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mercredi 7 janvier 2015

Que se passe-t-il ? - nos attentes

Traduction: J'OSE la vie ! 

« Je soupçonne que chaque fois qu'un parent nouveau au unschooling pense "ça ne marche pas", c'est parce qu'il a une attente et s'y accroche. Les attentes peuvent nous empêcher de voir ce qui se passe réellement. » ~Robyn Coburn
***
Lâcher prise de toutes nos attentes, mêmes celles qu'on croit être les plus importantes, ou celles qui viennent d'un coup après s'être dissimulées dans quelque recoin de notre esprit, est indispensable pour (re)venir au unschooling. 
Nos attentes sont liées à nos éducations. En effet, combien de 'il faut' (il faut ceci, il faut accepter cela, il faut faire comme ci ou comme ça...) nous a-t-on dit, répété ? En réalité, très peu de ces 'il faut' tiennent la route lorsqu'on les observe clairement, sans filtre, face aux faits. Et plus on prend le temps d'observer, de voir réellement comment l'enfant vit et apprend, plus vite on réalise comme il est vrai que chacun naît avec tout ce dont il a besoin pour apprendre. Tout comme on se rend compte que vivre c'est apprendre et que c'est impossible à éviter.

Cette période de lâcher prise est celle du deschooling, celle que j'appelle le retour à soi, à comment on était avant nos éducations. Il s'agit de la seule étape essentielle pour bien saisir et vivre le unschooling.

Si vous vivez cette période en ce moment, je ne peux que vous encourager sincèrement à choisir la relation avec vos enfants avant toute autre chose, à chaque instant. 

Prendre le temps de respirer calmement lorsqu'on se sent attaché à une attente, pour la regarder objectivement permet le plus souvent de la laisser tomber pour inutilité. 

Choisir de respirer (par le nez, bouche fermée) quand on sent monter une émotion (crainte, incertitude, tristesse, déception, culpabilité, frustration... et oui, la peur est une émotion) dans notre quotidien, permet de vivre ladite émotion pour ne pas la réprimer ou la répercuter quelque part dans nos relations avec nos enfants. 

Comme je le dis souvent : « suis ton cœur et ton enfant, pas tes peurs et les gens (qui te disent de faire autrement). »

Bon deschooling !
Bonne année 2015 !
Soyez heureux ensemble !

Chaleureusement,
Édith

lundi 9 juin 2014

Deschooling, le chemin du retour à soi

Hier matin, sur une liste unschooling, une maman en a référé une autre à ce commentaire que j'avais publié le 13 janvier dernier. Je choisis donc de le publier ici au cas où il puisse être utile à d'autres. Marie a généreusement accepté qu'on publie également son questionnement de départ, ci-dessous. Ma réponse suit.
"Mon fils n'a que 15 mois mais je sais déjà, depuis plusieurs mois, que nous nous lancerons éventuellement dans l'aventure de l'unschooling... Je dis «éventuellement» car bien que je sache qu'il n'est pas nécessaire d'attendre qu'il atteigne l'âge scolaire pour commencer (j'imagine que nous pratiquons déjà l'unschooling d'une certaine façon), je sens que je dois d'abord me déscolariser moi-même, et que ce chemin pourra être long.
J'ai passé 25 ans de ma vie sur les bancs d'école (j'ai un diplôme de troisième cycle en lettres) et me suis longtemps défini comme une universitaire... En fait, j'ai l'impression que je vois depuis longtemps la vie d'un oeil scolaire... et qu'il me faut d'abord me défaire de cette vision du monde avant de pouvoir unschooler mon fils (et ses frères et soeurs à venir).
Avez-vous également du traverser cette phase? Est-ce que cette transition a mis du temps à s'effectuer? Avez-vous laissé le processus faire son chemin ou avez-vous travaillé activement à vous déscolariser? Je suis curieuse d'entendre vos histoires…" ~ Marie
***
Depuis longtemps, mes enfants m'ont montré que je n'avançais pas, mais que je retournais à moi. Cette démarche est un retour à soi, c'est reprendre le fil qu'on n'a pas pu poursuivre, à un moment ou un autre. Pour ce chemin du retour, personnellement, je ne crois pas au 'travail' sur soi, pas plus à 'travailler' à se déscolariser, donc. Ça a peut-être l'air de jouer sur les mots mais en fait, ça ne l'est pas. Pour faire bref, disons que lorsque j'ai eu/trouvé/entendu/reçu en cadeau les mots exacts, j'ai pu les utiliser, 'connaître' ce que je ressentais, et voir qu'il ne s'agissait pas de travail. Du coup, ça a été beaucoup plus simple et plus rapide. 

