jeudi 14 mai 2020

Écologie de l'enfance | Discours 7 mai 2019

Il y a un an, on m'invitait à faire un discours devant le Parlement, lors de la marche et manifestation organisée par le Front de Solidarité pour la liberté éducative au Québec.
Évidemment, j'y ai parlé d'Écologie de l'enfance. À toute fin utile, en voici la vidéo, tournée par un papa membre, et le texte juste en-dessous. Et le texte du discours du 7 mai 2019

évaluation, éducation, école-maison, ... : écologie de l'enfance.

 « Je n'ai pas élevé mes enfants, je me suis élevé avec mes enfants » ~Jacques Higelin

 ***
(c) J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com

« L'apprentissage, ça ne se calcule pas en heures, en jours, en mois, en années, en tests et en notes, ça se calcule en enfance ! Ça se calcule en enthousiasme, en patience, en découverte, en liberté. »

Alors évaluer l’enfant ? Observer d'abord.

J’aimerais vous parler de l’enfant.

L’école est généralement l'unique lieu-et-mode d'apprentissage que nous avons connu. C'est donc logiquement le seul que nos concitoyen.nes, fonctionnaires, députés et ministres connaissent... pour le moment. Et pourtant… Essayez de ne pas apprendre pendant 24h, où que vous soyez, vous verrez ! C’est impossible.


« En éducation, l’air frais nous vient de la science, de l’observation des incroyables dispositions spontanées de l’enfant et de l’attitude respectueuse qui, immanquablement, en résulte. Une terre nouvelle – un Québec nouveau – se profile à l’horizon.

On a cru beaucoup de choses dont on revient dorénavant. Il n’y a pas de mal à cela. Il est heureux de constater que l’humain évolue au fil de ses connaissances.

On a cru que le cerveau et ses fonctionnements étaient programmés génétiquement. Qu’on naissait bête, intelligent, lent, rapide… Or, la neurobiologie moderne a démontré que le cerveau se développe en fonction de l’usage que l’on en fait ! Le neurobiologiste allemand Gerald Hüther raconte que la zone du cerveau qui commande les mouvements du pouce est surdéveloppée chez les jeunes d’aujourd’hui. Et c’est bien de l’usage intensif du téléphone portable que cela découle. Cette découverte a incité certains à traiter le cerveau comme un muscle, exercices de musculation cérébrale à l’appui. […] : aucune des méthodes appliquées n’a fonctionné. Comment expliquer alors que la « zone des pouces » ait spectaculairement grossi à écrire des SMS, mais que la « zone des maths » ne change pas lorsqu’on la sollicite intensivement ? C’est la découverte suivante qui a permis d’expliquer ce phénomène. Elle est primordiale et apporte un élément décisif à notre compréhension de l’apprentissage : le cerveau se développe là où nous l’utilisons avec enthousiasme !

Décortiqué dorénavant par les scientifiques, le processus est aussi simple que limpide : l’enthousiasme agit comme un engrais. Là où nous nous enthousiasmons, notre cerveau se développe de manière rapide et spontanée. La neurobiologie prouve ce que nous savons tous par expérience : l’enthousiasme est la clé des choses. Il nous donne des ailes, nous libère des obstacles. En état d’enthousiasme, plus rien n’est inaccessible, et apprendre se « fait tout seul ».»
~André Stern, Semeurs d'enthousiasme – manifeste pour une écologie de l’enfance, L'Instant Présent, 2014

Mon espoir est que chacun.e d'entre nous préserve précieusement cet élan inné de découverte du monde et de curiosité qu'ont tous les enfants en adoptant l'attitude qui maintienne l'enfant dans sa disposition spontanée, de curiosité, de jouerqui est LE synonyme d’apprendre/comprendre/ressentir – , qui le maintienne dans son élan, son désir naturel d'autonomie.

Aujourd'hui, en 2019, comme bien des parents (soulignons qu’ils sont des millions dans le monde), des éducateurs et des chercheurs choisissent d’adopter cette attitude de confiance envers les enfants. Notre ministre de l'éducation peut, lui aussi, le faire.

Monsieur Roberge a ici une chance que beaucoup de ses prédécesseurs n'ont pas eue : de plus en plus de parents/citoyens engagés oeuvrent à un travail d'observation et de diffusion d’informations scientifiques sur la façon dont les enfants apprennent, dont notre cerveau fonctionne et ce, malgré un climat social d'incompréhension, de crainte, voire, parfois, de méfiance.


Quelques recommandations

1.
Remettre l'Enfant au cœur de la vie citoyenne pour ainsi devenir une société véritablement ouverte sur la famille, par :

  • la réaffirmation de l'importance – et de l'essence même – du rôle des parents québécois dans l'éducation des enfants qu'ils ont invités à la vie;
  • le choix du dialogue avec tous les citoyens intéressés, sans exclusion;
  • l'appui aux initiatives parentales en matière de respect et de confiance dans les dispositions natives de l'enfant, à toutes les étapes de la vie (grossesse, naissance, allaitement, attachement, apprentissage, autonomie, etc.), par exemple :
  • apprentissage autonome accompagné d'au moins un adulte de référence de l'enfant (aussi appelé « apprentissage libre » (ou 'unschooling', en anglais) ;
  • accueil et ouverture à la présence de l'enfant dans des milieux de vie qui lui sont actuellement fermés (qu'ils soient liés à l'apprentissage, à la culture, au travail ou autres lieux publics).


2. Se tourner résolument vers la science, en particulier vers les sciences comme la neurobiologie moderne et l'épigénétique et qui démontrent aujourd'hui ce que nous savons tous d'instinct, par expérience, c'est-à-dire que:
  • l'enfant qui baigne dans un climat de confiance et de respect reste habité toute sa vie du même respect et de cette confiance, en lui, en l'autre;
  • l'enfant qui grandit ainsi conserve son enthousiasme natif, cette poussée d'engrais qui le meut toutes les trois minutes plutôt que de le voir diminuer jusqu'à atteindre un seuil aussi bas que deux à trois fois par an;
  • l'enfant heureux participe volontairement et avec enthousiasme au bien-être de la société au sein de laquelle il est bien, et bienvenu.

