samedi 21 avril 2012

John Holt, par Sandra Dodd

« Aux parents, je dis, par-dessus tout, ne laissez pas votre maison devenir une horrible copie miniature de l'école. Pas de plans de cours! Pas de quiz! Pas de tests! Pas de bulletins! Même en laissant vos enfants seuls, ce serait mieux; au moins ils pourraient comprendre certaines choses par eux-mêmes. Vivez ensemble, aussi bien que vous le pouvez; profitez de la vie ensemble, autant que vous le pouvez ».~ John Holt


J'ai trouvé cette citation, et plus encore, ici : http://sandradodd.com/johnholt
***
John Holt, par Sandra Dodd
Traduction: J'OSE la vie !


Éditions de l'Instant Présent« Les écrits de John Holt sont différents, et inspirants. Il s'est impliqué dans les écoles et a vu les problèmes et les réussites d'un point de vue différent de celui de toutes les autres personnes que j'ai lues.

John Holt n'avait pas d'enfant donc il n'était pas lui-même un unschooler, mais il a inspiré d'autres à faire les choses différemment de l'école, à éviter les tests et l'apprentissage par cœur. Il a encouragé les gens à respecter les enfants et à leur offrir une grande variété d'expériences et d'opportunités.

John Holt a écrit sur l'apprentissage en dehors des écoles pendant une dizaine d'années. Depuis lors, de nombreuses familles ont élevé des enfants jusqu'à l'âge adulte sans aucune école ou scolarisation quelconque. J'aurais souhaité qu'il puisse connaître Roya, Roxana et Rosie Sorooshian. J'aurais souhaité qu'il puisse passer du temps avec Kathryn Fetteroll. Combien ce serait génial s'il pouvait faire un saut pour la journée à une grande conférence sur le unschooling à San Diego et rencontrer quelques centaines d'enfants du vingt-et-unième siècle, non scolarisés, réunis tous au même endroit? » ~ Sandra Dodd
(http://sandradodd.com/terminology)

vendredi 20 avril 2012

Apprendre la musique comme on danse - par Sandra Dodd

As happy as dancing, par Sandra Dodd
Traduction:  J'OSE la vie ! 
« En apprendre plus sur la musique peut être aussi joyeux que danser dans la cour arrière, chanter dans la voiture, ou aller voir un groupe de bluegrass à un festival de rue. Écoutez différentes stations qui font tourner de vieux succès. Allez sur des sites de musique en ligne. Louez des vidéos de concerts ou d'opéras et de comédies musicales. Ne « faites pas en sorte » que quelqu'un les regarde. Regardez-les vous-même, et peut-être que vous aurez de la compagnie. » ~Sandra Dodd


image : http://zelda-symphony.com/
Quand j'ai lu cette citation de Sandra sur son blog le 8 mars dernier, je l'ai gardé dans mes trucs à traduire. En fait, ça me touchait car c'est la façon dont j'ai appris (à aimer) la musique, et nos enfants aussi. Nous aimons tous la musique chez nous: nos enfants aiment siffler ou chanter partout (sous la douche, quand ils travaillent, ou en marchant dans le bois) comme leur père; j'adore danser dans le salon ou dehors. Stéphane et moi chantions toujours en voiture; nous allions souvent faire un road trip juste pour écouter de la musique et chanter ensemble. Nous écrivons des chansons et composons des mélodies, juste pour le plaisir. Olivier est justement à chanter puis siffler un air tout en faisant une chorégraphie de mouvement de bataille à l'épée devant moi, pendant que j'écris ici. :-) Edith

mercredi 18 avril 2012

Comment leur apprentissage sera-t-il utilisé ?

Traduction : J'OSE la vie !


journaljose.blogspot.com
« Le temps passé à materner et à jouer n'est pas séparé du véritable apprentissage ; il ne faut pas précipiter les choses pour arriver à « aux choses plus importantes » comme certains peuvent le penser. C'est un temps essentiel à l'apprentissage véritable qui permet vraiment à l'enfant de se développer entièrement, dans son intégrité.

