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dimanche 20 novembre 2016

Congrès Écologie de l'enfance 2016, en images et en musique



2è édition du congrès Écologie de l'enfance, en images et en musique : « L'attachement qui donne des ailes ».

Avec Arno Stern, Sophie Rabhi, Peter Gray, Jacynthe René, Dr. Pierre Lévesque, Lysane Grégoire, Thierry Pardo, Marike-Reid-Gaudet, André Stern, Édith Chabot-L.

Merci à tous, participants, intervenants, collaborateurs et commanditaires, pour cette grande et importante rencontre, pour l'Enfant !

Édith, pour toute l'équipe du congrès

lundi 15 août 2016

mercredi 25 septembre 2013

L'école est une prison


L'école est une prison
- et elle abîme nos enfants
De plus longues années scolaires ne sont pas la réponse. Le problème, c'est l'école elle-même. La méthode obligatoire « enseignement-et-test » ne fonctionne tout simplement pas.

Traduction : Édith Chabot, J'OSE la vie !
Révision : Stéphanie Meloche

Les parents envoient leurs enfants à l'école avec les meilleures intentions, croyant que c'est ce dont ils ont besoin pour devenir des adultes productifs et heureux. Plusieurs ont des doutes concernant les performances de l'école, mais la sagesse conventionnelle dit que ces problèmes peuvent être résolus avec plus d'argent, de meilleurs enseignants, des programmes comportant plus de défis et/ou des tests plus rigoureux.

Mais que faire si le vrai problème, c'est l'école elle-même ? La triste réalité est que l'une de nos institutions les plus chères met en échec, par sa nature même, nos enfants et notre société.
L'école est un lieu que les enfants sont obligés de fréquenter, et où leur liberté est fortement restreinte - encore plus restreinte que la plupart des adultes ne saurait le tolérer dans leur lieu de travail. Au cours des dernières décennies, nous avons obligé nos enfants à passer de plus en plus de temps dans ce genre de configuration, et il y a des preuves solides (résumées dans mon dernier livre) que cela cause des dommages psychologiques graves à beaucoup d'entre eux. En outre, plus les scientifiques ont compris la façon dont les enfants apprennent naturellement, plus nous nous sommes rendu compte que les enfants apprennent plus à fond et entièrement, et avec plus d'enthousiasme, dans des conditions qui sont presque opposées à celles de l'école.

La scolarité obligatoire a été une partie intégrante de notre culture depuis plusieurs générations. Il est difficile aujourd'hui, pour la plupart des gens, d'imaginer comment les enfants pourraient apprendre sans elle à réussir dans notre culture. Le président Obama et le secrétaire à l'éducation Arne Duncan sont tellement épris de scolarité qu'ils veulent même encore plus de jours d'école et d'années scolaires. La plupart des gens supposent que la conception de base des écoles, comme nous les connaissons aujourd'hui, ont émergé de preuves scientifiques sur la façon dont les enfants apprennent le mieux. Mais, en fait, rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.

Les écoles comme nous les connaissons aujourd'hui sont le produit de l'histoire, pas de la recherche sur la façon dont les enfants apprennent. Le plan encore utilisé pour les écoles d'aujourd'hui a été développé au cours de la Réforme protestante, quand les écoles ont été créées pour enseigner aux enfants à lire la Bible, à croire l'Écriture sans la questionner, et à obéir à des figures d'autorité sans les remettre en cause. Les premiers fondateurs d'écoles ont été très clairs à ce sujet dans leurs écrits. L'idée que les écoles soient des foyers pour nourrir la pensée critique, la créativité, l'initiative personnelle ou la capacité à apprendre par soi-même - les types de compétences des plus importantes pour réussir dans l'économie d'aujourd'hui - était la chose la plus éloignée de leur esprit. Pour eux, la volonté était un péché, qu'on devait casser chez l'enfant et non encourager.

Lorsque les écoles ont été prises en charge par l'État et rendues obligatoires, dirigées vers des fins profanes, la structure et les méthodes d'enseignement de base sont restées inchangées. Les tentatives ultérieures de réforme ont échoué parce que, si certaines ont bricolé autour de la structure, elles n'ont pas modifié le modèle fondamental. La méthode « enseignement-et-test » et la relation hiérarchique, dans lequel l'apprentissage est motivé par un système de récompenses et de punitions - plutôt que par la curiosité ou par quelque réalité, ou par le désir de savoir - est bien conçu pour l'endoctrinement et l'entraînement à l'obéissance, mais pas pour grand-chose d'autre. Il n'est pas étonnant que plusieurs des plus grands entrepreneurs et innovateurs au monde aient abandonné précocement l'école (comme Thomas Edison), ou qu’ils aient dit qu'ils détestaient l'école et qu’ils ont appris malgré elle et non grâce à elle (comme Albert Einstein).
Il n'est pas étonnant qu'aujourd'hui, même les « meilleurs élèves » (peut-être surtout eux) déclarent souvent qu'ils sont « brûlés » par le processus de scolarisation. Un récent diplômé supérieur, expliquant à un journaliste pourquoi il reportait l'université à plus tard, a affirmé ceci : « J'étais accablé à force de vouloir bien faire et je n'ai pas beaucoup dormi ces deux dernières années. J'avais cinq ou six heures de devoir chaque soir. Plus d'école était bien la dernière chose dont je voulais. »

La plupart des étudiants – qu'ils soient notés A ou C, ou qu'ils soient en échec - ont perdu le goût d'apprendre avant d'atteindre le milieu du cours primaire ou le secondaire (ndt : collège ou lycée, en France). Dans une étude récente, Mihaly Czikszentmihalyl et Jeremy Hunter ont équipé plus de 800 élèves de la sixième à la 12e année du primaire, de 33 écoles différentes à travers le pays (États-Unis), de montres-bracelets spéciales qui envoyaient un signal à des moments aléatoires de la journée. Chaque fois que le signal apparaissait, ils devaient mentionner où ils étaient, ce qu'ils faisaient, et combien heureux ou malheureux ils étaient à ce moment-là. Les niveaux les plus bas de bonheur, de loin, se sont produits quand ils étaient à l'école et les niveaux les plus élevés lorsqu'ils étaient en-dehors de l'école à jouer ou à parler à des amis. À l'école, souvent, ils s'ennuyaient, se sentaient anxieux ou les deux. D'autres chercheurs ont montré que, au fur et à mesure de leur progression dans le système scolaire, les étudiants développent des attitudes négatives envers les matières enseignées, surtout envers les mathématiques et les sciences.