3.
Créer une table de concertation québécoise liée à un comité de consultation international composé de parents-témoins, d'administratrices de groupes de soutien, d'auteurs et chercheurs d'expérience sur les thèmes liés à l'écologie de l'enfance afin de :

  • discuter et élaborer un plan de mise en marche par des rencontres (conférences, ateliers, etc.) avec ces personnes qui y consacrent leur vie, personnelle, familiale ou professionnelle;
  • intégrer l'écologie de l'enfance à la vie personnelle, familiale, professionnelle, communautaire, économique, sociale, fiscale et politique partout au Québec.


4.
Diffuser une information juste, basée sur la science (neurobiologie, épigénétique, …), sur ce sujet essentiel au bien-être de l'individu et de là, à celui de toute la société québécoise, et ce, autant dans les médias que dans les milieux de la santé, de l'éducation, de l'économie, des services sociaux, ainsi que dans tous les services liés au quotidien des familles, à l'emploi ou à l'entrepreneuriat.

5.
Soutenir socialement, politiquement, fiscalement, financièrement, toutes les étapes de ce retour à 'soi', à une vie de société :
  • où chaque citoyenne, chaque citoyen, est reconnu.e, vu.e, entendu.e, apprécié.e, respecté.e;
  • où chacune, chacun, peu importe ses 'conditions' de naissance ou de vie (âge, genre, ethnie, langue, conditions de santé, milieu économique ou géographique, etc.); peu importe ses enthousiasmes et ses rythmes propres; a accès aux ressources (humaines, matérielles, logistiques, etc.) pour apprendre et développer les compétences qu'elle ou il choisit;
  • ou chacun, chacune, peut, autant qu'il ou elle le souhaite, participer à la vie sociale, politique ou professionnelle, et ce dans quelque lieu ou groupe que ce soit, en toute sécurité physique et psychologique.

Conclusion
La science nous invite à l'observation de l'enfant. Dans la position de l'observateur, on est à l'abri de l'erreur. En observant l'enfant, on voit comment il voit, regarde le monde autour de lui, comment il comprend, comment il apprend.

La clé en est le respect du rythme et de l'enthousiasme propres à chaque enfant. En effet, de l'enthousiasme naît la compétence et de la compétence l'attente des pleins potentiels de chaque citoyenne et citoyen, la réussite de sa vie au sein d'une société dont le développement est véritablement soutenable.

Au-delà de l'évaluation des enfants et de ces sempiternelles comparaisons entre approches, méthodes et pédagogies qu'on sait obsolètes grâce notamment à la neurobiologie, je propose, plutôt, de partir de l'enfant. »


Édith Chabot-L, mère et citoyenne engagée
initiatrice et responsable du congrès du mouvement « Écologie de l'enfance »,
impliquée dans plusieurs milieux liés à l'enfance et à l'apprentissage depuis vingt ans, notamment pour un mandat au sein du C.A. et du comité de soutien légal de l'AQED.

mercredi 15 avril 2020

Webinaire gratuit écologie de l'enfance, samedi 18 avril 2020 - Salon neurodiversité

Le Salon de la Neurodiversité m'a invitée à offrir une conférence lors de leur événement qui devait avoir lieu à Montréal le 25 avril 2020. Comme nous le savons tout.tes, la situation actuelle ne permet pas de nous rencontrer en personne, les présentations ont donc exceptionnellement lieu en ligne cette année.

Afin que le plus grand nombre possible de personnes puissent y avoir accès, j'ai choisi d'offrir un webinaire accessible gratuitement.
 
Il me fera donc plaisir, ce samedi 18 avril, dès 11h (17h en France), de parler avec vous d'écologie de l'enfance et d'essayer de répondre à vos questions à propos de cette nouvelle attitude face à l'enfant.

Au plaisir de cette rencontre en ces temps... différents !


Édith
 
 
Ce webinaire est présenté gratuitement.
Vous pouvez vous inscrire dès maintenant (sans frais) ici :
https://app.livestorm.co/neurodiversite/conference-edith-chabot-laflamme
Samedi, dès 11h00, vous serez invité.e à poser vos questions dans l'onglet conversation ("chat") lors de votre connexion.
Pour plus d'infos, veuillez contacter l'organisation du Salon neurodiversité :
https://neurodiversite.com/contact/
événement Facebook : https://www.facebook.com/events/3254005391405010/
 

lundi 6 avril 2020

La régénération de la spontanéité, par Arno Stern

© Institut Arno Stern
Arno Stern - Le Closlieu (© Institut Arno Stern)
« J’ai été touché que mon précédent post, ici, ait été lu – en français et en allemand – par plus de 300 000 personnes. Cela m’a incité à écrire un nouveau texte à votre intention. Le voici :
 
« La régénération de la spontanéité »
 
Il est possible que vous ayez lu ce que je m’étais empressé d’écrire, poussé par l’idée qu’il était de mon devoir d’apporter ma contribution en ces temps de confinement. Et puis, à la réflexion, je m’aperçois qu’il ne suffit pas d’encourager à bien faire lorsqu’on ne sait pas ce qui est nocif. Dire : « Donnez une feuille et un stylo à bille et laissez jouer ! » suppose que l’interlocuteur sache ce qu’est un jeu libre – libéré de tout conditionnement paralysant. Qui donc sait cela, qui a éprouvé un jeu vraiment libre ?

Je veux, tout d’abord, dire ce qui caractérise le jeu : Ce qui distingue le jeu de la création, c’est qu’il ne produit rien. Tandis que la vocation d’une œuvre est de susciter un accueil et, chez l’émettant, une attente. C’est le cas de l’artiste qui crée une œuvre destinée à un récepteur et qui jubile si son œuvre atteint le public.
 
