lundi 10 décembre 2012

Northeast Unschooling Conference 2012 - et Dr. Peter Gray

Mise à jour de notre blog qui a pris pas mal de retard. Rédigé en août et septembre 2012, photos et vidéos ajoutées récemment. Au moment où je publie ces lignes, je viens d'apprendre que le même hôtel est déjà réservé pour l'édition 2013, du 22 au 25 août.  Kathryn souhaite que nous l'annoncions partout. C'est fait !




Le 27 août dernier s'achevait la 4è édition de la Northeast Unschooling Conference, à Wakefield, près de Boston, Massachusetts. Un étage entier rien que pour nous, plus de 100 familles, 350 personnes.
Quatre jours de conférences, d'ateliers, de fun-shops, d'événements, de causeries, et de hugs! (Oui, c'est vrai, tout plein de câlins, ici!) Et un 5ème jour pour le pique-nique, pour ceux qui ne veulent plus quitter, se quitter. 

De mon carnet, notes rédigées sur place:



Dimanche, 26 août 2012

Je suis plutôt fatiguée, j'ai quitté la suite de Kathryn, la diva organisatrice de la conférence, pour aller prendre l'air et je suis rentrée partager quelques mots avec vous, avant d'aller au lit. Ces journées auront été riches en émotion, en apprentissage (immersion anglaise, dans mon cas), et en «premières fois».
Première fois que je conduis moi-même sur une aussi longue route: 7 heures plus les pauses.
Première fois que je passe la frontière en étant au volant: répondre aux questions du douanier, donner nos deux dernières clémentines pour qu'il les mette à la poubelle (!), et apprendre que les bananes et la laitue, c'est OK (???).

ici mon sourire fatigué du dernier jour
capté par Robyn Coburn (NEUC-2012)
Première fois que j'assiste à une fin de semaine de conférences et d'ateliers sur le unschooling!
Première fois que je voyage sans toute ma famille plus de 2 jours: ils me manquent.
Première fois que je voyage seule avec notre aîné plus de 2 jours:  un compagnon de voyage et de vie très agréable, j'apprécie beaucoup.
Voilà pour un petit aperçu. La suite demain... ah non, c'est vrai, demain c'est le pique-nique de célébration de fin de la NEUC, à Salem Willows Park, au bord de la mer. Alors, la suite, dans quelques jours, le temps de rentrer à la maison, et de me reposer un peu.

Ici, je parle en anglais, tous les jours, tous les soirs, partout. Je crois que je pense en anglais... et même que je rêve en anglais la nuit maintenant! Je m'éveille fatiguée le matin. Ouf!

Je savais depuis longtemps que nous sommes isolés par cette barrière de la langue, mais ici, au milieu de ces centaines de unschoolers, d'enfants heureux, de parents joyeux, de sourires, de câlins, de danse, de musique, de dessins, de mots - d'émotions aussi - je réalise à quel point nous l'avons étés. Lorsque nous sommes devenus parents, il n'y avait pas d'information en français, ni de soutien à la véritable nature de l'enfant, à un véritable parentage humain, un accompagnement respectueux. Aujourd'hui, on en trouve un peu, grâce à tous ces gens qui ont pris le temps de témoigner, et de traduire. Merci!

(fin des notes.)


Suite, rédigée au retour, septembre 2012
Nous avons fait bonne route le jeudi. À un moment, nous avons côtoyés un camion immense qui transportait une pale d'éolienne immense, wow!

Nous sommes arrivés vers 20h00 à l'hôtel. Après avoir déposé une partie de nos bagages dans la chambre 706 (plutôt luxueuse, pas habitués, nous), nous sommes descendus rejoindre notre groupe. Et là, quel accueil chaleureux de Debbie, Emilie, Idzie, Adli, Wen, Litsong, Erika, Michael, Cameron, tous ces gens que nous avons connus au SMUG. Et plusieurs aussi que nous ne connaissions pas. Pas encore.

