Affichage des articles dont le libellé est the Beatles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est the Beatles. Afficher tous les articles

vendredi 9 décembre 2011

John Lennon et l'apprentissage sans école

John LENNON
peace & love
Biographie vérité d'une légende

par Gabriel MORAINE
(journaliste et sociologue, il vit à Paris et est spécialisé dans l'histoire et la culture rock)
Hachette 50 7926 4





Mes extraits préférés:

(p.23) Vers l'âge de 6 ans, en six mois [...] « il apprend à lire et à écrire. Le soir, assis sur les genoux de George, il pioche des mots au hasard dans le Liverpool Echo; cette activité fait naître en lui un amour de la presse et des journaux qui deviendra une addiction parmi quelques autres et une constante source d'inspiration.
John aime peindre et dessiner; […] crée et développe son propre monde imaginaire. […] est souvent récompensé pour ses dessins et peintures. À la place des « Maman, papa, le chat et moi devant la maison », John fait des caricatures de ses profs et de ses camarades, très distordus, mais instantanément reconnaissables, qui font autant rire les adultes que les enfants. Un jour, John dessin Jésus-Christ, barbu, les cheveux longs, autoportrait en avance de 20 ans. En sport, il se défend, notamment en course à pied et en natation. Pas tant dans les sports collectifs: il est incapable de suivre le ballon des yeux, car […] il (est myope) a besoin de lunettes dès l'âge de sept ans. Il ne s'habitue pas à les porter et les laisse de côté dès que possible [...]»

(p.28) En Angleterre, on a un examen dont on nous menace depuis l'âge de cinq ans et qui s'appelle le Eleven Plus [l'équivalent anglais du certificat d'études]. « Si tu n'as pas ton Eleven Plus, ta vie est foutue. » C'est le seul examen que j'aie jamais réussi parce que j'étais terrifié. (Quand l'examen a été terminé, le prof a dit qu'on pouvait faire ce qu'on voulait. Alors, j'ai peint.)

(p.29) D'emblée, John décide de ne pas souscrire au système éducatif de quelque façon que ce soit. Initialement, il fait partie du groupe de niveau A, celui des garçons prometteurs; mais il est rapidement rétrogradé dans le groupe B, puis dans le C.
[…] Et si Quarry Bank devient le théâtre de ses errements, John reste un lecteur assidu. Il continue également à dessiner et à faire des caricatures, marqué qu'il est par la découverte de deux illustrateurs […] pour le New Yorker [...].

(p. 30) Entre 1953 et 1955, il fait « l'école buissonnière[...], fume et souvent,[...] s'installe à sa place habituelle sur un tabouret du café Kardomah et dessine pendant des heures. Pour Mimi, ces activités artistiques ne sont que des distractions qui l'éloignent de son travail scolaire, et parfois, une surprise attend John à son retour à Mendips:
    • Je lui disais: « Ne jette surtout pas mes papiers. » Un jour, quand j'avais 14 ans, je suis rentré à la maison, elle avait fouillé dans mes affaires et balancé tous mes poèmes. Je lui ai dit: « Un jour, je serai célèbre, et tu regretteras ce que tu as fait. »

(p.32) 1955: il fait la connaissance de Len Garry,[...] ami d'un certain Paul McCartney. Le jour de leur rencontre, John montre à ses camarades un bout de papier: c'est le Daily Howl. De tout temps, il a dessiné, peint, écrit des poèmes et des nouvelles. Se projetant apprenti journaliste dès l'école primaire, il avait imaginé son propre magazine, Sport, Speed and Illustrated, dont chaque numéro s'achevait par la recommandation: Si celui-là vous a plu, revenez la semaine prochaine, ça sera encore mieux ! [...]