Celui qui joue à tracer jouit de son acte traceur. C’est l’acte seul qui a de l’importance, et s’il l’accomplit libéré de toute spéculation, il joue d’autant plus sereinement.
 
Je viens de décrire la différence absolue entre l’Art de peindre et le Jeu de Peindre.
 
Depuis que l’humanité existe, les humains ont tracé. Certaines de leurs empreintes nous sont parvenues. Pensez aux grottes de Lascaux ou d’Altamira. Les hommes qui les ont ornées ont représenté leur vie, leurs aspirations, leurs aventures. Nous avons le plaisir d’accueillir leurs traces, tout comme nous accueillons avec délectation les œuvres qui nous sont parvenues d’artistes ayant développé leur savoir-faire au travers de l’Histoire.
 
La communication a constitué le seul rôle envisageable de la trace. Ainsi l’art a, de tout temps, relié l’émettant à son récepteur. Lorsque vous voyez quelqu’un qui trace des figures ou des images, comment désignez-vous son acte ? Vous employez un mot irremplaçable, en disant qu’il dessine. Dessiner est synonyme de désigner. Ils ont une origine commune. Cela n’est-il pas la preuve que cette trace a, de tout temps, servi à montrer, que tracer, c’est se livrer à un acte de communication ?
 
Je dois vous parler de ce que j’ai rencontré, parce que, par la chance de mon destin de réfugié, d’apatride, de réprouvé ethnique… j’ai accepté en 1946, étant très jeune, de me vouer à des enfants dans un orphelinat de guerre. Et, dans cette situation, et dans les conditions de travail qui se sont imposées à moi, j’ai créé un aménagement qui a suscité une manifestation inhabituelle : une trace sans précédent, d’une nature insolite.
 
Pour des raisons pratiques, j’avais aménagé un espace confortable et, surtout, protecteur contre toute influence ; et cela a développé une aptitude négligée dans la vie sociale quotidienne : la spontanéité. En suscitant, en développant cette aptitude sacrifiée ordinairement à la raison, j’avais permis l’émergence d’une trace inusitée : la trace de la Formulation.
 
Mon enthousiasme m’a conduit à approfondir la prise de conscience de cette révélation. J’ai appris que cette trace inhabituelle a sa source dans une mémoire spécifique. J’ai dû la révéler à son tour, la doter d’une appellation appropriée. Je l’ai appelée la Mémoire Organique. Et j’ai fait savoir quel était le rôle de cette mémoire à côté de notre souvenance (dont la portée temporelle est limitée).
 
Je pose, à beaucoup de personnes, la question : « quels sont vos plus anciens souvenirs ? » (Je veux dire : les vrais souvenirs, non pas ceux de seconde main qui vous ont été, plus tard, racontés par d’autres) Et les réponses se rapportent à des faits qui se sont produits lorsque la personne avait quatre ans, parfois trois ans. Il ne semblait pas étonnant à la personne que sa souvenance soit aussi limitée. La vérité est qu’elle peut porter jusqu’à deux ans. En-deçà de ce seuil, rien n’a été sauvegardé. Cela signifie que nous avons perdu tout ce qui a précédé. Les deux premières années de la petite enfance sont pourtant riches en rencontres, en expériences, en acquisitions. Et la naissance ! n’est-ce qu’un faits-divers occasionnel ? Et les neuf mois qui l’ont précédée ? Je me plais à dire que nous sommes comme un livre dont on a arraché les trente premières pages ; et donc nous sommes obligés de le lire sans connaître son commencement.
 
Heureusement, à côté de notre souvenance, nous possédons aussi une mémoire, cette Mémoire Organique qui, elle, a enregistré tous les faits de notre existence depuis son origine ; et cette mémoire possède son moyen d’expression : la Formulation. La mettre en branle, c’est retrouver son commencement. En mesurez-vous l’importance ? En imaginez-vous les conséquences ?
 
Ce n’est pas un processus thérapeutique. C’est une procédure naturelle, mais elle est inéprouvée. Et si vous régénérez cette faculté d’expression, une disposition innée occultée s’éveille de sa mise à l’écart, parce qu’elle ne peut être active que dans un état de spontanéité. Imaginez-vous quel en est l’effet ? La spontanéité n’est pas une faculté qu’il faut acquérir, mais une aptitude naturelle dont nul n’est privé. Elle a été stérilisée par le surdéveloppement de la raison. C’est pourquoi elle est hors des comportements quotidiens. Sa mise en activité suppose des conditions. Ce sont celles que, sans préméditation, j’avais créées en installant le Closlieu.
 
Je souhaite que les Praticiens-Servants du Jeu de Peindre, formés à ce rôle, se répandent et que leur activité transforme les relations humaines. Mais, dans notre société, ébranlée par cette épidémie, mettons déjà en pratique ce que les mœurs du quotidien ont entravé. N’essayez pas d’improviser le Jeu de Peindre ; il ne s’accommoderait pas d’un semblant de Closlieu. Mais évertuez-vous à régénérer les facultés spontanées des enfants, au lieu d’ajouter du poids à ce qui les entrave ! » ~Arno Stern, 6 avril 2020 | (c) Institut Arno Stern | #arnostern
 

jeudi 26 mars 2020

Un message d'Arno Stern

Dessin libre
©Institut Arno Stern
Un message d'Arno Stern !
« Les écoles sont fermées, les musées sont fermés : les parents vont donner à leurs enfants des feuilles de papier et un stylo et être témoins de la régénération de la trace spontanée de leurs enfants. Pourvu qu’ils ne donnent pas des modèles, des contours à colorier, parce que sans ces prothèses, leur a-t-on inculqué, l’enfant ne saurait pas quoi dessiner. Le monde des enfants, celui qui correspond à leur personnalité, ne peut pas coïncider avec des modèles. Il ne peut se former que selon une impulsion préservée de toute prescription, de tout modèle. Il ne faut pas être étonné si l’enfant a d’abord un comportement d’élève habitué à exécuter une consigne. Mais, lorsqu’il se sera déshabitué de cette attitude, il aura un plaisir véritable à se découvrir et à prendre conscience de son génie inéprouvé.

