lundi 27 janvier 2020

Les cerveaux des bébés et des adultes se synchronisent pendant le jeu

Pixabay License Libre pour usage commercial Pas d'attribution requise
Ce n'est pas le fruit de votre imagination - vous et votre bébé êtes vraiment sur la même longueur d'onde.

Une équipe de chercheurs a mené la première étude sur la façon dont les cerveaux des bébés et des adultes interagissent pendant le jeu libre, et ils ont trouvé des connexions mesurables dans leur activité neuronale. En d'autres termes, l'activité cérébrale des bébés et des adultes augmente ou diminue de concert alors qu'ils partagent jouets et contact visuel.

extrait:

L'expérience comportait deux parties. Dans l'une, l'expérimentateur adulte passait cinq minutes à interagir directement avec un enfant – jouer avec des jouets, chanter des comptines ou lire Goodnight Moon – pendant que l'enfant était assis sur les genoux du parent. Dans l'autre, l'expérimentateur se tournait sur le côté et racontait une histoire à un autre adulte pendant que l'enfant jouait tranquillement avec son parent.
On a collecté des données de 57 canaux du cerveau connus pour être impliqués dans la prédiction, le traitement du langage et la compréhension des perspectives des autres.
En examinant les données, les chercheurs ont découvert que lors des séances en face à face, le cerveau des bébés était synchronisé avec le cerveau de l'adulte dans plusieurs domaines connus pour être impliqués dans une compréhension de haut niveau du monde – aidant peut-être les enfants à décoder le sens général d'une histoire ou à analyser les motivations de l'adulte qui leur fait la lecture.

Lorsque l'adulte s'est détourné de l'enfant pour être en contact avec d'autres personnes, le couplage entre eux a disparu.

Cela correspondait aux attentes des chercheurs, mais les données ont également réservé des surprises. Par exemple, le couplage le plus fort s'est produit dans le cortex préfrontal, qui est impliqué dans l'apprentissage, la planification et le fonctionnement exécutif, lequel était auparavant considéré comme assez sous-développé pendant la petite enfance.

« Nous avons également été surpris de constater que le cerveau du nourrisson "dirigeait" [précédait] souvent le cerveau adulte de quelques secondes, ce qui suggère que les bébés ne reçoivent pas seulement des informations passivement, mais peuvent guider les adultes vers la prochaine chose sur laquelle ils vont se concentrer: quel jouet prendre, quels mots dire », a déclaré Lew-Williams, co-directeur du Princeton Baby Lab.

« Pendant la communication, l'adulte et l'enfant semblent former une boucle de rétroaction », a ajouté Piazza. « C'est-à-dire que le cerveau de l'adulte semblait prédire quand les nourrissons allaient sourire, le cerveau des nourrissons prévoyait quand l'adulte utiliserait plus de "parler bébé", et les deux cerveaux suivaient le contact visuel commun et l'attention commune aux jouets. Donc, quand un bébé et un adulte jouent ensemble, leurs cerveaux s'influencent mutuellement de manière dynamique. »

source : https://www.sciencedaily.com/releases/2020/01/200109163956.htm
veille scientifique et traduction libre : J'OSE la vie!

lundi 9 décembre 2019

Une vie consacrée à la créativité et à l'enfance, Arno et André Stern


Les enfants de la ville, les nomades du désert et ceux qui vivent dans la jungle ou la savane peignent-ils les mêmes choses ? La réponse est oui. Il existe une « mémoire organique » commune qui se manifeste à travers le jeu de peindre et la Formulation, terme proposé par le chercheur Arno Stern pour définir le retour à la spontanéité et l’état primitif et authentique de l’enfance. 

Dans cette vidéo, le chercheur Arno Stern et son fils, André Stern, font une réflexion sur l’enfance sans manuels scolaires, sans matières et sans horaires, pleine d’expériences en marge de l’école et basée sur un principe : « Je t’aime parce que tu es comme tu es ». 