(pp. 34-35) 1956: John entend parler d'Elvis Presley. « … quand je l'ai entendu, ça a été la fin du monde... Je suis un fan d'Elvis parce que c'est lui qui m'a permis de quitter Liverpool. Dès que je l'ai entendu et que je l'ai aimé, ça a été tout ma vie, il n'a plus rien existé d'autre. Je ne pensais plus qu'au rock'n'roll. […]
Toujours en 1956, « les déflagrations sonores en provenance des États-Unis se multiplient Chuck Berry, Little Richard, Carl Perkins, chaque artiste, chaque disque offrent à la jeunesse anglaise des perspectives inespérées.
    • De tout ce qui se passait quand j'avais 15 ans, c'était la seule chose qui arrivait à m'atteindre, explique John […]. Le rock'n'roll était réel et tout le reste était irréel.
La suite logique fut d'apprendre à jouer de la guitare. Julia lui en commande une par correspondance. Il va à un cours, mais n'y retourne plus, le prof souhaitant lui faire apprendre le solfège. Julia va donc lui apprendre à jouer de la guitare comme on joue du banjo, en grattant accords et arpèges sur les quatre cordes les plus aigües de la guitare. […] John néglige de plus en plus son travail scolaire, ce qui lui vaut quelques réprimandes de la part de Mimi.
    • La plus belle chose que Mimi ait jamais dite, c'est: « La guitare est un chouette passe-temps, John, mais ça ne te fera pas gagner ta vie », se souvient-il. Les fans américains ont fait graver ça sur de l'acier et le lui ont envoyé. Elle l'a accroché dans la maison que je lui ai achetée; elle a ce truc en face d'elle toute la journée.

(pp 40-41)
    • Je crois que j'ai un peu pété les plombs. Je partais à la dérive. Je refusais de travailler à l'école, et quand j'ai présenté mon GCE (General Certificate of Education, le brevet élémentaire de premier cycle), j'étais déjà un cas désespéré. À l'examen blanc, j'avais eu l'anglais et l'art, mais le jour de l'examen, je n'ai même pas eu l'art, se remémore John en 1965. J'ai été déçu de ne pas avoir l'art, mais j'avais laissé tomber. Tout ce qui les intéressait, c'étaient les trucs proprets. Je n'ai jamais été propret. Je mélangeais toutes les couleurs. Une des épreuves consistait à illustrer le « voyage ». J'ai dessiné un bossu couvert de verrues. Manifestement, ça ne leur a pas plu.
John n'a pas envie de redoubler, […] (mais) cet échec le prive de l'accès au lycée de la Quarry Bank et il est obligé de quitter l'école. Pour quoi faire ? Lui-même l'ignore […]:
    • Je ne savais pas vraiment ce que je voulais devenir, à part un milliardaire excentrique. Il fallait que je sois milliardaire. […] J'ai toujours cru que j'allais devenir un peintre célèbre et que je devrais peut-être épouser une vieille dame ou un homme très riche qui s'occuperait de moi pendant que je me consacrerais à mon art. Mais le rock'n'roll est arrivé et je me suis dit: « Ah ! Ah ! Nous y voilà . » Du coup, je n'ai pas eu à épouser qui que ce soit, ni même à vivre avec.

dimanche 6 novembre 2011

Paul Mc Cartney le chanteur, le musicien, le unschooler ?

J'aime Paul McCartney. 
Je sais, vous le savez si vous suivez ce blog depuis un bout. 
J'AIME Paul McCartney et plus j'en apprends à son sujet, plus je l'aime. 

Je suis assise au soleil sur la terrasse - c'est novembre à Québec mais on a un sursis, on dirait, en souhaitant que cet hiver n'en soit pas un - et je lis cette biographie écrite par Aurélien Allin publiée chez City Editions en 2005. 

Déjà six ans ! que je me suis dit en prenant le livre sur l'étagère de la bibliothèque Gabrielle Roy que nous visitions pour la première fois ce lundi soir d'octobre. Il s'est passé bien des choses dans la vie de Paul - et la mienne, et la vôtre - depuis six ans, mais bon, j'ai décidé quand même de l'emprunter pour voir. Voir si l'écriture de Allin me plairait et voir un peu dans le passé de cet homme si... gentil, bon,... je n'alignerai pas tous les qualificatifs, ça ne servirait à rien ni à personne. Tout le monde le connaît. 