Vos enfants vont découvrir leurs capacités créatrices grâce à votre présence stimulante. Certaines conditions doivent faire partie des habitudes de tous les enfants – je dis faire partie de leur hygiène. Je vous incite à ne pas ajouter à la paralysie de l’enfant, mais à mettre à profit la situation présente : créez cette bonne habitude : chaque jour, consacrez-vous à ce moment de connivence avec votre enfant – avec vos enfants. Donnez-leur l’indispensable : feuille de papier format A4 et un stylo à bille. Tenez-vous à côté de l’enfant, assistez à son jeu. Il n’a besoin d’aucun conseil. Ne suggérez rien. Votre présence est en soi le consentement, la connivence stimulante. Lorsque l’enfant a terminé sa mise en scène échangez sa feuille contre une autre. Créez et entretenez ce climat encourageant. Perdez l’habitude, si répandue ! – de demander des commentaires. Sachez que ce qui est exprimé par la trace est incompatible avec le langage verbal.

Ce que je vous suggère et que j’ai pratiqué avec mes enfants et que je pratique avec mes petits enfants, engendre beaucoup de plaisir. Si vous l’offrez comme un rituel à vos enfants, croyez-moi, cela répare bien des plaies. N’exposez pas ces traces, rangez-les dans un casier ou un tiroir. Refroidis après leur accomplissement, elles ne doivent plus avoir d’actualité. S’adonner à un jeu, ce n’est pas la même chose que de créer une œuvre, car un jeu ne produit rien, il est vécu dans son déroulement.

Ne vous privez pas de ce plaisir !

Si vous hésitez, si vous ne faites pas confiance à la nature secrète de l’enfant, dites-vous que c’est moi qui vous l’ai recommandé. J’en prends la responsabilité. Elle s’appuie sur mes 70 années de pratique. » ~ Arno Stern |
©Institut Arno Stern | #arnostern

lien direct : https://www.facebook.com/arnosternofficial/photos/a.10150211620828701/10158383774993701/

mardi 10 mars 2020

Programme de la 3è édition du congrès Écologie de l'enfance


Voici un aperçu, en images, du programme de cette 3è édition du congrès Écologie de l'enfance, en partenariat avec l'Institut Arno Stern et avec la collaboration de la Direction du Développement Durable de HEC Montréal.

Le programme complet et l'horaire sont disponibles en ligne ici : https://www.ecologiedelenfance.com/evenements/congres-2020/horaire-et-programme/

En voici un aperçu en images ! :)





Inscriptions en ligne jusqu'au 18 mars 2020 : https://www.ecologiedelenfance.com/evenements/congres-2020/inscriptions/
Entrées à la porte, le 21 mars, s'il reste des places.

Merci de partager dans vos réseaux !

Et au plaisir de vous y accueillir !


Édith

mercredi 26 février 2020

Communiqué Congrès Écologie et Enfance, Montréal, 21 mars 2020

écologie de l'enfance
Le congrès, 3è édition : Écologie et Enfance
Montréal, le 21 mars 2020
avant, accouchement, attachement, apprentissage, autonomie, ... écologie !  
   
COMMUNIQUÉ 
   
Québec, 26 février 2020 – La transition, c'est maintenant : changer le monde pour nos enfants. Rendez-vous au congrès Écologie et Enfance, à HEC Montréal, le 21 mars 2020
 
Crise climatique. Écoanxiété. Grève pour le climat. Décroissance. Mouvement Gink. Parents pour le climat. Nos jeunes marchent pour un futur meilleur et nous demandent de nous unir derrière la science.
 
Et si la clé se trouvait dans la façon dont nos sociétés abordent l'enfance ?
  
C’est dans le cadre d’une collaboration avec la Direction du Développement Durable de HEC-Montréal que le mouvement de l’Écologie de l’enfance présente la 3è édition de son congrès. Lancé en 2014, le mouvement propose une nouvelle attitude face à l'enfant. Cette année, on invite l’Écologie à une rencontre avec l’Enfance. Le lien entre écologie et enfance ? Si l'écologie propose le respect de la nature, l'écologie de l'enfance propose le respect de l’enfant que le mouvement environnemental a jusqu’ici oublié d’intégrer à son champ d’action, alors qu’il est à la racine-même de nos agissements futurs. La science le confirme aujourd'hui : c'est dans l'attitude que nous adoptons face à l'enfant qu'est la source des comportements et des choix que chacun fait ensuite tout au long de sa vie. « Respecté, l'enfant respecte. »
 
C'est l'invitation que lance Édith Chabot-Laflamme, initiatrice du congrès Écologie de l'enfance. Pour cette rencontre, on donnera la parole à de grands noms des milieux de l’écologie et de l’enfance : Laure Waridel, écosociologue PhD, coauteure du Pacte pour la transition et auteure de La transition c’est maintenant; Colleen Thorpe, Directrice Générale d'Équiterre; Arno Stern, pédagogue, récemment honoré par l'UNESCO, « l'un de nos derniers grands explorateurs, avec le nom duquel l'Histoire qu'on enseigne doit désormais compter »; Thierry Pardo, Ph.D. Éducation, chercheur associé à l'UQÀM, auteur de Une éducation sans école ; Édith Chabot-L., citoyenne engagée pour le respect et la confiance en l'enfant ; André Stern, auteur et conférencier, initiateur du mouvement écologie de l'enfance; avec la participation de Stéphanie Desmeules, études urbaines et recherchiste attachée politique en environnement et de Stéphane Chalmeau, Hectare Urbain, HEC-Montréal.
  