Nous avons tendance à ignorer ces conclusions. Nous ne sommes pas surpris qu’apprendre à l’école soit désagréable. Nous pensons qu'il s'agit d'un médicament au goût mauvais, difficile à avaler, mais bon pour les enfants à long terme. Certaines personnes pensent même que le désagrément de l'école est bon pour les enfants, afin qu'ils apprennent à tolérer ce qui est désagréable, parce que la vie après l'école est désagréable. Peut-être que cette triste vision de la vie découle de la scolarité. Bien sûr, la vie a ses hauts et ses bas, à l'âge adulte et pendant l'enfance. Mais il y a bien des opportunités pour apprendre à tolérer les désagréments sans ajouter de la scolarité désagréable à la recette. La recherche a démontré que les personnes de tous âges apprennent mieux quand elles sont motivées de l'intérieur, qu'elles approfondissent des questions qui sont leurs propres questions réelles, et qu’elles poursuivent leurs propres buts, bien concrets. Dans ces conditions, l'apprentissage est généralement joyeux.

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J'ai passé une grande partie de ma carrière de chercheur à étudier comment les enfants apprennent. Les enfants viennent au monde magnifiquement conçu pour diriger leur propre apprendre. Ils sont dotés par la nature de puissants instincts, incluant la curiosité, l'espièglerie, la socialité, l'attention aux activités autour d'eux, le désir de grandir et le désir de faire ce que les enfants plus âgés et les adultes peuvent faire.

La preuve de tout ceci se trouve devant les yeux de quiconque a regardé un enfant grandir, de la naissance jusqu'à l'âge scolaire. Grâce à leurs propres efforts, les enfants apprennent à marcher, à courir, à sauter et à grimper. Ils apprennent, à partir de zéro, leur langue maternelle, et de là, ils apprennent à affirmer leur volonté, à argumenter, à s’amuser, à s’ennuyer, à se lier d'amitié, à charmer et à poser des questions. En posant des questions et en explorant, ils acquièrent une énorme quantité de connaissances sur le monde physique et social autour d'eux, et à travers le jeu, ils pratiquent des compétences qui favorisent leur développement physique, intellectuel, social et affectif. Ils font tout cela avant que quiconque, de quelque manière systématique que ce soit, tente de leur enseigner quoi que ce soit.

Cet étonnant mécanisme et cette capacité d'apprendre ne s'éteignent pas lorsque les enfants atteignent cinq ou six ans. Nous l'éteignons avec notre système coercitif de scolarité. La plus grande leçon, la plus durable, de notre système d'enseignement est que l'apprentissage est un travail, qui doit être évité autant que possible.

L'objectif de mes propres recherches a été mis sur l'apprentissage chez les enfants qui sont d'« âge scolaire », mais qui ne sont pas envoyés à l'école, ou pas à l'école telle qu'on l'entend d'habitude. J'ai examiné comment les enfants apprennent dans les cultures qui n'ont pas d'école, en particulier les cultures de chasseurs-cueilleurs, les types de cultures dans lesquelles notre espèce a évolué. J'ai aussi étudié l'apprentissage dans notre culture par les enfants qui ont la confiance de prendre en charge leur propre apprentissage et auxquels est offerte la possibilité et les moyens d’apprendre eux-mêmes. Dans ces contextes, la curiosité et la joie naturelles de l'apprentissage des enfants persistent tout au long de l'enfance et de l'adolescence, et à l'âge adulte.

Un autre chercheur qui a documenté la puissance de l'apprentissage autonome est Sugata Mitra1. Il a mis en place des ordinateurs d'extérieur dans des quartiers très pauvres en Inde, où la plupart des enfants ne vont pas à l'école et où plusieurs étaient illettrés. Partout où il a placé un tel ordinateur, des douzaines d'enfants se rassemblent autour et, sans l'aide des adultes, comprennent comment l'utiliser. Ceux qui ne savaient pas lire ont commencé à le faire à travers l'interaction avec l'ordinateur et avec d'autres enfants autour. Les ordinateurs ont donné aux enfants l'accès à la connaissance du vaste monde. Dans un village éloigné, les enfants qui ne connaissaient rien des micro-organismes ont appris des choses au sujet des bactéries et des virus par le biais de leurs interactions avec l'ordinateur et ont commencé à utiliser ces nouvelles connaissances de manière appropriée dans les conversations.

Les expériences de Mitra illustrent comment trois aspects fondamentaux de la nature humaine - la curiosité, l'espièglerie et la sociabilité - peuvent se combiner à merveille pour servir l'objectif d’apprendre. La curiosité a attiré les enfants à l'ordinateur et les a motivés à l'explorer ; l'enjouement les a motivés à pratiquer de nombreuses compétences en informatique ; et la sociabilité a permis à l'apprentissage de chaque enfant de se répandre comme une traînée de poudre à des douzaines d'autres enfants.

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Dans notre culture, de nos jours, il existe de nombreuses voies par lesquelles les enfants peuvent utiliser leurs pulsions et instincts naturels pour apprendre tout ce qu'ils doivent savoir pour une vie adulte réussie. Plus de deux millions d'enfants aux États-Unis fondent maintenant leur apprendre à la maison et dans la collectivité plutôt qu'à l'école, et une proportion toujours croissante de leurs familles ont abandonné les approches pédagogiques en faveur de l'apprentissage autodirigé. Ces parents ne donnent pas de leçons ou de tests, mais fournissent un milieu de vie qui facilite l'apprentissage, et ils aident à relier leurs enfants à des activités communautaires dans lesquelles ils apprennent également. Certaines de ces familles ont initié cette démarche il y a longtemps et ont des enfants adultes qui, aujourd'hui, réussissent des études supérieures ou une carrière.