Les gens qui font l'école-maison pensent beaucoup à l'apprentissage, mais ils se concentrent souvent sur l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, des mathématiques, des sciences ou de l'histoire, etc. Les unschoolers ont tendance à prendre ce genre d'apprentissage pour acquis; ce genre d'apprentissage se produit en cours de route. À mesure que nous comprenons de mieux en mieux le unschooling et que nous l'intégrons davantage dans notre vie, nous avons tendance à mettre l'accent sur des choses comme la bonté, la créativité et l'honnêteté - tous ces traits de personnalité qui vont déterminer « comment » leur apprentissage sera utilisé dans leur vie. » ~Pam Sorooshian

vendredi 13 avril 2012

Conférences-ateliers: À QUOI SERVENT LES ÉDUCATIONS

crédit photo: CREA-Québec

À
QUOI
SERVENT
LES

ÉDUCATIONS?


Une conférence de Jean-Pierre Lepri du CRÉA
(Cercle de Réflexion pour une Éducation Authentique)

L’école, la famille, les médias, les institutions, le commerce… m’instruisent et me façonnent. À mon tour, j’enseigne ce que je suis, autour de moi. À quoi servent toutes ces éducations ? À quoi forment-elles, en fait et le plus souvent à mon insu ? Sur quels principes repose une éducation ? Que produit-elle ?

Une analyse dépassionnée, aussi objective que possible, des processus de toutes les éducations-formations – les « classiques » et les « alternatives ».

Jean-Pierre Lepri a l’expérience d’une cinquantaine d’années dans l’Éducation nationale, dont une trentaine sur cinq continents. Il a été instituteur, formateur, inspecteur, expert international. Docteur en éducation et en sociologie, commandeur de l’Ordre français des Palmes Académiques, il est aussi père et grand-père.


Conférences tous publics et gratuites



Le lundi 16 avril 2012 de 18h à 20h
Centre Communautaire Lucien Borne

100 Chemin Sainte-Foy (salle 103) à Québec – coin Salaberry
stationnement gratuit
Contribution volontaire pour la location de la salle


Le mardi 17 avril 2012 de 17h à 19h
Café Babylone

177 rue de Saint-Vallier à Québec


Informations et réservations :


Anne-Florence - Centre Famille Haute-Ville : info@cfhv.ca / (418) 648-1702
Édith et Stéphane : edith_et_stef@yahoo.com


jeudi 12 avril 2012

Étude sur le unschooling par Peter Gray - résultats - partie 3

http://www.psychologytoday.com/blog/freedom-learn/201204/the-challenges-unschooling-report-iii-large-survey?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A%20Freedom-to-Learn%20%28Freedom%20to%20Learn%29

On vous en parlait ici, le 28 février dernier. À nouveau, ici, pour la seconde partie. Dr. Peter Gray (Freedom to Learn - Psychology Today) a publié hier la troisième partie des résultats de son étude sur le unschooling ! 

Cette partie s'intitule: "Les défis du Unschooling - Rapport III d'un grand sondage"

La première partie est (toujours) en cours de traduction par une maman bénévole d'un groupe de notre région. Nous n'avons pas encore eu le temps de traduire la seconde partie et déjà la troisième partie est publiée... alors, allez hop ! Au travail ! Nous espérons vous livrer le tout en français dès le mois de mai. 

Comme je le mentionnais la dernière fois, vous pouvez déjà les lire en anglais ou trouver une personne de votre entourage pour vous faire la traduction simultanée, et apprendre l'anglais en faisant vous-mêmes du unschooling tout en permettant à quelqu'un d'apprendre beaucoup sur l'apprentissage ! Quoi de mieux !


Note: Nous écrivons, traduisons et publions de façon bénévole depuis plusieurs années. Si vous pouvez faire de la traduction (de l'anglais vers le français), que vous en avez le temps (quelques heures suffisent parfois) et que vous êtes animés par le désir de solidarité, d'offrir soutien, inspiration, information sur le unschooling, écrivez-nous.
À tout bientôt - j'espère - avec la suite en français !

Edith

mercredi 11 avril 2012

Allaitement bio... et autres choses importantes

L'allaitement «hors de chez soi» (comme si c'était une option d'enfermer les mères-enfants) a fait bien des remous en France la semaine dernière, comme on peut le constater en lisant ces billets et articles. 

Dur, dur d’être un bébé chez Mac 

(Note: On y parle d'une boutique MAC Cosmétiques et non pas de Mac ordinateur, pour la nord-américaine que je suis, ce n'était pas évident avec ce titre.)