Ce qui ne veut pas dire que je ne comprends pas ton questionnement, au contraire, alors je partage ceci: c'est en vivant le moment présent, en étant vraiment attentive à mon enfant, en choisissant la relation avant toute autre chose, que je suis consciente des options possibles, que je peux faire le meilleur choix. 

La déscolarisation (désociétarisation?) est beaucoup dans ces deux mots, pour moi: choix, attitude. La façon d'exprimer le choix (que j'ai vue dans les écrits de Sandra Dodd), et l'attitude que je choisis d'avoir face à mon enfant (mots d'André Stern) ont décollé les restes d'éducation et de scolarisation que j'ai reçues. (S'il y en a encore parfois, ils décollent par mes choix. ) Comme je le partage souvent avec les gens, l'attitude que j'ai choisie de prendre avec mes enfants m'a conduite naturellement, logiquement, à avoir cette même attitude envers moi-même, puis de là, (à avoir le goût de choisir la même attitude*) avec chacun.
« Hard work ? No. Not at all. We don't work music, We play it! » ~ Paul McCartney - NEW

journaljose.blogspot.com

Je vis la même chose avec le mot 'vie' qu'avec le mot 'musique'. ~ Édith Chabot-L.

Quelques références: 



* Ajout (entre parenthèses) pour mieux exprimer ce que je voulais dire ce jour-là.

mercredi 15 janvier 2014

Doit-on travailler à se déscolariser ?

Sur une liste unschooling, quelqu'un demandait si on avait laissé le processus faire son chemin ou si on travaillait activement à se déscolariser. Voici ma réponse:  
« Depuis longtemps, mes enfants m'ont montré que je n'avançais pas, mais que je retournais à moi. Cette démarche est un retour à soi, c'est reprendre le fil qu'on n'a pas pu poursuivre, à un moment ou un autre.
Pour ce chemin du retour, personnellement, je ne crois pas au 'travail' sur soi, pas plus à 'travailler' à se déscolariser, donc.
Ça a peut-être l'air de jouer sur les mots mais en fait, ça ne l'est pas. Pour faire bref, disons que lorsque j'ai eu/trouvé/entendu/reçu en cadeau les mots exacts, j'ai pu les utiliser, 'connaître' ce que je ressentais, et voir qu'il ne s'agissait pas de travail. Du coup, ça a été beaucoup plus simple et plus rapide.

Ce qui ne veut pas dire que je ne comprends pas ton questionnement, au contraire, alors je partage ceci: c'est en vivant le moment présent, en étant vraiment attentive à mon enfant, en choisissant la relation avant toute autre chose, que je suis consciente des options possibles, que je peux faire le meilleur choix.

La déscolarisation (désociétarisation, disait l'un de nos enfants) est beaucoup dans ces deux mots, pour moi: choix, attitude.
La façon d'exprimer le choix (que j'ai vue dans les écrits de Sandra Dodd), et l'attitude que je choisis d'avoir face à mon enfant (mots d' André Stern) ont décollé les restes d'éducation et de scolarisation que j'ai reçues. (S'il y en a encore parfois, ils décollent par mes choix.)