Ma collègue Gina Riley et moi avons récemment interrogé 232 de ces familles. Selon les rapports de ces familles, les principaux avantages de cette approche se trouvent dans la curiosité, la créativité et le goût permanents de l'apprentissage chez les enfants. Et dans la liberté et l'harmonie que toute la famille vit une fois soulagée des pressions et des horaires de l'école et du fardeau de manipuler les enfants à faire des devoirs qui ne les intéressent pas. Un parent a dit : « Nos vies sont essentiellement sans stress ... Nous avons une relation très étroite construite sur l'amour, la confiance mutuelle et le respect mutuel. » Elle a continué à écrire : « En tant qu'enseignante, je vois que ma fille a d'étonnantes aptitudes à la pensée critique qui manque à plusieurs de mes élèves adultes au collège ... ma fille vit et apprend dans le monde réel et elle aime ça. Que pouvais-je demander de plus ? »

Riley et moi sommes en train de terminer une étude avec environ 80 adultes qui eux-mêmes ont été scolarisés à domicile, en autonomie, quand ils étaient « d'âge scolaire ». Les résultats complets ne sont pas encore connus, mais il est clair, d’ores et déjà, que ceux qui ont pris cette approche provenaient de milieux socio-économiques variés et qu’ils ont, dans l'ensemble, poursuivi avec beaucoup de succès à l'âge adulte.

Alors que l'approche autogérée de l'apprentissage à domicile a gagné en popularité, de plus en plus de centres et de réseaux ont surgi pour offrir des ressources, des liens sociaux et des opportunités éducatives supplémentaires pour les enfants et les familles qui suivent cette approche (plusieurs sont répertoriées sur un nouveau site de collecte, AlternativesToSchool.com). Avec celles-ci – de même qu'avec les bibliothèques et autres ressources communautaires qui ont toujours été disponibles et, bien sûr, l'Internet –, les possibilités d'apprendre sont sans limites.

Mais ce ne sont pas toutes les familles qui ont les moyens ou le désir de faciliter l'apprentissage autogérée des enfants à la maison. Pour plusieurs, la meilleure option est une école dite démocratique, où les enfants sont en charge de leur propre éducation dans un cadre qui permet d'optimiser leurs opportunités d'apprendre et où il y a beaucoup d'autres enfants avec qui se socialiser et apprendre. (Ces écoles ne doivent pas être confondues avec les écoles Montessori ou d'autres types d'écoles « progressistes » qui permettent plus de jeu et offrent plus de choix que ne le font les écoles classiques, mais qui maintiennent néanmoins un système d'autorité maître-élève hiérarchisé et un programme relativement uniforme que tous les élèves sont censés suivre.)

Depuis de nombreuses années, j'ai observé l'apprentissage dans un tel lieu, à l'école Sudbury Valley School, à Framingham, Massachusetts. Elle est appelée école, mais elle est aussi différente que vous pouvez l'imaginer de ce que nous appelons généralement une « école. » Les élèves, qui sont âgés de 4 à environ 18 ans, sont libres toute la journée de faire ce qu'ils veulent, tant qu'ils n'enfreignent pas l'une des règles de l'école. Les règles, qui sont créées démocratiquement en Assemblée d'École par les élèves et le personnel, n'ont rien à voir avec l'apprentissage ; elles concernent le maintien de la paix et de l'ordre et sont appliquées par un système judiciaire modelé sur celui de notre société au sens large. L'école compte actuellement environ 150 étudiants et 10 membres du personnel, et elle fonctionne avec un budget par élève qui est moitié moindre que celui des écoles publiques environnantes. On y accepte essentiellement tous les étudiants qui le demandent et dont les parents acceptent de les inscrire.

Aujourd'hui, environ deux douzaines d'écoles existent aux États-Unis qui sont explicitement calquées sur le modèle de Sudbury Valley ; il en existe d'autres qui ont la plupart de ses caractéristiques de base. Comparés à d'autres écoles privées, ces établissements demandent de faibles frais de scolarité, et certaines ont des échelles de frais variables en fonction des ressources. Les étudiants proviennent de milieux très variés et ont des personnalités tout aussi variées.

Pour ceux qui n'en ont pas été témoins de visu, il est difficile d'imaginer comment une telle école pourrait fonctionner. Pourtant, Sudbury Valley existe depuis 45 ans maintenant et a « fourni » des centaines de diplômés qui se portent très bien dans le monde actuel.

Il y a plusieurs années, mon collègue David Chanoff et moi avons mené une étude de suivi des diplômés de cette école. Nous avons constaté que ceux qui avaient suivi des études supérieures (environ 75 pour cent) n'avaient signalé aucune difficulté particulière à entrer dans les écoles de leur choix et à y réussir une fois admis. Certains, y compris quelques-uns qui n'avaient jamais suivi un cours formel, étaient allés avec succès dans les universités les plus prestigieuses. En tant que groupe, indépendamment de s’ils avaient suivi ou non des études supérieures, ils ont remarquablement réussi à trouver un emploi. Ils ont accédé à un large éventail de professions, parmi lesquelles : les affaires, les arts, la science, la médecine, les services et les métiers spécialisés. La plupart ont dit qu'un des principaux avantages de leur éducation [à l'école] Sudbury Valley était qu'ils avaient acquis un sens de la responsabilité personnelle et une capacité d'autocontrôle qui leur servait dans tous les aspects de leur vie. Plusieurs commentaient également l'importance des valeurs démocratiques qu'ils avaient acquises, par la pratique, à l'école. Plus récemment, deux plus vastes études sur les diplômés, menées par l'école elle-même, ont révélé des résultats similaires et ont été publiés sous forme de livres.

