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mardi 27 novembre 2012

Parler unschooling en français - tome 1

Note: Ce billet a été rédigé il y a plus d'un an, mis à jour un peu rapidement aujourd'hui.

Sur un blog français que j'ai visité l'an dernier, une poignée de parents discutaient de l'idée de créer un forum pour discuter unschooling en français. Ils suggéraient aussi des appellations francophones. J'y avais fait de brèves incursions mais je développe plus amplement ici. 

En fait, le unschooling, c'est un mot inventé par John Holt (et sûrement plusieurs autres mais comme on est dans une culture qui se rappelle certains noms et pas d'autres...) pour ce mode de vie «retrouvé» qu'est l'apprentissage naturel. Je dis «retrouvé» car Holt ne l'a pas inventé, hein! L'apprentissage naturel ça existe depuis la nuit des temps, sinon on ne serait pas là. Point.

Sandra Dodd en parle de façon admirable (parce qu'elle le vit depuis longtemps) et on peut trouver certains de ses écrits en français sur internet, dont cette entrevue en anglais sur You Tube, transcrite par Katherine Anderson, puis traduite par Sophie Larrouy et publiée sur le site Hors des Murs. (Il faut descendre au bas de la page pour y lire la version française). Et plusieurs autres, ici. Et quelques traductions des billets du blog Ajouter de la lumière et remuer de Sandra, ici.

Selon moi, unschooling signifie : être un parent présent, disponible, choisir la relation avant toute autre chose, être confiant car l'apprentissage est impossible à éviter, être attentif aux enthousiasmes de son enfant, offrir une vie chouette tout en continuant de faire partie de sa communauté. 

(Oui, je sais, les communautés, les vraies tribus qui vivent ainsi ne sont pas légion et certains jours, il peut arriver qu'on ait envie du Vénézuela de Jean Liedloff pour y vivre avec les Yekwanas... mais voudraient-ils de nous ? Et autres questions qu'on se pose dans ce temps-là, c'est comment faire pour payer le voyage pour s'y rendre ? et pour les trouver les fameux Yekwanas dans la jungle ? et pour avoir le droit de voyager hors du pays pour peut-être assez longtemps... plus que 6 mois en tout cas, voire pour toute la vie ?)
(Ajout, 2015 : et ce n'est probablement pas nécessaire. :-) )

Unschooling ne signifie pas gérer ou ne pas gérer quoique ce soit, comme ça ne signifie pas de faire un coin classe ou de refuser d'en faire un, ni insister pour aller au Musée, ni refuser d'y aller, pareil pour n'importe quel endroit ou activité. Ce n'est ni interdire, ni imposer. 

Les humains apprennent la vie en la vivant et mes enfants peuvent vouloir aller au théâtre ou au cinéma un mardi ou un samedi ou ne jamais vouloir y aller. Ils peuvent avoir envie d'un coin bureau, tout comme moi, ou ne pas du tout en avoir envie. On n'a pas à leur créer un tel coin s'ils n'en ont pas besoin, s'ils n'ont pas signifié un intérêt. Une mère disait qu'elle attendait que ses enfants la « harcèlent » avant de les inscrire à une activité. Comme ça, elle était certaine que c'était bien eux qui le désiraient, et non pas quelqu'un d'autre (qui les en aurait convaincus ou incités d'une façon ou d'une autre) ou que ce ne soit son propre désir à elle de faire cette activité. Bon, elle disait « harceler » à la légère, et voulait dire surtout d'être attentif à ce que nos enfants nous demandent vraiment, tout simplement, et pas nécessairement avec des mots. Ne pas prendre nos désirs et nos attentes pour leurs besoins, quoi !

Nos enfants nous ont bien montré la différence entre les deux. L'apprentissage naturel, ça vient tout seul au moment où ça vient, dans notre vie. L'apprentissage culturel, ça veut souvent dire courber l’échine, rentrer dans le moule, faire ce que les autres attendent de nous pour nous apprécier. Ou ne pas le faire... ou pas tout de suite, et être exclus.

Parler unschooling en français est important, voire essentiel... mais pas du tout facile car les gens veulent bien en parler, un peu, mais le vivre, là, c'est une autre histoire : une histoire de frissons et de chair de poule ! 

Partout où on en parle, ça créé des tensions:
  • entre ceux qui le vivent et ceux qui « aimeraient » le vivre mais ont peur; 
  • entre ceux qui savent que c'est le seul choix possible pour une vraie vie vivante pour leur famille, et ceux qui gardent toujours une réticence (réminiscence de l'éducation);
  • entre ceux qui osent et qui en paient le prix (celui de l'isolement ou du jugement, quand ce n'est pas le tribunal!), et ceux qui croisent les doigts en attendant que la peur s'envole;
  • entre ceux qui choisissent de respecter leurs enfants et de combler leurs besoins, de les protéger aussi, et ceux qui choisissent de fermer les yeux et de faire comme s'ils ne pouvaient pas car « c'est comme ça et pas autrement » en tout cas, dans notre culture, en ce moment.
Je le sais, je l'ai fait. J'ai fait partie de toutes ces catégories. Toutes... (mais pas de tribunal, ici.) J'avais peur. Peur d'être bien seule pour défendre mes enfants, entre autres, si on nous menaçait. Mes peurs à moi venaient de ce martèlement constant de l'école dans ma tête - avant d'être maman. ET de l'absence quasi-totale de soutien autour de moi quand je suis devenue mère. ET aussi de la pression sociale constante.