Le premier soir, calée dans mes oreillers, j'ai dévoré le prologue; six pages de mots qui, s'ils n'avaient pas été écrits à Paris, en 2003, par Allin, et imprimés dans cette brique que je tenais entre les mains, auraient été les miens, à Montréal, en 2011. Si je n'avais pas vu le livre, et qu'on m'avait fait la lecture à voix haute, comme ça, un jour, j'aurais cru me trouver à l'intérieur de moi, ou alors j'aurais pensé que quelqu'un me lisait tout haut ce que j'ai vécu et pensé moi-même. J'étais subjuguée, et ravie.

Aujourd'hui, au soleil, c'était mon tour de lire à voix haute pour Oli et Stef dehors, dans la cour, quand je me suis sentie portée par un vent qui m'a poussée dedans, un instant. En fait, si j'ai décidé d'ouvrir le portable pour écrire, c'est pour vous confier quelques secrets, quelques extraits, qui vous donneront peut-être le goût à vous aussi de mieux connaître le passé de Macca, ou celui de vos enfants, ou même plutôt le vôtre, savoir d'où vous venez et ce que vous faites de ce bagage maintenant, ce qui vous conduira peut-être (en fait, j'espère), à mieux comprendre l'humain, et l'apprentissage, et la vie, tout simplement.

Voici donc Paul, le chanteur, le musicien et son passé de unschooler... ceci expliquant cela
Extraits :
p.2 (il parle de son père):

Paul ajoute:
"Il nous disait de ne jamais en faire trop. Tu peux boire mais ne deviens pas alcoolique. Tu peux fumer, mais n'exagère pas au point d'avoir un cancer."
Des garde-fous. Si une telle éducation peut paraître bien candide, voire irresponsable aux yeux de certains parents, l'écoute et la compréhension sont peut-être une alternative intéressante à la répression.


p. 23 (il parle de sa mère):
« Elle était très gentille, très aimante. Elle nous prenait souvent sur ses genoux et nous faisait des câlins. Oui, elle était très câline et je pense que nous étions très proches. […]

pp.25-27 (parlant de 1953, année où il a eu 11 ans)
Le jeune Paul, même s'il n'a rien contre l'école, ne parvient pas à accepter l'autorité ou les directives et reste un élève moyen. Il jette un regard assez dur sur cette époque:
« Je ne supportais pas de rester à mon bureau quand tous les autres enfants jouaient dehors.
Surtout que peu d'enfants qui vivaient dans le quartier allaient à l'Institut.
[…]
McCartney supporte donc assez mal l'école mais ne reste pas pour autant oisif et imperméable au savoir. C'est ainsi en grande partie grâce à la littérature qu'il va s'éduquer, appréciant notamment lire des pièces de Tennessee Williams ou Samuel Beckett. Ce besoin de lecture le poussait même à faire quinze minutes de marche supplémentaire chaque matin pour prendre le bus à son départ et avoir ses sièges favoris sur les derniers rangs de l'impériale !

La musique déjà

Durant son enfance, c'est avant tout à travers la musique que Paul va s'ouvrir au monde. […]
Paul passe des heures allongé par terre à écouter son père jouer au piano des airs connus de l'époque[...]
Au fil des années, James s'emploie ainsi à l'éducation musicale de Paul en lui apprenant à jouer au piano des morceaux comme Stumbling ou Stairway to Paradise. Mais James se refuse à lui apprendre à jouer du piano car il considère que, pour ce faire, il faut avoir recours à un vrai professeur et apprendre le solfège. Paul prend alors une dizaine de leçons chez une vieille dame mais il ne supporte pas qu'elle lui donne du travail à faire à la maison. Son refus des directives et de l'autorité dont il a fait preuve à l'école se retrouve dans cet enseignement et Paul devient à son tour un autodidacte du piano, comme son père.

