dimanche 9 mai 2010

La fête des mères de Julia Ward Howe... ou l'origine de la Fête des Mères


Au départ, la proclamation de la fête des mères, telle que l’écrivit Julia Ward Howe en 1870, n’était pas une idée commerciale destinée à vendre des cartes, des fleurs et des cadeaux. Ce texte proposait de rassembler les femmes de toutes nationalités afin d’apporter la paix à l’humanité. Julia Howe avait vu les horreurs de la guerre civile américaine, la dévastation qu’elle avait provoquée et ses séquelles. De plus elle voyait poindre une nouvelle guerre à l’horizon, en Europe, cette fois : la guerre franco-prussienne (ou franco-allemande).

La proclamation originale de la fête des mères lançait donc un appel pour rassembler les femmes, afin qu’elles ajoutent leur voix à celle d’une Terre dévastée, et les incitait à prendre conseil les unes auprès des autres pour trouver les moyens d’apporter la paix dans le monde. Les sentiments qu’on trouve dans cette proclamation sont ceux que les femmes du monde entier ont éprouvés depuis que les guerres existent.

Aujourd’hui, en ce début du XXIè siècle, il est désormais possible de réaliser cette intention. Depuis la seconde moitié du XXè siècle, le statut et l’influence des femmes ont considérablement changé dans le monde. Il est également devenu urgent de trouver le moyen de mettre un terme à la guerre, alors que des armes nucléaires sont prêtes à servir.
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La déclaration de Julia Ward Howe
Levez-vous, maintenant, femmes de ce jour ! Levez-vous, toutes celles qui ont des cœurs, que votre baptême soit celui de l’eau ou des larmes !
Dites fermement : « Nous ne voulons pas que les questions importantes soient tranchées par des organisations inadéquates. Nos maris ne devraient pas venir à nous, puant le carnage, pour solliciter des caresses et des applaudissements. Nos fils ne devraient pas nous être enlevés pour qu'on leur désapprenne tout ce que nous leur avons enseigné sur la charité, la clémence et la patience. Nous, femmes d'un pays, nous nous montrerons aussi tendres envers les femmes d’un autre pays, pour ne pas permettre à nos fils d’être entraînés à blesser les leurs. »
Du cœur de la terre dévastée, une voix monte avec la nôtre. Elle dit : « Désarmez ! Désarmez ! L’épée du meurtre n'est pas la balance de la justice. » Le sang n’efface pas plus le déshonneur que la violence n'indique la possession. Puisque les hommes ont souvent abandonné la charrue et l'enclume pour répondre aux injonctions de la guerre, que les femmes quittent désormais tout ce qui reste de leur foyer pour une grande et sincère journée de conseil. Qu'elles se rencontrent d'abord en tant que femmes, pour pleurer et commémorer les morts. Qu'elles s’entretiennent ensuite solennellement des moyens à mettre en place pour que la grande famille humaine puisse vivre en paix, chacune apportant en son temps l'empreinte sacrée, non de César, mais de Dieu.

Au nom des femmes et de l'humanité, je demande sérieusement qu’un congrès général de femmes de toutes nationalités puisse être nommé et se tenir à l’endroit jugé le plus opportun en fonction des objectifs et le plus tôt possible, pour promouvoir l'alliance des différentes nationalités, la résolution amicale des problèmes internationaux et les intérêts généraux et vitaux de la paix. »
Julia Ward Howe, Boston, 1870
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[...] Le congrès des Femmes leaders religieux et spirituels pour une Initiative de paix globale, à Genève, auquel je me suis rendu en 2002, fut une première rencontre historique entre plusieurs centaines de déléguées. C’était un colloque international sans précédent, sponsorisé par les nations Unies, qui reconnaissait que le potentiel inexploité des femmes leaders religieux et spirituels est une force essentielle au service de la paix. Au cours de ce congrès, le prix Gandhi-King pour la paix (précédemment décerné à Kofi Annan, Nelson Mandela et Jane Goodall) fut remis à Amma, que l’on connaît surtout en Occident comme la sainte hindoue de l’étreinte. Lors du discours qu’elle fit à cette occasion, ce leader spirituel de l’Inde a dit: « Avec la puissance de la maternité qui réside en elle, une femme peut influencer le monde entier. L’amour qui caractérise la maternité éveillée est un amour et une compassion que l’on éprouve non seulement envers ses propres enfants, mais envers tous les gens, les animaux et les plantes, les rochers et les rivières : un amour qui s’étend à tous les êtres. »

La définition de la maternité que fit Amma était très éloquente et archétypale : « Elle ne se limite pas aux femmes ayant eu un enfant; c’est un principe inhérent tant à la femme qu’à l’homme. C’est un état d’esprit. C’est l’amour, et cet amour est le souffle même de la vie. »

Extraits de : « les femmes, avenir de la planète » de Jean Shinoda Bolen, Jouvence Éditions, 2007

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Sur ce, je te souhaite, maman chérie, ma maman préférée entre toutes - évidemment puisque tu es la mienne - une bonne journée de la Fête des Mères. Merci infiniment pour la paix que tu m'as enseignée par ton exemple silencieux et l'amour que tu m'as donné. 
Je t'aime de tout mon cœur !
E