L’enfance d’Arno Stern a été marquée par la menace de l’ascension d’Hitler en Allemagne, la fuite, la faim et la Seconde Guerre mondiale. Lui et ses parents ont survécu dans un camp de travail en Suisse, qui a fait office d’école, de collège et de lycée. 

« Avant, je pensais que la guerre m’avait empêché d’aller à l’école, aujourd’hui, je pense qu’elle m’a sauvé de l’école », se souvient Stern, qui, des années plus tard, a décidé de ne pas scolariser ses enfants pour respecter les « rythmes et les rituels de l’enfance ». 

Arno Stern est le créateur de la Formulation, théorie qui défend l’idée que l’être humain partage une seule et même « mémoire organique » universelle, qui se manifeste à travers le « jeu de peindre », en peignant en plein air de façon spontanée.

vendredi 11 octobre 2019

Hommage à Arno Stern à La Sorbonne sous le patronage de l'UNESCO

 
« Les recherches d'Arno Stern, dans les domaines des sciences de l'Homme, de l'éducation et de l'art sont internationalement reconnues. Il était temps qu'un tel hommage soit organisé à Paris. C'est effectivement dans cette ville, après avoir, avec sa famille, fuit le nazisme, et été interné dans un camp de travail, qu'aux lendemains de la seconde guerre mondiale, M. Stern a créé le célèbre atelier de peinture qu'est le Closlieu, son laboratoire, et qu'il a délimité et développé un nouveau domaine scientifique.
Ses découvertes concernant la grammaire de la Trace ont été remarquées par l'Unesco en 1950. Leur portée universelle a été démontrée par la suite. Elles font d'Arno Stern un sémiologue, doublé d'un ethnologue, sans doute l'un de nos derniers grands explorateurs, avec le nom duquel l'Histoire qu'on enseigne doit désormais compter.
Je suis heureux que ces travaux puissent être exposés aujourd'hui dans cette université. C'est pour moi un honneur d'y recevoir M. Stern. » ~Jamil Jean-Marc Dakhlia, Président de l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

Lien: https://www.youtube.com/watch?v=HqjURQFeOtY

dimanche 22 septembre 2019

Discours de Greta Thunberg devant le Congrès américain - en français


Voici mon discours devant le Congrès américain, en version imprimée.

« Je m'appelle Greta Thunberg, j'ai 16 ans et je viens de Suède. Je suis reconnaissante d'être avec vous ici aux États-Unis. Une nation qui, pour beaucoup de gens, est le pays des rêves.

J'ai aussi un rêve: que les gouvernements, les partis politiques et les entreprises saisissent l'urgence de la crise climatique et écologique et s'unissent malgré leurs différences - comme on le ferait en situation d'urgence - et prennent les mesures nécessaires pour préserver les conditions d'une vie dans la dignité pour tout le monde sur terre.

Parce qu'alors – nous, des millions de jeunes en grève scolaire – pourrions retourner à l'école.

Je rêve que les personnes au pouvoir, ainsi que les médias, commencent à traiter cette crise comme l'urgence existentielle qu'elle est, pour que je puisse rentrer chez moi auprès de ma sœur et de mes chiens, car il me manquent.

En fait j'ai plusieurs rêves. Mais nous sommes en 2019. Ce n'est ni le moment ni le lieu pour rêver. C'est le moment de se réveiller. C’est le moment de l’histoire où nous devons être pleinement éveillés.

Oui, nous avons besoin de rêver, nous ne pouvons pas vivre sans rêves. Mais il y a un temps et un lieu pour tout. Et les rêves ne doivent pas empêcher de dire les choses comme elles sont.

Et pourtant, partout où je vais, j'ai l'impression d'être entourée de contes de fées. Les chefs d'entreprise, les élus de tous les horizons politiques consacrent leur temps à imaginer et à raconter des histoires pour nous apaiser et nous rendormir.