Il n'a jamais su lire ni écrire la musique. Mais loin d'en ressentir une frustration, il le vit comme une bénédiction.
« Je soupçonne vaguement que [savoir lire et écrire la musique] modifierait ma façon de faire. »

pp.30-31
Une adolescence qui va définitivement s'orienter vers la musique, lorsque le 18 juin 1956 James offre une trompette à son fils aîné pour ses quatorze ans. Achetée chez Rushworth and Draper, elle donne à Paul l'opportunité de s'identifier aux quelques trompettistes stars de l'époque […], mais rapidement ses envies musicales vont le pousser à se séparer de ce cadeau. Désireux de chanter, Paul demande à son père l'autorisation d'échanger son cadeau contre une guitare acoustique, sa toute première six cordes, une Zénith. Mais peu conscient des obligations physiques de l'instrument, Paul le gaucher acquiert une guitare pour droitier et décide donc d'en jouer... à l'envers ! Ce qui n'est qu'un petit bout de bois, objet de tous ses désirs, devient rapidement son meilleur ami et il l'emporte partout avec lui, du salon à la salle de bains en passant par les toilettes. Rapidement, il apprend à jouer la plupart des classiques de l'époque, comme Twenty Flight Rock d'Eddie Cochran, et songe tout aussi rapidement à composer ses premières chansons.

p.32
Mais pour Paul, il était impossible de savoir où cette guitare allait le mener. À force de s'entraîner, il commence à maîtriser pas mal d'accords, tous appris en autodidacte, et assouvit sa passion du rock'n'roll en reproduisant les standards. Peu à peu son jeu s'affirme. Il se procure une Rosati Lucky Seven qui avait la particularité handicapante de ne posséder que deux cordes:
« Quand j'en jouais, cela ne produisait pas des sons très mélodieux ! », rigole Paul.
C'est ainsi qu'en cette quatorzième année de sa vie, Paul McCartney écrit sa première chanson, I Lost My Little Girl.
[…]
L'influence de son père et le décès de sa mère ne firent qu'amplifier la part prise par la musique dans la vie de Paul, jusqu'à en devenir une obsession. Mais sans certains hasards et rencontres, son nom pourrait encore aujourd'hui être inconnu.

p.36
Peu à peu, il devient évident que Paul ne pourra se détacher de la musique, et même si son père n'imagine pas pour son fils une carrière de musicien, c'est pourtant Jim qui va en partie sceller le destin de Paul. Peu avant de lui offrir sa trompette, Jim avait ainsi inscrit ses fils à des leçons de piano, qui ne furent pas concluantes. Paul et Michael ne supportant pas de voir leurs copains jouer dehors tout l'été pendant qu'ils galéraient sur le clavier noir et blanc. Malgré ce premier échec, Jim poussa Paul à rejoindre le choeur de la cathédrale de Liverpool, mais celui-ci fit volontairement échouer l'audition en chantant faux !*
Il rejoignit le choeur de St Chad, à Penny Lane, et le quitta rapidement en faisant à nouveau jouer son refus constant de l'autorité dès lors que l'on toucherait à sa passion. […] Jim voit son fils lui échapper et tenter de ressembler aux Teddy boys de l'époque, ces jeunes loubards datés fifties qui s'apparenteraient en France aux blousons noirs. Mais malgré cette différence de vue, Paul ne tarif pas d'éloges sur l'apport immense de son père:
« Mon père avait énormément de musique en lui. Il nous a appris ce qu'étaient les harmonies, pas le concept ou des choses compliquées, mais il nous disait: "Cet air est l'harmonie de cet air." C'est comme ça que j'ai vite appris à chanter les harmonies, ce qui est ensuite devenu un de mes grands rôles au sein des Beatles.»
Au-delà de cet apprentissage des bases de la musique, Jim ouvre également les yeux de son fils sur l'importance de la basse. Fortement influencé par son propre père, Joe, qui en jouait dans une fanfare, Jim ne manque jamais de faire entendre cet instrument dans les chansons.
« On écoutait la radio et il me disait: "Tu entends ça ? Dum dum dum ? Ça s'appelle la basse." Il nous emmenait aussi voir des fanfares et on adorait ça. [...] »

p.38 (le 6 juillet 1957 - première rencontre avec Lennon)
Ce que McCartney ne peut pas encore savoir, c'est qu'il partage avec Lennon quelque chose qui deviendra un catalyseur immense pour leur future collaboration. Lennon affirme ainsi: 
« Je crois que j'ai pris un cours de guitare. Mais ça ressemblait tellement à l'école que j'ai abandonné. »
Autodidactes et réfractaires à l'autorité, ces deux-là semblent sortis du même moule.

