mardi 15 octobre 2013

Le petit guide du unschooling au Québec (partie 1) - mes commentaires

Une maman (zen) a publié, ici, la première partie d'un article sur la non-scolarisation, présentant l'historique de l'école publique et obligatoire telle qu'on la connaît aujourd'hui, ainsi que certaines alternatives, dont le unschooling.


Suite à cette lecture, j'ai envie de partager avec vous mes observations et réflexions. 


Un commentaire laissé sur la page de l'article m'a donné l'opportunité de partager un peu notre vécu, préciser et clarifier certaines données, afin que nos concitoyens québécois soient mieux informés, ou, s'ils le désirent, qu'ils se permettent de prendre le temps d'observer et d'en apprendre plus sur cette attitude devant l'enfant, ce choix de vie, qu'est le unschooling. 


Voici donc les commentaires que j'ai publiés aussi sur la page de l'article en question.


Merci pour cet article bien documenté qui présente, du point de vue de plusieurs auteurs sur le sujet, des alternatives à l’école obligatoire, dont le 'unschooling', celui que nous avons choisi, car c’est la vie, le chemin que nous empruntions naturellement. Apprendre est impossible à éviter, et nous avons observé que dans la vie, dans le vrai monde, plutôt que dans le vase clos de l’école, c’est non seulement inévitable, mais plus joyeux !   


Personnellement, je n’ai vu nulle part dans les mots de l’auteure de cet article quoi que ce soit qui puisse donner à penser qu’elle aurait la croyance que l’école soit une conspiration. Sinon, peut-être, les citations de John T. Gatto ? Enseignant lui-même, il a vu ce qu’il a vu et l’a partagé, ainsi que ses réflexions. Chose que j’apprécie chez l’humain.


Il n’est pas le seul professionnel à avoir fait semblables observations. En faisant de la recherche sur le sujet, on en trouve plusieurs, dont certains sont cités ici, à juste titre, à commencer par John Holt, enseignant et chercheur. En français, on peut lire Jean-Pierre Lepri, qui après avoir servi l’Éducation nationale (en France) une cinquantaine d’année, docteur en éducation et sociologie, a publié chez l’Instant Présent : « La fin de l’éducation ? Commencements… ».



Et l’enthousiasmant témoignage d’André Stern: « …Et je ne suis jamais allé à l’école – Histoire d’une enfance heureuse » (Actes Sud – 2011), où à la fin, il répond à toutes ces questions que les gens nous posent, celles auxquelles nos enfants ont répondu aussi, si souvent. C’est aux pages 148-150:  « Et si tu avais voulu devenir médecin, avocat, ingénieur ou architecte? »


Cela dit, je me dis que pour qui y trouve son bonheur, l’école est toujours là. À chacun de faire le choix d’utiliser ou pas les services proposés.

En commentaire, quelqu'un exprimait que certaines réalisations seraient difficiles si l'enfant reste auprès de sa mère. 
Je reviens sur certaines parties, ci-dessous.


D’abord, sur ces ‘réalisations’:

« s’épanouir, élargir leurs horizons, socialiser avec d’autres de leur âge »

--> (J’ajouterais: et de tous âges). J’ai eu la chance d’observer, chaque jour, comme elles font partie de l’humain dès la naissance.



Et celle-ci:  
« et apprendre à fonctionner dans un cadre bien spécifique (horaire, travail, respect…) »

--> J’ai vu qu’elles s’apprennent naturellement et s’intègrent aisément dans la vie, juste du fait qu’il y a différentes structures partout, autant dans la famille, différemment selon le moment ou l’endroit où l’on vit, que partout ailleurs.



Aussi, j’ai observé, depuis une vingtaine d’années, chez nos enfants et plusieurs autres (et chez les adultes), comme toutes les connaissances et compétences sont acquises de façon toute naturelle, avec enthousiasme, lorsqu’elles viennent d’un élan spontané intérieur plutôt qu’imposées de l’extérieur. 


Quant à la partie:  
« toutes ces réalisations sont difficiles lorsque l’enfant reste auprès de sa mère.»

--> En lisant l’article, je n’ai pas vu où il serait écrit que l’enfant resterait uniquement auprès de sa mère. Je ne connais pas l’auteure de cet article mais chez nous – comme dans d’autres familles unschooling – on a choisi de ne pas confiner nos enfants dans une pièce unique, ni de leur demander de s’asseoir devant un plan de travail pour écouter, lire ou écrire, plusieurs heures chaque jour. Cependant, ils l’ont fait naturellement, quand ils ont eu envie d’apprendre ou de faire quelque chose qui se fasse mieux assis à une table ou un bureau, dedans ou dehors, ou à la bibliothèque, ou chez les grand-parents. Ils le font toujours. Nos enfants ne sont pas restés qu’à la maison, avec maman. (Ils ont un papa aussi ! ;-)

Ils sont sortis tous les jours, avec un parent la plupart du temps au début, mais sans nous aussi, en grandissant, heureux de vivre leur autonomie. Ils ont des amis, rencontrent des gens partout, comme tout le monde.


Ce questionnement (qui me semble bien normal) me fait sourire maintenant car, avec mon esprit scolarisé, il m’était arrivé, parfois, de ne plus prendre le temps d’observer. En le faisant, j’ai bien vu que ces enfants, comme tous les autres, ont des voisins de tous âges, des cousins, des tantes, des oncles, des grand-parents… déjà, ça fait pas mal de monde avec qui vivre, découvrir, et apprendre.


Et j’ai pu voir alors qu’ils vont faire les achats, et chez le dentiste, et au cinéma, au concert, au musée, aux conférences, aux rencontres du club d’astronomie (ou autre), en randonnée, aux expositions, et en voyage, comme tous les autres enfants, aussi.

Nos enfants ont eu accès à des dizaines d’adultes, chacun selon leurs intérêts, leurs champs de compétences et leurs disponibilités. Nous avons préféré cela (plutôt que le ratio scolaire d’un adulte de référence pour 15 ou 20 enfants), pour répondre à leur soif innée d’apprendre et de comprendre le monde dans lequel ils sont nés, pour les aider à trouver des réponses et à poursuivre leur réflexion et leurs recherches sur toutes ces questions qui leur venaient constamment.


(photo: J'OSE la vie ! - 2013)
Je partage ceci avec le souhait que ce bref témoignage apporte un peu d’éclairage sur une attitude parentale un peu oubliée dans notre culture québécoise actuelle, mais combien riche d’apprentissage, de relation, et de vie. 


Et je profite de l’occasion pour remercier tous les parents, amis, voisins, collègues, techniciens et professionnels rencontrés ici et là, pour leur ouverture et leurs partages. 

Merci !

Édith

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