Ce sont des histoires « réconfortantes » sur la façon dont nous allons tout régler. Comme tout sera merveilleux quand nous aurons tout « résolu ». Mais le problème auquel nous sommes confrontés n’est pas que nous manquions de capacité à rêver ou à imaginer un monde meilleur. Le problème aujourd'hui est que nous devons nous réveiller. Il est temps de faire face à la réalité, aux faits, à la science.

Et la science ne parle pas principalement de « grandes opportunités pour créer la société que nous avons toujours voulue ». Elle évoque des souffrances humaines inexprimées, qui seront de plus en plus graves si nous repoussons notre action, à moins de commencer à agir maintenant. Et oui, bien sûr, un monde transformé de façon durable offrira de nombreux et nouveaux avantages. Mais vous devez comprendre. Ce n’est pas d'abord une opportunité de créer de nouveaux emplois verts, de nouvelles entreprises ou une croissance économique verte. C'est avant tout une urgence, et pas n'importe quelle urgence. C'est la plus grande crise à laquelle l'humanité ait jamais été confrontée.

Et nous devons la traiter en conséquence afin que les gens puissent comprendre et en saisir l'urgence. Parce qu'on ne peut pas résoudre une crise sans la traiter comme telle. Arrêtez de dire aux gens que tout ira bien alors qu’en réalité, ça n'ira pas vraiment bien. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut emballer et vendre ou « aimer » sur les médias sociaux.

Arrêtez de prétendre que vous, votre idée d'entreprise, votre parti politique ou votre plan vont tout résoudre. Nous devons réaliser que nous n’avons pas encore toutes les solutions. Loin de là. À moins que ces solutions ne signifient que nous cessions tout simplement de faire certaines choses.

Échanger une source d'énergie désastreuse pour une source légèrement moins désastreuse ne peut être considéré comme un progrès.
Exporter nos émissions à l'étranger ne réduit pas nos émissions. Faire de la comptabilité de façon créative ne nous aidera pas. En fait, c’est le cœur même du problème.

Certains d'entre vous ont peut-être entendu dire que nous avions 12 ans à compter du 1er janvier 2018 pour réduire de moitié nos émissions de dioxyde de carbone. Mais je suppose que vous n’avez pratiquement pas entendu dire qu’il y avait 50% de chance de rester en dessous de 1,5 ° C de la hausse de la température mondiale par rapport aux niveaux préindustriels. Cinquante pour cent des chances.

Et ces calculs scientifiques les plus récents et les meilleurs qui soient disponibles n'incluent pas les points de bascule non linéaires, ni la plupart des boucles de rétroaction imprévues, telles que le méthane extrêmement puissant qui s'échappe du pergélisol arctique en dégel rapide, ou qui est déjà enfermé dans le réchauffement caché par la pollution atmosphérique toxique. Ils n'incluent pas non plus l'aspect équité; la justice climatique.

Donc, 50% des chances – c'est comme jouer à pile ou face – ne suffira certainement pas. Ce serait impossible à défendre moralement. Quelqu'un d'entre vous voudrait-il monter dans l'avion si vous saviez que celui-ci avait plus de 50% de chances de s'écraser ? Plus précisément: mettriez-vous vos enfants sur cet avion ?

Et pourquoi est-il si important de rester en dessous de la limite de 1,5 degré ? Parce que c’est ce que demande unanimement la science, pour éviter de déstabiliser le climat, afin de ne pas déclencher une réaction en chaîne irréversible qui échapperait au contrôle de l'humain. Même à 1 degré de réchauffement, on constate une perte inacceptable de vies et de moyens de subsistance.

