Affichage des articles dont le libellé est école. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est école. Afficher tous les articles

mercredi 25 septembre 2013

L'école est une prison


L'école est une prison
- et elle abîme nos enfants
De plus longues années scolaires ne sont pas la réponse. Le problème, c'est l'école elle-même. La méthode obligatoire « enseignement-et-test » ne fonctionne tout simplement pas.

Traduction : Édith Chabot, J'OSE la vie !
Révision : Stéphanie Meloche

Les parents envoient leurs enfants à l'école avec les meilleures intentions, croyant que c'est ce dont ils ont besoin pour devenir des adultes productifs et heureux. Plusieurs ont des doutes concernant les performances de l'école, mais la sagesse conventionnelle dit que ces problèmes peuvent être résolus avec plus d'argent, de meilleurs enseignants, des programmes comportant plus de défis et/ou des tests plus rigoureux.

Mais que faire si le vrai problème, c'est l'école elle-même ? La triste réalité est que l'une de nos institutions les plus chères met en échec, par sa nature même, nos enfants et notre société.
L'école est un lieu que les enfants sont obligés de fréquenter, et où leur liberté est fortement restreinte - encore plus restreinte que la plupart des adultes ne saurait le tolérer dans leur lieu de travail. Au cours des dernières décennies, nous avons obligé nos enfants à passer de plus en plus de temps dans ce genre de configuration, et il y a des preuves solides (résumées dans mon dernier livre) que cela cause des dommages psychologiques graves à beaucoup d'entre eux. En outre, plus les scientifiques ont compris la façon dont les enfants apprennent naturellement, plus nous nous sommes rendu compte que les enfants apprennent plus à fond et entièrement, et avec plus d'enthousiasme, dans des conditions qui sont presque opposées à celles de l'école.

La scolarité obligatoire a été une partie intégrante de notre culture depuis plusieurs générations. Il est difficile aujourd'hui, pour la plupart des gens, d'imaginer comment les enfants pourraient apprendre sans elle à réussir dans notre culture. Le président Obama et le secrétaire à l'éducation Arne Duncan sont tellement épris de scolarité qu'ils veulent même encore plus de jours d'école et d'années scolaires. La plupart des gens supposent que la conception de base des écoles, comme nous les connaissons aujourd'hui, ont émergé de preuves scientifiques sur la façon dont les enfants apprennent le mieux. Mais, en fait, rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.

Les écoles comme nous les connaissons aujourd'hui sont le produit de l'histoire, pas de la recherche sur la façon dont les enfants apprennent. Le plan encore utilisé pour les écoles d'aujourd'hui a été développé au cours de la Réforme protestante, quand les écoles ont été créées pour enseigner aux enfants à lire la Bible, à croire l'Écriture sans la questionner, et à obéir à des figures d'autorité sans les remettre en cause. Les premiers fondateurs d'écoles ont été très clairs à ce sujet dans leurs écrits. L'idée que les écoles soient des foyers pour nourrir la pensée critique, la créativité, l'initiative personnelle ou la capacité à apprendre par soi-même - les types de compétences des plus importantes pour réussir dans l'économie d'aujourd'hui - était la chose la plus éloignée de leur esprit. Pour eux, la volonté était un péché, qu'on devait casser chez l'enfant et non encourager.

Lorsque les écoles ont été prises en charge par l'État et rendues obligatoires, dirigées vers des fins profanes, la structure et les méthodes d'enseignement de base sont restées inchangées. Les tentatives ultérieures de réforme ont échoué parce que, si certaines ont bricolé autour de la structure, elles n'ont pas modifié le modèle fondamental. La méthode « enseignement-et-test » et la relation hiérarchique, dans lequel l'apprentissage est motivé par un système de récompenses et de punitions - plutôt que par la curiosité ou par quelque réalité, ou par le désir de savoir - est bien conçu pour l'endoctrinement et l'entraînement à l'obéissance, mais pas pour grand-chose d'autre. Il n'est pas étonnant que plusieurs des plus grands entrepreneurs et innovateurs au monde aient abandonné précocement l'école (comme Thomas Edison), ou qu’ils aient dit qu'ils détestaient l'école et qu’ils ont appris malgré elle et non grâce à elle (comme Albert Einstein).
Il n'est pas étonnant qu'aujourd'hui, même les « meilleurs élèves » (peut-être surtout eux) déclarent souvent qu'ils sont « brûlés » par le processus de scolarisation. Un récent diplômé supérieur, expliquant à un journaliste pourquoi il reportait l'université à plus tard, a affirmé ceci : « J'étais accablé à force de vouloir bien faire et je n'ai pas beaucoup dormi ces deux dernières années. J'avais cinq ou six heures de devoir chaque soir. Plus d'école était bien la dernière chose dont je voulais. »

La plupart des étudiants – qu'ils soient notés A ou C, ou qu'ils soient en échec - ont perdu le goût d'apprendre avant d'atteindre le milieu du cours primaire ou le secondaire (ndt : collège ou lycée, en France). Dans une étude récente, Mihaly Czikszentmihalyl et Jeremy Hunter ont équipé plus de 800 élèves de la sixième à la 12e année du primaire, de 33 écoles différentes à travers le pays (États-Unis), de montres-bracelets spéciales qui envoyaient un signal à des moments aléatoires de la journée. Chaque fois que le signal apparaissait, ils devaient mentionner où ils étaient, ce qu'ils faisaient, et combien heureux ou malheureux ils étaient à ce moment-là. Les niveaux les plus bas de bonheur, de loin, se sont produits quand ils étaient à l'école et les niveaux les plus élevés lorsqu'ils étaient en-dehors de l'école à jouer ou à parler à des amis. À l'école, souvent, ils s'ennuyaient, se sentaient anxieux ou les deux. D'autres chercheurs ont montré que, au fur et à mesure de leur progression dans le système scolaire, les étudiants développent des attitudes négatives envers les matières enseignées, surtout envers les mathématiques et les sciences.