Comme je le partage souvent avec les gens, l'attitude que j'ai choisie de prendre avec mes enfants m'a conduite naturellement, logiquement, à avoir cette même attitude envers moi-même, puis de là, avec chacun. » ~ Édith Chabot-L.
« Hard work ? No. Not at all. We don't work music, We play it! » ~Paul McCartney - citation tirée de la pochette de l'album NEW
projet en cours... - Édith

Je vis la même chose avec le mot 'vie' que Sir Paul avec le mot 'musique'. :-)

Edith

lundi 1 juillet 2013

Ce qui empêche le unschooling de fonctionner

Sandra Dodd - cr.photo: Rick Sanders
« Mes enfants ont toute leur vie pour mémoriser 7x8 s'ils le veulent.

La mère d'un enfant de douze ans a TRÈS peu de temps si elle veut aider son enfant à se remettre de l'école et passer quelques années "unschooling" avec lui avant qu'il ait grandi et qu'il ne parte. Elle n'a pas le temps de s'y mettre à l'aise progressivement. Si elle décroche, il aura déjà quinze ou seize ans et ça n'aura pas marché.

Si la mère d'un enfant de cinq ans est en train de décider combien d'enseignement de la lecture et d'exercices de mathématiques poursuivre avant de passer au unschooling, je préfèrerais la presser pour qu'elle penche vers "aucun", car "certains" est dommageable au potentiel de l'enfant d'apprendre avec joie et de découvrir par lui-même. Et "beaucoup" ne fera que nuire plus encore. "Aucun" peut encore se changer en "quelques" si le parent ne peut pas vivre le unschooling. Mais s'il ne le cherche même pas, il manquera à jamais l'occasion de voir cet enfant apprendre à lire graduellement et naturellement. Il sera trop tard, ce sera envolé à jamais.
 Jamais.

C'est pourquoi je ne dis pas: « Oh, je suis sûre que ce que vous faites est bien, et si vous voulez "unschooler", vous pouvez y venir peu à peu, à votre propre rythme. Rien ne presse. »
Les gens disent en plaisantant (et pourtant, c'est vrai) de leurs enfants qui apprennent la lecture plus tard, « je suis sûr qu'il saura lire avant son premier rendez-vous amoureux ». Par contre, on ne peut pas en dire autant du unschooling, si le parent est attaché à la pensée qu'il doit enseigner quelque chose.

Jusqu'à ce que la personne cesse de faire les choses qui empêchent le unschooling de fonctionner, le unschooling ne peut pas fonctionner.

Ça me paraît simple. Si vous essayez d'écouter un son, vous devez vous arrêter de parler et rester là, présent, disponible.

Certaines personnes veulent voir le unschooling se produire pendant qu'ils sont encore à enseigner, à faire des tas de choses inutiles, à attribuer des tâches et à exiger des résultats.

D'abord, ils doivent mettre fin à tout ça. Et puis, ils doivent être présents, être là pour vrai. Et puis, ils doivent regarder leurs enfants avec des yeux nouveaux, un nouveau regard. S'ils ne le font pas, ça ne marchera pas. » ~Sandra Dodd

Traduit de l'anglais, par Édith Chabot (juin 2011) pour J'OSE la vie!
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Ça vous inspire ?
Lisez tout le billet, ici ! 
Et amusez-vous !
:-)
Amicalement,
Édith

mardi 13 décembre 2011

Anatomie d'une éducation réfléchie



Entrevue-vidéo avec Thierry Pardo, père et doctorant en éducation, incluant une brève entrevue avec la charmante Marike Reid-Gaudet, mère et finissante à la maîtrise en sociologie de l'éducation, fondatrice de l'École Radicale Libre de Montréal, que certains d'entre nous ont rencontré en octobre dernier.

mardi 7 juin 2011

Ne rien faire pour bien faire - Jobboom et Calvin

Hier, alors qu'on prenait une pause sur la terrasse, au soleil, je parcourais le plus récent magazine Jobboom quand je suis tombée sur ce bref article. Nous avons décidé de le partager car ça rejoint pas mal ce qu'on dit quand on parle de déscolarisation (celle des parents) et de unschooling. 