pp.44-45
En cette année 1958, Paul, seize ans, bien décidé à renforcer ses talents et ses compétences musicales, décide de prendre à nouveau des leçons de piano, avec le soutien de son père. Évitant cette fois-ci la vieille dame "qui sent mauvais", Paul se décide pour un jeune professeur de dix-neuf ans.
« Il a essayé de me faire réapprendre les bases, mais à l'époque je commençais à composer mes propres chansons au piano. [...] J'avais déjà écrit la mélodie de When I'm Sixty Four (une chanson qui sera présente sur l'album Sergeant Pepper en 1967, nda), alors il m'était difficile de supporter ces leçons où je retournais au début. »
source : wikipédia
Une fois encore, Paul abandonne les leçons et préfère rester un autodidacte, comme son père. Avec John Lennon à ses côtés, ce choix se révèle pertinent.
[...]
Le duo se met alors en tête d'écrire ses propres chansons et donne ainsi naissance à ce qui allait devenir l'une des collaborations les plus connues et les plus prolifiques de l'histoire. Les deux copains sont encouragés en cela par leur indéfectible et commune quête de découverte et d'apprentissage de la musique. Paul apprend à John comment accorder une guitare, puis dès les premières semaines de leur amitié, ils arpentent Liverpool pour découvrir de nouveaux disques ou apprendre de nouveaux accords. McCartney a ainsi raconté qu'ils avaient traversé toute la ville pour rencontrer un garçon qui, leur avait-on dit, connaissait la si 7...

Et bien, si ça ressemble pas à de l'apprentissage informel, ça !
La prochaine fois, je vous raconte un peu John Lennon, tiens. ;-)

Edith

lundi 1 août 2011

Soyez là où est votre enfant et "Here today"

Be where your child is
Traduction: J'OSE la vie !
« Pour que l'apprentissage autonome (unschooling) fonctionne, il suffit pour les parents d'arrêter de regarder vers l'avenir et de vivre davantage en ce moment avec leur enfant. Être avec un enfant c'est être là où l'enfant est, émotionnellement, spirituellement, physiquement, musicalement et artistiquement. Voir où l'enfant est plutôt qu'un millier ou ne serait-ce qu'une douzaine d'endroits où il/elle n'est pas. » ~Sandra Dodd

***
Sur la porte St-Louis (J'OSE la vie !)
Le moment présent
Ces mots, je dois me les rappeler à chaque instant de ma vie. Le fait que j'ai été éduquée pour l'avenir a fait de moi une personne qui ai rarement profité de l'instant présent car toutes mes pensées et mes actions devaient être tournées vers un improbable futur. Pourtant, qui sait ce que sera demain ?

Ce faisant, je devenais une mère qui agissait de la même façon, pensant à (leur ?) l'avenir plutôt que de vivre avec nos enfants, où ils étaient eux, à chaque instant. 


Ce modèle est si présent dans notre culture, et pourtant, il est combien inefficace et infructueux. Quand on vit ainsi, un puissant sentiment d'impuissance nous envahit parfois car nous savons que nous n'avons pas le pouvoir d'influer sur le cours des événements... ou si peu, et sans aucune certitude. 

Il est tellement important d'y mettre fin pour vraiment profiter de la vie, ce que je fais de plus en plus depuis que j'ai choisi de vivre AVEC nos enfants. Sandra, merci encore d'avoir mis en mots ce conseil simple et essentielJe vis ma vie en étant là où mes enfants sont, et c'est merveilleux !

***
Le lien avec Macca
Chaque fois que j'ai regardé mes enfants avec le regard perdu vers un possible avenir pour eux, pour moi, pour nous, j'ai manqué le meilleur de ce moment, et je leur ai fait perdre un précieux moment de la leur. Pourtant, je sais bien que "leur vie est aussi importante pour eux que la mienne l'est pour moi."