On n'allaite pas chez MAC

L'allaitement hors de chez soi...

suivi d'excuses de l'entreprise...(!):

Communiqué de MAC Cosmetics

et d'un billet de la responsable éditorial au Hêtre:

Dire, désilenciser, débanaliser la violence culturelle ordinaire

dont voici quelques extraits (pour ceux et celles qui n'ont pas le temps de tout lire) :
«La condamnation des comportements de stigmatisation envers ce que nous croyons être un droit fondamental de l’être humain (allaiter et être allaité librement) ne relève pas d’un goût pour la polémique mais doit être comprise comme un effort de « désilencisation » des stratégies sociales et culturelles qui œuvrent à faire de l’allaitement en public un « problème ».
Ce qui s’est produit dans ce magasin relève typiquement d’une stratégie, probablement inconsciente au niveau individuel, de dévalorisation d’un comportement normal (du point de vue d’une normativité biologique) dont l’empêchement constitue une atteinte aux droits les plus fondamentaux.

Dire, exprimer, montrer, désigner, c’est lever cette conspiration du silence autour des violences ordinaires que subissent les individus qui adoptent des comportements culturellement ou socialement considérés comme incorrects et pourtant légitimes.

Il ne s’agit pas de condamner des personnes mais des attitudes globales [...] de cette culture majoritairement occidentale qui a érigé le sein maternel au rang d’objet érotique au point de trouver indécente et d’assimiler à un acte sexuel une simple tétée.

La malheureuse expérience ici rapportée n’est nullement un cas isolé. Se voir refuser l’accès de certains lieux, subir des regards désapprobateurs voire des remarques désobligeantes et des ingérences dans leur sphère privée (ne pas confondre le privé avec l’intime) est le lot quotidien de nombreuses femmes qui allaitent, surtout quand elles allaitent au long cours.

Et quand cette ingérence est institutionnalisée (la responsable du magasin ne s’est pas exprimée en son nom mais bel et bien en tant que responsable d’un magasin), nous estimons qu’elle doit être dénoncée et condamnée.

Le silence tue. Plus que les mots, il entérine l’inacceptable. Plus nous serons nombreux à manifester notre consternation face aux violences silencieuses culturelles et institutionnalisées que nous subissons routinièrement, plus vite ceux qui la pratiquent et la perpétuent probablement sans conscience et comme des automates cesseront alors de considérer ces violences comme normales.»
~ Dali Milovanovic, responsable éditoriale. 
qui a également écrit ceci : La qualification d'obscénité est fonction d'une culture donnée et d'une fréquence d'habituation

Ces vagues qui ont atteint le Québec, en plus de faire remonter à ma mémoire des souvenirs de ces années d'allaitement dont chaque membre de notre famille a tiré bénéfice d'une façon ou d'une autre, ont également rappelé à ma mémoire ce fameux article qui attendait patiemment son tour dans mon panier à lecture. 
Le fait que je venais de terminer, la veille, la lecture du Sandra Dodd's Big Book of Unschooling y est aussi pour quelque chose. ;-)
Lors d'un des premiers déjeuners-mamans (du GEM-Québec) que j'animais au début des années 2000, une maman avait photocopié pour chacune d'entre nous un article écrit par le Dr. Pierre Lévesque, obstétricien-gynécologue qui pratiquait à Rimouski. Cet article avait été publié dans le magazine Le Médecin du Québec et bien que je n'arrive plus à le trouver dans leurs archives web, j'en copie ici la source:
LÉVESQUE, Pierre, « Le système reproducteur féminin: nous serions-nous mépris? Quel était le cycle d’Eve? » Le Médecin du Québec, février 1996.
SVP, si vous avez en main cet article, écrivez-nous; j'ai égaré ma copie et nous en avons besoin pour une recherche, Olivier et moi.
Ce jour-là, j'avais été immédiatement fascinée par ces recherches et observations, dont les résultats sont si évidents quand on veut bien voir la réalité en face, et reconnaître que l'humain est un mammifère. 
Quelques années plus tard, je rencontrais le Dr. Michel Odent par le biais de son livre Le bébé est un mammifère. Je me rappellerai toujours cet extrait. En le lisant, j'ai couru voir Olivier avec lequel on parlait souvent de cette difficulté dans les discussions lorsqu'on dit être des mammifères. Ces discussions, étrangement, étaient beaucoup plus faciles avec les anglophones… La coïncidence était trop forte, on avait observé la même chose que cet auteur et médecin :
« Votre bébé est le plus beau des mammifères » - Michel Odent, Albin Michel, pp. 8-9
réédité en 2011 sous le titre Le bébé est un mammifère, aux Éditions L'Instant Présent
Hier soir (en fait tôt ce matin), j'ai enfin pris le temps de lire un autre article très intéressant du Dr. Lévesque. Concis, clair, bien documenté et d'une TRÈS grande importance pour chaque personne: que l'on soit homme ou femme, que l'on soit parent ou pas, que l'on ait (été) allaité ou pas. On est humain et on a tous été un enfant.

