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dimanche 26 avril 2015

Réflexion sur l'aspect légal - Partie 4 : l'éducation maison, la Loi sur la protection de la jeunesse et la Loi sur l'instruction publique

Réflexion sur l'aspect Légal - Partie 4

Suite : republication du quatrième de cette série de 6 articles intitulée Réflexion sur l'aspect légal, d'abord publié ici, il y a 8 ans.

J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com


Jeudi 26 avril 2007


À NOTER : Il est important de garder à l'esprit que cette série d’articles sur la légalité de l'école maison ne constitue pas un avis légal provenant d'un professionnel du droit. Le contenu de ces articles se veut uniquement un outil de réflexion et d'information générale sur le thème de la légalité.




* * * * * * * * *

La loi sur la protection de la jeunesse, L.R.Q., chapitre P-34.1
Cette loi s'applique dans le cas où la sécurité ou le développement d'un enfant est ou peut être considéré comme compromis. Le chapitre II de cette loi mentionne les droits des enfants et le premier en liste est défini à l'article 2.2. :
« La responsabilité d'assumer le soin, l'entretien et l'éducation d'un enfant et d'en assurer la surveillance incombe en premier lieu à ses parents. »
Dans le cas où une famille a à interagir avec les représentants de la loi sur la protection de la jeunesse, c'est l'intérêt de l'enfant qui est l'élément rassembleur et le maintien dans la famille qui est favorisé :
« 3. Les décisions prises en vertu de la présente loi doivent l'être dans l'intérêt de l'enfant et dans le respect de ses droits. Sont pris en considération, outre les besoins moraux, intellectuels, affectifs et physiques de l'enfant, son âge, sa santé, son caractère, son milieu familial et les autres aspects de sa situation.
4. Toute décision prise en vertu de la présente loi doit tendre à maintenir
l'enfant dans son milieu familial... »
La loi sur la protection de la jeunesse ne fait pas que décrire toutes les dispositions pour traiter les cas d'enfants voyant leurs droits bafoués par leurs parents, bien que cela occupe une large partie du texte. Des droits généraux y sont aussi définis. Ainsi, l'article 8 décrit les services auxquels l'enfant a droit :
« L'enfant a droit de recevoir des services de santé, des services sociaux ainsi que des services d'éducation adéquats sur les plans à la fois scientifique, humain et social, avec continuité et de façon personnalisée, compte tenu des dispositions législatives et réglementaires relatives à l'organisation et au fonctionnement de l'établissement ou de l'organisme du milieu scolaire qui dispense ces services ainsi que des ressources humaines, matérielles et financières dont il dispose. »
La loi sur la protection de la jeunesse s'étend sur le droit de recevoir des services éducatifs donnés par des établissements ou des organismes scolaires. Ce droit sous-entend tout d'abord le droit à l'éducation qui était au départ défini à l'article 2.2. où la responsabilité première des parents y était affirmée. Dans le cas où les parents délèguent cette responsabilité au système scolaire ou autre, comme le permet le Code civil du Québec à l'article 601, l'enfant doit alors, comme l'énonce l'article 8, recevoir des services éducatifs. Ces services éducatifs sont soumis aux lois qui gèrent ces organismes et ces établissements. Dans le cadre de cette loi, il semble qu'il y ait peu de place pour insérer le choix éducatif d'un parent qui confie l'éducation de son enfant à une autre famille...
Au chapitre IV, l'article 38.1 énumère les situations où la sécurité ou le développement de l'enfant sont considérés comme compromis. Les parents qui font l'école maison sont des parents concernés par le bien-être de leurs enfants et sont profondément engagés dans le développement harmonieux et sain de ceux-ci. Par conséquent, nous nous contenterons de mentionner le seul point de cet article dans lequel certains intervenants de la loi sur la protection de la jeunesse croient voir un lien avec la pratique de l'école maison :
« b) s'il est d'âge scolaire et ne fréquente pas l'école ou s'en absente fréquemment sans raison; »
Nous croyons que si certains intervenants font ce lien, celui-ci part d'une interprétation erronée car cet article de loi se réfère à des cas d'absentéisme scolaire et non pas à des cas d'école maison.