Les élèves de cet établissement apprennent à lire, calculer et utiliser l'ordinateur de la même façon ludique que les enfants dans les cultures de chasseurs-cueilleurs apprennent à chasser et à cueillir. Ils développent également des intérêts et des passions plus spécialisés qui peuvent conduire directement ou indirectement à des carrières. Par exemple, un machiniste et inventeur à succès a passé son enfance à s'amuser à construire des appareils et à en démonter pour voir comment ils fonctionnaient. Un autre diplômé, qui est devenu professeur de mathématiques, avait joué intensément et de manière créative avec les mathématiques. Et encore une autre qui fait de la haute couture avait joué à la confection de vêtements de poupée, puis de vêtements pour elle-même et ses amis.

Je suis convaincu que si Sudbury Valley fonctionne aussi bien en tant que lieu pour apprendre, c’est qu'elle fournit les conditions qui optimisent les capacités naturelles des enfants à apprendre. Ces conditions comprennent :
a) des possibilités illimitées de jouer et d'explorer (ce qui leur permet de découvrir et de poursuivre leurs intérêts);
b) l'accès à une variété d'adultes bienveillants et compétents qui sont leurs assistants et pas des juges;
c) un libre mélange d'âge chez les enfants et les adolescents (le jeu multi-âge est beaucoup plus propice à l'apprentissage que le jeu avec ceux qui sont tous au même niveau); et
d) la participation directe dans une communauté stable, morale et démocratique, dans laquelle ils acquièrent un sens de la responsabilité pour les autres, pas seulement pour eux-mêmes. Remarque : Aucune de ces conditions n'est présente dans les écoles classiques.

Je ne veux pas peindre l'éducation autogérée comme une panacée. La vie n'est pas toujours douce, quelles que soient les conditions. Mais mes recherches et les recherches des autres dans ces milieux m'ont convaincu, sans plus aucun doute, que les pulsions naturelles et les capacités des jeunes à apprendre sont entièrement suffisantes pour motiver l'ensemble de leurs apprentissages. Quand ils veulent ou ont besoin de l'aide des autres, ils la demandent. Nous n'avons pas à forcer les gens à apprendre, tout ce que nous devons faire, c'est leur reconnaître la liberté et la possibilité de le faire. Bien sûr, tout le monde ne va pas apprendre les mêmes choses, de la même façon ou en même temps. Mais c'est une bonne chose. Notre société se nourrit de la diversité. Notre culture a besoin de gens ayant différents types de compétence, d’intérêt et de personnalité. Par-dessus tout, nous avons besoin de personnes qui vivent la vie avec passion et qui sont responsables d'elles-mêmes tout au long de la vie. Ce sont les dénominateurs communs de celles et ceux qui ont pris en charge leur propre apprendre.

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PeterGray est professeur émérite de psychologie au Boston College. Son livre le plus récent est "Free to Learn: Why Unleashing the Instinct to Play Will Make Our Children Happier, More Self Reliant, and Better Prepared for Life"  (Libre d'apprendre : Pourquoi libérer l'instinct du Jeu rendra nos enfants plus heureux, plus autonomes, et mieux préparés pour la vie'), Basic Books, 2013. Il est également l'auteur d'un manuel d'introduction à la psychologie, Psychology, Worth Publishers, maintenant à sa sixième édition, d’un blog régulier pour le magazine Psychology Today qui s'appelle Freedom to Learn (Liberté d'apprendre), et de nombreux articles scientifiques traitant des moyens naturels d'apprentissage de l'enfant. Avec un certain nombre de ses collègues, il a récemment lancé un site web, AlternativesToSchool.com, conçu pour aider les familles à trouver ou à créer un contexte pour l'apprentissage autonome des enfants.

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Article traduit et publié avec l'aimable autorisation de Peter Gray.
Merci à Jean-Pierre Lepri, du CREA, pour la relecture finale.
Une version au format pdf a également été publiée dans les documents complémentaires du CREA, ici.
Édith
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Texte original en anglais :
"School is a prison", la vidéo:  
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vendredi 11 mai 2012

Ce qui conduit les familles au unschooling - par Peter Gray

Ce qui conduit les familles à «unschooler» leurs enfants? Rapport II
Pourquoi 232 familles ont choisi de faire confiance aux instincts éducatifs de leurs enfants
Publié le 26 Mars 2012, par Peter Gray sur Freedom to Learn
Et sur Psychology Today

Traduction: J'OSE la vie!

photo:Freedom To Learn / Peter Gray
Voici le deuxième d'une série de trois rapports sur l'étude de familles unschoolers que j'ai menée à l'automne 2011. Dans le premier rapport, que vous pouvez trouver ici, j'ai décrit la méthode d'enquête, donné des informations démographiques sur les familles qui ont répondu, et résumé leurs réponses à des questions sur la définition et les avantages du unschooling vécu par leur famille. [Dans ce rapport, j'ai dit que 231 familles avec des enfants âgés de 5 ou plus ont répondu à l'enquête. Je vais maintenant ajouter la correction mineure que ce nombre était en fait 232 familles. Nous avons omis par inadvertance une famille dans la tabulation initiale.]

En bref, pour ceux pour qui le sujet est nouveau et n'ont pas encore lu le Rapport I, les familles qui s'identifient comme unschoolers sont celles qui n'envoient pas leurs enfants à l'école et ne font pas à la maison le genre de choses qui sont faites à l'école. Plus précisément, ils n'établissent pas de programme d'études pour leurs enfants, ils n'exigent pas de leurs enfants des tâches particulières à des fins d'éducation, et ils ne testent pas leurs enfants pour mesurer un progrès. Au lieu de cela, ils permettent à leurs enfants la liberté de poursuivre leurs propres intérêts et d'apprendre, à leur manière, ce qu'ils doivent savoir pour suivre ces intérêts. Aussi, de diverses manières, ils fournissent un contexte et un soutien environnemental pour l'apprentissage de l'enfant. Pour en savoir plus sur les différentes manières par lesquelles les unschoolers concrétisent ces idées, et les avantages que ces familles voient dans le unscholing – à la fois pour l'enfant et pour la famille dans son ensemble – veuillez vous référer au Rapport I.