Afin de nous assurer qu'il restera disponible pour le grand public, nous l'avons déposé en fichier dans Google Docs: 
https://docs.google.com/document/d/1dk_TvDZFu2dVOIMJ5YG97e14irJMPo35VcJYwiIkr40/edit
Janvier 2000
Photo prise par le grand frère ;-)
À lire absolument ! 
Et surtout, à se rappeler quand on fait un choix de vie, peu importe lequel et peu importe à quel sujet, particulièrement si ça touche de près ou de loin un enfant… car, je répète, on a tous été un enfant !
Edith

jeudi 5 avril 2012

Comment on apprend à lire - vivre le unschooling

Une des questions qui revient le plus souvent quand on vit le unschooling, c'est sûrement: comment on apprend à lire ?

Réponse courte, par l'un de nos enfants:
« Où que l'on pose notre regard, il y a toujours quelque chose d'écrit dans notre langue. Il est impossible pour quelqu'un qui vit dans un tel environnement de ne pas apprendre à lire. C'est au moment où on cesse d'y penser et de vouloir que notre enfant apprenne qu'on se rend compte qu'il sait lire. C'est à ce moment-là qu'il le laisse transparaître, qu'il le montre. »
Le unschooling, c'est choisir comme priorité notre relation avec notre enfant. Ce n'est pas une méthode d'enseignement. C'est un mode de vie.


Posons-nous des questions
Si vous vous demandez comment on peut apprendre à lire en vivant le unschooling, vivez votre questionnement. Posez-vous des questions:
  • Que signifie, pour vous, apprendre ?
  • Que signifie, pour vous, enseigner ?
  • La lecture, pour vous, est-elle dans une catégorie à part ?
Par exemple, vous pourriez comparer l'action de lire avec celle d'observer, écouter, planter, chanter, nager, etc. 
  • Si oui, alors demandez-vous pourquoi. 
  • D'où vous vient cette idée ? Ou de qui ? Ou de quand ?
  • Selon vous, apprendre peut-il être forcé ? Ou obligatoire ?
  • Apprendre à lire à tel ou tel âge peut-il être tellement « indispensable » qu'il faudrait, selon vous, l'imposer ?
  • À qui ? Pour qui ? Pourquoi*?
* Pourquoi signifie deux questions différentes: 
  • a) avec quelle motivation, questionne le "avant", la pensée sous-jacente;
  • b) pour quoi faire, questionne le "après", le but.
« On ne peut imposer quelque chose à quelqu'un, même subtilement, surtout insidieusement, sans briser la relation... et c'est là l'essentiel du unschooling. »

La lecture, une chose naturelle
Je me rappelle en juin 2000, Stéphane a assisté à un atelier sur la lecture, par un monsieur Nadon (j'ai oublié son prénom), qui avait dit quelque chose comme: « Procurez à votre enfant une carte de bibliothèque. Et lisez ce qu'il aime, ce qu'il choisit. » En tout cas, c'est le résumé que m'en avait fait mon cher mari. C'était tout simple et c'était, surtout, quelque chose qu'on faisait déjà. On avait chacun une carte de bibliothèque, et on lisait toutes sortes de choses, tout naturellement, au quotidien. Nos enfants ne pouvaient pas ne pas avoir vu.


Comment ça s'est passé chez nous ? Back to the... past!
Back to the Future, deux passions en une.
Il y a longtemps, notre tout petit garçon avait une passion pour les voitures et les plaques minéralogiques. Chaque fois qu'il en voyait une, il nous demandait ce qui était écrit dessus et mémorisait probablement, petit à petit, les lettres et chiffres qu'il pouvait aussi retrouver un peu partout autour de lui, chez nous et ailleurs. C'était amusant. Ça nous demandait parfois de l'accompagner de longs moments dans les stationnements car il voulait qu'on lui lise chaque plaque de notre voiture jusqu'à la dernière voiture avant la porte de l'endroit où on entrait et pareil au retour, de l'autre côté de l'allée, mais c'était OK pour nous. Et comme nous l'accompagnions de bon cœur à chaque fois, il acceptait facilement de n'en lire qu'une ou deux, ou même aucune parfois lorsque nous étions pressés par le temps, parce qu'il savait qu'il pouvait nous faire confiance et que la prochaine fois, on allait en lire plusieurs à nouveau. Nous nous rappellerons toujours ce soir de juillet, dans l'immense parking des Chutes Montmorency, après le spectacle des Grands Feux Loto-Québec... ! ;-)