La loi sur l'instruction publique, L.R.Q., chapitre I-13.3
Le texte de cette loi vise à assurer le respect du droit à l'éducation scolaire et sert surtout à constituer les commissions scolaires et autres institutions et à gérer leurs fonctions et pouvoirs. Le moyen utilisé pour rendre l'exercice de ce droit à l'éducation scolaire accessible à tous est de rendre la fréquentation scolaire obligatoire par l'article 14:
« Tout enfant qui est résident du Québec doit fréquenter une école à compter du premier jour du calendrier scolaire de l'année scolaire suivant celle où il a atteint l'âge de 6 ans jusqu'au dernier jour du calendrier scolaire de l'année scolaire au cours de laquelle il atteint l'âge de 16 ans ou au terme de laquelle il obtient un diplôme décerné par le ministre, selon la première éventualité. »
L'esprit de la loi est de permettre un accès aisé à l'éducation pour tous les membres de notre société et c'est pour cela que le droit défini dans cette loi est un droit à l'«éducation scolaire» et non un droit à «l'éducation». Pour ne pas faire de ce droit une coercition pour ses membres, la loi prévoit des situations où l'enfant n'a pas à fréquenter une école. Outre les cas d'expulsion et l'état de santé incapacitant l'enfant à fréquenter l'école, une dispense est énoncée pour l'enfant éduqué à la maison:
« 15. Est dispensé de fréquenter une école l'enfant qui:
1. en est exempté par la commission scolaire en raison de maladie ou pour recevoir des soins ou des traitements médicaux requis par son état de santé;
2. en est exempté par la commission scolaire, à la demande de ses parents et après consultation du comité consultatif des services aux élèves handicapés et aux élèves en difficultés d'adaptation ou d'apprentissage établi en application de l'article 185, en raison d'un handicap physique ou mental qui l'empêche de fréquenter l'école;
3. est expulsé de l'école par la commission scolaire en application de l'article 242;
4. reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d'après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l'école. »
Avant de discuter de l'interprétation de cette loi, notons une dernière dispense, faisant suite toujours à l'article 15, qui est utilisée par certaines familles fréquentant la communauté d'école maison:
« Est dispensé de fréquenter l'école publique l'enfant qui fréquente un établissement régi par la loi sur l'enseignement privé (chapitre E-9.1) ou un établissement dont le régime d'enseignement est l'objet d'une entente internationale au sens de la loi sur le ministère des Relations internationales (chapitre M-25.1.1) qui dispensent tout ou partie des services éducatifs visés par la présente loi. »
Vous n'êtes pas considérés comme faisant l'école maison, au sens de la loi, lorsque votre enfant est inscrit à un établissement offrant des cours par correspondance faisant l'objet d'une entente internationale. L’inscription au CNED en est l'exemple le plus courant. Aussi, le domicile familial ne constitue pas une école privée. La loi sur l'enseignement privé (chapitre E-9.1, a.4, 3e alinéa) stipule clairement qu'une famille ne peut pas revendiquer le statut d'école privée.
Il est maintenant clair que l'école maison est légale dans la société québécoise. Mais comment la loi est-elle interprétée ? Les pratiques d'école maison sont fort nombreuses. Ont-elles toutes la même reconnaissance légale ? Nous avons pris connaissance de quelques textes légaux québécois. D'un côté on y pose les parents comme premiers responsables de l'éducation de leurs enfants et le discours légal semble s'ancrer davantage ici sur le droit à l'éducation de l'enfant. D'un autre côté, notre société a voté des lois qui ont comme objectif de permettre l'exercice du droit à l'«éducation scolaire» ou du droit de «recevoir des services éducatifs» (sous-entendus prodigués par des établissements ou des organismes scolaires). Or, ce sont précisément dans ces lois qu'on traite d'éducation à la maison, considérée parente pauvre de l'éducation publique. Depuis quelques années au Québec, nous sommes témoins de l'émergence d'un mouvement de l'école maison. Son épanouissement risque-t-il d'être étouffé par un encadrement légal inadéquat à sa nature ?

Dans notre prochaine publication, nous poursuivons la réflexion en nous questionnant sur la légitimité de la loi sur l'instruction publique envers les problématiques soulevées par le mouvement de l'école maison en contexte québécois. C'est un rendez-vous à ne pas manquer !

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dimanche 19 avril 2015

Réflexion sur l'aspect légal - Partie 2 : l'éducation maison et la Déclaration des droits de l'enfant

Réflexion sur l'aspect légal - Partie 2

Suite : republication du second article d'une série de 6, intitulés Réflexion sur l'aspect légal, qui avait d'abord été publié ici.

J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com

jeudi 19 avril 2007

À NOTER: 
Il est important de garder à l'esprit que cette série d’articles sur la légalité de l'école maison ne constitue pas un avis légal provenant d'un professionnel du droit. Le contenu de ces articles se veut uniquement un outil de réflexion et d'information générale sur le thème de la légalité.




Le 17 avril dernier, dans la première partie de notre réflexion sur l’aspect légal, nous avons parlé de l’importance de la famille dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, rédigée par les Nations Unies.

Aujourd’hui, nous verrons que d'autres instruments internationaux également proclamés par l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies venant soutenir plus précisément les droits de l'homme mentionnent l'éducation et l'importance des parents dans leur déclaration. Il y a tout d'abord la Déclaration des droits de l'enfant qui définit l'environnement nécessaire au développement de l'enfant et comment l'éducation s'insère dans cet environnement :
« Principe 6

L'enfant, pour l'épanouissement harmonieux de sa personnalité, a besoin d'amour et de compréhension. 
Il doit, autant que possible, grandir sous la sauvegarde et sous la responsabilité de ses parents* et, en tout état de cause, dans une atmosphère d'affection et de sécurité morale et matérielle;...»


et aussi:
« Principe 7

L'enfant a droit à une éducation qui doit être gratuite au moins aux niveaux élémentaires. Il doit bénéficier d'une éducation qui contribue à sa culture générale et lui permettre, dans des conditions d'égalité de chances, de développer ses facultés, son jugement personnel et son sens des responsabilités morales et sociales, et devenir un membre utile à la société.


