spontanées de l'humain - André Stern

J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com

Les dispositions spontanées, c'est notre équipement de base, 
c'est ce dont chaque humain est équipé à la naissance. 
C'est renversant, c'est notre équipement de série. 
Et connaître cet équipement de série 
- qui est celui de tous les enfants, il n'y a pas de handicap qui nous en priverait - 
c'est regagner confiance en l'enfant, donc regagner confiance en nous-mêmes, 
changer de vision, donc d'attitude et retrouver cette nostalgie 
qui au lieu de toujours nous remettre en questions 
et nous remettre en doute et nous comparer 
nous dit : « aah, tu es parfait tel que tu es ! »
~André Stern

mardi 28 mars 2017

Le unschooling est-il une méthode? - petit lexique du unschooling



28 mars 2017 - Hier, sur une liste de discussion, la question de "ce qu'est le unschooling" a été soulevée. À toute fin utile, je copie ici le petit lexique que j'y ai partagé.
Un peu partout, et de plus en plus depuis au moins une dizaine d'années, on confond unschooling avec homeschooling ou relaxed homeschooling, sans parler de unparenting...

Ci-dessous, j'essaie d'éclairer un peu les choses.

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Je me sens indéfectiblement interpellée par les diverses définitions (parfois erronées) que donnent des parents et parfois aussi des journalistes ou des chercheurs, à ce mot. N'y a-t-il pas un certain danger qui puisse perdurer à amalgamer le mot unschooling avec homeschooling ou en faire un cocktail avec le respect des dispositions spontanées de l'enfant? Et quid de la confusion avec unparenting ? Aux yeux du grand public, mais aussi sur les lieux de rencontre avec des parents en recherche (ou pas), cette confusion peut conduire à croire – puis à affirmer, publiquement – que cette attitude serait la même que le vécu école à la maison (version unschooling ou pas), ou encore que le vécu serait exactement le même à temps plein ou à temps partiel. Difficile ici de ne pas voir un certain parallèle avec le végétarisme, l'allaitement ou un accouchement naturel... j'y reviendrai à la fin de ce billet.

Le problème soulevé ici n'est pas celui de l'implication lorsqu'on adopte une attitude ou une autre face à l'enfant, ou que l'on choisisse de respecter ses dispositions spontanées quand on se sent de le faire, mais bien de définir les mots de façon juste, afin de les utiliser pour ce qu'ils représentent, sans apposer d'étiquettes sur les personnes, et sans plus d'affect. Comme on l'a fait avec tant d'autres mots (récemment : végétarisme, végétalisme, véganisme, …) et qu'on le fera certainement avec bien d'autres dans le futur.

Suit un post qui attendait en file depuis 3 ans : « Le unschooling est-il une méthode ? »
Enfin quelques parallèles, et une conclusion / retour à soi et au début de la vie. ;-)
 

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petit lexique
  • homeschooling / école à la maison, scolarisation à domicile : apprentissage à la maison avec une approche ou une pédagogie particulière ou à l'aide d'un programme scolaire (généralement choisi par un adulte) ;
  • relaxed homeschooling : apprentissage à la maison avec ou sans méthode particulière ou programme scolaire sauf pour certaines 'matières' jugées plus importantes par l'adulte (ex. : maths, langues...);
  • unschooling / apprentissage autonome (aussi appelé apprentissage libre ou informel) : apprentissage selon les enthousiasmes de l'enfant, toujours librement, avec la confiance et le respect, l'attention et la disponibilité constante d'au moins un adulte de référence;
  • radical unschooling: comme le unschooling, avec la même confiance et le même respect envers l'enfant concernant les autres aspects du quotidien (ex.: alimentation, sommeil, vie du foyer...);
  • attachment parenting / parentage de proximité : parentage biologique/naturel fondé sur l'attachement, un lien affectif fort et sécurisant entre l'enfant et ses personnes de référence primaire;
  • écologie de l'enfance: attachment parenting + unschooling radical élargi pour englober toutes les étapes de la vie. L'écologie de l'enfance est, en fait, le respect des dispositions spontanées de l'enfant;
  • deschooling / déscolarisation: période de vie, de changements de paradigmes, principalement pour les parents, et qui s'étend généralement sur quelques années avant d'en arriver au unschooling;
  • le mot unschooling se dit de la période de vie qui correspond à l'âge de la scolarisation obligatoire dans la province/pays/état où l'on vit, donc de 6 à 16 ans au Québec;
  • le mot unschooler se dirait de l'enfant qui vit le unschooling, mais pas du parent.
 
Enfin, je le répète, je le partage aux fins de recherche et nullement dans le but de créer des catégories de personne - ce qui n'existe pas. D'ailleurs, je n'ai que rarement vu/lu ces mots utilisés pour qualifier des personnes, mais bien pour nommer des expériences, des vécus, ce qui est pertinent en sciences. Les personnes, elles, restent... des personnes. :-) Comme je l'expliquais ici à propos de la différence entre le végétalisme et 'être végétalien/ne'.
Ce petit lexique sera plus ou moins utile pour chacune/chacun au quotidien, mais comme pour tout autre sujet, il l'est particulièrement pour la recherche ou la diffusion d'information.