Comme le dit André Stern : « Nous aimerions voir le monde changer. Et il ne peut changer que s’il change sa manière d’aborder sa ressource la plus précieuse et la plus ignorée : l’enfance. L’enfance. Le ghetto de ceux qui sont discriminés à l’intérieur même de toutes les autres discriminations. L’urgence d’une nouvelle attitude envers l’enfance n’a d’égale que l’urgence climatique. Elles sont reliées, car l’avenir en dépend. Il n’y aura pas de paix sur terre tant que nous ne serons pas en paix avec l’enfance. Il n’y aura pas d’écologie profonde sans une écologie de l'enfance. »
 
Et si l'écologie commençait par l'écologie de l'enfance ?
  
Horaire :
  • Samedi 21 mars 2020, de 8h30 à 17h00 : HEC-Montréal, édifice DeCelles, amphithéâtre Lévis, congrès.
  • Samedi 21 mars 2020, 17h00 : HEC-Montréal, édifice DeCelles, Hall des diplômés, cocktail.
Inscriptions hâtives, jusqu'au 1er mars 2020 : 75$ - Inscriptions régulières : 95$ - À la porte : 125$
Informations et inscriptions : http://ecologiedelenfance.com
 
30 –
 
Source: Édith Chabot-L., initiatrice et coordonnatrice du congrès écologie de l'enfance
info (arobase) ecologiedelenfance (point) com 
 
 

lundi 27 janvier 2020

Les cerveaux des bébés et des adultes se synchronisent pendant le jeu

Pixabay License Libre pour usage commercial Pas d'attribution requise
Ce n'est pas le fruit de votre imagination - vous et votre bébé êtes vraiment sur la même longueur d'onde.

Une équipe de chercheurs a mené la première étude sur la façon dont les cerveaux des bébés et des adultes interagissent pendant le jeu libre, et ils ont trouvé des connexions mesurables dans leur activité neuronale. En d'autres termes, l'activité cérébrale des bébés et des adultes augmente ou diminue de concert alors qu'ils partagent jouets et contact visuel.

extrait:

L'expérience comportait deux parties. Dans l'une, l'expérimentateur adulte passait cinq minutes à interagir directement avec un enfant – jouer avec des jouets, chanter des comptines ou lire Goodnight Moon – pendant que l'enfant était assis sur les genoux du parent. Dans l'autre, l'expérimentateur se tournait sur le côté et racontait une histoire à un autre adulte pendant que l'enfant jouait tranquillement avec son parent.
On a collecté des données de 57 canaux du cerveau connus pour être impliqués dans la prédiction, le traitement du langage et la compréhension des perspectives des autres.
En examinant les données, les chercheurs ont découvert que lors des séances en face à face, le cerveau des bébés était synchronisé avec le cerveau de l'adulte dans plusieurs domaines connus pour être impliqués dans une compréhension de haut niveau du monde – aidant peut-être les enfants à décoder le sens général d'une histoire ou à analyser les motivations de l'adulte qui leur fait la lecture.

Lorsque l'adulte s'est détourné de l'enfant pour être en contact avec d'autres personnes, le couplage entre eux a disparu.

Cela correspondait aux attentes des chercheurs, mais les données ont également réservé des surprises. Par exemple, le couplage le plus fort s'est produit dans le cortex préfrontal, qui est impliqué dans l'apprentissage, la planification et le fonctionnement exécutif, lequel était auparavant considéré comme assez sous-développé pendant la petite enfance.

« Nous avons également été surpris de constater que le cerveau du nourrisson "dirigeait" [précédait] souvent le cerveau adulte de quelques secondes, ce qui suggère que les bébés ne reçoivent pas seulement des informations passivement, mais peuvent guider les adultes vers la prochaine chose sur laquelle ils vont se concentrer: quel jouet prendre, quels mots dire », a déclaré Lew-Williams, co-directeur du Princeton Baby Lab.

« Pendant la communication, l'adulte et l'enfant semblent former une boucle de rétroaction », a ajouté Piazza. « C'est-à-dire que le cerveau de l'adulte semblait prédire quand les nourrissons allaient sourire, le cerveau des nourrissons prévoyait quand l'adulte utiliserait plus de "parler bébé", et les deux cerveaux suivaient le contact visuel commun et l'attention commune aux jouets. Donc, quand un bébé et un adulte jouent ensemble, leurs cerveaux s'influencent mutuellement de manière dynamique. »

source : https://www.sciencedaily.com/releases/2020/01/200109163956.htm
veille scientifique et traduction libre : J'OSE la vie!

lundi 9 décembre 2019

Une vie consacrée à la créativité et à l'enfance, Arno et André Stern


Les enfants de la ville, les nomades du désert et ceux qui vivent dans la jungle ou la savane peignent-ils les mêmes choses ? La réponse est oui. Il existe une « mémoire organique » commune qui se manifeste à travers le jeu de peindre et la Formulation, terme proposé par le chercheur Arno Stern pour définir le retour à la spontanéité et l’état primitif et authentique de l’enfance. 

Dans cette vidéo, le chercheur Arno Stern et son fils, André Stern, font une réflexion sur l’enfance sans manuels scolaires, sans matières et sans horaires, pleine d’expériences en marge de l’école et basée sur un principe : « Je t’aime parce que tu es comme tu es ». 

L’enfance d’Arno Stern a été marquée par la menace de l’ascension d’Hitler en Allemagne, la fuite, la faim et la Seconde Guerre mondiale. Lui et ses parents ont survécu dans un camp de travail en Suisse, qui a fait office d’école, de collège et de lycée. 

« Avant, je pensais que la guerre m’avait empêché d’aller à l’école, aujourd’hui, je pense qu’elle m’a sauvé de l’école », se souvient Stern, qui, des années plus tard, a décidé de ne pas scolariser ses enfants pour respecter les « rythmes et les rituels de l’enfance ». 