L'intérêt supérieur de l'enfant doit être le guide de ceux qui ont la responsabilité de son éducation et de son orientation; cette responsabilité incombe en priorité à ses parents.*

L'enfant doit avoir toutes les possibilités de se livrer à des jeux et à des activités récréatives, qui doivent être orientés vers les fins visées par l'éducation; la société et les pouvoirs publics doivent s'efforcer de favoriser la jouissance de ce droit. »
Manifestement, l'école maison soutien le droit de l'enfant à l'éducation et répond à son besoin d'amour et de compréhension.

Finalement, les prochaines citations proviennent de la Déclaration concernant la promotion parmi les jeunes des idéaux de paix, de respect mutuel et de compréhension entre les peuples où la réalisation des quelques grands objectifs de l'éducation qui y sont mentionnés s'appuie sur la famille :
« Principe II

Tous les moyens d'éducation, y compris, étant donné son importance capitale, l'éducation donnée par les parents ou la famille*, et tous les moyens d'enseignement et d'information destinés à la jeunesse doivent promouvoir parmi les jeunes les idéaux de paix, d'humanisme, de liberté et de solidarité internationale, ainsi que tous les autres idéaux qui contribuent au rapprochement des peuples, et doivent leur faire connaître le rôle confié à l'Organisation des Nations Unies en tant que moyen de préserver et de maintenir la paix et de favoriser la compréhension et la coopération internationales.

Principe VI

L'éducation des jeunes doit avoir parmi ses principaux buts le développement de toutes leurs facultés, la formation de personnes possédant de hautes qualités morales, profondément attachées aux nobles idéaux de paix, de liberté, de dignité et d'égalité de tous, au respect et à l'amour envers l'homme et son œuvre créatrice. À cet effet, la famille a un rôle important à jouer*.

La jeunesse doit acquérir la conscience des responsabilités qui lui reviendront dans un monde qu'elle sera appelée à diriger et être animée de confiance dans l'avenir heureux de l'humanité. »
À nouveau, on sent bien dans ces principes, énoncés par les Nations Unies, l’importance accordée à la famille dans l’éducation de l’enfant. Nous croyons que les familles qui font l’école maison ont à cœur ces objectifs et offrent un milieu incomparable pour aider l’enfant à grandir dans l’harmonie, devenir responsable et continuer la promotion de ces idéaux.

Dans le prochain article, nous présenterons les textes de lois québécoises qui peuvent nous aider à poursuivre cette réflexion sur l’aspect légal de l’éducation maison. C’est à suivre…

* Caractères gras ajoutés par LEMAQ

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vendredi 17 avril 2015

Réflexion sur l'aspect légal - Partie 1 : l'éducation maison et la Déclaration universelle des droits de l'homme

Tel qu'annoncé, voici la republication du premier d'une série de 6 articles intitulée Réflexion sur l'aspect légal, qui a d'abord été publiée ici.

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Mardi, 17 avril 2007
Au cours des prochaines semaines, LEMAQ s’étendra sur l’aspect légal de l’éducation maison, et ce, en plusieurs étapes.


Premièrement, nous nous attardons sur quelques extraits de documents politiques et légaux qui nous permettent d'énoncer quelques caractéristiques essentielles de notre société qui sont en harmonie avec l'école maison. Nous découvrons alors que les aspirations des tenants du mouvement de l'école maison tendent dans la même direction que les aspirations de notre société.


À NOTER : Il est important de garder à l'esprit que cette série d’articles sur la légalité de l'école maison ne constitue pas un avis légal provenant d'un professionnel du droit. Le contenu de ces articles se veut uniquement un outil de réflexion et d'information générale sur le thème de la légalité.


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L’Éducation Maison et la Loi


La société québécoise reconnaît-elle l'autorité parentale en matière d'éducation au point de permettre la pratique de l'école maison? Comme la société québécoise est une société de droits, nous pouvons tenter de répondre à cette question en vérifiant la place légale qui est accordée à l'autorité parentale concernant l'éducation de ses enfants.



L'importance de la famille et des parents selon les Nations Unies

Avant d'aborder les textes légaux québécois ayant le plus de répercussion sur le vécu de l'école maison, il est intéressant de prendre connaissance de quelques déclarations des Nations Unies. Le Canada étant un état membre des Nations Unies, il se doit de mettre en place des mesures qui vont dans le sens de ces déclarations. Ces déclarations ont comme fin le progrès social de l'humanité. Advenant le cas où nous jugerions que notre société ne s'y conformerait pas, nous avons la liberté, comme citoyen canadien, de réclamer le respect de ces déclarations dans nos institutions sociales. Évidemment, ces déclarations doivent correspondre à nos aspirations humaines les plus nobles et les propositions des Nations Unies ne sont pas des textes sacrés exempt d'erreurs. À chacun donc d'y prendre position. Pour la rédaction de cet article, nous y avons trouvé des pistes de réflexion intéressantes. La particularité politique des déclarations des Nations Unies est qu'elles sont soutenues par les États membres dont le Canada fait partie. Ces documents sont donc pertinents à toute réflexion sociale en sol québécois du fait qu'elles comportent des orientations pour le développement social.
Considérons quelques extraits pour nous aider à formuler des repères pour la société à laquelle nous aspirons pour l'exercice de l'école maison. Nous obtiendrons une société meilleure en y injectant nos attentes et en évaluant ses lois selon ces attentes.