Alors, où commençons-nous ? Eh bien, je suggérerais que nous commencions à regarder le chapitre 2, page 108, du rapport du GIEC publié l'année dernière. Sur cette page, il est indiqué que si nous voulons avoir 67% de chances de limiter la hausse de la température mondiale à moins de 1,5 degré Celsius, il nous restait, le 1er janvier 2018, environ 420 Gt de CO2 à émettre selon ce budget de dioxyde de carbone. Et bien sûr, ce nombre est beaucoup plus bas aujourd'hui, parce que nous émettons environ 42 Gtonnes de CO2 chaque année, en incluant l'utilisation des sols.

Avec les niveaux d’émission d’aujourd’hui, le budget restant sera épuisé en moins de 8 ans et demi. Ces chiffres ne représentent pas mon opinion personnelle. Ils ne représentent ni l'opinion ni le point de vue politique de qui que ce soit. Ces chiffres sont basés sur ce que la science démontre actuellement. Et bien qu'un grand nombre de scientifiques pensent que même ces chiffres sont trop modérés, ce sont ceux qui ont été acceptés par toutes les nations par le biais du GIEC.
Et notez bien que ces chiffres sont globaux et ne disent donc rien sur l’aspect de l'équité, clairement énoncé dans l’Accord de Paris, ce qui est absolument nécessaire pour le faire fonctionner à l’échelle mondiale. Cela signifie que les pays les plus riches doivent faire leur juste part et réduire leurs émissions à zéro beaucoup plus rapidement afin que les habitants des pays les plus pauvres puissent améliorer leur niveau de vie en construisant certaines des infrastructures que nous avons déjà, tels que les routes, les hôpitaux, les écoles, l'eau potable et l'électricité.

Les États-Unis sont le plus gros pollueur carbone de l'histoire. C’est également le premier producteur mondial de pétrole. Et pourtant, vous êtes également le seul pays au monde à avoir manifesté votre ferme intention de quitter l’Accord de Paris. Parce que, je cite : « c’était un mauvais 'deal' pour les États-Unis ».

Quatre cent vingt Gt de CO2 restaient à émettre le 1er janvier 2018 pour avoir 67% de chances de rester en dessous de 1,5°C de la température mondiale. Maintenant, ce chiffre est déjà inférieur à 360 Gt.

Ces chiffres sont très inconfortables. Mais les gens ont le droit de savoir. Et la grande majorité d'entre nous n'a même aucune idée que ces chiffres existent. En fait, même les journalistes que je rencontre ne semblent pas savoir qu’ils existent. Sans parler des politiciens. Et pourtant, ils semblent tous tellement certains que leur plan politique résoudra toute la crise.

Mais comment pouvons-nous résoudre un problème que nous ne comprenons même pas en entier ? Comment pouvons-nous laisser de côté le tableau complet et les meilleures données scientifiques actuellement disponibles?

Je crois qu'il y a un énorme danger à le faire. Et quel que soit le contexte politique de cette crise, nous ne devons pas permettre que cela reste une question politique partisane. La crise climatique et écologique dépasse la partisanerie politique. Notre principal ennemi à l'heure actuelle n'est pas notre adversaire politique. Maintenant, notre principal ennemi, c'est la physique en elle-même. Et o
n ne peut pas négocier avec les lois de la physique.
Tout le monde dit qu'il est impossible de faire des sacrifices pour la survie de la biosphère, et pour garantir les conditions de vie des générations futures et actuelles.

Les Américains ont pourtant fait de gros sacrifices pour surmonter de terribles difficultés auparavant.

Pensez aux braves soldats qui se sont précipités à terre lors de la première vague sur Omaha Beach le jour J. Pensez à Martin Luther King et aux 600 autres leaders des droits civiques qui ont tout risqué pour aller de Selma à Montgomery. Pensez au président John F. Kennedy qui annonçait en 1962 que l’Amérique « choisirait d’aller sur la lune au cours de cette décennie et de faire d'autres choses, non pas parce qu’elles sont faciles, mais parce qu’elles sont difficiles… »

C'est peut-être impossible. Mais en regardant ces chiffres – en regardant les meilleures données scientifiques actuellement disponibles, telles que signées par chaque pays – alors je pense que c’est précisément ce à quoi nous sommes confrontés.