Arno Stern est le créateur de la Formulation, théorie qui défend l’idée que l’être humain partage une seule et même « mémoire organique » universelle, qui se manifeste à travers le « jeu de peindre », en peignant en plein air de façon spontanée.

vendredi 11 octobre 2019

Hommage à Arno Stern à La Sorbonne sous le patronage de l'UNESCO

 
« Les recherches d'Arno Stern, dans les domaines des sciences de l'Homme, de l'éducation et de l'art sont internationalement reconnues. Il était temps qu'un tel hommage soit organisé à Paris. C'est effectivement dans cette ville, après avoir, avec sa famille, fuit le nazisme, et été interné dans un camp de travail, qu'aux lendemains de la seconde guerre mondiale, M. Stern a créé le célèbre atelier de peinture qu'est le Closlieu, son laboratoire, et qu'il a délimité et développé un nouveau domaine scientifique.
Ses découvertes concernant la grammaire de la Trace ont été remarquées par l'Unesco en 1950. Leur portée universelle a été démontrée par la suite. Elles font d'Arno Stern un sémiologue, doublé d'un ethnologue, sans doute l'un de nos derniers grands explorateurs, avec le nom duquel l'Histoire qu'on enseigne doit désormais compter.
Je suis heureux que ces travaux puissent être exposés aujourd'hui dans cette université. C'est pour moi un honneur d'y recevoir M. Stern. » ~Jamil Jean-Marc Dakhlia, Président de l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

Lien: https://www.youtube.com/watch?v=HqjURQFeOtY

dimanche 22 septembre 2019

Discours de Greta Thunberg devant le Congrès américain - en français


Voici mon discours devant le Congrès américain, en version imprimée.

« Je m'appelle Greta Thunberg, j'ai 16 ans et je viens de Suède. Je suis reconnaissante d'être avec vous ici aux États-Unis. Une nation qui, pour beaucoup de gens, est le pays des rêves.

J'ai aussi un rêve: que les gouvernements, les partis politiques et les entreprises saisissent l'urgence de la crise climatique et écologique et s'unissent malgré leurs différences - comme on le ferait en situation d'urgence - et prennent les mesures nécessaires pour préserver les conditions d'une vie dans la dignité pour tout le monde sur terre.

Parce qu'alors – nous, des millions de jeunes en grève scolaire – pourrions retourner à l'école.

Je rêve que les personnes au pouvoir, ainsi que les médias, commencent à traiter cette crise comme l'urgence existentielle qu'elle est, pour que je puisse rentrer chez moi auprès de ma sœur et de mes chiens, car il me manquent.

En fait j'ai plusieurs rêves. Mais nous sommes en 2019. Ce n'est ni le moment ni le lieu pour rêver. C'est le moment de se réveiller. C’est le moment de l’histoire où nous devons être pleinement éveillés.

Oui, nous avons besoin de rêver, nous ne pouvons pas vivre sans rêves. Mais il y a un temps et un lieu pour tout. Et les rêves ne doivent pas empêcher de dire les choses comme elles sont.

Et pourtant, partout où je vais, j'ai l'impression d'être entourée de contes de fées. Les chefs d'entreprise, les élus de tous les horizons politiques consacrent leur temps à imaginer et à raconter des histoires pour nous apaiser et nous rendormir.

Ce sont des histoires « réconfortantes » sur la façon dont nous allons tout régler. Comme tout sera merveilleux quand nous aurons tout « résolu ». Mais le problème auquel nous sommes confrontés n’est pas que nous manquions de capacité à rêver ou à imaginer un monde meilleur. Le problème aujourd'hui est que nous devons nous réveiller. Il est temps de faire face à la réalité, aux faits, à la science.

Et la science ne parle pas principalement de « grandes opportunités pour créer la société que nous avons toujours voulue ». Elle évoque des souffrances humaines inexprimées, qui seront de plus en plus graves si nous repoussons notre action, à moins de commencer à agir maintenant. Et oui, bien sûr, un monde transformé de façon durable offrira de nombreux et nouveaux avantages. Mais vous devez comprendre. Ce n’est pas d'abord une opportunité de créer de nouveaux emplois verts, de nouvelles entreprises ou une croissance économique verte. C'est avant tout une urgence, et pas n'importe quelle urgence. C'est la plus grande crise à laquelle l'humanité ait jamais été confrontée.

Et nous devons la traiter en conséquence afin que les gens puissent comprendre et en saisir l'urgence. Parce qu'on ne peut pas résoudre une crise sans la traiter comme telle. Arrêtez de dire aux gens que tout ira bien alors qu’en réalité, ça n'ira pas vraiment bien. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut emballer et vendre ou « aimer » sur les médias sociaux.

Arrêtez de prétendre que vous, votre idée d'entreprise, votre parti politique ou votre plan vont tout résoudre. Nous devons réaliser que nous n’avons pas encore toutes les solutions. Loin de là. À moins que ces solutions ne signifient que nous cessions tout simplement de faire certaines choses.

Échanger une source d'énergie désastreuse pour une source légèrement moins désastreuse ne peut être considéré comme un progrès.
Exporter nos émissions à l'étranger ne réduit pas nos émissions. Faire de la comptabilité de façon créative ne nous aidera pas. En fait, c’est le cœur même du problème.

Certains d'entre vous ont peut-être entendu dire que nous avions 12 ans à compter du 1er janvier 2018 pour réduire de moitié nos émissions de dioxyde de carbone. Mais je suppose que vous n’avez pratiquement pas entendu dire qu’il y avait 50% de chance de rester en dessous de 1,5 ° C de la hausse de la température mondiale par rapport aux niveaux préindustriels. Cinquante pour cent des chances.

Et ces calculs scientifiques les plus récents et les meilleurs qui soient disponibles n'incluent pas les points de bascule non linéaires, ni la plupart des boucles de rétroaction imprévues, telles que le méthane extrêmement puissant qui s'échappe du pergélisol arctique en dégel rapide, ou qui est déjà enfermé dans le réchauffement caché par la pollution atmosphérique toxique. Ils n'incluent pas non plus l'aspect équité; la justice climatique.