Premières syllabes
Peu après cet épisode, c'était peut-être l'année suivante, notre petit garçon était à la station d'essence avec son papa. Après avoir fait le plein, alors que Stéphane remettait le pistolet en place, petit garçon a demandé s'il voulait un reçu. Papa lui a demandé de quoi il parlait. Fils a répondu que s'il voulait un reçu, il n'avait qu'à appuyer sur le bouton, là, devant lui. Stéphane, surpris, lui a demandé comment il savait qu'on pouvait avoir un reçu en appuyant sur ce bouton. Notre petit garçon a répondu que c'était écrit « reçu ».

C'est comme ça que le papa a appris que son fils savait lire des mots simples. Il est rentré à la maison tout content de me raconter ça... comme si je ne le savais pas déjà ! :-) Le papa était surpris car il ne savait pas que son fils savait lire.  
(peut-être aussi surpris que Joseph Pagnol, lorsque le petit Marcel s'est mis à lire à un âge où il ne "devait" pas savoir... et alors Augustine, la maman, a caché les livres car c'était dangereux de lire à cet âge, disait-elle, ça allait lui donner mal à la tête...)

Comment saurais-je s'il sait lire ? ou ce qui se passe dans SA tête
Nous avons toujours lu avec, devant et/ou pour nos enfants depuis qu'ils sont bébés. Si j'essaie de bien saisir comment et quand ils ont appris, c'est quasi-impossible car ça se passait dans leur tête à eux. Ce dont je me rappelle bien, en revanche, c'est ce moment où ils ont lu à voix haute quelque chose devant moi. Je me souviens ce jour où j'ai trouvé notre fils, crampé de rire dans la chambre à l'étage... Je suis montée tout doucement et me suis arrêtée sur le pas de la porte: il était assis au sol, accoudé sur le matelas où il avait posé un livre emprunté à la bibliothèque. Il avait le visage tout rouge, il riait, il riait ! J'entends encore son rire contagieux.  Il a levé les yeux et m'a dit que l'histoire était drôle. Il lisait. Et oui, il lisait, seul, et je savais qu'il comprenait ce qu'il lisait puisqu'il trouvait ça drôle! Pépé, Flox et le facteur. Je n'oublierai jamais le titre et le moment.
C'est comme ça que moi, j'ai appris que notre fils savait lire.

Une carte de bibliothèque ... ou le monde ?
Bien sûr, la carte de bibliothèque a été un outil intéressant, tout comme les dépliants publicitaires, les mots sur les affiches sur la route, les cartes de souhaits, le Magna Doodle, les listes d'épicerie, internet, les jeux vidéos, en somme le monde autour d'eux, et nous en relation avec ce monde. 

La relation, la confiance, une attitude
Pour chaque questionnement que nous avons eu par rapport à l'apprentissage, nous avons toujours amélioré notre relation avec notre enfant et notre bien-être à tous lorsque nous avons suivi notre cœur, notre instinct, plutôt qu'un livre, ou une méthode. En choisissant la confiance plutôt que la méfiance et la peur aussi, même lorsque ça nous semblait difficile. Alors, nous prenions le point de vue de notre enfant plutôt que celui des adultes autour de nous. Le regard de l'enfant, son attitude, son corps tout entier, réponds à ce qu'on fait, à ce qu'on vit. Il suffit d'observer, d'être présent. Suivre une méthode pour enseigner la lecture à nos enfants nous a été non seulement inutile mais nous aurait paru tout à fait incongru et inapproprié. 

« Écoute ton cœur et ton enfant, pas tes peurs et les gens autour de toi. »
~ Édith

mardi 3 avril 2012

Quand est-ce qu'ils vont apprendre à lire - Dr. Alan Thomas

L'article suivant a été publié sur le site web Les enfants d'abord: http://www.lesenfantsdabord.org/pages/lire.php
Dr. Alan Thomas, chercheur à l'Université de Londres, Institute of Education, a interviewé cent familles anglaises et australiennes instruisant leurs enfants à la maison. Il a publié les résultats de son étude dans le livre, Educating Children at Home, ed. Cassell, Londres, 1998.