Je termine donc ce court billet en musique en vous laissant sur cet émouvant moment du spectacle de mercredi dernier où Sir Paul dit aux gens de ne pas attendre, de ne pas remettre à plus tard pour dire « je t'aime », car un jour, il sera trop tard. Il parlait spécialement de John Lennon à ce moment, en présentant la chanson Here today qu'il a écrite en pensant à lui, et à cette conversation qu'ils n'ont jamais eue. 

Allons… allons dire je t'aime !
Édith


jeudi 28 juillet 2011

En amour avec - in love with Paul McCartney - On the Run - Montréal 2011

Minuit et demi, nous rentrons tout juste du concert On the Run au Centre Bell. C'était extraordinaire-fantastique-merveilleux-fabuleux-épatant-phénoménal-admirable-prodigieux (je sais, je suis une fan finie de Sir Paul mais, ça, vous le saviez, je l'ai dit souvent). Un rêve enfin réalisé : WOW puissance un million !

L'accueil
Il entre sur scène et l'accueil est triomphal. Un accueil mérité, rempli d'amour, comme ses chansons. Avec sa veste rouge - my Canadian jacket, dira-t-il à un moment de la soirée, en le retirant tout en précisant qu'il n'enlèvera rien d'autre - il est si beau. Beau en dehors comme en dedans. Sa beauté transparaît et nous touche directement au cœur. Connexion.

McCartney, l'humain
Paul McCartney, le chanteur, l'auteur, le pianiste, le guitariste génial, et le chic type, l'humain si... humain, si gentil, plein d'amour. Et ça se sent, ça se voit, ça s'entend! 

À un moment, l'homme assis juste derrière nous lui a crié "Paul, we love you" et Paul lui a répondu. Vraiment. Après les trois premières chansons, les applaudissements ne cessent pas, avec son sourire et l'attitude authentique qu'on lui connaît, il prend une brève pause et annonce:  
"You're hot ! ... I'm gonna take a moment... to drink it all!".
C'est vraiment cool de voir à quel point il est avec la foule, il a une présence inouïe sur scène. Incroyable et combien appréciée. On se sent aimé. Il a eu je ne sais combien d'ovations debout, presqu'à chaque chanson, c'est dire combien les gens l'aiment. Et il le mérite bien. En tout cas, moi, j'ai passé ces trois heures debout beaucoup plus souvent qu'assise et j'ai chanté, crié, dansé et applaudi à m'en brûler les mains.... mais sûrement pas plus que mon cœur. Voir la foule, vivre ce moment magique où on fait partie de ces milliers de personnes qui chantent toutes ensemble l'amour, la vie, la paix, c'est si puissant que mes mots ne peuvent l'exprimer.
Sir Paul passe des messages importants dans les paroles (Let it be, Live and let die, All my loving...) et par les images aussi - sur écrans géants - comme pendant «Everybody's gonna dance tonight», pendant laquelle défile un diaporama sur différents animaux qui semblent avoir fait partie de sa vie. Des photos personnelles de toute évidence, dont celle si touchante d'un mouton avec un chat dans une cuisine. Ou celle, amusante, d'un chat dans un lave-vaisselle. 

McCartney, le végé
Quand on connaît Paul McCartney depuis longtemps, on sait qu'il est végé. Depuis plusieurs années. Ce message de respect et d'amour pour les animaux, ça aussi, c'était évident ce soir-là. Ça m'a réchauffé le cœur d'autant plus que sur la route en direction de Montréal, cet après-midi, alors qu'il faisait 29 degrés, qu'on était pris dans un embouteillage depuis près de 30 minutes et qu'on venait de décider de fermer les fenêtres pour mettre le climatiseur en marche, un gros camion de transport nous a côtoyé un moment sur la route, empli d'êtres vivants entassés, cherchant à mettre le nez près des fentes pour avoir un peu d'air. De pauvres cochons. Non, pas les petits cochons roses tout mignons des contes pour enfants, pas cette fois. De vrais animaux. Vivants... je veux dire encore vivants... pour un moment. Pas d'air climatisé pour eux, pas de chambre d'hôtel à Montréal ce soir, pas de concert avec Paul, pas de musique et de mots d'amour, presque pas d'air à respirer en cette fin de journée, et une odeur d'excréments qui se répand partout. Ces pauvres cochons, ce qui les attend, tout le monde le sait, c'est la mort violente après une vie de souffrances. C'est l'abattoir... mais peu y pensent encore lorsqu'il y a du bacon au petit déjeuner ou du jambon dans leur sandwich du midi... :-( Nous avons tous trouvé ce moment de vie très dur à passer.