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 Le unschooling est-il une méthode ?
On peut penser que le unschooling est une méthode différente, une autre façon de faire l'école à la maison.
Ça ne l'est pas.

On peut penser que le unschooling est une approche éducative équivalente mais différente des autres approches.
Ça ne l'est pas.

Un peu partout, on a vu décrit plusieurs 'approches', le plus souvent classées hiérarchiquement, de la scolarisation à domicile (qu'on dit structurée...) jusqu'au unschooling (qu'on dit non-structuré...).
Ce n'est pas la réalité.

Et c'est bien dommage car cette présentation induit parfois des gens en erreur. De là, certains croient que le unschooling c'est :
  • ne rien faire et espérer/rêver que les enfants apprennent;
  • unparenting: négligence envers (l'éducation de) l'enfant;
  • le chaos (dont semble-t-il l'univers serait issu, soit dit en passant... :-)
De là, certains continuent de craindre les unschoolers, de supposés 'extrémistes' qui ne voudraient pas éduquer leurs enfants ! De là encore, certains croient que le unschooling ne marche que si on tombe, par hasard, sur des enfants exceptionnels, ou exceptionnellement 'doués' et sérieux qui, on-ne-sait-pas-pourquoi-eux, ont toujours envie d'apprendre, mangent sainement et rangent leur jouets, même si on ne les force pas.

Mal servis en matière d'information - parfois aussi de soutien - certains ne comprennent pas pourquoi le unschooling ne 'marche' pas chez eux. Les fausses idées et préjugés comportent un risque important, celui de l'incompréhension donc du jugement erroné. Alors, essayons de clarifier un peu les choses : 
  • Le unschooling n'est pas une méthode, ce n'est pas une approche pédagogique;

  • Le unschooling est un choix:
    • fait par les parents;
    • face à l'accueil qu'ils font à leurs enfants;
    • à propos du 'comment' ils choisissent de vivre AVEC leurs enfants;
     
En matière d'apprentissage/éducation, notre famille a reconnu au fil du temps trois points de vue qui peuvent influencer les parents à faire un choix ou un autre. Parfois, et souvent temporairement, on va osciller de l'un à l'autre.


Trois points de départ :
- la société
Comme nous, avant '99, bien souvent les parents croient que l'école est obligatoire. C'est faux pour presque tous les pays. Aussi, des parents craignent que leurs enfants ne soient un fardeau (financier, d'habitude), pour eux ou pour leur communauté/société plus tard, s'ils n'ont pas été scolarisés, et diplômés. Ce qui n'est pourtant pas une garantie. Sans parler de tous les autres aspects que financier.

- les parents 
Comme moi, avant que je ne regarde mon enfant comme une vraie personne différente de moi, avec son rythme propre et ses enthousiasmes bien personnels, des parents partent de leurs besoins à eux comme point de vue lorsqu'ils accueillent un enfant. Besoins affectifs, émotionnels, sociaux, financiers, etc. Le parent qui a toujours voulu voyager, 'réussir', jouer du violon ou au hockey. Le parent qui veut bien paraître dans son réseau familial ou social, pour ne pas en être exclu.
À l'âge adulte, s'il nous reste des besoins non-comblés, ou s'il reste des traces d'émotions qui ont été réprimées, on peut agir et changer cet état de fait. N'ayant pas vécu l'attachment parenting, dans cette culture qu'est la nôtre, nos besoins n'ont pas tous été comblés. C'est un fait, une réalité avec laquelle on compose tous. Heureusement, le cerveau humain fonctionne bien. Les émotions réprimées dans l'enfance resurgissent lors de situations semblables, pour être vécues (je dirais même 'respirées'). Naturellement, lorsqu'on choisit de vivre AVEC l'enfant au quotidien, des tas de situations semblables vont se produire. Une impulsion vitale et naturelle nous pousse à vouloir combler nos besoins. Ce qui peut nous conduire à tenter de le faire de la façon apprise culturellement : en réprimant les émotions ou les besoins de nos enfants pour exprimer les nôtres, par exemple. 
Pourtant, satisfaire nos besoins en premier ne satisfait pas ceux de l'enfant. Et le petit humain étant dépendant - c'est sa nature - en prendre soin est notre engagement de parent. Le contraire, en revanche, fonctionne ! Commencer par l'enfant, respecter ses dispositions spontanées, satisfaire ses besoins, a un effet secondaire qui est de combler les nôtres, celles de notre enfant intérieur du passé. Et plus on le fait, plus on en voit l'effet rapidement. Essayez pour voir ! :-) 