Mon objectif maintenant, dans le Rapport II, est de décrire les voies par lesquelles les familles qui ont répondu à l'enquête en sont venues au unschooling. Ce rapport est basé sur une analyse qualitative que ma collègue Gina Riley et moi avons fait des réponses à l'article 6 du formulaire de sondage, qui se lit comme suit:

6. S'il vous plaît, décrivez le chemin par lequel votre famille est venue à la philosophie du unschooling que vous pratiquez maintenant. En particulier:
(a) Est-ce que quelque expérience scolaire spécifique d'un ou plusieurs de vos enfants a joué un rôle? Si oui, décrivez brièvement cette (ces) expérience(s).
(b) Est-ce qu'un (ou des) auteur(s) en particulier a (ont) joué un rôle? Si c'est le cas, s'il vous plaît, nommez cet (ou ces) auteur(s) et ce qui vous interpellait dans ses (leurs) écrits.
(c) Avez-vous essayé le homeschooling (école maison) avant le unschooling? Si oui, qu'est-ce qui vous a conduit de l'un à l'autre?

Voici, en bref, ce que nous avons trouvé:

La décision de retirer un (ou des) enfant(s) de l'école

En réponse à la question 6a, 101 des 232 familles ont indiqué qu'au moins un de leurs enfants fréquentait l'école avant de débuter le unschooling, et que l'expérience de l'enfant à l'école les a amenés à l'en retirer. Dans leurs explications, 38 de ces familles ont fait spécifiquement référence à la rigidité des règles de l'école ou à la nature autoritaire de la salle de classe comme une raison pour en retirer l'enfant; 32 ont fait référence à la perte de temps, la piètre quantité d'apprentissage qui a eu lieu, et / ou à l'ennui de l'enfant, la perte de la curiosité, ou un désintérêt pour l'apprentissage; et 32 ont mentionné la tristesse de leur enfant, l'anxiété, ou le fait d'avoir été victime d'intimidation. [Note: Les chiffres ici et ailleurs dans ce rapport sont tous des approximations, car ils dépendent de l'interprétation des déclarations écrites.]

Voici, à titre d'illustration, un échantillon représentatif de citations extraites des réponses des répondants à la question 6a (les noms ont été supprimés dans chaque cas):


Les réponses soulignant la rigidité des règles et la nature autoritaire de la classe:
« Le directeur de l'école a menacé de poursuivre [mon fils] pour avoir apporté une 'arme' à l'école. L'arme' était une ridicule boîte de ficelle. »
« J'ai vu des enfants punis pour avoir été curieux et volubiles, ce qui, pensais-je, était naturel chez la plupart des jeunes enfants. »
« Nous étions de plus en plus frustrés par la façon dont les choses étaient enseignées aux enfants. Un exemple: les enfants qui comprenaient rapidement les choses en mathématiques devaient quand même passer par le processus fastidieux de ''montrer leur travail'', même s'ils pouvaient comprendre dans leur tête. Notre fille était ennuyée et frustrée par ce genre de travail fait dans le but de les tenir occupés. Elle a été punie (interdite de récréation) pour ne pas avoir fait ses devoirs, même si elle avait de très bonnes notes sur son bulletin et une note parfaite à son premier examen MCAS. »
« Quand mon enfant de 5 ans allait être retenu en maternelle parce qu'il ne connaissait pas ses lettres, je savais que c'était une erreur et que tous les enfants apprennent à un rythme différent. »
« Nous étions fatigués que nos enfants soient étiquetés, et fatigués qu'ils rentrent à la maison épuisés et franchement plein de méchanceté. Ils n'étaient plus ces gentilles personnes qu'ils avaient été. Une fois que nous les avons ramenés à la maison, ils sont redevenu des 'personnes'. »