Nous avons tendance à ignorer ces conclusions. Nous ne sommes pas surpris qu’apprendre à l’école soit désagréable. Nous pensons qu'il s'agit d'un médicament au goût mauvais, difficile à avaler, mais bon pour les enfants à long terme. Certaines personnes pensent même que le désagrément de l'école est bon pour les enfants, afin qu'ils apprennent à tolérer ce qui est désagréable, parce que la vie après l'école est désagréable. Peut-être que cette triste vision de la vie découle de la scolarité. Bien sûr, la vie a ses hauts et ses bas, à l'âge adulte et pendant l'enfance. Mais il y a bien des opportunités pour apprendre à tolérer les désagréments sans ajouter de la scolarité désagréable à la recette. La recherche a démontré que les personnes de tous âges apprennent mieux quand elles sont motivées de l'intérieur, qu'elles approfondissent des questions qui sont leurs propres questions réelles, et qu’elles poursuivent leurs propres buts, bien concrets. Dans ces conditions, l'apprentissage est généralement joyeux.

***
J'ai passé une grande partie de ma carrière de chercheur à étudier comment les enfants apprennent. Les enfants viennent au monde magnifiquement conçu pour diriger leur propre apprendre. Ils sont dotés par la nature de puissants instincts, incluant la curiosité, l'espièglerie, la socialité, l'attention aux activités autour d'eux, le désir de grandir et le désir de faire ce que les enfants plus âgés et les adultes peuvent faire.

La preuve de tout ceci se trouve devant les yeux de quiconque a regardé un enfant grandir, de la naissance jusqu'à l'âge scolaire. Grâce à leurs propres efforts, les enfants apprennent à marcher, à courir, à sauter et à grimper. Ils apprennent, à partir de zéro, leur langue maternelle, et de là, ils apprennent à affirmer leur volonté, à argumenter, à s’amuser, à s’ennuyer, à se lier d'amitié, à charmer et à poser des questions. En posant des questions et en explorant, ils acquièrent une énorme quantité de connaissances sur le monde physique et social autour d'eux, et à travers le jeu, ils pratiquent des compétences qui favorisent leur développement physique, intellectuel, social et affectif. Ils font tout cela avant que quiconque, de quelque manière systématique que ce soit, tente de leur enseigner quoi que ce soit.

Cet étonnant mécanisme et cette capacité d'apprendre ne s'éteignent pas lorsque les enfants atteignent cinq ou six ans. Nous l'éteignons avec notre système coercitif de scolarité. La plus grande leçon, la plus durable, de notre système d'enseignement est que l'apprentissage est un travail, qui doit être évité autant que possible.

L'objectif de mes propres recherches a été mis sur l'apprentissage chez les enfants qui sont d'« âge scolaire », mais qui ne sont pas envoyés à l'école, ou pas à l'école telle qu'on l'entend d'habitude. J'ai examiné comment les enfants apprennent dans les cultures qui n'ont pas d'école, en particulier les cultures de chasseurs-cueilleurs, les types de cultures dans lesquelles notre espèce a évolué. J'ai aussi étudié l'apprentissage dans notre culture par les enfants qui ont la confiance de prendre en charge leur propre apprentissage et auxquels est offerte la possibilité et les moyens d’apprendre eux-mêmes. Dans ces contextes, la curiosité et la joie naturelles de l'apprentissage des enfants persistent tout au long de l'enfance et de l'adolescence, et à l'âge adulte.

Un autre chercheur qui a documenté la puissance de l'apprentissage autonome est Sugata Mitra1. Il a mis en place des ordinateurs d'extérieur dans des quartiers très pauvres en Inde, où la plupart des enfants ne vont pas à l'école et où plusieurs étaient illettrés. Partout où il a placé un tel ordinateur, des douzaines d'enfants se rassemblent autour et, sans l'aide des adultes, comprennent comment l'utiliser. Ceux qui ne savaient pas lire ont commencé à le faire à travers l'interaction avec l'ordinateur et avec d'autres enfants autour. Les ordinateurs ont donné aux enfants l'accès à la connaissance du vaste monde. Dans un village éloigné, les enfants qui ne connaissaient rien des micro-organismes ont appris des choses au sujet des bactéries et des virus par le biais de leurs interactions avec l'ordinateur et ont commencé à utiliser ces nouvelles connaissances de manière appropriée dans les conversations.

Les expériences de Mitra illustrent comment trois aspects fondamentaux de la nature humaine - la curiosité, l'espièglerie et la sociabilité - peuvent se combiner à merveille pour servir l'objectif d’apprendre. La curiosité a attiré les enfants à l'ordinateur et les a motivés à l'explorer ; l'enjouement les a motivés à pratiquer de nombreuses compétences en informatique ; et la sociabilité a permis à l'apprentissage de chaque enfant de se répandre comme une traînée de poudre à des douzaines d'autres enfants.