Au cours de sa recherche, il a constaté que beaucoup d'enfants éduqués à la maison ont commencé à lire tard. Voici un extrait de ses observations à ce sujet :

« Un résultat complètement inattendu (de l'étude) était le nombre d'enfants qui commençaient à lire " tardivement ", aussi tard que 10 ou 11 ans. Il était encore plus étonnant de constater que le fait de lire tard n'avait, autant qu'il est possible de le vérifier, aucun effet adverse sur le développement intellectuel, l'équilibre, ou l'acquisition ultérieure d'une lecture efficace. En général, ces lecteurs " tardifs " rattrapaient très vite et dépassaient le niveau de lecture correspondant à leur âge et, comme d'autres enfants éduqués à la maison, aimaient lire.

J'étais étonné de trouver des enfants qui lisaient tard, m'attendant plutôt à ce que ces enfants soient en avance, tout simplement à cause de l'attention individuelle dont ils bénéficiaient. Sur 100 familles faisant l'objet de l'étude, 19 enfants (12 garçons et 7 filles) pourraient être décrits comme des lecteurs " tardifs " sur 105 qui n'avaient jamais été à l'école et qui étaient âgés d'au moins 8 ans au moment de l'entretien. On peut conclure que l'acquisition tardive de la lecture est un aspect particulier de l'instruction à la maison, du moins pour les enfants n'ayant jamais fréquenté l'école.

L'expérience de ces enfants remet en cause la croyance générale qu'un enfant devrait lire au plus tard à 7 ans. Mais pourquoi exige-t-on qu'un enfant doit lire à 7 ans ? Tout simplement parce que l'organisation de l'enseignement à l'école en dépend. A partir de 7 ans, la plupart des activités de la classe sont basées sur la lecture et l'écrit. Il n'y a pas, par contre, une justification théorique pour cette pratique.

Les disciples de la philosophie Steiner pourraient prétendre que le manque d'intérêt pour la lecture de la part de certains enfants avant 7 ans justifie leur pratique de ne pas démarrer l'apprentissage de la lecture avant cet âge. Mais cette prétention n'est pas fondée non plus. Beaucoup d'enfants sont heureux d'apprendre à lire avant cet âge, certains apprennent même tout seuls.

Les enfants à l'école qui ne parviennent pas à lire à l'âge prescrit de 7 ans font l'objet d'une pression de la part des parents et enseignants, et sont peut-être rejetés aussi par d'autres enfants parce qu'ils sont montrés du doigt comme ayant besoin d'une attention particulière. C'est peut-être à cause de ce sentiment d'échec de la part de l'école qu'il est facile de trouver un " problème " à l'enfant, d'attribuer le manque de progression en lecture à des dysfonctionnements divers tels que la dyslexie, un déficit d'attention (" attention deficit order "), un déficit dans l'assimilation de l'information, et d'autres difficultés d'apprentissage, ce qui ne fait qu'exagérer l'existence réelle de ces problèmes au sein de la population scolaire.

Une conséquence plus générale et insidieuse de cette préoccupation intense qu'a l'école d'enseigner la lecture est que beaucoup d'enfants se résignent à acquérir péniblement les bases de la lecture, sans y prendre plaisir, et donc ne parviennent jamais à lire avec bonheur.

Pourquoi est-ce que les enfants instruits à domicile n'apprennent pas à lire plus tôt ? Manque d'intérêt et de motivation, intérêt pour autre chose, le fait de trouver cela difficile et ennuyeux. Peut-être parce que la lecture n'a aucune importance immédiate pour eux. Si, par exemple, ils sont intéressés par des maths, le dessin, le bricolage, le jeu, les conversations avec d'autres membres de la famille, peut-être qu'ils ne ressentent pas le besoin de lire, particulièrement si les parents sont disponibles pour lire toutes les histoires qu'ils veulent et pour répondre à toutes leurs questions. Quelles que soient les raisons, l'acquisition de la lecture n'a pas la même urgence à la maison qu'à l'école, du moins pour ces enfants
Ce que ces enfants éduqués à la maison nous apprennent ici est que l'âge auquel ils commencent à lire, dans certaines limites, n'est peut-être pas important. S'ils ont la capacité de traiter et assimiler des informations, capacité nécessaire à l'acquisition de la lecture, nous ne devrions pas trop nous préoccuper du moment où ils apprennent à lire.» ~Alan Thomas

Le site du Dr. Alan Thomas, chercheur rattaché à l'Université de Londres: http://www.howchildrenlearnathome.co.uk/

dimanche 1 avril 2012

Alan Thomas sur l'apprentissage informel - unschooling

Source : http://laia.asso.free.fr/plumath.html
Extrait de Les Plumes de LAIA  n°13,  octobre 2009
Alan Thomas
Une interview exclusive

Alan Thomas est chercheur. Depuis une vingtaine d'années, il poursuit des  recherches sur la façon dont les enfants apprennent, ce qui l'a amené à s'intéresser à l'instruction à domicile et plus particulièrement aux apprentissages informels ou auto-gérés. Il a travaillé en Angleterre, en Espagne, en Hollande et en Australie. Depuis 12 ans, il travaille à l'Institute of Education, Université de Londres.