McCartney et son public
Paul McCartney aime. Il aime pour vrai. Il aime tellement qu'il a donné un show à tomber par terre et il tenait encore debout et il est revenu pour deux rappels pour faire rocker les fans qui ne voulaient plus s'asseoir depuis longtemps. Au second rappel, avec son charme habituel, il fait monter sur scène deux dames qui avaient des affiches. Il avait pourtant raconté plus tôt qu'afin de se rappeler les paroles et les accords, il se répète toujours en show : "don't read the signs, don't read the signs".  Mais, comme toujours, il a pris un moment pour les lire et il y est revenu à la toute fin avec les suivantes :

- "I just turned 50, please sign my suit". La dame avait un costume bleu magnifique et Paul a signé son nom sur son cœur avant de l'embrasser. Je suis sûre qu'elle se rappellera toujours ses 50 ans.

- "Your smaller fan is in my belly, please sign it and we'll call him Paul". McCartney a comblé de joie la souriante dame au ventre bien rond en signant sur son chandail, il a caressé le petit à naître et l'a embrassé sous les applaudissements et les cris d'allégresse de la foule ! Je suis certaine que nous entendrons à nouveau parler du petit Paul sous peu, et probablement bien souvent par la suite.

La sortie
Avant de terminer, il a demandé qu'on le laisse rentrer dormir, et manger un peu, et nous a conseillé de le faire aussi malgré les NO retentissants dans les estrades. Dès sa dernière sortie de scène, des canons ont fait jaillir des milliers de petites brindilles de papier rouge et blanc. C'était féérique ! Chacun regardait le nuage se disperser et tentait d'en attraper un... Maigre souvenir, on en convient, mais quand on vient de vivre un tel moment, on ne voit pas les choses comme ça, je vous assure. Stef en a attrapé un pour moi et j'en ai trouvé un autre qui venait de se poser sur le sol. J'ai donc mes deux petites brindilles de papier en souvenir. Et un t-shirt, rouge lui aussi, et une épinglette de collection en forme de guitare, lumineuse en plus. Oui, en plus d'être une fan finie, je suis complètement gaga des fois. Mais, je me soigne.
Trois heures de show avec Paul, c'est toute une thérapie. Que je souhaite à tout le monde d'ailleurs. C'est tellement plus cool et ça revient moins cher de l'heure qu'avec un psy.
Je mettrai des vidéos ici dès que je serai de retour et que j'en trouverai sur youtube... je suis certaine que plusieurs s'en donneront à cœur joie pour y partager leur bonheur. Sur ce, je vais me mettre au lit (vêtue de mon t-shirt - rose celui-là - du concert 2008 au 400è de Québec). Les gars dorment déjà - ou enfin, selon le cas - la fenêtre ouverte, car il faut chaud cette nuit à Mtl.
She loves you, yeah, yeah, yeah !
Yes, I love you, Paul McCartney.
Edith

mardi 26 juillet 2011

Tout mon amour - All my loving

Il n'est jamais trop tard, dit-on souvent... cette fois en tout cas, c'est vrai pour moi. 3 ans plus tard et près de 300 km en amont, dans quelques heures, je vais y être et chanter avec lui. Lui, c'est Sir Paul, le chanteur des Beatles, que je découvrais il y a plus de 30 ans, en vacances chez ma tante Isabelle, en écoutant l'album rouge avec lequel j'apprenais l'anglais en chantant les paroles imprimées à l'intérieur de la pochette du 33 tours.
Tout mon amour - All my loving - pour vous tous, mes fils J et O, mon mari Stef, et avec une pensée toute particulière pour mon petit frère et mes parents. Ce soir, je pense à vous en chantant avec Paul... les écouteurs sur les oreilles car y'en a qui font dodo !!!