Donc, 50% des chances – c'est comme jouer à pile ou face – ne suffira certainement pas. Ce serait impossible à défendre moralement. Quelqu'un d'entre vous voudrait-il monter dans l'avion si vous saviez que celui-ci avait plus de 50% de chances de s'écraser ? Plus précisément: mettriez-vous vos enfants sur cet avion ?

Et pourquoi est-il si important de rester en dessous de la limite de 1,5 degré ? Parce que c’est ce que demande unanimement la science, pour éviter de déstabiliser le climat, afin de ne pas déclencher une réaction en chaîne irréversible qui échapperait au contrôle de l'humain. Même à 1 degré de réchauffement, on constate une perte inacceptable de vies et de moyens de subsistance.

Alors, où commençons-nous ? Eh bien, je suggérerais que nous commencions à regarder le chapitre 2, page 108, du rapport du GIEC publié l'année dernière. Sur cette page, il est indiqué que si nous voulons avoir 67% de chances de limiter la hausse de la température mondiale à moins de 1,5 degré Celsius, il nous restait, le 1er janvier 2018, environ 420 Gt de CO2 à émettre selon ce budget de dioxyde de carbone. Et bien sûr, ce nombre est beaucoup plus bas aujourd'hui, parce que nous émettons environ 42 Gtonnes de CO2 chaque année, en incluant l'utilisation des sols.

Avec les niveaux d’émission d’aujourd’hui, le budget restant sera épuisé en moins de 8 ans et demi. Ces chiffres ne représentent pas mon opinion personnelle. Ils ne représentent ni l'opinion ni le point de vue politique de qui que ce soit. Ces chiffres sont basés sur ce que la science démontre actuellement. Et bien qu'un grand nombre de scientifiques pensent que même ces chiffres sont trop modérés, ce sont ceux qui ont été acceptés par toutes les nations par le biais du GIEC.
Et notez bien que ces chiffres sont globaux et ne disent donc rien sur l’aspect de l'équité, clairement énoncé dans l’Accord de Paris, ce qui est absolument nécessaire pour le faire fonctionner à l’échelle mondiale. Cela signifie que les pays les plus riches doivent faire leur juste part et réduire leurs émissions à zéro beaucoup plus rapidement afin que les habitants des pays les plus pauvres puissent améliorer leur niveau de vie en construisant certaines des infrastructures que nous avons déjà, tels que les routes, les hôpitaux, les écoles, l'eau potable et l'électricité.

Les États-Unis sont le plus gros pollueur carbone de l'histoire. C’est également le premier producteur mondial de pétrole. Et pourtant, vous êtes également le seul pays au monde à avoir manifesté votre ferme intention de quitter l’Accord de Paris. Parce que, je cite : « c’était un mauvais 'deal' pour les États-Unis ».

Quatre cent vingt Gt de CO2 restaient à émettre le 1er janvier 2018 pour avoir 67% de chances de rester en dessous de 1,5°C de la température mondiale. Maintenant, ce chiffre est déjà inférieur à 360 Gt.

Ces chiffres sont très inconfortables. Mais les gens ont le droit de savoir. Et la grande majorité d'entre nous n'a même aucune idée que ces chiffres existent. En fait, même les journalistes que je rencontre ne semblent pas savoir qu’ils existent. Sans parler des politiciens. Et pourtant, ils semblent tous tellement certains que leur plan politique résoudra toute la crise.

Mais comment pouvons-nous résoudre un problème que nous ne comprenons même pas en entier ? Comment pouvons-nous laisser de côté le tableau complet et les meilleures données scientifiques actuellement disponibles?

Je crois qu'il y a un énorme danger à le faire. Et quel que soit le contexte politique de cette crise, nous ne devons pas permettre que cela reste une question politique partisane. La crise climatique et écologique dépasse la partisanerie politique. Notre principal ennemi à l'heure actuelle n'est pas notre adversaire politique. Maintenant, notre principal ennemi, c'est la physique en elle-même. Et o
n ne peut pas négocier avec les lois de la physique.
Tout le monde dit qu'il est impossible de faire des sacrifices pour la survie de la biosphère, et pour garantir les conditions de vie des générations futures et actuelles.

Les Américains ont pourtant fait de gros sacrifices pour surmonter de terribles difficultés auparavant.

Pensez aux braves soldats qui se sont précipités à terre lors de la première vague sur Omaha Beach le jour J. Pensez à Martin Luther King et aux 600 autres leaders des droits civiques qui ont tout risqué pour aller de Selma à Montgomery. Pensez au président John F. Kennedy qui annonçait en 1962 que l’Amérique « choisirait d’aller sur la lune au cours de cette décennie et de faire d'autres choses, non pas parce qu’elles sont faciles, mais parce qu’elles sont difficiles… »

C'est peut-être impossible. Mais en regardant ces chiffres – en regardant les meilleures données scientifiques actuellement disponibles, telles que signées par chaque pays – alors je pense que c’est précisément ce à quoi nous sommes confrontés.

Mais vous ne devez pas passer tout votre temps à rêver, ni considérer cela comme une lutte politique à gagner.

Et vous ne devez pas jouer à pile ou face l'avenir de vos enfants.
Au lieu de cela, vous devez vous unir derrière la science.

Vous devez agir.


Vous devez faire l'impossible.


Parce que renoncer ne peut jamais, jamais, être une option. » ~ Greta Thunberg

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Here is my full speech from the US Congress in print. - Greta Thunberg
https://www.facebook.com/gretathunbergsweden/posts/919950758372745

"My name is Greta Thunberg, I am 16 years old and I’m from Sweden. I am grateful for being with you here in the USA. A nation that, to many people, is the country of dreams.

I also have a dream: that governments, political parties and corporations grasp the urgency of the climate and ecological crisis and come together despite their differences – as you would in an emergency – and take the measures required to safeguard the conditions for a dignified life for everybody on earth.

Because then – we millions of school striking youth – could go back to school.