Vous étudiez la façon dont les enfants apprennent depuis de nombreuses années maintenant. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?
Alan Thomas :
Premièrement, c’est le fait que les enfants peuvent apprendre, de manière informelle, au moins autant que ce qu’ils auraient appris s’ils avaient été à l’école, et ce sans toute la structure que les éducateurs professionnels croient essentielle.
Ceci est vrai jusqu’à l’âge auquel les enfants peuvent avoir besoin d’étudier de façon formelle pour un examen. Deuxièmement, c’est la façon dont ils apprennent. Quand ils sont bébés ou bambins, ils apprennent de manière informelle. L’apprentissage de la langue est un excellent exemple. Il n’y a aucune raison de changer de pédagogie lorsque l’enfant atteint l’âge de l’école. C’est simplement une continuation de ce qui a été fait jusque-là. Troisièmement, bien que les parents soient importants, les enfants sont les architectes de leurs propres apprentissages. Quatrièmement, c’est le très large éventail d’approches possibles qu’il existe dans l’instruction en famille, du très formel au très informel. Enfin, c’est le fait qu’apprendre à lire « tard », après l’âge de 7 ans, est très commun et finalement peu important.

Les bambins apprennent en alternant des périodes de progrès et des périodes de régressions. Est-ce que l’apprentissage intellectuel présente le même schéma ou est-ce un apprentissage plus linéaire ?
A. T. :
Je n’ai pas étudié cela dans les détails, mais de façon générale je dirais oui, absolument. J’ai en mémoire une enfant qui a appris de façon informelle de 7 ans à 11 ans. J’ai été très surpris d’observer la façon dont ses apprentissages progressaient. Il y avait très certainement des périodes de progrès et des périodes de régressions qu’il m’a été presque impossible d’expliquer. C’était assurément non linéaire. Elle apprenait très  vite dans les domaines qui étaient importants pour elle, comme compter l’argent ou lire l’heure en fonction des programmes TV. A l’âge de 11 ans, elle avait couvert une grande partie de ce que l’on enseigne aux enfants à l’école. [...]

Nous avons pris connaissance des recommandations de M. Badman en vue d’une nouvelle législation sur l’instruction en famille en Grande-Bretagne pour, entre autres, garantir que les enfants reçoivent une bonne instruction. Pensez-vous que rendre obligatoire pour les parents de présenter chaque année un programme prévisionnel approuvé pour les 12 mois à venir soit à encourager ?
A.T. :
Non, je ne pense pas que cela doive être obligatoire. Si cela devait l’être, alors les apprentissages informels ou autonomes deviendraient impossibles. Si cela arrive, alors le monde serait privé de connaissances sur les façons de s’instruire qui sont très différentes des pratiques scolaires établies. Et il y a maintenant énormément de familles dans de nombreux pays qui ont démontré le succès de cette approche éducative. De plus, en Angleterre et au Pays de Galles, la loi est claire sur le fait que le parent est responsable de l’instruction de son enfant, que ce soit à l’école ou « autrement ». Le parent assume le rôle du professionnel éducatif et donc il devrait être libre de décider des options pédagogiques.

Que pensez-vous que puisse être l’impact d’un contrôle annuel des progrès de l’enfant sur la façon dont il apprend (ou est instruit) au cours de l’année ?
A.T. :
La seule raison d’être de ce contrôle est de comparer avec l’école. Cela n’a pas de sens dans le cadre de l’apprentissage informel parce que les enfants apprennent à leur propre rythme et ce qui les intéresse. Bien sûr, certains parents peuvent vouloir savoir où se situe leur enfant par rapport à l’école. Dans ce cas, ils peuvent facilement le découvrir par eux-mêmes sans être contrôlés.