***
Dans notre culture, de nos jours, il existe de nombreuses voies par lesquelles les enfants peuvent utiliser leurs pulsions et instincts naturels pour apprendre tout ce qu'ils doivent savoir pour une vie adulte réussie. Plus de deux millions d'enfants aux États-Unis fondent maintenant leur apprendre à la maison et dans la collectivité plutôt qu'à l'école, et une proportion toujours croissante de leurs familles ont abandonné les approches pédagogiques en faveur de l'apprentissage autodirigé. Ces parents ne donnent pas de leçons ou de tests, mais fournissent un milieu de vie qui facilite l'apprentissage, et ils aident à relier leurs enfants à des activités communautaires dans lesquelles ils apprennent également. Certaines de ces familles ont initié cette démarche il y a longtemps et ont des enfants adultes qui, aujourd'hui, réussissent des études supérieures ou une carrière.

Ma collègue Gina Riley et moi avons récemment interrogé 232 de ces familles. Selon les rapports de ces familles, les principaux avantages de cette approche se trouvent dans la curiosité, la créativité et le goût permanents de l'apprentissage chez les enfants. Et dans la liberté et l'harmonie que toute la famille vit une fois soulagée des pressions et des horaires de l'école et du fardeau de manipuler les enfants à faire des devoirs qui ne les intéressent pas. Un parent a dit : « Nos vies sont essentiellement sans stress ... Nous avons une relation très étroite construite sur l'amour, la confiance mutuelle et le respect mutuel. » Elle a continué à écrire : « En tant qu'enseignante, je vois que ma fille a d'étonnantes aptitudes à la pensée critique qui manque à plusieurs de mes élèves adultes au collège ... ma fille vit et apprend dans le monde réel et elle aime ça. Que pouvais-je demander de plus ? »

Riley et moi sommes en train de terminer une étude avec environ 80 adultes qui eux-mêmes ont été scolarisés à domicile, en autonomie, quand ils étaient « d'âge scolaire ». Les résultats complets ne sont pas encore connus, mais il est clair, d’ores et déjà, que ceux qui ont pris cette approche provenaient de milieux socio-économiques variés et qu’ils ont, dans l'ensemble, poursuivi avec beaucoup de succès à l'âge adulte.

Alors que l'approche autogérée de l'apprentissage à domicile a gagné en popularité, de plus en plus de centres et de réseaux ont surgi pour offrir des ressources, des liens sociaux et des opportunités éducatives supplémentaires pour les enfants et les familles qui suivent cette approche (plusieurs sont répertoriées sur un nouveau site de collecte, AlternativesToSchool.com). Avec celles-ci – de même qu'avec les bibliothèques et autres ressources communautaires qui ont toujours été disponibles et, bien sûr, l'Internet –, les possibilités d'apprendre sont sans limites.

Mais ce ne sont pas toutes les familles qui ont les moyens ou le désir de faciliter l'apprentissage autogérée des enfants à la maison. Pour plusieurs, la meilleure option est une école dite démocratique, où les enfants sont en charge de leur propre éducation dans un cadre qui permet d'optimiser leurs opportunités d'apprendre et où il y a beaucoup d'autres enfants avec qui se socialiser et apprendre. (Ces écoles ne doivent pas être confondues avec les écoles Montessori ou d'autres types d'écoles « progressistes » qui permettent plus de jeu et offrent plus de choix que ne le font les écoles classiques, mais qui maintiennent néanmoins un système d'autorité maître-élève hiérarchisé et un programme relativement uniforme que tous les élèves sont censés suivre.)

Depuis de nombreuses années, j'ai observé l'apprentissage dans un tel lieu, à l'école Sudbury Valley School, à Framingham, Massachusetts. Elle est appelée école, mais elle est aussi différente que vous pouvez l'imaginer de ce que nous appelons généralement une « école. » Les élèves, qui sont âgés de 4 à environ 18 ans, sont libres toute la journée de faire ce qu'ils veulent, tant qu'ils n'enfreignent pas l'une des règles de l'école. Les règles, qui sont créées démocratiquement en Assemblée d'École par les élèves et le personnel, n'ont rien à voir avec l'apprentissage ; elles concernent le maintien de la paix et de l'ordre et sont appliquées par un système judiciaire modelé sur celui de notre société au sens large. L'école compte actuellement environ 150 étudiants et 10 membres du personnel, et elle fonctionne avec un budget par élève qui est moitié moindre que celui des écoles publiques environnantes. On y accepte essentiellement tous les étudiants qui le demandent et dont les parents acceptent de les inscrire.

Aujourd'hui, environ deux douzaines d'écoles existent aux États-Unis qui sont explicitement calquées sur le modèle de Sudbury Valley ; il en existe d'autres qui ont la plupart de ses caractéristiques de base. Comparés à d'autres écoles privées, ces établissements demandent de faibles frais de scolarité, et certaines ont des échelles de frais variables en fonction des ressources. Les étudiants proviennent de milieux très variés et ont des personnalités tout aussi variées.