Choisir de faire l'école maison à ses enfants implique un ensemble de convictions tant spirituelles que sociales, pédagogiques ou pragmatiques concernant notre perception de parent, de l'enfant, de la famille et de la société. Ainsi, à l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, on lit que:
« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites. »
Un parent a donc le droit de manifester l'ensemble de ses convictions concernant l'école maison par l'enseignement et les pratiques en concordance avec ses convictions. Ce qui trouble souvent les gens peu informés sur le mouvement de l'école maison est que la décision des parents de faire l'école maison est «imposée» à l'enfant et qu'il y a des craintes, injustifiées mais motivées par de bonnes intentions, que l'enfant pâtisse de cette décision. Pour calmer ces inquiétudes, il est sain de préciser si les parents sont dans leur droit d'imposer un tel choix à leurs enfants. Voici l'importance du rôle de la famille dans la société tel que décrit à l'article 16:
« La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État. »

Il semble clair que la société et l'État ont comme rôle de protéger la famille et non de la régenter.

Pour clarifier comment s'insère l'éducation dans la cellule familiale, quel en est le grand objectif et qui est en position d'autorité à ce sujet, nous nous référons à l'article 26 :


« 1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental.
L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et
professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être
ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants. »

Du point 1, on comprend ici que l'expression « enseignement élémentaire obligatoire » ne désigne pas l'obligation de fréquenter une école mais l'obligation d'être éduqué. Puisque le document de cette déclaration des droits de l'homme a été conçu comme outil de portée internationale, il en découle qu'il n'y a pas de modèle unique d'enseignement obligatoire. Imposer à toutes les cultures le modèle d'éducation de masse des sociétés occidentales relèverait du colonialisme et brimerait des libertés fondamentales. Pour résumer la portée du point 1 et en saisir l'esprit : l'enfant doit recevoir une éducation ; il ne doit pas passer toutes ses journées à travailler au champ ou à l'usine.

Le point 2 peut nous aider en tant que parent à évaluer, dans les faits, si l'expérience éducative de notre enfant rejoint cet objectif d'épanouissement, de respect et de paix, qu'il fréquente une école ou qu'il vive l'école maison.

Finalement, le dernier paragraphe ou point 3, exprime clairement la place de l'autorité parentale concernant l'éducation de ses enfants. Le texte est très clair sur ce point: les parents ont le dernier mot quant au genre d'éducation à donner à leurs enfants. En tenant compte de l'ensemble de ces trois points, on comprend que les parents canadiens ont donc la liberté de choisir l'expérience éducative à laquelle ils souhaitent exposer leurs enfants. Nous pouvons maintenant préciser comment les Nations Unies recommandent d'encadrer cette liberté. L'article 29 y répond comme suit :
« 2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun
n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue

d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et

afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du

bien-être général dans une société démocratique. »

Dans le cas de l'école maison :


- il n'y a aucune atteinte aux droits et liberté d'autrui puisque l'enfant est éduqué et qu'on n'empêche l'éducation de personne;

- ce choix ne contrevient pas à la morale puisque c'est le bien de l'enfant et de la famille et même de la société qui est recherché;

- ce choix ne perturbe pas l'ordre public puisque qu'on ne crée pas d'embouteillage ni d'émeute et;

- ne nuit pas non plus au bien-être général puisque l'école maison est précisément vécue pour atteindre un mieux-être.


Les parents et leurs proches peuvent donc assumer leur responsabilité sociale en analysant ce choix de faire de l'école maison selon ces directives.



Dans le prochain article, nous poursuivrons notre réflexion sur l’aspect légal de l’éducation maison à l’aide d’autres instruments internationaux. C’est à suivre…



© LEMAQ 2003-2007
Publié par LEMAQ à 17.4.07 

jeudi 16 avril 2015

Réflexion sur l’aspect légal et l'éducation maison ( IEF, apprentissage en famille, école maison, ... )

Nous publierons ici dans les prochains jours cette série d'articles sur l'aspect légal de l'éducation à domicile (école maison / IEF / apprentissage en famille ) au Québec, rédigés et publiés en 2007, par un collectif de parents québécois (LEMAQ) dont nous étions. Nous souhaitons ainsi leur réserver un lieu sûr où les archiver et facile d'accès pour consultation.
On entend encore aujourd'hui bien des affirmations éloignées des faits et de l'observation ou des demi-vérités sur le sujet. Au moment où de plus en plus de parents se questionnent sur leur choix éducatif, vient rapidement à l'esprit la réflexion sur l'aspect légal de ce choix parental.

Nous nous sommes penchés sur la question dès le tout début de notre vie hors du milieu scolaire en 1999 et, outre le fait que nous pressentions qu'il ne saurait être possible que l'éducation d'un enfant relève (d'employés) de l'État, il nous semblait tout aussi impossible qu'il naisse avec des obligations de résultats (ou de résultats à quelque évaluation), par exemple celle d'éponger les dettes (émotionnelles, sociales, écologiques, économiques, ...) des générations précédentes. 
Anecdote : cette année-là (1999), invitée à commenter sur un ligne ouverte à la radio, j'ai énoncé ces articles du Code Civil (599 et 601, ci-dessus). L'animateur était bien surpris - ou feignait la surprise histoire de faire réagir les auditeurs !? - d'apprendre que l'éducation au Québec est un droit et un devoir des parents.