Mais vous ne devez pas passer tout votre temps à rêver, ni considérer cela comme une lutte politique à gagner.

Et vous ne devez pas jouer à pile ou face l'avenir de vos enfants.
Au lieu de cela, vous devez vous unir derrière la science.

Vous devez agir.


Vous devez faire l'impossible.


Parce que renoncer ne peut jamais, jamais, être une option. » ~ Greta Thunberg

___

Here is my full speech from the US Congress in print. - Greta Thunberg
https://www.facebook.com/gretathunbergsweden/posts/919950758372745

"My name is Greta Thunberg, I am 16 years old and I’m from Sweden. I am grateful for being with you here in the USA. A nation that, to many people, is the country of dreams.

I also have a dream: that governments, political parties and corporations grasp the urgency of the climate and ecological crisis and come together despite their differences – as you would in an emergency – and take the measures required to safeguard the conditions for a dignified life for everybody on earth.

Because then – we millions of school striking youth – could go back to school.

I have a dream that the people in power, as well as the media, start treating this crisis like the existential emergency it is. So that I could go home to my sister and my dogs. Because I miss them.

In fact I have many dreams. But this is the year 2019. This is not the time and place for dreams. This is the time to wake up. This is the moment in history when we need to be wide awake.

And yes, we need dreams, we can not live without dreams. But there’s a time and place for everything. And dreams can not stand in the way of telling it like it is.

And yet, wherever I go I seem to be surrounded by fairytales. Business leaders, elected officials all across the political spectrum spending their time making up and telling bedtime stories that soothe us, that make us go back to sleep.

These are “feel-good” stories about how we are going to fix everything. How wonderful everything is going to be when we have “solved” everything. But the problem we are facing is not that we lack the ability to dream, or to imagine a better world. The problem now is that we need to wake up. It’s time to face the reality, the facts, the science.

And the science doesn’t mainly speak of “great opportunities to create the society we always wanted”. It tells of unspoken human sufferings, which will get worse and worse the longer we delay action – unless we start to act now. And yes, of course a sustainable transformed world will include lots of new benefits. But you have to understand. This is not primarily an opportunity to create new green jobs, new businesses or green economic growth. This is above all an emergency, and not just any emergency. This is the biggest crisis humanity has ever faced.

And we need to treat it accordingly so that people can understand and grasp the urgency. Because you can not solve a crisis without treating it as one. Stop telling people that everything will be fine when in fact, as it looks now, it won’t be very fine. This is not something you can package and sell or ”like” on social media.

Stop pretending that you, your business idea, your political party or plan will solve everything. We must realise that we don’t have all the solutions yet. Far from it. Unless those solutions mean that we simply stop doing certain things.

Changing one disastrous energy source for a slightly less disastrous one is not progress. Exporting our emissions overseas is not reducing our emission. Creative accounting will not help us. In fact, it’s the very heart of the problem.

Some of you may have heard that we have 12 years as from 1 January 2018 to cut our emissions of carbon dioxide in half. But I guess that hardly any of you have heard that there is a 50 per cent chance of staying below a 1.5 degree Celsius of global temperature rise above pre-industrial levels. Fifty per cent chance.

And these current, best available scientific calculations do not include non linear tipping points as well as most unforeseen feedback loops like the extremely powerful methane gas escaping from rapidly thawing arctic permafrost. Or already locked in warming hidden by toxic air pollution. Or the aspect of equity; climate justice.

So a 50 per cent chance – a statistical flip of a coin – will most definitely not be enough. That would be impossible to morally defend. Would anyone of you step onto a plane if you knew it had more than a 50 per cent chance of crashing? More to the point: would you put your children on that flight?

And why is it so important to stay below the 1.5 degree limit? Because that is what the united science calls for, to avoid destabilising the climate, so that we stay clear of setting off an irreversible chain reaction beyond human control. Even at 1 degree of warming we are seeing an unacceptable loss of life and livelihoods.