Pour ceux qui n'en ont pas été témoins de visu, il est difficile d'imaginer comment une telle école pourrait fonctionner. Pourtant, Sudbury Valley existe depuis 45 ans maintenant et a « fourni » des centaines de diplômés qui se portent très bien dans le monde actuel.

Il y a plusieurs années, mon collègue David Chanoff et moi avons mené une étude de suivi des diplômés de cette école. Nous avons constaté que ceux qui avaient suivi des études supérieures (environ 75 pour cent) n'avaient signalé aucune difficulté particulière à entrer dans les écoles de leur choix et à y réussir une fois admis. Certains, y compris quelques-uns qui n'avaient jamais suivi un cours formel, étaient allés avec succès dans les universités les plus prestigieuses. En tant que groupe, indépendamment de s’ils avaient suivi ou non des études supérieures, ils ont remarquablement réussi à trouver un emploi. Ils ont accédé à un large éventail de professions, parmi lesquelles : les affaires, les arts, la science, la médecine, les services et les métiers spécialisés. La plupart ont dit qu'un des principaux avantages de leur éducation [à l'école] Sudbury Valley était qu'ils avaient acquis un sens de la responsabilité personnelle et une capacité d'autocontrôle qui leur servait dans tous les aspects de leur vie. Plusieurs commentaient également l'importance des valeurs démocratiques qu'ils avaient acquises, par la pratique, à l'école. Plus récemment, deux plus vastes études sur les diplômés, menées par l'école elle-même, ont révélé des résultats similaires et ont été publiés sous forme de livres.

Les élèves de cet établissement apprennent à lire, calculer et utiliser l'ordinateur de la même façon ludique que les enfants dans les cultures de chasseurs-cueilleurs apprennent à chasser et à cueillir. Ils développent également des intérêts et des passions plus spécialisés qui peuvent conduire directement ou indirectement à des carrières. Par exemple, un machiniste et inventeur à succès a passé son enfance à s'amuser à construire des appareils et à en démonter pour voir comment ils fonctionnaient. Un autre diplômé, qui est devenu professeur de mathématiques, avait joué intensément et de manière créative avec les mathématiques. Et encore une autre qui fait de la haute couture avait joué à la confection de vêtements de poupée, puis de vêtements pour elle-même et ses amis.

Je suis convaincu que si Sudbury Valley fonctionne aussi bien en tant que lieu pour apprendre, c’est qu'elle fournit les conditions qui optimisent les capacités naturelles des enfants à apprendre. Ces conditions comprennent :
a) des possibilités illimitées de jouer et d'explorer (ce qui leur permet de découvrir et de poursuivre leurs intérêts);
b) l'accès à une variété d'adultes bienveillants et compétents qui sont leurs assistants et pas des juges;
c) un libre mélange d'âge chez les enfants et les adolescents (le jeu multi-âge est beaucoup plus propice à l'apprentissage que le jeu avec ceux qui sont tous au même niveau); et
d) la participation directe dans une communauté stable, morale et démocratique, dans laquelle ils acquièrent un sens de la responsabilité pour les autres, pas seulement pour eux-mêmes. Remarque : Aucune de ces conditions n'est présente dans les écoles classiques.

Je ne veux pas peindre l'éducation autogérée comme une panacée. La vie n'est pas toujours douce, quelles que soient les conditions. Mais mes recherches et les recherches des autres dans ces milieux m'ont convaincu, sans plus aucun doute, que les pulsions naturelles et les capacités des jeunes à apprendre sont entièrement suffisantes pour motiver l'ensemble de leurs apprentissages. Quand ils veulent ou ont besoin de l'aide des autres, ils la demandent. Nous n'avons pas à forcer les gens à apprendre, tout ce que nous devons faire, c'est leur reconnaître la liberté et la possibilité de le faire. Bien sûr, tout le monde ne va pas apprendre les mêmes choses, de la même façon ou en même temps. Mais c'est une bonne chose. Notre société se nourrit de la diversité. Notre culture a besoin de gens ayant différents types de compétence, d’intérêt et de personnalité. Par-dessus tout, nous avons besoin de personnes qui vivent la vie avec passion et qui sont responsables d'elles-mêmes tout au long de la vie. Ce sont les dénominateurs communs de celles et ceux qui ont pris en charge leur propre apprendre.

--------------------------------

PeterGray est professeur émérite de psychologie au Boston College. Son livre le plus récent est "Free to Learn: Why Unleashing the Instinct to Play Will Make Our Children Happier, More Self Reliant, and Better Prepared for Life"  (Libre d'apprendre : Pourquoi libérer l'instinct du Jeu rendra nos enfants plus heureux, plus autonomes, et mieux préparés pour la vie'), Basic Books, 2013. Il est également l'auteur d'un manuel d'introduction à la psychologie, Psychology, Worth Publishers, maintenant à sa sixième édition, d’un blog régulier pour le magazine Psychology Today qui s'appelle Freedom to Learn (Liberté d'apprendre), et de nombreux articles scientifiques traitant des moyens naturels d'apprentissage de l'enfant. Avec un certain nombre de ses collègues, il a récemment lancé un site web, AlternativesToSchool.com, conçu pour aider les familles à trouver ou à créer un contexte pour l'apprentissage autonome des enfants.