Que pensez-vous qu’il serait utile de mettre en place pour s’assurer que chaque enfant reçoit l’instruction à laquelle il a droit et qui, dans le même temps, n’irait pas à l’encontre des apprentissages autonomes ?
A.T. :
J’ai assisté aux conférences organisées dans les Landes l’an passé (ndt : lors de la rencontre annuelle de l’association Les Enfants D’Abord), et quelqu’un a dit qu’un inspecteur lui avait demandé dès le mois de septembre le programme qu’elle allait suivre pour l’année à venir. Elle lui a répondu : « Si vous venez en juin, je pourrai vous le donner ». Cela résume très bien le problème. Et c’est une chose que les inspecteurs, enfermés dans une perspective scolaire, ont beaucoup de mal à admettre. Finalement, tout ce qu’on peut leur dire, c’est qu’ils doivent comprendre une approche très différente, approche suivie par de nombreux parents dans de nombreux pays du monde entier, et qu’ils sont suffisamment nombreux à avoir intégré l’enseignement supérieur ou la vie professionnelle pour maintenant savoir que ce mode éducatif est efficace. [...]
C’est surprenant tous les sujets de conversation et tous les centres d’intérêts qu’un enfant peut avoir sur une courte période de temps. Une quantité énorme d’apprentissages a lieu. Cela n’a pas d’importance que ce ne soit pas planifié ou séquencé comme ça l’est à l’école. Presque tous les apprentissages de l’enfance se font ainsi.
Il est évident que tous les parents veulent que leurs enfants acquièrent les connaissances que les enfants apprennent à l’école et il est évident qu’ils font en sorte que leurs enfants aient l’opportunité d’acquérir ce savoir en proposant un matériel approprié à la maison ainsi que des expériences en dehors de la maison. [...]
Un problème particulier pour les inspecteurs est l’apprentissage de la lecture. [...] Tout ce que je peux dire, c’est que dans ma recherche je me suis aperçu que de nombreux enfants ne savent pas lire entre 8 ans et 10 ans ou plus, puis ils apprennent rapidement et ont un niveau de lecture qui dépasse largement celui de leurs pairs scolarisés.
En conclusion, ce qui est certain, c’est que le chemin des apprentissages autonomes ou informels est un chemin basé sur une philosophie très différente, mais de plus en plus fréquente et connue pour être efficace. [...] 

Comment la créativité des parents qui instruisent leurs enfants pourrait-elle influencer l’école de demain ?
A.T. :
C’est une question difficile. Ironiquement, de nombreux professionnels de l’enseignement veulent que les enfants scolarisés fassent l’expérience des valeurs qui sont importantes pour les parents homeschoolers : apprendre à son propre rythme, suivre ses intérêts, apprendre dans la vraie vie et non à l’intérieur d’un bâtiment coupé du monde, avoir des relations sociales avec des enfants de tous âges. En particulier, les enfants instruits en famille, et plus spécialement ceux qui appre
nnent de façon autonome, sont responsables de leurs propres apprentissages, une chose que les enseignants veulent mais n’obtiennent généralement pas. [...] Par-dessus tout peut-être, c’est que l’enfant instruit à la maison reçoit une attention personnalisée de la part de ses parents quelle que soit l’approche éducative choisie. L’enseignement personnalisé est devenu l’expression à la mode au Royaume-Uni. Mais personne n’a dit comment cela peut être fait à l’école.
Karine Povert
Interview et traduction
Note : extraits surlignés par J'OSE la vie !

Le site internet du Dr. Alan Thomas et Harriet Pattison :
http://www.howchildrenlearnathome.co.uk

Bibliographie :
En français : 
Ce que les parents qui instruisent à la maison peuvent enseigner au monde sur la nature de l’apprentissage
, de A. Thomas, dans Apprentissage auto-géré et instruction à la maison : une perspective européenne, Educational Heretics Press, 2006, ISBN 190021931X
En anglais :
How children learn at home, de A. Thomas et H. Pattison, Continuum International Publishing Group, 2008
Educating your child at home, de J. Lowe et A. Thomas, Continuum International Publishing Group, 2002
Informal Learning, de A. Thomas, dans Primary Teaching Assistants: Learners and Learning, de F. Hancock et J. Collins, Open University Press, 2005
Prevalence of home education in England : a feasibility study, de A. Petrie, G. Windrass et A. Thomas, DFES Research Report, 1998
Educating children at home, de A. Thomas, Cassell, 1998 (lire un extrait en français)
Individualised Teaching, de A. Thomas, dans Oxford Review of Education, 1992
Conversational Learning, de A. Thomas, dans Oxford Review of Education, 1994