Les parents désirent respecter leurs enfants et les laisser libres d'être qui ils sont mais ils craignent que leurs enfants ne fassent rien, parfois ou plus souvent, s'ils ne les forcent pas. (Au fond, ils craignent surtout qu'ils ne fassent pas ce qu'eux voudraient qu'ils fassent, mais ça c'est une autre histoire dont nous reparlerons.)

Il n'y a pas à s'en faire pour les enfants, ils savent très bien prendre le temps de faire les choses, de découvrir, d'observer, de jouer, de comprendre, de relaxer, bref de faire leur vie... quand on ne s'en mêle pas avec nos peurs.

Aux adultes, donc, nous souhaitons d'oser, le plus souvent possible "ne rien faire pour bien faire" (titre de l'article de la version papier, numéro de mai 2011, page 6) !  

Édith
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Procrastination

Six bonnes raisons de procrastiner

La rumeur populaire (qui émane souvent des patrons!) veut qu’il soit mauvais pour les affaires et pour la carrière de remettre à plus tard ce que l’on pourrait faire maintenant. Encore faut-il regarder tous les côtés de la médaille. La procrastination présente des avantages si on l’exerce dans les règles de l’art :
Reconnaissez son utilité. Ce temps passé à «niaiser» permet de laisser les idées macérer de façon qu’elles deviennent plus mûres et inspirées. Il donne aussi l’occasion de voir venir les embûches auxquelles vous ferez face en accomplissant (un jour) vos tâches et de concocter un plan pour les contourner.
Sachez écouter. Votre procrastination peut vous révéler de grands secrets sur vous-même et sur votre travail. Ce que vous évitez de faire est-il à ce point ennuyeux? Votre boulot fait-il appel à vos véritables champs d’intérêt et talents? Cette tâche vous semble-t-elle inutile sans que vous sachiez comment l’expliquer à votre patron, collègue ou client? Pensez-y.
Sachez ralentir. Cessez d’admirer les gens toujours débordés : il se peut qu’ils n’accomplissent rien qui vaille. Au moins, quand vous procrastinez, vous faites quelque chose : vous vous accordez du temps précieux pour penser hors de la boîte, approfondir vos idées et prendre du recul pour voir plus grand.
Soyez créatif. Dessiner des bonshommes allumettes peut vous divertir pendant des heures. Regarder les nuages qui passent à votre fenêtre et chercher à éliminer tous les mauvais souvenirs et virus de votre ordinateur aussi. Si votre travail est plutôt cérébral, faites une activité manuelle, comme planter un clou ou empoter une plante. Pourvu que l’activité laisse votre esprit libre de vagabonder.
Appréciez le moment présent. Une riche procrastination exige que vous viviez pleinement le moment présent. Il est défendu de dilapider ce moment volé en vous demandant où vous serez dans 15 ans, mort ou vivant. Tant qu’à s’inquiéter ou à se sentir coupable de ne pas travailler, aussi bien travailler!
Faites preuve de discernement. Une saine procrastination ne doit pas freiner vos progrès professionnels. Au contraire. C’est une aide précieuse pour découvrir ce qui vous motive et pour vous faire avancer. Si ce n’est pas le cas, alors vous ne procrastinez pas, vous vous autosabotez… ce qui n’est jamais une bonne idée.
(Source : Wikihow.com)
Nous n'avons pas retrouvé cette BD en français alors voici la traduction (par J):
Calvin: Salut, Hobbes!  Qu'est-ce que tu fais ?
Hobbes: Rien.
Calvin: Rien du tout?
Hobbes: Non.
Calvin: Je t'aide.
Hobbes: Merci.

samedi 4 juin 2011

L'école dans ma tête - par Sandra Dodd

The school in my head
Traduction: J'OSE la vie !
photo : courtoisie Sandra Dodd
« Personne n'est parfait », dit-on ; j'ai été mise au défi de révéler mes propres doutes et échecs. Ça ne me dérange pas.

J'ai encore une école dans ma tête. À preuve, mon refus total d'aller à Disney World. C'est un « non » catégorique pour moi, et la seule chose qui aiderait à ce que je change d'avis serait de déscolariser plus encore. Cela peut arriver, mais je préfère me contenter du plus confortable Disneyland.