« Notre aîné, à son premier jour d'école, a dit qu'elle devait demander la permission pour uriner et la permission pour manger. Elle nous a dit qu'elle n'était pas disposée à le faire, et nous avons décidé, avec l'école, de son retrait après quelques jours où elle avait quitté le terrain de l'école pour rentrer à la maison. »
Les réponses soulignant l'ennui, le temps perdu, ou la perte d'intérêt dans l'apprentissage à l'école:
« Après que je les ai mis à l'école publique pendant un certain temps, il est devenu extrêmement clair pour moi que d'être obligé de suivre un programme d'études basé sur l'idée de quelqu'un d'autre était contre-productif, au point de créer la 'haine' de l'apprentissage (nous avons trouvé cela intolérable). »
« Nous avons détesté l'école publique Ruban bleu (Le Prix Ruban bleu est considéré comme le plus grand honneur qu'une école américaine peut atteindre.- source Wikipédia) que notre aîné a fréquenté. Il avait 1 heure de devoirs (compréhension de lecture et fiches de mathématiques) chaque soir. Un enfant de 6 ans! Le travail était trop facile pour lui et il détestait ça et traînait les pieds tous les soirs, et nous ressentions l'intrusion dans notre vie de famille et nos moments de détente. »
« J'ai beaucoup travaillé dans les salles de classe et j'ai vu beaucoup de temps perdu au cours duquel mes enfants étaient coincés à rester assis et à ne faire absolument rien. »
« En 5è année, lorsque nous avons retiré [notre fils], l'école détruisait sa curiosité naturelle et son amour pour l'apprentissage. Trop d'heures à l'école et ensuite à faire des devoirs. Il m'a dit: "Maman, quand ai-je du temps à moi?" Ça me brisait le cœur. »
« Nous ... constations que les niveaux croissants de devoirs et de projets nous laissaient esclaves de l'horaire de l'école, même après les heures scolaires et durant les fins de semaine. En outre, nous avons constaté que notre enfant le plus âgé y perdait sa joie d'apprendre, et notre 2è enfant n'avait pas suffisamment de temps pour sa passion et son don : les arts de la scène. »
Les réponses mettant l'accent sur le mal-être de l'enfant, l'anxiété, ou le fait d'être victime d'intimidation à l'école:
« L'école a été terrible pour toute la famille. Les devoirs. Les horaires. Les problèmes d'ordre sociaux. Le manque d'exercice physique. Le manque de temps en famille. Les problèmes de discipline .... Je traînais littéralement mes enfants à l'école qu'ils détestaient tant. »
« Mon fils aîné était un lecteur tardif (tardif selon les standards de l'école) et cette frustration m'a amené à explorer d'autres options, mais je n'en ai poursuivies aucune à cette époque. Plus tard, quand il était en 3ème année, la charge de travail et sa frustration ont augmenté alors qu'il était dans des classes de niveau 'avancé', ce qui semblait incongru. Il travaillait plus d'heures à l'école que son père n'en passait au travail. Dans quel but? »
« Ma fille aînée vivait l'anxiété des tests (c'était la première année que le ''No Child Left Behind'' était mis en œuvre - (Acte introduisant les tests standardisés dans les écoles américaines – source Wikipédia)), ne mangeait pas le midi, était envahie par le bruit et les odeurs, et était distraite en classe. Ma plus jeune fille s'ennuyait et commençait à refuser de participer aux activités en classe. Ma fille aînée a été malheureuse dans l'ensemble de son parcours scolaire - Je continuais de penser qu'elle allait finir par dépasser tout ça, mais elle n'y est pas arrivée. Les choses sont finalement arrivées à un point de rupture et je les ai sorties sans avoir aucun plan, mais sachant que je pouvais certainement faire mieux que l'école. J'en avais assez de les envoyer quelque part qui les rendait si tristes et créait autant de tensions dans notre famille. »
« Notre fille aînée a absolument détesté aller à l'école et nous étions tous malheureux. En raison des idées fausses et du manque d'exposition à l'école-maison (oubliez le unschooling, même le homeschooling n'est pas commun en Inde), nous n'avions pas réalisé que c'était une option viable, jusqu'à ce que le désespoir nous conduise à le considérer. »
« La Faculté a ignoré à plusieurs reprises des situations où d'autres enfants ont attaqué mon fils physiquement et verbalement. Et après deux ans à en prendre, il a repoussé un de ses tyrans et s'est retrouvé soudainement dans le pétrin (l'intimidateur, lui, n'a pas eu d'ennuis même si plusieurs enseignants ont été témoins du fait qu'il malmenait mon fils). L'école a mis mon fils en échec à plusieurs reprises et a ignoré mes requêtes et demandes de changement. Puis ils ont réclamé une rencontre pour discuter de ce qu'il fallait faire ''de mon fils'' au lieu de ce qu'ils pouvaient pour POUR LUI. .. Je leur ai dit qu'il n'y aurait pas de rencontre ... »
« Ma fille aînée a perdu son amour pour l'apprentissage de façon précoce à l'école. Finalement, elle s'est même arrêtée de faire des mathématiques, et du sommet de la classe elle s'est rendue au bas. Ceci était dû à un professeur de mathématiques qui avait l'habitude de se moquer d'elle et de la diminuer. »
« Au début de la 2è année, ma fille m'a raconté un soir la façon dont une de ses amies avait été menacée verbalement (le terme utilisé était 'TU ES DE LA CHAROGNE') par un autre camarade de classe, poussée contre un mur, et alors on lui a dit que les cousins plus âgés de ce camarade de classe allaient l'avoir. J'ai été consternée de voir que ceci arrivait à une enfant de 8 ans et que, en discutant avec l'enseignant de ma fille au sujet de cet incident, ce type d'interaction n'a pas été jugé alarmant par le personnel enseignant. Je ne veux jamais que mes enfants acceptent eux-mêmes ni s'insensibilisent pour finir par penser que le traitement d'autres êtres humains de façon horrible, sans amour, et méchamment, est normal! Je voulais que mes enfants sachent qu'un monde rempli d'amour et de soins attentifs existe, donc nous avons commencé l'écolemaison! »
« Lorsque nous avons commencé l'écolemaison (homeschooling), avec mon fils âgé de 11 ans, il avait été tellement brisé émotionnellement par son vécu scolaire que nous avons été choqués de voir à quelle vitesse sa personnalité s'est redressée en un mois ou deux. »

La transition de l'école-maison au unschooling

En réponse à la Question 6c, 110 des 232 familles ont dit qu'elles avaient essayé l'écolemaison (homeschooling) avant de passer au unschooling. Comme explication de cette transition, la plupart de ces familles ont décrit la résistance de l'enfant au programme d'études à la maison, le mal-être de la famille dû au stress que le programme créait, et / ou les observations des parents que l'enfant apprenait beaucoup plus de sa propre initiative qu'à travers le programme imposé. Voici un échantillon représentatif de citations illustrant ces explications :
« Nous avons essayé l'école à la maison d'abord, utilisant le curriculum Oak Meadow inspiré de la pédagogie Waldorf. Je pense que j'étais en amour avec l'idée de 'jouer à l'école' comme si j'étais une petite fille à nouveau! J'ai adoré commander toutes les fournitures et les livres et faire la planification de nos 'cours'. Mais chaque année, après quelques semaines, je commençais éventuellement à feuilleter les pages, tentant de trouver le contenu qui était pertinent, attrayant, quelque chose qui ne nous ferait pas tous les deux somnoler! Et quand les larmes ont commencé à couler en faisant des exercices de mathématiques, je savais qu'il devait y avoir une meilleure façon. J'ai commencé à me demander pourquoi il était nécessaire pour mon fils d'apprendre cette chose à ce moment, pour ensuite me rendre compte que ce ne l'était tout simplement pas. »
« Nous en sommes venus au unschooling de l'écolemaison traditionnelle, parce que mon petit qui avant 5 ans à l'époque a rejeté de tout son cœur toutes les tentatives d'embrigadement. Il apprenait deux fois plus si je parsemais simplement des ressources sur son chemin et que je le laissais aller. Le unschooling est tout ce qui fonctionne pour lui. »
« Avec mon aîné, j'avais toute la panoplie de l'école à domicile. Je pensais que je devais faire de cette façon pour qu'il apprenne.... Nous étions tous les deux stressés et redoutions de nous asseoir à table pour les leçons du jour. Peu à peu, j'ai commencé à en retirer et j'ai vu que plus j'en retirais, plus il s'épanouissait. Finalement, nous avons abandonné les programmes et les horaires stricts jusqu'à ce que ça évolue en unschooling. »
« Au début, nous avons fourni plusieurs cahiers d'exercices, mais la réticence de notre fille à les remplir nous a conduit progressivement au unschooling (tout ce qui ressemblait à des instructions la faisait fuir et nous ne voulions pas ce genre de relation). »
« Je n'ai jamais voulu recréer l'école à la maison, mais je ne réalisais pas que je poussais mes enfants à faire des activités 'comme à l'école' pendant la période de transition juste après que nous ayons quitté l'école... Finalement, j'ai vu de mes propres yeux et avec mon cœur que tout ce que mes enfants choisissaient de leur propre chef était plus utile, agréable, et durable que quoi que ce soit que je les contraignais à faire. »
« C'était terrible. Nous nous battions tout le temps et je me suis retrouvé non seulement responsable de lui faire faire ses devoirs, mais de lui enseigner en plus. Trop de pression pour nous deux. Nous étions tous les deux misérables. »
« Au début, j'ai essayé la Méthode Classique (The Well-Trained Mind) et reproduit l'école à la maison, avec un pupitre, des fiches à remplir, des notes, etc. Après un mois, nous étions tous deux malheureux. »