-------------------------------
Article traduit et publié avec l'aimable autorisation de Peter Gray.
Merci à Jean-Pierre Lepri, du CREA, pour la relecture finale.
Une version au format pdf a également été publiée dans les documents complémentaires du CREA, ici.
Édith
---

Texte original en anglais :
"School is a prison", la vidéo:  
***

mercredi 9 mai 2012

pas d'école du tout - John Holt

"Ce qui est le plus important et précieux à propos de la maison comme base pour la croissance des enfants dans le monde n'est pas que ce soit une meilleure école que les écoles, mais que ce ne soit pas une école du tout. Ce n'est pas un lieu artificiel, mis en place pour que «l'apprentissage» se produise et dans lequel rien d'autre que «l'apprentissage» ne se produit jamais. " 
John Holt (Teach Your Own, 1981)
Cité par Wendy Priesnitz, sur facebook, le 6 mai 2012 
Traduction: Édith - Les Éditions JOSE
Citation originale en anglais:
"What is most important and valuable about the home as a base for children's growth into the world is not that it is a better school than the schools but that it isn't a school at all. It is not an artificial place, set up to make 'learning' happen and in which nothing except 'learning' ever happens." John Holt (Teach Your Own, 1981)
 
 
 

mercredi 7 décembre 2011

Petit, je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths

Nous partageons ici une histoire pas très différente de la mienne, de celle de plusieurs personnes autour de nous, de celle que nos enfants dénoncent tous les jours... sans être écoutés la plupart du temps.

Cette histoire est peut-être aussi la vôtre...

C'est, en tout cas, ce que nous essayons de partager avec notre entourage depuis longtemps, longtemps. 

Merci à Matthieu Stelvio de l'avoir écrite et publiée.

L'article original est ici : http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-education/20111015.RUE4978/petit-je-voulais-etre-boulanger-mais-j-etais-bon-en-maths.html

***

Matthieu Stelvio

Riverain
Une miche de pain (Sander van der Wel/Flickr/CC)
Petit, je voulais être boulanger, puis facteur, puis berger. On m'a poussé à faire des études. On m'a expliqué que c'était le seul moyen de réussir ma vie, de gagner de l'argent, de m'épanouir dans un métier. J'ai enduré de longues heures, de longues années de cours. Je me suis ennuyé, ennuyé et encore ennuyé sur des dizaines, des centaines, de milliers de chaises.
Et maintenant que j'ai cinq années d'étude en poche, que je travaille - je suis ingénieur, je passe mes journées à concevoir des cuillères en plastique à moindre coût, pour environ 1700 euros par mois- je continue à m'ennuyer, et regrette profondément de n'avoir pas écouté le petit enfant qui voulait élever ses moutons en Ardèche.
Et autour de moi, lorsque je tends l'oreille, voici ce qui tombe dedans :
  • « J'ai fait cinq ans d'étude, je passe mes journées à faire des additions. Tout ce que j'ai appris ne me sert finalement à rien. »
  • « J'aurais bien fait des études littéraires ou sociales, mais on m'a martelé qu'il n'y avait pas de débouchés. Je me suis fatigué à bosser des matières ennuyeuses pendant des années en espérant que j'aurais un travail solide au bout ; et maintenant que j'ai mon diplôme, j'enchaîne les CDD à temps partiel payés au smic... »
  • « J'en ai marre de tout donner, de partir tous les matins à 7 heures et de rentrer tous les soirs à 20 heures, et de continuer à galérer pour manger des casseroles de pâtes et pour me payer un 20 m2 tout miteux »…

Des agents économiquement productifs ou des ratés

Soumise aux pressions des marchés, l'école, de plus en plus délaissée par l'Etat, tend à aspirer les enfants dans une machine scolaire infernale, pour ensuite recracher vingt ans plus tard soit des agents économiquement productifs, soit des ratés.
Ainsi, tant qu'un élève aura de bonnes notes, on lui conseillera vivement de suivre la voie royale : seconde générale, première scientifique, option mathématiques, maths sup, etc.
On ne cherchera pas à savoir ce que l'élève veut faire de sa vie. De toute façon, lui-même n'en sait rien, car bien souvent ni l'école ni la vie de tous les jours ne lui donnent les moyens de savoir ce qu'est un métier, ou tout du moins un métier différent de celui de ses parents.

Pour maintenir l'ordre : l'angoisse

En série scientifique, plein de jeunes se battent pour devenir ingénieurs, car on leur dit que c'est le seul moyen d'avoir une situation stable et confortable, mais la grande majorité ne sait même pas expliquer ce qu'est au juste un ingénieur. C'est du formatage : la France veut des ingénieurs, car statistiquement, ils font plus grimper le produit intérieur brut que les agriculteurs ou que les poètes.
On abuse de l'indécision pour les pousser dans des voies qu'ils choisissent rarement en connaissance de cause et qui engagent toute leur vie.
Pour maintenir l'ordre, pour que les élèves filent sagement dans l'entonnoir, on utilise une arme redoutable : l'angoisse. Les télés, les radios, les politiques, les profs, les parents, toute la société dans son ensemble angoisse la jeunesse :
  • « La situation est grave, nous sommes en crise ». Il faut entrer dans la « guerre économique » ;
  • « Les plus faibles sombreront dans le chômage, et finiront à la rue » ;
  • « De toute façon, il n'y a plus d'argent dans les caisses ; et on ne va pas taxer les riches, les spéculateurs et les capitaux, car sinon tout partira à l'étranger… » ;
  • « Tremblez, enfants de la cinquième puissance mondiale : si vous ne voulez pas crever de faim, travaillez, étudiez vos mathématiques, devenez ingénieurs, faites-nous des plans d'avions de chasse et de centrales nucléaires. »