I have a dream that the people in power, as well as the media, start treating this crisis like the existential emergency it is. So that I could go home to my sister and my dogs. Because I miss them.

In fact I have many dreams. But this is the year 2019. This is not the time and place for dreams. This is the time to wake up. This is the moment in history when we need to be wide awake.

And yes, we need dreams, we can not live without dreams. But there’s a time and place for everything. And dreams can not stand in the way of telling it like it is.

And yet, wherever I go I seem to be surrounded by fairytales. Business leaders, elected officials all across the political spectrum spending their time making up and telling bedtime stories that soothe us, that make us go back to sleep.

These are “feel-good” stories about how we are going to fix everything. How wonderful everything is going to be when we have “solved” everything. But the problem we are facing is not that we lack the ability to dream, or to imagine a better world. The problem now is that we need to wake up. It’s time to face the reality, the facts, the science.

And the science doesn’t mainly speak of “great opportunities to create the society we always wanted”. It tells of unspoken human sufferings, which will get worse and worse the longer we delay action – unless we start to act now. And yes, of course a sustainable transformed world will include lots of new benefits. But you have to understand. This is not primarily an opportunity to create new green jobs, new businesses or green economic growth. This is above all an emergency, and not just any emergency. This is the biggest crisis humanity has ever faced.

And we need to treat it accordingly so that people can understand and grasp the urgency. Because you can not solve a crisis without treating it as one. Stop telling people that everything will be fine when in fact, as it looks now, it won’t be very fine. This is not something you can package and sell or ”like” on social media.

Stop pretending that you, your business idea, your political party or plan will solve everything. We must realise that we don’t have all the solutions yet. Far from it. Unless those solutions mean that we simply stop doing certain things.

Changing one disastrous energy source for a slightly less disastrous one is not progress. Exporting our emissions overseas is not reducing our emission. Creative accounting will not help us. In fact, it’s the very heart of the problem.

Some of you may have heard that we have 12 years as from 1 January 2018 to cut our emissions of carbon dioxide in half. But I guess that hardly any of you have heard that there is a 50 per cent chance of staying below a 1.5 degree Celsius of global temperature rise above pre-industrial levels. Fifty per cent chance.

And these current, best available scientific calculations do not include non linear tipping points as well as most unforeseen feedback loops like the extremely powerful methane gas escaping from rapidly thawing arctic permafrost. Or already locked in warming hidden by toxic air pollution. Or the aspect of equity; climate justice.

So a 50 per cent chance – a statistical flip of a coin – will most definitely not be enough. That would be impossible to morally defend. Would anyone of you step onto a plane if you knew it had more than a 50 per cent chance of crashing? More to the point: would you put your children on that flight?

And why is it so important to stay below the 1.5 degree limit? Because that is what the united science calls for, to avoid destabilising the climate, so that we stay clear of setting off an irreversible chain reaction beyond human control. Even at 1 degree of warming we are seeing an unacceptable loss of life and livelihoods.

So where do we begin? Well I would suggest that we start looking at chapter 2, on page 108 in the IPCC report that came out last year. Right there it says that if we are to have a 67 per cent chance of limiting the global temperature rise to below 1.5 degrees Celsius, we had, on 1 January 2018, about 420 Gtonnes of CO2 left to emit in that carbon dioxide budget. And of course that number is much lower today. As we emit about 42 Gtonnes of CO2 every year, if you include land use.

With today’s emissions levels, that remaining budget is gone within less than 8 and a half years. These numbers are not my opinions. They aren’t anyone’s opinions or political views. This is the current best available science. Though a great number of scientists suggest even these figures are too moderate, these are the ones that have been accepted by all nations through the IPCC.
And please note that these figures are global and therefore do not say anything about the aspect of equity, clearly stated throughout the Paris Agreement, which is absolutely necessary to make it work on a global scale. That means that richer countries need to do their fair share and get down to zero emissions much faster, so that people in poorer countries can heighten their standard of living, by building some of the infrastructure that we have already built. Such as roads, hospitals, schools, clean drinking water and electricity.
The USA is the biggest carbon polluter in history. It is also the world’s number one producer of oil. And yet, you are also the only nation in the world that has signalled your strong intention to leave the Paris Agreement. Because quote “it was a bad deal for the USA”.
Four-hundred and twenty Gt of CO2 left to emit on 1 January 2018 to have a 67 per cent chance of staying below a 1.5 degrees of global temperature rise. Now that figure is already down to less than 360 Gt.
These numbers are very uncomfortable. But people have the right to know. And the vast majority of us have no idea these numbers even exist. In fact not even the journalists that I meet seem to know that they even exist. Not to mention the politicians. And yet they all seem so certain that their political plan will solve the entire crisis.
But how can we solve a problem that we don’t even fully understand? How can we leave out the full picture and the current best available science?
I believe there is a huge danger in doing so. And no matter how political the background to this crisis may be, we must not allow this to continue to be a partisan political question. The climate and ecological crisis is beyond party politics. And our main enemy right now is not our political opponents. Our main enemy now is physics. And we can not make “deals” with physics.
Everybody says that making sacrifices for the survival of the biosphere – and to secure the living conditions for future and present generations – is an impossible thing to do.
Americans have indeed made great sacrifices to overcome terrible odds before.
Think of the brave soldiers that rushed ashore in that first wave on Omaha Beach on D Day. Think of Martin Luther King and the 600 other civil rights leaders who risked everything to march from Selma to Montgomery. Think of President John F. Kennedy announcing in 1962 that America would “choose to go to the moon in this decade and do the other things, not because they are easy, but because they are hard…”
Perhaps it is impossible. But looking at those numbers – looking at the current best available science signed by every nation – then I think that is precisely what we are up against.
But you must not spend all of your time dreaming, or see this as some political fight to win.
And you must not gamble your children’s future on the flip of a coin.
Instead, you must unite behind the science.
You must take action.
You must do the impossible.
Because giving up can never ever be an option." ~Greta Thunberg