La movie night battait son plein. Dans une salle sombre, des enfants et leurs parents regardaient ce superbe film tiré d'une histoire vraie: Fly Away Home. Dans l'escalier, dans les fauteuils ou au sol, sur la moquette, des jeunes et des parents partout. C'était comme irréel!  Nous avons bavardé un moment, de notre route, du sourire du douanier (oui, oui, il souriait!), puis nous sommes allés dire bonsoir à l'organisatrice de ce grand événement, Kathryn J. Baptista, qui avait accepté, malgré notre suggestion de dernière minute, quelques jours auparavant, de présenter la bande-annonce du film de Clara Bellar: Being and Becoming (Être et Devenir) lors de cette soirée de films. L’accueil a été chaleureux, comme on s'y attendait.

Nous avons exploré un peu les salles et salons, parlé aux gens, lu quelques informations remises aux arrivants. - Intéressantes les infos pour les nouveaux au unschooling, on devrait les traduire et les publier. ;-) - Une maman m'a offert d'utiliser son cellulaire pour 'texter' à Stéphane notre arrivée. N'ayant jamais texter, je demandais pour chaque détail, chaque étape. Je me suis trompée dans l'adresse courriel; j'ai mis .ca au lieu de .com. Plus tard, quand il y a eu une place libre à la salle informatique, j'ai écrit plus longuement. Puis, de notre chambre. À la réception, on m'avait avisé que les tarifs pour les appels interurbains étaient dans les 3 dollars la minute. J'ai téléphoné pour dire bonsoir à mes amours, qui étaient sortis s'amuser. J'ai appris le dernier jour qu'on m'avait facturé 9$ + taxes, pour 3 fois moins d'une minute d'appel... !

Le vendredi, j'ai assisté à 'mon' premier atelier: "Unschooling Diversity". Animé par Erika Davis-Pitre aux côtés de son mari Michael, que Stéphane apprécie beaucoup. Il s'agissait d'un cercle de parole où chacun se présentait et racontait comme il était venu au unschooling. On partageait aussi en quoi on se sentait différent des autres personnes ou familles de notre entourage, et ce qui pouvait être difficile à gérer parfois avec les gens qui ne connaissent pas le unschooling. 
avec Beth Toolan, co-organisatrice
cr.photo: Keith Dixon


Erika Davis-Pitre, Ren Allen, Robyn Coburn
En après-midi, je suis allée à la conférence "Unschooler Q and A" présentée par trois mamans: Ren Allen, Erika D. Pitre et Robyn Coburn. L'ambiance était à la hauteur de la complicité de ces trois dames. Un moment émouvant: Robyn a demandé à sa fille (qui venait d'entrer) ce qu'elle aurait pu faire mieux comme mère. Jayn a répondu ''giving more hugs'' avant de courir aller cueillir son câlin. Touchée, je me suis levée, j'ai rejoint notre fils qui s'était installé derrière aux côtés de Debbie, pour le prendre dans mes bras. Les câlins, ça nourrit la vie


Suivait "Sharing Joy" avec l'énergique Erika que j'aime beaucoup. Erika est si enthousiaste à propos des enfants, de l'enfance, de la relation qu'on peut avoir avec chacun d'entre eux, elle est vraiment inspirante et fait beaucoup rire les gens. En guise de remerciement, elle demande... des câlins. ;-)
Erika ♥ doing ATC's
photo NEUC 2012
Puis, nous sommes sortis nous balader. Il faisait si beau, si chaud, qu'on ne voulait pas rester à l'intérieur toute la journée. Derrière l'hôtel, nous nous sommes assis au bord de l'étang pour relaxer et bavarder tranquillement. Quel bon moment, où j'ai pu pratiquer l'anglais plus calmement. Puis, on est rentrés se faire un jus vert. On avait apporté l'extracteur à jus afin de se tenir en forme parce qu'on savait que toutes ces activités allaient nous prendre beaucoup... de jus!
Bob, lors du Talent Show!
cr.photo: Ren Allen

Après un léger souper, une pause, quelques causeries, on est allés voir le talent show. C'était déjà commencé. Une soirée bien remplie par les démonstrations, concerts et prouesses de ces chanteurs, danseurs, musiciens, comédiens, humoristes, jongleur. De la pièce de théâtre initiée par un groupe de jeunes pendant l'après-midi aux récits de poésie, en passant par la démonstration de ContraDance et quelques mélodies de Zelda à la guitare (yes!), on a passé de bons moments.