So where do we begin? Well I would suggest that we start looking at chapter 2, on page 108 in the IPCC report that came out last year. Right there it says that if we are to have a 67 per cent chance of limiting the global temperature rise to below 1.5 degrees Celsius, we had, on 1 January 2018, about 420 Gtonnes of CO2 left to emit in that carbon dioxide budget. And of course that number is much lower today. As we emit about 42 Gtonnes of CO2 every year, if you include land use.

With today’s emissions levels, that remaining budget is gone within less than 8 and a half years. These numbers are not my opinions. They aren’t anyone’s opinions or political views. This is the current best available science. Though a great number of scientists suggest even these figures are too moderate, these are the ones that have been accepted by all nations through the IPCC.
And please note that these figures are global and therefore do not say anything about the aspect of equity, clearly stated throughout the Paris Agreement, which is absolutely necessary to make it work on a global scale. That means that richer countries need to do their fair share and get down to zero emissions much faster, so that people in poorer countries can heighten their standard of living, by building some of the infrastructure that we have already built. Such as roads, hospitals, schools, clean drinking water and electricity.
The USA is the biggest carbon polluter in history. It is also the world’s number one producer of oil. And yet, you are also the only nation in the world that has signalled your strong intention to leave the Paris Agreement. Because quote “it was a bad deal for the USA”.
Four-hundred and twenty Gt of CO2 left to emit on 1 January 2018 to have a 67 per cent chance of staying below a 1.5 degrees of global temperature rise. Now that figure is already down to less than 360 Gt.
These numbers are very uncomfortable. But people have the right to know. And the vast majority of us have no idea these numbers even exist. In fact not even the journalists that I meet seem to know that they even exist. Not to mention the politicians. And yet they all seem so certain that their political plan will solve the entire crisis.
But how can we solve a problem that we don’t even fully understand? How can we leave out the full picture and the current best available science?
I believe there is a huge danger in doing so. And no matter how political the background to this crisis may be, we must not allow this to continue to be a partisan political question. The climate and ecological crisis is beyond party politics. And our main enemy right now is not our political opponents. Our main enemy now is physics. And we can not make “deals” with physics.
Everybody says that making sacrifices for the survival of the biosphere – and to secure the living conditions for future and present generations – is an impossible thing to do.
Americans have indeed made great sacrifices to overcome terrible odds before.
Think of the brave soldiers that rushed ashore in that first wave on Omaha Beach on D Day. Think of Martin Luther King and the 600 other civil rights leaders who risked everything to march from Selma to Montgomery. Think of President John F. Kennedy announcing in 1962 that America would “choose to go to the moon in this decade and do the other things, not because they are easy, but because they are hard…”
Perhaps it is impossible. But looking at those numbers – looking at the current best available science signed by every nation – then I think that is precisely what we are up against.
But you must not spend all of your time dreaming, or see this as some political fight to win.
And you must not gamble your children’s future on the flip of a coin.
Instead, you must unite behind the science.
You must take action.
You must do the impossible.
Because giving up can never ever be an option." ~Greta Thunberg

mardi 1 mai 2018

Apprendre n'est pas une action - André Stern sur Kaizen magazine



André Stern, auteur de Jouer, faisons confiance à nos enfants, nous rappelle avec enthousiasme l’importance de l’apprentissage de l’enfant à travers le jeu. Il répond aux questions de Pascal Greboval en direct du Salon-rencontres Primevère.