Cette pression sociale, économique et politique est (naïvement? peut-être?) induite et distillée en continue par la majorité. D'abord par la croyance populaire que l'école est obligatoire. Ensuite par des interrogatoires et questionnements incessants à propos de notre vie, de notre quotidien, de ce que savent ou ne savent pas nos enfants (et nous-mêmes), de ce qu'ils font ou ne font pas. Puis, par les comparaisons totalement inutiles - et intolérables à la longue - avec les enfants scolarisés. De force. Cette pression incroyable, intolérable et parfois même illégale, peut venir de la part de tout un chacun, parfois plus largement des médias qui jouissent d'un pouvoir quasi-absolu de modeler l'opinion publique, quand ce n'est pas des fonctionnaires ou des dirigeants. 

Parler unschooling en français, oui, c'est essentiel et urgent. Car ça créé d'autres tensions aussi, notamment chez ceux qui sont en obligation scolaire (parce qu'inscrits ou signalés à une C.S. au Québec, ou à l'EN en France) et n'ont pas le temps, l'énergie, le soutien pour faire face aux instances scolaires ou juridiques tout en protégeant leurs droits et leur liberté ainsi que ceux de leurs enfants !
Nous sommes tous libres, tous égaux, mais si nous, parents, ne protégeons pas nos droits et ceux de nos enfants alors qui saura, demain, ce qu’est la liberté ? Peu importe le pays où on vit, les lois, on y obéit - tout naturellement d'ailleurs - quand elles relèvent de la morale, d'une vraie justice, quand elles sont bonnes et utiles pour chacun. Si on devait se rendre compte que l'une d'elles brime la liberté, on devrait s’y opposer. Il s'agit d'un devoir de citoyen, et d’humain, n'est-ce pas ?
 
Parler unschooling en français, oui, c'est urgent, on le fait, et on n'est pas les seuls. Car, s'il est vrai que le monde est « comme ça », et bien on doit le changer, n'est-ce-pas? Et si ceux qui sont passés avant nous ne l'ont pas fait, ça ne va pas pour autant se faire tout seul..., quoiqu'on aimerait bien ça, nous aussi, relaxer et profiter du bien-être, tous ensemble, AVEC les autres. Et vous?
Édith  

mercredi 9 mai 2012

pas d'école du tout - John Holt

"Ce qui est le plus important et précieux à propos de la maison comme base pour la croissance des enfants dans le monde n'est pas que ce soit une meilleure école que les écoles, mais que ce ne soit pas une école du tout. Ce n'est pas un lieu artificiel, mis en place pour que «l'apprentissage» se produise et dans lequel rien d'autre que «l'apprentissage» ne se produit jamais. " 
John Holt (Teach Your Own, 1981)
Cité par Wendy Priesnitz, sur facebook, le 6 mai 2012 
Traduction: Édith - Les Éditions JOSE
Citation originale en anglais:
"What is most important and valuable about the home as a base for children's growth into the world is not that it is a better school than the schools but that it isn't a school at all. It is not an artificial place, set up to make 'learning' happen and in which nothing except 'learning' ever happens." John Holt (Teach Your Own, 1981)
 
 
 

samedi 21 avril 2012

John Holt, par Sandra Dodd

« Aux parents, je dis, par-dessus tout, ne laissez pas votre maison devenir une horrible copie miniature de l'école. Pas de plans de cours! Pas de quiz! Pas de tests! Pas de bulletins! Même en laissant vos enfants seuls, ce serait mieux; au moins ils pourraient comprendre certaines choses par eux-mêmes. Vivez ensemble, aussi bien que vous le pouvez; profitez de la vie ensemble, autant que vous le pouvez ».~ John Holt


J'ai trouvé cette citation, et plus encore, ici : http://sandradodd.com/johnholt
***
John Holt, par Sandra Dodd
Traduction: J'OSE la vie !


Éditions de l'Instant Présent« Les écrits de John Holt sont différents, et inspirants. Il s'est impliqué dans les écoles et a vu les problèmes et les réussites d'un point de vue différent de celui de toutes les autres personnes que j'ai lues.

John Holt n'avait pas d'enfant donc il n'était pas lui-même un unschooler, mais il a inspiré d'autres à faire les choses différemment de l'école, à éviter les tests et l'apprentissage par cœur. Il a encouragé les gens à respecter les enfants et à leur offrir une grande variété d'expériences et d'opportunités.

John Holt a écrit sur l'apprentissage en dehors des écoles pendant une dizaine d'annéesDepuis lors, de nombreuses familles ont élevé des enfants jusqu'à l'âge adulte sans aucune école ou scolarisation quelconque. J'aurais souhaité qu'il puisse connaître Roya, Roxana et Rosie Sorooshian. J'aurais souhaité qu'il puisse passer du temps avec Kathryn Fetteroll. Combien ce serait génial s'il pouvait faire un saut pour la journée à une grande conférence sur le unschooling à San Diego et rencontrer quelques centaines d'enfants du vingt-et-unième siècle, non scolarisés, réunis tous au même endroit? » ~ Sandra Dodd
(http://sandradodd.com/terminology)

lundi 19 décembre 2011

Vos pensées et votre vision - John Holt, un adulte fasciné par les enfants


Your mind and your vision, par Sandra Dodd

Traduction: J'OSE la vie !
« Étant donné que John Holt s'intéressait tellement aux enfants, chaque fois qu'il interagissait avec l'un d'eux, il voyait un enfant en interaction avec un adulte fasciné. C'est l'une des choses que les unschoolers ont besoin de se rappeler. Lorsque l'adulte incarne l'ennui, le cynisme, la critique et le doute, c'est ce que l'enfant verra et c'est comme ça qu'il percevra l'adulte, mais ce ne sera pas la faute de l'enfant. » ~Sandra Dodd

journaljose.blogspot.com
Petite Jane (Isle-aux-Coudres, sept. 2011)