Voici la vraie – et embarrassante - raison pour laquelle j'apprécie Disneyland et crains Disney World : je peux marquer un meilleur score à Disneyland. Je peux en voir plus de 80%, peut-être 90% si j'y reste trois jours. J'ai entendu bien des gens dire qu'il faudrait rester une semaine à Disney World pour tout voir. Donc, je ne veux pas y aller, parce que si j'en voyais moins de 70%, je n'aurais pas la note de passage.

Je vois le monde en termes de notes et de pourcentage. J'ai, en quelque sorte, une « grille de classement » qui recouvre mes yeux et qui n'a pas encore été entièrement retirée. C'est triste mais vrai.
Pour certaines personnes, hélas, c'est encore pire. Certains ne peuvent quitter l'école parce qu'ils la transportent partout avec eux, comme un escargot avec sa coquille. Ils y vivent encore. L'école est devenue une partie d'eux-mêmes, la partie la plus dure. Ils continuent à se définir par leurs échecs et leurs réussites scolaires.

Comment une personne qui est allée à l'école pendant douze ans ou treize ou seize ou vingt ans peut-elle s'affranchir de toute cette programmation et de tous ces messages ? Lentement, et avec effort, et parfois l'école peut encore revenir les inonder ou suinter sur les bords. Pourront-ils, un jour, retrouver leur moi « non-scolarisé » ?

L'année dernière, j'ai oublié que l'école était finie, et j'ai offert d'aider une amie pour un de ses cours d'histoire. Comme on était en juillet, elle a répondu: « Cool! Dès que l'école recommence. » Elle avait besoin d'emprunter cette cotte de mailles, mais pas en été. Ça m'a semblé être un progrès que j'aie oublié l'« année scolaire » pendant un certain temps.

À chaque mois de septembre, « la rentrée scolaire » entre en jeu. J'ai envie de l'odeur des nouveaux crayons. J'aime aller dans l'allée des fournitures scolaires au magasin et admirer les paquets de papier et les nouveaux cartables. Mes enfants ont toujours les cartables qu'ils ont eus pendant des années et ils n'ont pas besoin d'en avoir de nouveaux. Je n'en ai pas besoin non plus et pourtant, je suis attirée là comme un oiseau migrateur qui doit passer sur un terrain familier au même moment chaque année.

J'aime l'aspect de la lettre « A » beaucoup plus que j'aime voir un « D » ou un « F ». Mon nom de jeune fille commence par un « A », et mon nom de femme mariée commence par « D ». « D » n'est pas aussi bon. Ces lettres sont imprimées dans mon cerveau avec leurs « valeurs » scolaires.

Mais bon, les petites cicatrices comme ça ne sont que des irritants ou des curiosités. Je regrette les cicatrices et les imperfections et les petits chagrins mais, s'ils me ralentissent, ils ne me paralysent pas. Je peux voir à travers eux et au-delà.

L'école est une partie de moi, et je fais partie des souvenirs scolaires de nombreuses personnes, que ce soit ceux d'une camarade de classe ou d'une enseignante. Mais l'école n'est pas une partie de mes enfants, ni eux une part de l'école.

Parfois les gens me disent: « Vous êtes patiente avec vos propres enfants, mais insistante avec les parents unschoolers ». Je ne fais pas de porte à porte pour demander aux gens s'ils connaissent le unschooling et s'ils aimeraient en savoir plus. Cependant, s'ils viennent là où je suis déjà, je pourrais les presser. Et quand je le fais, c'est à cause de la possibilité qu'ils soient à court de temps.

Mes enfants ont toute leur vie pour mémoriser 7x8 s'ils le veulent.

La mère d'un enfant de douze ans a TRÈS peu de temps si elle veut aider son enfant à se remettre de l'école et passer quelques années « unschooling » avec lui avant qu'il ait grandi et qu'il ne parte. Elle n'a pas le temps de s'y mettre à l'aise progressivement. Si elle décroche, il aura déjà quinze ou seize ans et ça n'aura pas marché.