- l'enfant
Ici, on part de l'enthousiasme naturel de l'enfant pour ceux et ce qui l'entoure. Souvent, cette attitude nous re-vient parce qu'on est conscient d'un mal-être, et qu'à chercher, on trouve de l'information - et du soutien - sur le sujet. Ou elle nous vient tout naturellement en vivant AVEC l'enfant. Par l'observation, et l'attention - l'attentivité - on voit, on sent, ce que l'enfant, la relation, nous indique. La communication dont il est capable, les réactions de son corps ou son comportement, par exemple, témoignent du tissu relationnel, et de là, de ses apprentissages. 
Satisfaire les besoins de l'enfant comblent aussi les nôtres. Pour peu qu'on le fasse de façon assidue, engagée, volontaire, avec tout l'amour qu'on lui porte, qu'on se porte, qu'on porte à chacune, chacun. Cela a un effet boule de neige dont témoignent de plus en plus de parents au fil des ans. Toutes nos relations en sont transformées, pour le meilleur.  
 
Édith
23 juillet 2014 
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Back to the future, retour en 2017 !

Parallèles 
et pourquoi s'imposer soi-même une étiquette ?

Végétarisme, végétalisme, véganisme
À un moment, il a été souhaité de se dire végéta*ien sans vivre le végéta*isme, ou de se dire végane sans connaître le véganisme. Pourquoi vouloir s'imposer une telle étiquette? Parce qu'on se juge et se condamne soi-même? De quoi s'accuse-t-on ainsi? D'être moins-que? Dans quel but? Si on veut changer de choix, on le fait. Si on ne se sent pas de le faire ou que ce soit impossible – pour un milliard de raisons possibles – soit! C'est aussi un choix. Cela signifie-t-il pour autant que les personnes qui ne vivent pas le végétalisme ou le véganisme soient méchantes? Non. Seront-elles exclues de la société? Sûrement pas. Nous vivons tous ensemble, dans le même monde, en même temps. Et puis, ce choix est tout-à-fait légal. Alors pourquoi souhaiter s'imposer une étiquette dont on ne veut pas?
Certains soulèveront ici un dilemme moral. Peut-être, et alors à chacun/e de regarder le sien.

Allaitement 
À un moment, il a été souhaité de pouvoir dire « allaiter au biberon ». Allaiter signifiant un enfant qui boit au sein, la suggestion n'a pas été retenue. Cela signifie-t-il pour autant que les mamans qui n'allaitent pas (ou pas exclusivement) soient de mauvaises mères? Non. Seront-elles exclues de la société? Sûrement pas, leur choix, ici aussi, est légal. Encore une fois, on peut se questionner : pourquoi s'imposer une étiquette dont on ne veut pas?
Resterait-il ici aussi un certain dilemme moral ? Si c'était le cas, ce serait, là aussi, à chacun/e d'y regarder, n'est-ce pas ?

Accouchement naturel et conclusion
Il semble que de ne pas avoir baigné dans la confiance et le respect de nos dispositions spontanées tout au long de la vie puisse nous conduire à tenter de bypasser un cheminement pourtant essentiel de retour à soi. En tentant de réprimer nos questionnements personnels, ou d'apaiser quelqu'angoisses de notre enfant intérieur, on pourrait avoir envie d'utiliser à tort des mots qui ne sont pas notre vécu, notre expérience. À quoi bon?
Peut-on dire d'un accouchement qu'il est naturel lorsqu'on nous fait une péridurale, ou si on a dû vivre une césarienne d'urgence? Non. Ce ne sont pas les 'attributs' d'un accouchement naturel. Cela fait-il de nous - ou de nos enfants - de mauvaises personnes? Pas plus.

Témoignage 
Nos enfants n'ont pas vécu une naissance respectée. Ce n'était pas mon choix. Cela ne change rien aux faits. Je ne peux pas dire que j'ai vécu un accouchement naturel. Ça ne change rien à la valeur de la personne que je suis. En revanche, tout ce que j'ai appris, compris, vécu, fait peut-être de moi une personne un peu différente, ou plutôt n'est-ce pas que je re-deviens la personne que j'étais ? Si je pouvais retourner dans le temps et changer les faits, peut-être le ferais-je? Mais on ne peut vivre autre chose que le moment présent. J'y vois une certaine justice entre les tous les vivants : impossible de vivre il y a 5 secondes, ni dans 5 secondes. 
 
Ma vie est ma vie. Mon cheminement est le mien. Je ne m'étiquette pas. Cela dit, tenir simplement à une utilisation juste des mots pour définir un objet, une pratique, une expérience, ne relève d'aucun étiquette, d'aucune barrière. Et il y a une volonté, un engagement, personnel et social, à y tenir. Sans quoi - on le voit beaucoup autour des politiques, de nos jours - on finit par essayer de nous passer toute autre chose pour étancher notre soif de confiance et de respect. Et de justice. 
 
J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com

En terminant, je vous dis à toutes et tous : « tel que tu es, tu es parfait/e. »
(ajout 3 avril 2017 : dites-le à vos enfants, sincèrement. Vous verrez !)
Chaleureusement,
Édith