J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com
Présentation LEMAQ.blogspot.com - octobre 2006
Ces articles pourront être consultés par qui ne les connaissait pas ou encore servir de base pour poursuivre la réflexion sur le sujet. Pour certains articles, on pourra s'en inspirer pour voir et comparer avec les lois dans d'autres pays :

(publication LEMAQ du 17 avril 2007)


(publication LEMAQ du 19 avril 2007)



(publication LEMAQ du 22 avril 2007)


(publication LEMAQ du 26 avril 2007)


(publication LEMAQ du 3 mai 2007)

(publication LEMAQ du 11 mai 2007)

Note : Si vous le faites, nous serons heureux d'en être informés. Merci de ne pas reproduire sans autorisation. 
La suite bientôt, bonne lecture !

Édith pour l'équipe J'OSE la vie !

samedi 28 avril 2012

Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison

Il y a quelques années, nous avons fait partie d'un collectif de parents qui a fondé le blog LEMAQ - L'Éducation Maison Au Québec. Ce qui y est publié est toujours d'actualité et a soutenu et encouragé plusieurs familles au fils des années. Pour nous, ça a été une première expérience de publication sur internet. Nous sommes très heureux d'avoir pu participer à ce projet avec des parents aussi impliqués et passionnés par la vie avec leurs enfants, et par l'apprentissage. Afin de relayer l'information qui y est publiée, nous songeons à faire suivre ici certains textes que nous trouvons importants, selon l'inspiration du moment.  

Voici le premier, une présentation du livre de Sylvie Martin-Rodriguez que j'avais rédigée lors de ma première lecture en 2008, suivie de mes commentaires.

Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison
Auteure: Sylvie Martin-Rodriguez
Éditions: Dangles, 2008
ISBN: 978-2-7033-0749-5

INTRODUCTION
(extraits, pages 9 et 10)

Ne pas aller à l'école est un tabou majeur. [...]
Il existe des parents qui font le choix de ne pas scolariser leurs enfants à une époque où aucune remise en question de la scolarisation n'est possible (ni même pensable). Passer outre n'est pas sans conséquences pour ces familles qui ressentent rapidement le sacrilège que l'acte de ne pas scolariser évoque pour notre société tout entière.
[...]

Ivan Illich1 cerne parfaitement la situation dans laquelle se trouvent ces familles, quand il dit: «Tous font confiance au traitement que seule l'institution peut entreprendre et, par conséquent, tout accomplissement personnel en marge de l'institution sera matière à suspicion.»
[...]
Tant de méconnaissance nuit profondément au bonheur de ces familles, qui demandent simplement de ne pas être traitées comme des criminels en puissance, alors qu'elles ont fait un choix éclairé en toute légalité et dont l'idéal pourrait correspondre à cette citation du philosophe anglais John Dewey2 : « Apprendre ? Certainement, mais vivre d'abord, et apprendre par la vie, dans la vie. »
[...]

MENSONGE N° 1
L'école est obligatoire
(extraits, pages 13, 19, 20, 23 et 25)

C'est faux. [...]

Tout passe par l'école
Cette croyance en l'école obligatoire est profondément ancrée dans les esprits et n'est pas sans répercussions sur la vie des familles non sco.
[...]
Ce mensonge sur l'obligation scolaire entraîne une vision déformée des enfants et de leurs besoins et l'apparition d'une sorte de mue de l'enfant en élève.
L'enfant se transforme en élève
À partir de l'âge de 3 ans (quelquefois bien avant), l'intérêt ne se porte plus sur la personnalité de l'enfant, sur son essence même, mais sur sa vie scolaire. On lui demande en quelle classe il est, si sa maîtresse est gentille, s'il est sage à l'école, s'il a fait ses devoirs, s'il a de bonnes notes... Ceci tout naturellement, comme si les enfants venaient au monde avec un cartable et un mode d'emploi où serait inscrite en toutes lettres la mention « biologiquement destiné à être scolarisé ».
[...]

Amnésie collective ?
L'oubli collectif, par la culture scolaire, de ce qu'est un enfant, oubli dû notamment à la croyance en l'école obligatoire, entraîne pour les parents l'apparition d'un sentiment d'incapacité à être avec leurs enfants. La vie en leur compagnie leur paraît exiger des compétences surhumaines, qui ne pourraient être acquises que par les spécialistes de l'éducation.
[...]

L'école, une option ?
Peut-on imaginer que l'école ne soit pas une option ? [...]
Pour les enfants qui n'ont pas été immergés dans cette notion d'obligation scolaire, l'option ne se présente pas parce que, pour eux, grandir sans école est normal. C'est une vie contre culture dominante, pas contre nature.
Fin des extraits
_____

Mes commentaires : 

Il est URGENT que chacun lise le livre « Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison ».

« Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison » est le livre de l'année 2008, et il sera certainement le livre de la décennie en ce qui concerne le sujet tabou de l'apprentissage hors-les-murs. Sylvie Martin-Rodriguez s'est livré à un exercice fastidieux: colliger des dizaines d'études et de lectures en plusieurs langues, les lire, les annoter, se les résumer, écrire dans un style direct pour aller droit au but. Elle réussit avec brio à toucher le cœur des lecteurs, les aide à remettre en question toutes les idées reçues sur l'éducation, l'enfance, mais surtout sur l'école et le système d'éducation. Un travail fou. Je la remercie publiquement pour cet acte de grande portée sociale, ce geste de solidarité envers les familles qui vivent l'école maison partout dans le monde, cette démarche qui démontre un grand amour pour tous les humains en faisant le choix d'agir pour ne pas les laisser dans la peur due à l'ignorance.

« Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison » est si bien écrit qu'il sera l'allié, le guide de tous les parents qui ont choisi ce projet de vie qu'est l'éducation en famille. Trop souvent on nous pose des questions, toujours les mêmes, ces questions qui nous font rêver d'avoir un écriteau sur le front où s'afficheraient les réponses qu'on s'épuise à répéter jour après jour quand on ne se retrouve pas face à l'un de ces hurluberlu, bien intentionné (mais on ne sait pas trop pour qui...?), qui nous inonde de questions, histoire de nous empêcher de respirer et d'avoir le temps d'y répondre vraiment. Si vous en avez marre de vous répéter, prêtez le livre de Sylvie Martin-Rodriguez... et retournez vite vivre avec votre famille.

« Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison » est le livre dont toute famille a besoin, celui qu'il faut absolument laisser traîner sur la table du salon, de la cuisine ou dans la salle de bain. Celui qu'on offre en cadeau aux grand-parents, à la belle-sœur, à un ami et au voisin un peu inquiets et qui se permettent de douter ou de remettre en question vos choix de vie personnels (comme si ça les regardait). Mais, c'est également le livre dont on suggère la lecture au personnel des écoles et des Commissions Scolaires, à Madame la Ministre de l'Éducation, et même, ou peut-être surtout, à Monsieur le Premier Ministre. C'est le livre que tout regroupement de familles d'école maison doit se procurer afin de pouvoir en faire le prêt à toute nouvelle famille qui se joint au groupe, histoire d'arrêter de perdre du temps sur le fond et de pouvoir mettre les énergies si précieuses de chacun/chacune à vivre avec nos enfants.

« Les 10 plus gros mensonges sur l'école à la maison » m'a fait du bien. Je souhaite à tous de prendre le temps de le lire et de le relire. Il me donne le goût de continuer mon implication sur ce blog et même plus, de créer un fonds afin de faire l'achat de plusieurs exemplaires qu'on pourrait offrir à certaines personnes afin d'aider à l'ouverture d'esprit et mettre fin à l'ignorance de notre société québécoise trop civilisée pour être restée humaine. Si vous n'arrivez pas à mettre la main sur ce livre, demandez à votre libraire de le commander chez le distributeur au Québec qui est le groupe Raffin. N'hésitez pas à m'écrire au besoin, je tenterai de vous aider.

Edith
1Illich, Ivan – Une société sans école, Le Seuil, 1971.
2Dewey, John – Philosophe (1859-1952)

vendredi 30 septembre 2011

Qu'est-ce que le unschooling - invitation à un sondage


Le unschooling est un mouvement radical éducatif en croissance qui mérite l'attention.
Publié le 15 septembre 2011 par Peter Gray, sur Freedom to Learn.
Traduction: J'OSE la vie !
Le unschooling est un mouvement qui est complètement à l'opposé de la pensée conventionnelle sur l'éducation. J'aimerais en apprendre davantage à ce sujet et en dire plus au monde à ce sujet, et pour cette raison, je mène une enquête auprès des familles unschoolers (nonsco). Si vous êtes un membre d'une telle famille et êtes disposé à participer, vous pouvez télécharger le formulaire de sondage en allant sur le site web de Pat Farenga, en défilant vers le bas pour trouver le lien (Pat a gentiment publié le formulaire). Si vous ne le trouvez pas de cette façon, vous pouvez me demander le formulaire directement par courriel, à: grayp@bc.edu. 
Le formulaire lui-même contient toutes les informations dont vous avez besoin pour le remplir et le retourner. Il est court et n'est pas difficile à remplir. Je serais très reconnaissant de votre participation. Je vous invite aussi à transmettre le formulaire, ou un lien vers cette publication, à d'autres familles unschoolers, afin qu'elles puissent aussi y participer. (Je prévois analyser les réponses d'ici le début de novembre, donc s'il vous plaît, retournez votre formulaire avant cette date).

Voici une partie de ce que je sais déjà sur le unschooling, avant de mener l'enquête. Défini le plus simplement, le unschooling (non-scolarisation) est l'absence de scolarisation. Les unschoolers n'envoient pas leurs enfants à l'école et ils ne font pas à la maison le genre de choses qui sont faites à l'école. Plus précisément, ils n'établissent pas de programme d'études pour leurs enfants, ils n'exigent pas de leurs enfants des affectations particulières à des fins d'éducation, et ils ne testent pas leurs enfants pour mesurer les progrès. Au lieu de cela, ils permettent à leurs enfants la liberté de poursuivre leurs propres intérêts et d'apprendre, à leur manière, ce qu'ils doivent savoir pour suivre ces intérêts. Aussi, de diverses manières, ils fournissent un contexte environnemental et un soutien environnemental pour l'apprentissage de l'enfant. La vie et l'apprentissage ne se produisent pas dans le vide; ils se produisent dans le contexte d'un environnement culturel, et les parents unschoolers aident à le définir et mettent l'enfant en contact avec cet environnement. 