Premières victimes : les enfants des classes modestes

Ce sont généralement les enfants des familles les plus modestes qui sont le plus sensibles à ce stress, à ce chantage, car leur échec ne peut que très difficilement être financièrement amorti par la famille. Et encore moins par un Etat de moins en moins soucieux des questions d'équité sociale (car ne l'oublions pas : dans un monde où l'on donne des centaines de milliards aux banques, l'équité, ça coûte trop cher).
Pour ces enfants modestes, tout tâtonnement est proscrit, il faut foncer tête baissée dans l'entonnoir. Je n'oublierai jamais ces heures d'angoisse qui précédaient les contrôles de mathématiques – coefficient 9 –, de physique – coefficient 6 –, ces heures à faire et à refaire toujours les mêmes exercices, ces heures où ma place en classe préparatoire, où tout mon avenir se jouait. Ces heures et ces années où l'école abrutit plus qu'elle n'élève.
Le lycée est, pour certains, un véritable enfer dans lequel la moindre mauvaise note est susceptible de faire chuter lourdement une moyenne ; et une mauvaise
moyenne dans une discipline clé peut, à son tour, considérablement réduire les chances d'un élève d'être pris en classe préparatoire, BTS, etc.
Avoir de bonnes notes ne suffit pas, il faut aussi être bien classé ; et la compétition commence dès le collège et s'intensifie avec les années d'études. Elle peut devenir terrible lorsqu'il s'agit des concours de médecine ou d'entrée aux grandes écoles. Bien souvent, la soif de la réussite prend le dessus sur le désir d'apprendre.

Matheux = génies, philosophes = inutiles

L'art, la philosophie et la poésie sont des disciplines pleines de sens qui peuvent orienter une vie. Le système scolaire les néglige de plus en plus. L'histoire et la géographie sont désormais en option en terminale S ; disciplines évidemment inutiles pour former, à titre d'exemple, nos futurs ingénieurs nucléaires.
Il me semble qu'assez tôt dans le cursus, les « matheux » sont assimilés à des génies, les économistes à des prophètes, les poètes à des cancres et les philosophes à des choses inutiles. Il serait vraiment triste qu'au lieu d'aider les élèves à donner du sens à leur vie, l'école se contente de les transformer en
machines à calculer.
A force de négliger les aspirations de la jeunesse, la société donne naissance à des générations en souffrance, à des adultes qui doutent de plus en plus du sens de leur travail, et il ne faut pas s'étonner qu'un jour ou l'autre, une génération se réveille subitement pour refuser un monde qu'elle n'a jamais eu l'occasion de choisir.
La force et l'énergie des révoltés, des indignés sont, pour moi et pour beaucoup, une grande espérance. (par Matthieu Stelvio - Rue89)

vendredi 30 septembre 2011

Qu'est-ce que le unschooling - invitation à un sondage


Le unschooling est un mouvement radical éducatif en croissance qui mérite l'attention.
Publié le 15 septembre 2011 par Peter Gray, sur Freedom to Learn.
Traduction: J'OSE la vie !
Le unschooling est un mouvement qui est complètement à l'opposé de la pensée conventionnelle sur l'éducation. J'aimerais en apprendre davantage à ce sujet et en dire plus au monde à ce sujet, et pour cette raison, je mène une enquête auprès des familles unschoolers (nonsco). Si vous êtes un membre d'une telle famille et êtes disposé à participer, vous pouvez télécharger le formulaire de sondage en allant sur le site web de Pat Farenga, en défilant vers le bas pour trouver le lien (Pat a gentiment publié le formulaire). Si vous ne le trouvez pas de cette façon, vous pouvez me demander le formulaire directement par courriel, à: grayp@bc.edu. 
Le formulaire lui-même contient toutes les informations dont vous avez besoin pour le remplir et le retourner. Il est court et n'est pas difficile à remplir. Je serais très reconnaissant de votre participation. Je vous invite aussi à transmettre le formulaire, ou un lien vers cette publication, à d'autres familles unschoolers, afin qu'elles puissent aussi y participer. (Je prévois analyser les réponses d'ici le début de novembre, donc s'il vous plaît, retournez votre formulaire avant cette date).

Voici une partie de ce que je sais déjà sur le unschooling, avant de mener l'enquête. Défini le plus simplement, le unschooling (non-scolarisation) est l'absence de scolarisation. Les unschoolers n'envoient pas leurs enfants à l'école et ils ne font pas à la maison le genre de choses qui sont faites à l'école. Plus précisément, ils n'établissent pas de programme d'études pour leurs enfants, ils n'exigent pas de leurs enfants des affectations particulières à des fins d'éducation, et ils ne testent pas leurs enfants pour mesurer les progrès. Au lieu de cela, ils permettent à leurs enfants la liberté de poursuivre leurs propres intérêts et d'apprendre, à leur manière, ce qu'ils doivent savoir pour suivre ces intérêts. Aussi, de diverses manières, ils fournissent un contexte environnemental et un soutien environnemental pour l'apprentissage de l'enfant. La vie et l'apprentissage ne se produisent pas dans le vide; ils se produisent dans le contexte d'un environnement culturel, et les parents unschoolers aident à le définir et mettent l'enfant en contact avec cet environnement. 