« Nous avons essayé 'l'école à la maison' et ce fut un gros flop -. nous prenions les problèmes que mon fils avait à l'école publique et en changions tout simplement l'emplacement. Nous avons essayé un certain nombre de différents styles de curriculum et ça n'allait juste pas bien. Lui et moi étions tous deux heureux quand je le laissais tranquille. Pendant ce temps, je faisais des recherches sur tout ce que je pouvais trouver sur les différentes façons de faire l'écolemaison et chaque fois j'ai lu sur le unschooling, j'ai pensé, 'ça marcherait pour lui, je sais que ça irait.' J'avais peur de faire confiance, cependant, alors nous nous sommes débrouillés en prétendant de faire l'écolemaison. Lorsque mes deux jeunes enfants ont appris d'eux-mêmes à lire, alors j'ai eu un déclic et me suis dit : Hé, ça peut vraiment marcher. »
Autres facteurs menant à la décision de faire le unschooling

Auteurs influents


En réponse à la Question 6b, la majorité des répondants ont dit qu'un auteur en particulier ou des auteurs ont joué un rôle dans leur décision de unschooler. Il n'est pas surprenant que l'auteur le plus souvent mentionné, de loin, ait été John Holt (nommé par 127 répondants), l'ancien enseignant qui en est venu à condamner la scolarisation forcée et à promouvoir l'éducation auto-gérée dans des livres tels que Comment les enfants échouent et Comment les enfants apprennent. Holt a aussi inventé le terme unschooling et a fondé le premier magazine consacré au unschooling: Growing Without Schooling. Les travaux de Holt sont toujours exposés par Holt Associates, dirigé par Pat Farenga.

L'auteur le plus fréquemment mentionné ensuite est John Taylor Gatto (nommé par 52 répondants), l'ancien Professeur de l'Année de l'État de New York qui a quitté l'enseignement parce qu'il était convaincu que les écoles obligatoires, peu importe comment l'on y enseignait, faisaient plus de mal que de bien. Gatto a continué à écrire, entre autres choses : Dumbing Us Down: The Hidden Curriculum of Compulsory Schooling; A Different Kind of Teacher: Solving the Crisis of American Schooling; and Weapons of Mass Instruction: A Schoolteacher's Journey Through the Dark World of Compulsory Schooling

La troisième auteure la plus souvent mentionnée est Sandra Dodd (nommé par 39 répondants), qui maintient un site web très actif consacré au unschooling et au rôle parental, est l'auteur de The Big Book of Unschooling, et favorise une version du unschooling appelée "unschooling radical." Certains des répondants qui ont mentionné Dodd étaient vraiment passionnés par leur respect pour ses idées et son influence. D'autres auteurs mentionnés avec une fréquence notable étaient Alfi Kohn, Grace Llewellen, Mary Griffith, Dayna Martin, Naomi Aldort, Ivan Illich, Jean Liedloff, Raymond & Dorothy Moore, Jan Hunt, Pat Farenga, Joyce Fetteroll, Rue Kream, et Susan Wise Bauer.

En plus de mentionner des auteurs spécifiques, plusieurs ont mentionné que des sites web sur le unschooling, des congrès ou des conférences ont joué un rôle dans leur décision. Beaucoup ont également mentionné le rôle d'amis ou de connaissances qui vivaient avec beaucoup de succès le unschooling avec leurs enfants.


La décision de unschooler, sans une période intermédiaire de scolarisation


Quatre-vingt six des familles qui ont répondu au sondage ont indiqué qu'elles ont choisi le unschooling depuis le début, sans période initiale de scolarisation à domicile ou à l'extérieur du foyer. Certaines d'entre elles ont déclaré qu'elles avaient pris leur décision avant même d'avoir des enfants, sur la base de leur philosophie de vie globale. Au moins un tiers des 86 ont mentionné que leur expérience parentale avec leurs jeunes enfants, avant l'âge scolaire, a joué un rôle dans leur décision de vivre le unschooling. Certains d'entre eux avait pratiqué un parentage dit d''attachement' ou 'naturel' (l'attachment parenting, expression inventée par le pédiatre William Sears, est une philosophie parentale fondée sur les principes de la théorie de l'attachement en psychologie du développement. source wikipédia), et la décision de unschooler leur semblait une suite naturelle. Par exemple, une mère a écrit:
« Mon premier enfant était un enfant aux besoins intenses, comme le Dr William Sears appelle les bébés qui veulent être constamment dans les bras. J'ai appris à répondre à ses signes dès le premier jour et c'était difficile au début, comme un renoncement à mon ancienne vie! J'en ai appris plus au sujet de l'attachment parenting et j'ai mise en œuvre cette idée brillante dans ma vie et suivi sa direction depuis. Mes accouchements à la maison pour mes 2è et 3è bébés ont mû une telle force en moi que j'ai pu aussi prendre le contrôle de l'éducation de mes enfants, ou plutôt que nous pourrions vraiment le faire ensemble, avec eux ouvrant la voie et moi, là, pour les soutenir. »