Edith

dimanche 10 juillet 2011

Don't let the moon go down on Elton John - à Québec

Photo: Festival d'été de Québec
Elton John a charmé tous les gens présents sur les Plaines d'Abraham hier soir. "Amazing night!" a-t-il déclaré à un moment, suivi de "Merci Québec, God bless you!"

J'aurais voulu intituler ce post: "Mon mari a dormi avec Elton John hier soir", ça aurait été plus drôle (hi hi ) ... mais il ne dormait pas vraiment. Il relaxait, bercé par la voix et la musique de Sir Elton John, parfois debout mais le plus souvent étendu sur la couverture rouge (mon couvre-lit lorsque j'étais enfant) que nous traînons partout.  Notre plus jeune l'y a rejoint à quelques reprises. Leurs deux têtes collées, appuyées sur le sac à dos, ils profitaient à plein, à leur façon.

C'était une soirée magnifique que nous avons passé en compagnie de la lune qui a suivi le spectacle, elle aussi, en décrivant un arc de cercle juste au-dessus de la scène. Et même si mon fils m'a ramenée à la réalité en me disant que la lune est vue partout ailleurs aussi (évidemment!), j'ai eu envie de continuer de croire qu'elle était là pour Sir John et pour nous. :-)

Toute petite encore, je rêvais en écoutant de la musique; les pianistes m'enchantaient. Quand on allait chez ma tante Isabelle, je profitais d'un moment ou je pouvais être seule pour descendre au sous-sol pianoter, tantôt sur l'orgue, tantôt sur le piano. Et là, je partais, j'étais moi dans un ailleurs que vous connaissez certainement si vous aimez la musique... et tout le monde aime la musique, n'est-ce-pas ?

Elton John était mon chanteur et pianiste préféré quand j'étais enfant (ex-aequo avec les Beatles que j'ai découverts grâce à l'album rouge, que j'écoutais sans cesse, toujours chez tante Isabelle). C'est ma sœur qui avait acheté un de ses 45 tours et on le faisait tourner en boucle, en chantant. Hier, c'était comme un rêve qui se réalisait pour moi, le voir (surtout sur les écrans géants car on était un peu loin mais bon...) et l'entendre "live", à quelques centaines de mètres de nous, en chair et en os... et en musique. Magique ! On a dansé, chanté, applaudi, c'était vraiment un spectacle formidable. On sent que Elton John met tout son cœur dans ce qu'il fait et c'est pourquoi il touche le mien à chacune de ses chansons. Certaines me font danser comme Crocodile Rock, d'autres me font monter les larmes aux yeux, comme Don't let the sun go down on me, quand ce n'est pas carrément pleurer, comme Daniel qui me rappelle mon petit frère, étoile parmi les étoiles depuis déjà presque 23 ans. C'est donc le cœur rempli d'émotions, la gorge nouée (j'ai mal à la gorge depuis, ce qui est sûrement un signe d'émotions qui avaient été réprimées) que j'ai quitté, lentement, presqu'à regret, les Plaines hier soir, plongeant dans la foule toujours aussi civilisée quand il s'agit de sortir, mais un peu moins quand il s'agit des déchets...

Pour ceux et celles qui l'auraient manqué ou aimeraient revoir quelques-unes de ses prestations, il y a toujours des maniaques du cell-phone qui publient des extraits sur youtube, dont voici les meilleurs (en ce moment du moins, d'autres pourraient venir)... en fait, disons plutôt le moins pires car évidemment, ça n'a pas la qualité d'un enregistrement professionnel. Mais, ce matin, assise sous le parasol à la terrasse, j'apprécie énormément ces efforts que font certains de mes compatriotes pour partager leurs bons moments.



Et la finale, en rappel, chaudement et longuement applaudi !

Et comme notre fils a dit à la fin du concert " Thank you Elton John for coming to Quebec city". J'ai ajouté "We love you" !
Et un gros merci à Marcelle pour nous avoir prêté son stationnement (gratuit) au centre-ville, ce qui nous a permis d'arriver rapidement, même si nous sommes partis assez tard de chez nous. 
Edith