Un aperçu de la contradance:




Ren Allen et Keith Dixon
Le samedi, j'ai trouvé que le temps passait vite. Trop vite. Et que mon cerveau avait besoin de repos. Ou de plus de jus vert! 

Je suis quand même arrivée à peu près à temps pour l'atelier Entrepreneurial Unschoolers, animé par Ren Allen et Keith Dixon. Et c'est là que j'ai découvert ce couple sympathique que j'espère avoir la joie de revoir souvent. Ils ont raconté en toute simplicité leur passé, les difficultés, les défis, et leur joie de faire enfin, ensemble, ce qui les animent de l'intérieur:  Ren, le maquillage professionnel; Keith, la photographie. Ils ont partagé des idées et suggestions pour soutenir chaque enfant dans ses propres enthousiasmes. Et écouté avec empathie et répondu aux questions et questionnements de chacun. Il y a de l'émotion dans l'air lorsqu'on est entre unschoolers et qu'on parle d'argent, d'être entrepreneurs et de conjuguer le tout avec une vraie vie.

L'atelier suivant portait sur l'Importance de la Tribu, avec Jean Dorsey. Sujet qu'on trouve tout naturel au milieu d'un congrès de unschoolers. Jean (prononcez 'Jeene', un prénom féminin en anglais) a présenté un peu ce qu'était l'importance d'avoir une tribu pour elle et sa famille. Puis on a discuté des difficultés d'en trouver une parfois et émis des suggestions pour en créer lorsqu'il n'y en a pas près de chez nous. En organisant un groupe de rencontres pour familles unschoolers ou amis du unschooling. Ou en commençant par une conférence d'un jour dans notre ville, par exemple. J'en ai profité pour poser aux participants deux questions que des parents québécois avaient posées sur notre liste de discussion. J'ai ensuite rapporté les réponses. (Si vous lisez l'anglais, vous trouverez à ce lien un  témoignage écrit par un père et l'un des plus touchants que j'ai lu de ma vie. Je ne savais pas, lorsque j'ai assisté à l'atelier de Jean, que ce super papa était son mari ! À partager à tous les papas: http://drewstake.blogspot.ca/)

Ensuite, je suis allée manger une bouchée et je suis tombée sur une famille que je ne connaissais pas encore mais dont j'avais entendu le papa chanter, accompagnée de sa fille au clavier lors du talent show. Quel talent! On a fait connaissance dans cet unique salon où il y avait des tables pour manger et un frigo qui nous a été très utile chaque jour puisqu'il n'y en avait pas dans la chambre. Le luxe a ses limites quand même. ;-) On s'est fait une salade et on a discuté d'alimentation vivante avec Kevin, le papa à la superbe voix, qui mange vegan (et cru) la plupart du temps lui aussi. Nous n'étions pas les seuls. 
James H Coburn IV
photo: NEUC website
Déjà, lorsque nous avions abordé James Coburn un moment la veille pour lui demander s'il allait être possible de faire de la crème glacée raw vegan lors du pique-nique, il a tout de suite répondu: «oui, pourquoi pas, on va essayer! On fait toutes sortes de crèmes glacées, vegan, avec boisson de riz ou d'amandes, n'importe quoi, selon les demandes de chacun. Chaque famille apporte ses aliments.» So cool! Même pas de question à savoir pourquoi on mange ceci ou ne mange pas cela. Merci James! 

J'ai raté la présentation Open Door (travel) qu'animait Litsong. On m'a dit qu'elle y racontait comment elle voyage avec son fils plusieurs mois par année en utilisant Couch Surfing, Hospitality Club, et autres bonnes idées. 