Dans l'ensemble, les unschoolers ont une vision de l'éducation qui est à 180 degrés de celle de notre système éducatif courant. Ils croient que l'éducation est quelque chose que les enfants (et les gens de tous âges) font pour eux-mêmes, et non pas quelque chose qui leur est faite, et ils croient que l'éducation est une partie normale de l'ensemble de la vie, pas quelque chose de distinct de la vie qui survient à des moments particuliers dans des endroits particuliers. 


Personne ne sait exactement combien d'enfants aux États-Unis** sont actuellement unschoolers. À des fins de tenue des dossiers officiels, les unschoolers sont regroupés avec les homeschoolers (école maison). Les lois des États ne permettent pas aux parents de simplement sortir leurs enfants de l'école, les parents ont en quelque sorte à prouver que leurs enfants sont éduqués à la maison, ce qui les place dans la catégorie homeschooling. Le homeschooling, dans l'ensemble, croît à un rythme accéléré. Selon le National Center for Educational Statistics, qui mène une enquête tous les 4 ans, il y avait aux États-Unis environ 850 000 enfants homeschooled (5 à 17 ans) en 1999, 1,1 million en 2003, et 1,5 million en 2007. Si on parle en pourcentages de tous les enfants d'âge scolaire, ces chiffres se traduisent à 1,7% en 1999, 2,2% en 2003, et 2,9% en 2007. 
Les données ne sont pas encore disponibles pour 2011, mais si l'on extrapole la courbe de l'année précédente, on peut penser qu'aujourd'hui près de 4% de tous les enfants d'âge scolaire sont considérés comme homeschoolers. 


Les personnes impliquées dans le mouvement du homeschooling estiment qu'environ 10% des homeschoolers sont unschoolers, ce qui me semble raisonnable en me basant sur les proportions observées lors de conventions homeschooling. Si cela est vrai, alors plus de 150 000 enfants vivent le unschooling aux Etats-Unis aujourd'hui et les chiffres sont en augmentation à un rythme qui s'accélère d'année en année. L'estimation serait encore plus élevée, peut-être beaucoup plus élevée, si les soi-disant "relaxed homeschoolers" (familles qui font l'école maison de façon plus légère, plus détendue) étaient inclus. Ce sont des familles qui ont une "sorte" de programme d'études pour leurs enfants mais ne le suivent pas nécessairement ou n'exigent pas qu'il soit respecté. Dans l'ensemble, le unschooling est un mouvement éducatif très important, car il implique un si grand nombre d'enfants et qu'il viole donc fortement la vision conforme que les enfants doivent être contraints d'apprendre un programme d'étude imposé pour réussir. 

Les chercheurs universitaires ont évité toute étude sérieuse sur le unschooling, tout comme ils ont évité les modèles d'écoles Sudbury et toutes les autres innovations en matière d'éducation qui nient la valeur d'un programme imposé. La seule exception est la thèse de doctorat 2008 de Donna Harel Kirschner, à l'Université de Pennsylvania, Department of Anthropology. Kirschner a interviewé et effectué des visites à domicile de 22 familles unschoolers, s'est familiarisée avec la littérature sur le unschooling, et a écrit une thèse décrivant la philosophie et les pratiques des familles qu'elle a étudié. Malheureusement, le travail de Kirschner n'a pas paru dans des publications universitaires ou non universitaires, et la thèse elle-même est difficile à obtenir. Vous pouvez en acheter une copie auprès de ProQuest Digital Dissertations (ou l'obtenir gratuitement d'eux s'il vous arrivait d'avoir le statut de membre à une bibliothèque universitaire affiliée). Le titre complet est Producing Unschoolers: Learning Through Living in a U.S. Educational Movement. 

Mais vous pouvez en apprendre beaucoup plus sur le unschooling en parcourant les sites web et en lisant les livres de ceux qui sont impliqués dans le mouvement. Si vous tapez "unschooling" sur Google, vous trouverez beaucoup de choix disponibles, mais voici quelques ressources avec lesquelles je suis familier et que je recommande: 

  • Le site web de Pat Farenga. Pat Farenga est peut-être la première autorité sur le unschooling. Il a travaillé en étroite collaboration avec John Holt, l'auteur réputé sur les enfants et l'apprentissage, jusqu'à la mort prématurée de ce dernier en 1985. Les livres de Holt, incluant "How children fail" (Comment les enfants échouent) et "How children learn" (Comment les enfants apprennent), publié dans les années 1960 et 70, sont toujours considérés comme des guides inspirants par la plupart des gens dans le mouvement du unschooling, et Pat a beaucoup fait pour garder ces écrits dans la presse et disponibles. Holt a inventé le terme "unschooling" et a fondé le magazine Growing Without Schooling dans les années 1970, et Pat a continué à publier la revue après la mort de Holt, de 1985 jusqu'en 2001. Pat est un écrivain très populaire, conférencier et consultant pour les médias sur le unschooling et il a servi de conseiller à de nombreux nouveaux unschoolers et homeschoolers. Sur le site de Pat, vous trouverez, entre autres choses, le blog de Pat, des critiques de livres, des vidéos pertinentes sur le unschooling, et un lien vers l'ensemble des archives de Growing Without Schooling. 