Dans l'ensemble, les unschoolers ont une vision de l'éducation qui est à 180 degrés de celle de notre système éducatif courant. Ils croient que l'éducation est quelque chose que les enfants (et les gens de tous âges) font pour eux-mêmes, et non pas quelque chose qui leur est faite, et ils croient que l'éducation est une partie normale de l'ensemble de la vie, pas quelque chose de distinct de la vie qui survient à des moments particuliers dans des endroits particuliers. 


Personne ne sait exactement combien d'enfants aux États-Unis** sont actuellement unschoolers. À des fins de tenue des dossiers officiels, les unschoolers sont regroupés avec les homeschoolers (école maison). Les lois des États ne permettent pas aux parents de simplement sortir leurs enfants de l'école, les parents ont en quelque sorte à prouver que leurs enfants sont éduqués à la maison, ce qui les place dans la catégorie homeschooling. Le homeschooling, dans l'ensemble, croît à un rythme accéléré. Selon le National Center for Educational Statistics, qui mène une enquête tous les 4 ans, il y avait aux États-Unis environ 850 000 enfants homeschooled (5 à 17 ans) en 1999, 1,1 million en 2003, et 1,5 million en 2007. Si on parle en pourcentages de tous les enfants d'âge scolaire, ces chiffres se traduisent à 1,7% en 1999, 2,2% en 2003, et 2,9% en 2007. 
Les données ne sont pas encore disponibles pour 2011, mais si l'on extrapole la courbe de l'année précédente, on peut penser qu'aujourd'hui près de 4% de tous les enfants d'âge scolaire sont considérés comme homeschoolers. 


Les personnes impliquées dans le mouvement du homeschooling estiment qu'environ 10% des homeschoolers sont unschoolers, ce qui me semble raisonnable en me basant sur les proportions observées lors de conventions homeschooling. Si cela est vrai, alors plus de 150 000 enfants vivent le unschooling aux Etats-Unis aujourd'hui et les chiffres sont en augmentation à un rythme qui s'accélère d'année en année. L'estimation serait encore plus élevée, peut-être beaucoup plus élevée, si les soi-disant "relaxed homeschoolers" (familles qui font l'école maison de façon plus légère, plus détendue) étaient inclus. Ce sont des familles qui ont une "sorte" de programme d'études pour leurs enfants mais ne le suivent pas nécessairement ou n'exigent pas qu'il soit respecté. Dans l'ensemble, le unschooling est un mouvement éducatif très important, car il implique un si grand nombre d'enfants et qu'il viole donc fortement la vision conforme que les enfants doivent être contraints d'apprendre un programme d'étude imposé pour réussir. 

Les chercheurs universitaires ont évité toute étude sérieuse sur le unschooling, tout comme ils ont évité les modèles d'écoles Sudbury et toutes les autres innovations en matière d'éducation qui nient la valeur d'un programme imposé. La seule exception est la thèse de doctorat 2008 de Donna Harel Kirschner, à l'Université de Pennsylvania, Department of Anthropology. Kirschner a interviewé et effectué des visites à domicile de 22 familles unschoolers, s'est familiarisée avec la littérature sur le unschooling, et a écrit une thèse décrivant la philosophie et les pratiques des familles qu'elle a étudié. Malheureusement, le travail de Kirschner n'a pas paru dans des publications universitaires ou non universitaires, et la thèse elle-même est difficile à obtenir. Vous pouvez en acheter une copie auprès de ProQuest Digital Dissertations (ou l'obtenir gratuitement d'eux s'il vous arrivait d'avoir le statut de membre à une bibliothèque universitaire affiliée). Le titre complet est Producing Unschoolers: Learning Through Living in a U.S. Educational Movement. 

Mais vous pouvez en apprendre beaucoup plus sur le unschooling en parcourant les sites web et en lisant les livres de ceux qui sont impliqués dans le mouvement. Si vous tapez "unschooling" sur Google, vous trouverez beaucoup de choix disponibles, mais voici quelques ressources avec lesquelles je suis familier et que je recommande: 

  • Le site web de Pat Farenga. Pat Farenga est peut-être la première autorité sur le unschooling. Il a travaillé en étroite collaboration avec John Holt, l'auteur réputé sur les enfants et l'apprentissage, jusqu'à la mort prématurée de ce dernier en 1985. Les livres de Holt, incluant "How children fail" (Comment les enfants échouent) et "How children learn" (Comment les enfants apprennent), publié dans les années 1960 et 70, sont toujours considérés comme des guides inspirants par la plupart des gens dans le mouvement du unschooling, et Pat a beaucoup fait pour garder ces écrits dans la presse et disponibles. Holt a inventé le terme "unschooling" et a fondé le magazine Growing Without Schooling dans les années 1970, et Pat a continué à publier la revue après la mort de Holt, de 1985 jusqu'en 2001. Pat est un écrivain très populaire, conférencier et consultant pour les médias sur le unschooling et il a servi de conseiller à de nombreux nouveaux unschoolers et homeschoolers. Sur le site de Pat, vous trouverez, entre autres choses, le blog de Pat, des critiques de livres, des vidéos pertinentes sur le unschooling, et un lien vers l'ensemble des archives de Growing Without Schooling. 