Si la mère d'un enfant de cinq ans est en train de décider combien d'enseignement de la lecture et d'exercices de mathématiques poursuivre avant de passer au unschooling, je préfèrerais la presser pour qu'elle penche vers « aucun », car « certains » est dommageable au potentiel de l'enfant d'apprendre avec joie et de découvrir par lui-même. Et « beaucoup » ne fera que nuire plus encore. « Aucun » peut encore se changer en « quelques » si le parent ne peut pas vivre le unschooling. Mais s'il ne le cherche même pas, il manquera à jamais l'occasion de voir cet enfant apprendre à lire graduellement et naturellement. Il sera trop tard, ce sera envolé à jamais.
 Jamais.

C'est pourquoi je ne dis pas: « Oh, je suis sûre que ce que vous faites est bien, et si vous voulez '' unschooler '', vous pouvez y venir peu à peu, à votre propre rythme. Rien ne presse. »
Les gens disent en plaisantant (et pourtant, c'est vrai) de leurs enfants qui apprennent la lecture plus tard, « je suis sûr qu'il saura lire avant son premier rendez-vous amoureux ». Par contre, on ne peut pas en dire autant du unschooling si le parent est attaché à la pensée qu'il doit enseigner quelque chose.

Jusqu'à ce que la personne cesse de faire les choses qui empêchent le unschooling de fonctionner, le unschooling ne peut pas fonctionner.

Ça me paraît simple. Si vous essayez d'écouter un son, vous devez vous arrêter de parler et rester là, présent, disponible.

Certaines personnes veulent voir le unschooling se produire pendant qu'ils sont encore à enseigner, à faire des tas de choses inutiles, à attribuer des tâches et à exiger des résultats.

D'abord, ils doivent mettre fin à tout ça. Et puis, ils doivent être présents, être là pour vrai. Et puis, ils doivent regarder leurs enfants avec des yeux nouveaux, un nouveau regard. S'ils ne le font pas, ça ne marchera pas.

Je vois encore le mot « matières » partout, mais je n'ai pas enseigné ces catégories et préjugés à mes enfants. La science a beaucoup plus à voir avec l'histoire que la géologie n'a à voir avec la microbiologie, mais à l'école, la géologie, la biologie, l'astronomie et la physique sont tous « la même chose », et l'histoire est tout à fait à part. Pourtant, les plus importantes parties de l'histoire impliquent les connaissances de chaque culture et comment chacune les mettait à profit, que ce soit dans la construction navale ou l'utilisation d'outils en fer, la médecine ou les communications.

Holly demandait hier quand les gens ont découvert que la terre n'était pas plate. Je lui ai dit qu'il n'y avait pas de date ou de siècle précis parce que les gens ont découvert des choses différentes à des moments différents, et qu'on est allé jusqu'à en faire taire certains quand ils ont dit que la terre était ronde, ou que le soleil n'orbitait pas autour de la terre. Je lui ai également dit : « Demande à ton père car il est vraiment intéressé par l'histoire de la science ».

J'ai remarqué que quand je l'ai dit, j'ai nommé une « matière », mais je ne me sentais pas trop mal. Elle a douze ans, elle lit, et après tout, « l'histoire de la science » n'a jamais fait partie de ma scolarité. Un professeur de sciences n'était pas certifié pour m'enseigner l'histoire, et vice versa. C'est seulement à l'extérieur de l'école que j'ai compris que les découvertes scientifiques faisaient partie de l'histoire, que la musique était une science, et que l'art était aussi de l'histoire.

L'école a servi à empêcher les connexions pour moi, ce que je n'ai surmonté qu'avec difficulté. C'est un problème que mes enfants n'ont jamais eu. Si les Animaniacs ont réussi à connecter, pour eux, Magellan et la Seconde Guerre mondiale, et bien c'est une connexion que l'école n'aurait jamais faite pour moi, dans aucune circonstance. Si l'apprentissage pour le plaisir crée plus de connexions que « l'apprentissage sérieux » ne peut le faire, je ne peux plus prendre au sérieux « l'apprentissage sérieux ».