« Apprendre, ça n'existe pas en tant qu'acte, ce n'est pas quelque chose que l'on peut faire. Ce n'est pas une action, c'est quelque chose qui nous arrive.
Apprendre n'est pas un effort quand il se passe dans l'enthousiasme du jeu. L'enfant vient au monde comme citoyen au monde du jeu, c'est son appartenance, sa patrie. C'est son élément. Comme une hirondelle dans l'air et un poisson dans l'eau, l'enfant est dans son élément lorsqu'il est dans le jeu.
Nous avons en nous cette nostalgie du jeu qui n'est pas mis à l'opposé de l'apprentissage. D'ailleurs, pour l'enfant, opposer jeu et apprentissage, c'est complètement incompréhensible voire douloureux. » ~ André Stern

mardi 13 mars 2018

Les enfants naissent scientifiques - Neil deGrasse Tyson (Let Kids Be Kids)





Le réputé scientifique Neil deGrasse Tyson l'affirme ici:
Les enfants naissent scientifiques.
Il n'y a pas à les intéresser à la science si on ne les arrête pas d'expérimenter.

Picasso disait aussi que l'enfant naît artiste et que le plus difficile est de le rester, de grandir sans perdre ce 'don' inné...

C'est bien nous, parents, adultes, qui arrêtons nos enfants dans leurs dispositions spontanées. Pourtant, le monde a un besoin criant depuis des lustres d'enfants respectés qui voient le monde de leur regard lucide et agissent.

Vivement l'écologie de l'enfance !

mardi 23 janvier 2018

Ophélie Véron - Défendre les animaux : état des lieux et réflexions stratégiques (FVM 2017)


Voici la première conférence qu'a prononcé Ophélie Véron - Antigone XXI, lors de sa tournée de novembre 2017. Je suis ravie de voir enfin cette présentation, la seule que j'ai malheureusement manquée avant de rejoindre Ophélie pour l'accompagner lors cette première grande tournée chez nous.

Dans cette présentation et dans son travail, Ophélie rejoint l'attitude que nous proposons à J'OSE la vie ! et plus récemment avec le mouvement écologie de l'enfance

En plus de partager une certaine affection pour l'histoire d'Antigone, je me réjouis d'entendre la même invitation. Celle que nous répétons partout depuis plusieurs années, celle qu'on m'a invitée à porter au sein du C.A. de l'AQED et qui a été publiée sur ce blog lors du dépôt du bilan de la fin de mon mandat en 2016, soit cette invitation « à regarder, à chaque instant, ce que nous pouvons faire ensemble, les uns AVEC les autres. »

Que l'on tienne du véganisme ou de l'antispécisme, de l'attachment parenting, du unschooling ou de l'écologie de l'enfance, cette attitude de respect de la vie de l'autre est un mouvement de justice sociale. À nous d'y travailler ensemble !

Édith

lundi 18 décembre 2017

Tout naît de notre accueil à l'enfant (petit ou grand)

Ce matin, facebook me rappelait une des mes publications de 2012.

Après cette journée de cuisine traditionnelle de nos beignes en famille, j'en ai fait une brève traduction, que j'ai choisi d'accompagner d'une photo que j'ai prise à Montréal en mai 2013. J'ai plus tard appris que cette sculpture est de l'artiste Léa Vivot, et qu'elle s'appelle... Mother and child.

J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com


Comme vous savez, tout mon travail, toute ma vie - c'est la même chose - de maman, de blogueuse à J'OSE la vie!, d'autrice, de photographe, de citoyenne engagée, de responsable et d'idéatrice du congrès Écologie de l'enfance, tout, absolument tout, naît de cette certitude inscrite dans mon instinct depuis que je suis devenue maman (ou depuis toujours ?) que tout ce que chacun.e vit à chaque instant naît de l'accueil reçu à chaque instant. Et la science ne fait que continuer de nous le démontrer.


