dimanche 28 août 2011

Le Premier Jour d'École

Le Premier Jour d'École - 11 août 2011
Texte original en anglais, par Wendy Priestnitz: The First Day of School
Traduction: Les Éditions JOSE

Dans quelques jours*, au nom de la croissance, des millions de jeunes enfants seront emmenés à l'usine école, se verront attribuer un siège et un casier, et seront forcés de ravaler leur sentiment de perte.

L'hypothèse que les enfants doivent fréquenter l'école à l'âge de cinq ou six n'est pas seulement éducationnellement-motivée. Il est devenu socialement inacceptable pour les enfants de rester à la maison avec un parent pendant une bonne partie de la journée. Dans notre culture (celle que nous appelons «civilisée»), nous avons tendance à nous inquiéter au sujet de la soi-disant «insalubrité» d'une relation étroite entre la mère et l'enfant, évoquant des images d' « amour étouffant » et une variété de complexes psychologiques.

Une sorte de légende s'est construite autour du Premier Jour d'École au point où c'est devenu un rite de passage, une coupe cruciale du cordon (des cordons du tablier, dans la version originale anglaise), une étape souhaitable d'une première fois loin de la famille et vers l'autonomie. Le fait que la séparation peut se produire avant que l'enfant ne soit émotionnellement prêt semble avoir peu d'influence sur l'âge choisi pour ce rituel. En fait, en cette ère de l'enfant pressé, le plus tôt est supposé être le mieux.

Il y a beaucoup de documents universitaires soutenant cette affreuse pratique. Beaucoup d'entre eux, je pense, ont été écrits par ceux qui sentent que les mères appartiennent au marché de l'emploi et, en conséquence, ont besoin du service de gardiennage que leur rend l'école. Mais il y a aussi beaucoup de preuves que les enfants n'ont pas besoin de l'école afin de devenir des adultes autonomes. Les dernières générations de unschoolers qui ont grandi avec succès ont été précédées par des générations qui ont grandi et sont devenues des adultes pleinement fonctionnels avant même que l'école n'ait été inventée. Et ceux d'entre nous qui ont prôné l'apprentissage sans école depuis des décennies sont maintenant rejoints par beaucoup d'autres avant-gardistes qui se rendent compte que les salles de classes ne sont plus nécessaires, au mieux, et, au pire, entravent l'apprentissage.

Mais encore, nous continuons à infliger un traumatisme aux enfants en les forçant à voler de leur propres ailes avant d'être prêts. Et ce traumatisme peut nous hanter de bien des manières, grandes et petites, pour le reste de notre vie. Je vis pour le jour où les appuis seront en place afin que les enfants puissent maintenir la proximité de l'attachement physique et émotionnel dont ils ont besoin aussi longtemps que nécessaire, et se verront offrir la liberté d'explorer le monde à leur propre rythme ... quel que soit leur âge. (L'auteure Laurie A. Couture a écrit un article convaincant sur la question, qui sera publié dans le prochain numéro Septembre / Octobre du Life Learning Magazine à propos d'adolescents qui maintiennent aussi bien leur attachement à la famille.)

J'espère qu'un jour la légende de la Première Journée D'École sera juste un vague souvenir d'un temps non éclairé.
Wendy Priestnitz

* NdT: le texte original mentionne « quelques semaines » mais comme nous sommes à la veille de la rentrée, nous avons traduit par «quelques jours », ce qui rend plus fidèlement le propos de Madame Priestnitz.

Quant à nous, nous espérons qu'un jour la légende de l'École – le mot autant que l'institution – ne sera plus qu'un vague souvenir d'un sombre temps ancien. 
JOSE

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