La meilleure fonction de l'école dans ma tête s'avère être de me rappeler où je ne dois pas m'attarder. J'ai fait mon temps dans et autour de l'école, et j'ai appris des choses laborieusement et à contrecœur que mes enfants ont appris plus tard en riant et en jouant et en chantant. J'ai protégé la liberté de mes enfants et je leur ai donné des choix heureux que je n'ai pas eus.

J'ai appris à l'école que la meilleure façon de mettre fin à une rédaction est de rattacher la conclusion à l'introduction, mais ces oiseaux ne peuvent pas faire leur nid là où j'ai commencé. Ils sont d'une génération qui y a échappée, et ont pris leur envol et effectué librement leur première sortie sans une école où retourner en septembre. Mais attendez : si je perds 10% pour la faiblesse de la conclusion de ma rédaction, je peux la rattacher à l'introduction et ainsi, peut-être encore obtenir un « A ».
C'est assez pathétique, mais ça me fait me sentir mieux.
~Sandra Dodd

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Sandra Dodd vit à Albuquerque (Nouveau-Mexique) et a trois enfants, aujourd'hui adultes, qui ne sont jamais allés à l'école. Ex-enseignante, ancienne bonne élève, membre de la « Junior Honor Society » et agente d'un jour de la patrouille de sécurité, Sandra ne sera probablement jamais récupérée de l'école durant cette vie.

Ce texte a d'abord été publié dans la rubrique « Unschooling » de l'édition mars/avril 2004 du Home Education Magazine.

vendredi 25 février 2011

Vouloir être heureux


« Est-ce un droit? vraiment? de vouloir être heureux…? Est-ce un crime?!
VIVRE TRANQUILLE… Faire des choix, réfléchis, éclairés, de bon sens, pour être bien, pour être heureux…
On devrait en être libre… Et pourtant…
Ce n’est pas si facile, notre pays n’est pas si libre. Vous sortez des clous, et on vous regarde de travers. On vous prend au mieux pour des originaux… On vous prend aussi pour des gens bizarres, des extrémistes, des malades, des timbrés, des bêtement révoltés… On croit que vous faites partie d’une secte! Et voilà que les services de l’État vous mettent ce qu’ils peuvent de bâtons dans les roues, pour, même si vos choix n’ont rien d’illégal, vous épuiser pour que vous finissiez par revenir dans « le droit chemin ». Et voilà que des voisins, des amis, des parents, vous signalent!!! Oui, font venir chez vous assistantes sociales, psychologues, médecins, etc… Vous êtes suspects, montrés du doigt… Un signalement, ça veut dire que quelqu’un se permet d’estimer que votre enfant est en DANGER!!!… Ce quelqu’un, c’est sûrement quelqu’un qui lui-même a dû manquer de respect envers ses propres enfants, sans en être inquiété, parce que tout ce qu’il faisait était « admis » par l’ordre social, ou bien camouflé, ou les deux!… Écœurant… :-|
Les choix en-dehors de la pensée globale dérangent. Ils dérangent parce qu’ils remettent en cause un système bien huilé où on croit et fait croire qu’on fait subir plein de choses à nos enfants « pour leur bien ». On les sépare de leurs parents pour leur bien. On les enferme dans des écoles pour leur bien. On les dresse à dormir seuls pour leur bien. On les sèvre pour leur bien. On croit qu’être allaité longtemps, dormir avec sa famille, c’est pervers, c’est de l’inceste! (tiens demandez donc aux victimes d’inceste si dans leur famille on partageait la chambre! et demandez aux pervers sexuels s’ils ont été allaités et combien de temps! demandez! demandez bon sang!!) On croit que la crèche, l’école, la colo, ça « sociabilise » (ben voyons, c’est vrai que sans école pas d’amis hein, c’est bien connu! et pas de « réussite » non plus évidemment! vous connaissez le taux d’échec scolaire?! belle « réussite »!… vous pensez que nos enfants n’ont pas d’amis? sont associables?! Hier la petite a rencontré une dame, elle lui a dit bonjour, lui a montré les fleurs qu’elle venait de cueillir dans l’herbe, elle dit très bien « myosotis »! Elle lui a expliqué que c’était pour son papa… boudiou quelle associable cette enfant, pfffiou!… Le ptigars dit bonjour dans la rue, et se demande pourquoi tous ces gens, qui ont sûrement été bien scolarisés comme il faut, ne répondent pas pour la plupart… Lui, tout ce qu’il a d’associable, c’est la collectivité, la crèche, l’école, la séparation, qui le lui ont appris, c’est beau hein!…). On croit que ces collectivités ça aide à « grandir », et que si on ne fait pas rentrer nos enfants dans le moule alors ils seront malheureux. Ah ça, peut-être ne se leurreront-ils pas d’être heureux, comme la plupart des moutons que nous sommes… On croit que nous nous coupons du monde. Alors que nous sortons, que nous nous informons, que nous avons des amis, que nous festoyons, que nous allons au cinéma, au parc, aux expos… Alors que nous regardons les séries à la mode pleines de beaux médecins et de femmes au foyer désespérées, alors que nos enfants peuvent vous battre à Mario Kart! On confond liberté, respect, et laxisme, on croit que nos enfants n’ont aucune limite. Ah c’est sûr, ils n’ont pas celle d’obéir et de se soumettre bêtement sous prétexte qu’en face c’est un adulte, un ancien, un plus fort.
Ces choix dérangent parce qu’ils risquent de nous mettre face à ce qu’on fait subir à nos enfants, ça nous éclabousse et ça nous fait mal, il vaut mieux les rejeter en bloc… Pour continuer à blesser nos enfants en toute bonne conscience. Ces choix révèlent des choses pas drôles, pas belles, et ça dérange. [...] » ~Imocarpé