  • Life Learning Magazine. Lorsque la publication de Growing Without Schooling a cessé, le  Life Learning Magazine est devenu la principale revue du mouvement unschooling. Le magazine est rempli d'articles bien écrits sur la philosophie et la pratique du unschooling. Depuis 2008, le magazine est disponible en version entièrement numérique. L'éditeur, Wendy Priesnitz, est elle-même une auteure formidable. Vous pouvez trouver son blog à partir de ce site web et des liens vers ses autres écrits. Je recommande particulièrement son livre "Challenging Assumptions in Education". Les hypothèses qu'elle défie sont les suivantes: l'éducation est quelque chose qui vous est faite; le savoir appartient à un culte d'experts; les autres savent mieux ce que les enfants devraient apprendre; les écoles fournissent une formation efficace; et les écoles ont un noble but. 
  • The Natural Child Project. Ici vous pouvez trouver des articles bien écrits qui donnent à réfléchir non seulement sur le unschooling, mais sur tous les aspects de la parentalité, notamment l'allaitement maternel et l'ensemble des questions ayant à voir avec l'harmonie familiale. Le mouvement unschooling est intimement lié au plus grand mouvement de l'éducation naturelle des enfants, et ici vous voyez clairement ce lien. Vous pouvez également vous abonner à la Natural Child Newsletter et vous pouvez y trouver des liens vers des écrits de Jan Hunt et d'autres. Jan est le rédacteur du bulletin et auteur de The Natural Child: Parenting from the Heart. Elle est également co-éditeur (avec son fils Jason) de The Unschooling Unmanual, que j'ai récemment lu et apprécié. C'est une excellente collection d'essais pertinents pour le unschooling, dont un par le romancier Daniel Quinn*, l'un par John Holt, et deux par Hunt elle-même.
  • Sandra Dodd's Radical Unschooling Website. Ceci est un autre site important sur le unschooling, que j'ai récemment découvert. Son objectif explicite est de fournir des informations pratiques, des ressources et de l'encouragement aux personnes qui ont pris le chemin du unschooling. Vous pouvez trouver ici des essais clairs et bien écrits sur pratiquement tous les sujets qui relèvent du unschooling, des liens vers des livres et d'autres sites pertinents pour le unschooling, et une liste à jour des organisations par états, régionales et nationales consacrées au unschooling. Comme il en est aussi pour Pat Farenga, Wendy Priesnitz, et Jan Hunt, Sandra est un parent unschooler elle-même, donc ses mots ne viennent pas seulement de la théorie et de la lecture, mais aussi de l'expérience de première main.
---
Et maintenant, je vous invite à contribuer par vos pensées et vos questions. Si l'idée du unschooling est nouvelle pour vous et que vous avez des questions à ce sujet, s'il vous plaît posez-les. Si vous avez une expérience avec le unschooling et que vous souhaitez ajouter quelque chose ou exprimer un désaccord à propos de ce que j'ai dit, s'il vous plaît faites-le. Si vous connaissez d'autres sites web sur le unschooling que les lecteurs trouveraient intéressants, s'il vous plaît parlez-nous en ici. Ce blog n'est pas seulement le mien, c'est un forum de débat et de discussion entre les lecteurs.

Comme toujours, je préfère que vous publiez vos commentaires et vos questions ici plutôt que de me les envoyer par courriel privé. En les mettant ici, vous partagez avec d'autres lecteurs, et pas seulement avec moi. Je lis tous les commentaires et tente de répondre à toutes les questions sérieuses. Bien sûr, si vous avez quelque chose à dire qui ne s'applique qu'à vous et moi, alors envoyez moi un courriel.

---


* L'essai de Daniel Quinn a été traduit en français par Gaia du collectif LEMAQ et publié sur le blog LEMAQ en 2007, sous le titre: L'École : Les Motivations Cachées.

---
Peter Gray
Peter Gray est professeur de recherche de psychologie au Boston College. Il a mené et publié des recherches en psychologie comparative, évolutive, du développement et de l'éducation. Il a publié des articles sur les méthodes d'enseignement novatrices et les approches alternatives à l'éducation, et est l'auteur de Psychologie (Worth Publishers), un manuel d'introduction collégial qui en est à présent à sa 6è édition. Il a fait ses études de premier cycle à l'Université Columbia et a obtenu un doctorat en sciences biologiques à l'Université Rockefeller. Ses recherches actuelles et ses travaux d'écriture se concentrent principalement sur les modes naturels d'apprentissage chez les enfants et sur la valeur du jeu tout au long de la vie. Ses propres jeux incluent non seulement ses recherches et l'écriture, mais aussi le cyclisme longue distance, le kayak, le ski de fond en nature (sous-bois) et la culture maraîchère.

________________
IMPORTANT: 
**Bien que la présentation de la recherche mentionne des informations concernant le unschooling aux États-Unis, il s'agit d'une étude internationale; c'est pourquoi nous traduisons et publions tout ça ici, afin d'étendre la participation aux familles unschoolers francophones, avec l'accord de Peter.

 

Si vous désirez participer mais ne connaissez pas suffisamment l'anglais pour le faire, visiter cette page qui est la traduction en français du formulaire du sondage. 
Edith et Stéphane
Les Éditions J'OSE la vie !