mercredi 11 avril 2012

Allaitement bio... et autres choses importantes

L'allaitement «hors de chez soi» (comme si c'était une option d'enfermer les mères-enfants) a fait bien des remous en France la semaine dernière, comme on peut le constater en lisant ces billets et articles. 

Dur, dur d’être un bébé chez Mac 

(Note: On y parle d'une boutique MAC Cosmétiques et non pas de Mac ordinateur, pour la nord-américaine que je suis, ce n'était pas évident avec ce titre.)

On n'allaite pas chez MAC

L'allaitement hors de chez soi...

suivi d'excuses de l'entreprise...(!):

Communiqué de MAC Cosmetics

et d'un billet de la responsable éditorial au Hêtre:

Dire, désilenciser, débanaliser la violence culturelle ordinaire

dont voici quelques extraits (pour ceux et celles qui n'ont pas le temps de tout lire) :
«La condamnation des comportements de stigmatisation envers ce que nous croyons être un droit fondamental de l’être humain (allaiter et être allaité librement) ne relève pas d’un goût pour la polémique mais doit être comprise comme un effort de « désilencisation » des stratégies sociales et culturelles qui œuvrent à faire de l’allaitement en public un « problème ».
Ce qui s’est produit dans ce magasin relève typiquement d’une stratégie, probablement inconsciente au niveau individuel, de dévalorisation d’un comportement normal (du point de vue d’une normativité biologique) dont l’empêchement constitue une atteinte aux droits les plus fondamentaux.

Dire, exprimer, montrer, désigner, c’est lever cette conspiration du silence autour des violences ordinaires que subissent les individus qui adoptent des comportements culturellement ou socialement considérés comme incorrects et pourtant légitimes.

Il ne s’agit pas de condamner des personnes mais des attitudes globales [...] de cette culture majoritairement occidentale qui a érigé le sein maternel au rang d’objet érotique au point de trouver indécente et d’assimiler à un acte sexuel une simple tétée.

La malheureuse expérience ici rapportée n’est nullement un cas isolé. Se voir refuser l’accès de certains lieux, subir des regards désapprobateurs voire des remarques désobligeantes et des ingérences dans leur sphère privée (ne pas confondre le privé avec l’intime) est le lot quotidien de nombreuses femmes qui allaitent, surtout quand elles allaitent au long cours.

Et quand cette ingérence est institutionnalisée (la responsable du magasin ne s’est pas exprimée en son nom mais bel et bien en tant que responsable d’un magasin), nous estimons qu’elle doit être dénoncée et condamnée.

Le silence tue. Plus que les mots, il entérine l’inacceptable. Plus nous serons nombreux à manifester notre consternation face aux violences silencieuses culturelles et institutionnalisées que nous subissons routinièrement, plus vite ceux qui la pratiquent et la perpétuent probablement sans conscience et comme des automates cesseront alors de considérer ces violences comme normales.»
~ Dali Milovanovic, responsable éditoriale. 
qui a également écrit ceci : La qualification d'obscénité est fonction d'une culture donnée et d'une fréquence d'habituation

Ces vagues qui ont atteint le Québec, en plus de faire remonter à ma mémoire des souvenirs de ces années d'allaitement dont chaque membre de notre famille a tiré bénéfice d'une façon ou d'une autre, ont également rappelé à ma mémoire ce fameux article qui attendait patiemment son tour dans mon panier à lecture. 
Le fait que je venais de terminer, la veille, la lecture du Sandra Dodd's Big Book of Unschooling y est aussi pour quelque chose. ;-)
Lors d'un des premiers déjeuners-mamans (du GEM-Québec) que j'animais au début des années 2000, une maman avait photocopié pour chacune d'entre nous un article écrit par le Dr. Pierre Lévesque, obstétricien-gynécologue qui pratiquait à Rimouski. Cet article avait été publié dans le magazine Le Médecin du Québec et bien que je n'arrive plus à le trouver dans leurs archives web, j'en copie ici la source:
LÉVESQUE, Pierre, « Le système reproducteur féminin: nous serions-nous mépris? Quel était le cycle d’Eve? » Le Médecin du Québec, février 1996.
SVP, si vous avez en main cet article, écrivez-nous; j'ai égaré ma copie et nous en avons besoin pour une recherche, Olivier et moi.
Ce jour-là, j'avais été immédiatement fascinée par ces recherches et observations, dont les résultats sont si évidents quand on veut bien voir la réalité en face, et reconnaître que l'humain est un mammifère. 
Quelques années plus tard, je rencontrais le Dr. Michel Odent par le biais de son livre Le bébé est un mammifère. Je me rappellerai toujours cet extrait. En le lisant, j'ai couru voir Olivier avec lequel on parlait souvent de cette difficulté dans les discussions lorsqu'on dit être des mammifères. Ces discussions, étrangement, étaient beaucoup plus faciles avec les anglophones… La coïncidence était trop forte, on avait observé la même chose que cet auteur et médecin :
« Votre bébé est le plus beau des mammifères » - Michel Odent, Albin Michel, pp. 8-9
réédité en 2011 sous le titre Le bébé est un mammifère, aux Éditions L'Instant Présent
Hier soir (en fait tôt ce matin), j'ai enfin pris le temps de lire un autre article très intéressant du Dr. Lévesque. Concis, clair, bien documenté et d'une TRÈS grande importance pour chaque personne: que l'on soit homme ou femme, que l'on soit parent ou pas, que l'on ait (été) allaité ou pas. On est humain et on a tous été un enfant.

Afin de nous assurer qu'il restera disponible pour le grand public, nous l'avons déposé en fichier dans Google Docs: 
https://docs.google.com/document/d/1dk_TvDZFu2dVOIMJ5YG97e14irJMPo35VcJYwiIkr40/edit
Janvier 2000
Photo prise par le grand frère ;-)
À lire absolument ! 
Et surtout, à se rappeler quand on fait un choix de vie, peu importe lequel et peu importe à quel sujet, particulièrement si ça touche de près ou de loin un enfant… car, je répète, on a tous été un enfant !
Edith

2 commentaires:

CynthiaLisee a dit…

Salut! Sur le territoire montréalais il est facile d'obtenir une copie de l'article recerché dans "Le Médecin du Québec". Je vais te la poster dans les prochains jours.

En passant, c'est le genre de service que votre bibliothèque publique vous offre fort probablement. Comme dans ce cas c'est une interaction du milieu public à universitaire, il se peut que le traitement de la demande soit un peu plus long et qu'il y ait quelques frais mais ça peut être utile de savoir que ce service d'accès à l'information existe.
A+
Cynthia

L'équipe du Journal JOSE a dit…

Salut Cynthia ! GROS merci et pour l'envoi postal ;-) et pour l'information concernant ce service d'accès à l'information. Nous allons vérifier avec notre bibliothèque et revenir sur le sujet.
Édith et Olivier

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