NOTE : ce texte n'est pas de nous mais il représente si bien ce qui se passe partout dans les sociétés modernes que nous partageons ici et vous invitons à aller lire la suite sur le blog d'Imocarpé.

dimanche 12 septembre 2010

L'école des films de David Gilmour

J'OSE la vie - journaljose.blogspot.com
Tiens, ça fait un moment que nous avons blogué et ce n'est pas faute d'avoir écrit, au contraire. C'est plutôt qu'à tant écrire, on ne sait plus quoi publier en premier et quels textes attendront plus tard. À force de ne pas se décider - et de vivre bien d'autres choses - on ne publie rien...

...donc, je saute sur l'occasion, je saisis le moment présent et je vous partage deux découvertes récentes :

D'abord, ce qu'une amie m'a envoyé cette semaine. Il s'agit d'une entrevue de Christiane Charette à la radio de Radio-Canada, le 8 septembre dernier, avec David Gilmour, romancier canadien et ex-critique de cinéma.

Non, ce David Gilmour n'est pas le bassiste des Pink Floyd... quoiqu'il y a une certaine ressemblance avec une chanson bien connue de ce groupe ! ;-)

Et si vous désirez un aperçu du livre avant d'écouter l'entrevue ou de l'acheter, cliquez ici.

Je ne vous en dis pas plus, mais en écoutant l'entrevue, vous comprendrez certainement pourquoi on en parle sur notre blog familial !

Et ensuite, ma lecture du moment, suggérée par ma chère amie et voisine d'en face: Les coloriés d'Alexandre Jardin. J'en avais déjà entendu parler mais je n'avais jamais pris le temps de le lire alors, là, je le fais. Je n'aime pas tout, tout, tout, mais vraiment, c'est un excellent roman, quasi-thérapeutique, et surtout combien dénonciateur de notre "adulterie", grand mal de société.

Alors voilà mes découvertes en cette fin d'été qui apporte enfin un peu d'eau au moulin... euh, je veux dire à la terre.

Sur ce, nos salutations à David Gilmour, qui a su écouter son fils (y'était temps !), à son fils Jesse d'avoir résisté et à Alexandre Jardin pour ses couleurs !

E