Près d'un tiers de l'ensemble des 232 répondants ont mentionné que leur propre expérience négative à l'école a influencé leur décision de unschooler leurs enfants, et plusieurs d'entre eux sont passés directement au unschooling sans aucune période intermédiaire de scolarisation. Par exemple, une personne de ce groupe a écrit:

« Ma propre expérience à l'école a probablement joué un rôle. J'ai découvert pendant mon expérience au collégial que toute ma scolarisation précédent le collège avait été complètement inutile, et une perte de temps .... Mon expérience de la maternelle à la 12è (sec. 5) a été le plus malheureux temps de ma vie. »

Certains des parents unschoolers avait été enseignants ou conseillers pédagogiques et ils ont pris leur décision de unschooler en se basant sur ces expériences. Voici deux extraits de parents des familles de cette catégorie:

« Mon mari enseignait dans une petite école secondaire en ___ le temps que notre aîné atteigne l'âge scolaire. Je pense que l'expérience de traiter avec des enfants qui ne correspondent pas au système lui a vraiment ouvert les yeux. Ça lui faisait mal que tant d'étudiants aient simplement abandonné tout enthousiasme pour l'apprentissage à ce point de leur vie. Les enfants avaient appris soit à jouer le jeu, soit avait complètement cessé d'essayer, mais il y ne restait que très peu de véritable passion pour l'apprentissage en eux. »
« J'étais enseignant dans une école publique. J'ai adoré l'enseignement, en grande partie. J'ai bien aimé être avec les enfants. Mais j'ai aussi commencé à voir comment le système était défectueux, et quand mes enfants ont approché de l'âge scolaire, j'ai réalisé que je ne voulais pas qu'ils deviennent les récepteurs de tout ce qui n'allait pas. »
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En somme, les personnes qui ont répondu à notre questionnaire sont venues au unschooling par de nombreuses routes. Le plus souvent, semble-t-il, la décision de unschooler provenait d'une combinaison de (a) une philosophie de vie mettant l'accent sur les valeurs de liberté et de respect des différences individuelles; (b) les observations de l'apprentissage de leurs enfants et des expériences émotionnelles tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la scolarisation; (c) une réflexion sur leurs propres expériences négatives à l'école, et (d) les connaissances acquises à partir d'auteurs, de conférenciers, de sites web, et les expériences d'autres familles unschoolers. Mon prochain billet sera le Rapport III sur les réponses au sondage. Où je vais me concentrer sur les principaux défis du unschooling pour ces 232 familles.

Après avoir lu ces deux premiers rapports, quelle est votre réaction au concept de unschooling? Est-ce quelque chose que vous pourriez imaginer pour vos enfants? Pourquoi ou pourquoi pas? Si vous aviez à faire une étude auprès des familles unschoolers, quelles questions aimeriez-vous poser? Ce blog est un forum de discussion, et vos points de vue et connaissances sont appréciées et prises au sérieux, par moi et par d'autres lecteurs.
par Peter Gray

jeudi 12 avril 2012

Étude sur le unschooling par Peter Gray - résultats - partie 3

http://www.psychologytoday.com/blog/freedom-learn/201204/the-challenges-unschooling-report-iii-large-survey?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A%20Freedom-to-Learn%20%28Freedom%20to%20Learn%29

On vous en parlait ici, le 28 février dernier. À nouveau, ici, pour la seconde partie. Dr. Peter Gray (Freedom to Learn - Psychology Today) a publié hier la troisième partie des résultats de son étude sur le unschooling ! 

Cette partie s'intitule: "Les défis du Unschooling - Rapport III d'un grand sondage"

La première partie est (toujours) en cours de traduction par une maman bénévole d'un groupe de notre région. Nous n'avons pas encore eu le temps de traduire la seconde partie et déjà la troisième partie est publiée... alors, allez hop ! Au travail ! Nous espérons vous livrer le tout en français dès le mois de mai. 

Comme je le mentionnais la dernière fois, vous pouvez déjà les lire en anglais ou trouver une personne de votre entourage pour vous faire la traduction simultanée, et apprendre l'anglais en faisant vous-mêmes du unschooling tout en permettant à quelqu'un d'apprendre beaucoup sur l'apprentissage ! Quoi de mieux !


Note: Nous écrivons, traduisons et publions de façon bénévole depuis plusieurs années. Si vous pouvez faire de la traduction (de l'anglais vers le français), que vous en avez le temps (quelques heures suffisent parfois) et que vous êtes animés par le désir de solidarité, d'offrir soutien, inspiration, information sur le unschooling, écrivez-nous.
À tout bientôt - j'espère - avec la suite en français !

Edith

mardi 28 février 2012

Les bénéfices du unschooling - Résultats de l'étude de 231 familles

C'est ici: http://www.psychologytoday.com/blog/freedom-learn/201202/the-benefits-unschooling-report-i-survey-231-families

source: Psychology Today - Freedom To Learn

Ça vient tout juste d'être publié et comme nous avons participé à cette étude, en y répondant bien sûr, mais aussi en faisant la traduction de la présentation et du formulaire publiés sur ce blog, nous sommes ravis de vous annoncer que les résultats sont en ligne. Je n'ai pas encore eu le temps de lire mais j'ai bien hâte. Je le ferai très bientôt et vous en reparlerez. Et si j'ai le goût et que je choisis de mettre mon temps sur ça prochainement, je ferai peut-être aussi la traduction de ces premiers résultats.

Voilà de quoi se mettre sous la dent en attendant la suite de l'étude, car ceci n'était que la première partie, comme le disait celui qui la conduit, le professeur chercheur en psychologie Peter Gray au Boston College.

Edith