Si vous ne suivez pas notre page facebook, je dépose ici quelques liens et extraits d'articles sur le sujet que j'y ai partagés récemment :

Allaitement, un homme en parle - par James Akré, sociologue de formation et promoteur de l'allaitement
L'allaitement ne nous rend pas plus intelligents ; c'est plutôt le non-allaitement qui nous empêche d'atteindre notre potentiel d'intelligence. Les bébés humains ne réaliseront jamais leur potentiel génétique en ingérant du fast-food pédiatrique - je parle là des laits industriels (29) - fabriqué à partir du lait d'une espèce qui nous est étrangère.
Il n'y a pas de bénéfices de l'allaitement, il n'y a que des degrés variés de risque, pour la santé des mères et des enfants, à ne pas allaiter. En fait, vanter les « bénéfices de l'allaitement » n'a pas plus de sens que vanter les « bénéfices de marcher debout sur deux jambes ». Tous deux sont des traits qui définissent - ni plus ni moins - ce que c'est qu'être humain.
D'ailleurs, en parlant de marcher debout, il est peu probable que prôner l'exercice physique soit vu comme une tentative d'humilier les personnes en fauteuil roulant. Pourtant, certains observateurs ne se gênent pas pour clamer que le but réel de la promotion de l'allaitement est de culpabiliser les mères qui donnent le biberon.

Yes, it's Your Parents' Fault
N'ayez crainte, malgré un titre accrocheur, l'article n'est pas moralisateur. D'ailleurs, il faut bien en parler parce que chaque fois qu'on aborde le sujet de notre attitude face à l'enfant, on semble nager en pleine épouvante - peur de la culpabilité. Personnellement, une fois l'émotion respirée, (oui, la peur est une émotion), je trouve bien au contraire que c'est responsabilisant, que ça permet de reprendre chacun.e notre autonomie. Se permettre enfin de regarder clairement les faits, et agir, n'est-ce pas un pas majeur vers ce retour à soi que nous valorisons tellement dans nos sociétés ?

By the end of our first year, we have stamped on our baby brains a pretty indelible template of how we think relationships work, based on how our parents or other primary caregivers treat us. From an evolutionary standpoint, this makes sense, because we need to figure out early on how to survive in our immediate environment.

“Our attachment system preferentially sees things according to what has happened in the past,” said Dr. Amir Levine, a psychiatrist at Columbia University and the co-author of the book “Attached,” which explores how attachment behaviors affect the neurochemistry of the brain. “It’s kind of like searching in Google where it fills in based on what you searched before.”
Et mon préféré (quand des chercheurs découvrent et démontrent ce que nos enfants nous ont montré, ce que nous avons vu et vécu depuis des décennies...) :
How often you hold your baby actually affects their DNA, study finds
A loving mother’s caress is more than simple comfort to an infant. Scientists have known for decades that touch is critically important for a child’s healthy development, according to an article in the journal Pediatric Child Health.
But now a new study shows that the amount a baby is touched can leave lasting, measurable effects — not just on behavior or growth, but all the way down to the molecular level of the DNA. Those changes, the scientists speculate, could have negative effects on the way the child grows and develops.

Read more here: http://www.miamiherald.com/news/nation-world/national/article186889938.html#storylink=cpy

Sur ce, je vous souhaite bonnes lecture. De mon côté, j'essaie de revenir à moi, cad de retourner à mon écriture un peu délaissée par tout le travail de la première tournée d'Ophélie Véron au Québec. Je ne vous dis pas sur quel sujet j'écris, si ce n'était pas déjà une évidence, je viendrais de le dire dans ce billet. ;-)


Et je vous dis, à bientôt j'espère, avec une ou deux bonnes recettes de beignes ... véganes évidemment ! :-)


Édith

P.S. Au cours de cette tournée avec Ophélie, on nous a demandé à quelques reprises quel était le 'lien' entre nous / notre travail respectif. Si vous vous posez aussi cette question, je vous dirige vers ce billet qui explique assez bien, je crois : La dignité des faibles

extrait :
« Lorsque nos enfants étaient petits, nous les avons respectés de plus en plus à mesure que nous sommes devenus plus attentifs à eux qu'à qui ou quoi que ce soit d'autre. Respect pour leur rythme, leurs besoins, leurs enthousiasmes, leurs choix. »