  • Life Learning Magazine. Lorsque la publication de Growing Without Schooling a cessé, le  Life Learning Magazine est devenu la principale revue du mouvement unschooling. Le magazine est rempli d'articles bien écrits sur la philosophie et la pratique du unschooling. Depuis 2008, le magazine est disponible en version entièrement numérique. L'éditeur, Wendy Priesnitz, est elle-même une auteure formidable. Vous pouvez trouver son blog à partir de ce site web et des liens vers ses autres écrits. Je recommande particulièrement son livre "Challenging Assumptions in Education". Les hypothèses qu'elle défie sont les suivantes: l'éducation est quelque chose qui vous est faite; le savoir appartient à un culte d'experts; les autres savent mieux ce que les enfants devraient apprendre; les écoles fournissent une formation efficace; et les écoles ont un noble but. 
  • The Natural Child Project. Ici vous pouvez trouver des articles bien écrits qui donnent à réfléchir non seulement sur le unschooling, mais sur tous les aspects de la parentalité, notamment l'allaitement maternel et l'ensemble des questions ayant à voir avec l'harmonie familiale. Le mouvement unschooling est intimement lié au plus grand mouvement de l'éducation naturelle des enfants, et ici vous voyez clairement ce lien. Vous pouvez également vous abonner à la Natural Child Newsletter et vous pouvez y trouver des liens vers des écrits de Jan Hunt et d'autres. Jan est le rédacteur du bulletin et auteur de The Natural Child: Parenting from the Heart. Elle est également co-éditeur (avec son fils Jason) de The Unschooling Unmanual, que j'ai récemment lu et apprécié. C'est une excellente collection d'essais pertinents pour le unschooling, dont un par le romancier Daniel Quinn*, l'un par John Holt, et deux par Hunt elle-même.
  • Sandra Dodd's Radical Unschooling Website. Ceci est un autre site important sur le unschooling, que j'ai récemment découvert. Son objectif explicite est de fournir des informations pratiques, des ressources et de l'encouragement aux personnes qui ont pris le chemin du unschooling. Vous pouvez trouver ici des essais clairs et bien écrits sur pratiquement tous les sujets qui relèvent du unschooling, des liens vers des livres et d'autres sites pertinents pour le unschooling, et une liste à jour des organisations par états, régionales et nationales consacrées au unschooling. Comme il en est aussi pour Pat Farenga, Wendy Priesnitz, et Jan Hunt, Sandra est un parent unschooler elle-même, donc ses mots ne viennent pas seulement de la théorie et de la lecture, mais aussi de l'expérience de première main.
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Et maintenant, je vous invite à contribuer par vos pensées et vos questions. Si l'idée du unschooling est nouvelle pour vous et que vous avez des questions à ce sujet, s'il vous plaît posez-les. Si vous avez une expérience avec le unschooling et que vous souhaitez ajouter quelque chose ou exprimer un désaccord à propos de ce que j'ai dit, s'il vous plaît faites-le. Si vous connaissez d'autres sites web sur le unschooling que les lecteurs trouveraient intéressants, s'il vous plaît parlez-nous en ici. Ce blog n'est pas seulement le mien, c'est un forum de débat et de discussion entre les lecteurs.

Comme toujours, je préfère que vous publiez vos commentaires et vos questions ici plutôt que de me les envoyer par courriel privé. En les mettant ici, vous partagez avec d'autres lecteurs, et pas seulement avec moi. Je lis tous les commentaires et tente de répondre à toutes les questions sérieuses. Bien sûr, si vous avez quelque chose à dire qui ne s'applique qu'à vous et moi, alors envoyez moi un courriel.

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* L'essai de Daniel Quinn a été traduit en français par Gaia du collectif LEMAQ et publié sur le blog LEMAQ en 2007, sous le titre: L'École : Les Motivations Cachées.

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Peter Gray
Peter Gray est professeur de recherche de psychologie au Boston College. Il a mené et publié des recherches en psychologie comparative, évolutive, du développement et de l'éducation. Il a publié des articles sur les méthodes d'enseignement novatrices et les approches alternatives à l'éducation, et est l'auteur de Psychologie (Worth Publishers), un manuel d'introduction collégial qui en est à présent à sa 6è édition. Il a fait ses études de premier cycle à l'Université Columbia et a obtenu un doctorat en sciences biologiques à l'Université Rockefeller. Ses recherches actuelles et ses travaux d'écriture se concentrent principalement sur les modes naturels d'apprentissage chez les enfants et sur la valeur du jeu tout au long de la vie. Ses propres jeux incluent non seulement ses recherches et l'écriture, mais aussi le cyclisme longue distance, le kayak, le ski de fond en nature (sous-bois) et la culture maraîchère.

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IMPORTANT: 
**Bien que la présentation de la recherche mentionne des informations concernant le unschooling aux États-Unis, il s'agit d'une étude internationale; c'est pourquoi nous traduisons et publions tout ça ici, afin d'étendre la participation aux familles unschoolers francophones, avec l'accord de Peter.

 

Si vous désirez participer mais ne connaissez pas suffisamment l'anglais pour le faire, visiter cette page qui est la traduction en français du formulaire du sondage. 
Edith et Stéphane
Les Éditions J'OSE la vie !