J'ai aussi manqué l'atelier ATC's (j'aime beaucoup en faire), dont je vous reparlerai un de ces jours. Et je me suis présentée à la moitié de la conférence de Robyn et James Coburn: He Said, She Said. Je me rappellerai toujours la réponse de James à la question d'une mère qui voulait savoir pourquoi et comment il en était venu au unschooling. Il a répondu que lorsqu'il était enfant, il n'avait pas de relation avec son père. La plupart du temps, à la maison, ses parents étaient dans une pièce, lui dans une autre. Il a eu l'impression de ne pas connaître son père. Alors, quand il est devenu papa, il s'est dit qu'il aurait une vraie relation avec son enfant. Comme Robyn avait déjà trouvé de l'info sur l'attachment parenting (maternage proximal qu'on dit en France, je crois), et qu'elle avait terminé la lecture d'un livre de John Holt alors que sa fille n'avait que 10 mois (!), ils étaient partis du bon pied tous les deux. 

Lorsque je lui ai demandé comment elle avait entendu parler de John Holt alors que sa fille était encore un bébé, elle a dit: «Je suis désolée, je ne me rappelle pas... je crois que c'est peut-être parce que j'étais sur une liste de discussion sur l'attachment parenting... quelqu'un a dû suggérer le livre, je ne sais plus. Mais ce que je sais, c'est que je l'ai noté dans le livre souvenir de notre fille, lorsqu'elle a eu 10 mois.» (Bon, elle a dit ça, mais en anglais, hein!) James et Robyn ont également partagé que ça a été plus facile pour eux les premières années avec leur petite Jayn car James était à la maison à cause d'une blessure. Ils ont vécu ces premières années en famille. Tous les deux ont affirmé que cette blessure avait été une chance dans leur vie. J'ai beaucoup apprécié cette rencontre avec la famille Coburn. 

Après seulement quelques minutes de pause, Dr. Peter Gray a pris la tribune pour sa conférence: 232 families. J'étais très contente d'y assister, c'était une des conférences que j'attendais le plus. Malheureusement, j'avais un de ces mal à la tête, ouille! 
Peter Gray, Ph. D.
Avant d'entrer dans la salle de conférence, nous nous sommes parlés un moment. Dr. Gray avait déjà fait la connaissance de notre fils. On se connaissait un peu puisqu'on avait correspondu ensemble l'automne dernier lorsque j'ai fait la traduction du formulaire de sondage de son étude sur le unschooling. 

Nous avons abordé le sujet de la difficulté pour les parents qui ne parlent pas anglais d'avoir accès à toute cette information qui circule, à ce soutien aussi des listes de discussion, blogs, sites webs, livres, etc. Il en est bien conscient, il a reçu quelques formulaires remplis par des familles françaises. Il a demandé si nous étions en contact avec eux. Nous le sommes un petit peu en suivant les infos sur hors des murs ou ailleurs. Il a soulevé la problématique devant laquelle se retrouvent des familles européennes face à l'administration des lois de leurs pays, ou pire, face à une loi interdisant l'école maison (la Suisse, l'Allemagne). 

Dans sa présentation, il est revenu sur ce point un instant pour souligner que 5% des familles nord-américaines qui ont répondu au sondage ont vécu des défis face aux questions juridiques, comparativement à 33% des répondants Européens. C'est beaucoup, et affligeant. (Cela dit, on doit aussi tenir compte du fait qu'ils étaient beaucoup moins nombreux à avoir répondu. Tout de même, cela semble bien représenter ce qu'on peut voir circuler sur internet).

un moment à NEUC 2012 - cr.photo: Jean Dorsey
Lors de la période de questions, je lui ai demandé comment il en était venu à étudier le unschooling. Il a dit s'être intéressé pendant plusieurs années aux écoles (libres) Sudbury et de là, il a un jour découvert le unschooling. Il aime faire de la recherche, découvrir ce qu'il ne connaît pas. Il a enjoint les gens qui aiment faire de la recherche à choisir un sujet qu'ils ne connaissent pas: «Il est plus intéressant de se poser des questions dont on ne connaît pas les réponses», a-t-il déclaré. Son étude est toujours en cours. Vous pourrez prendre connaissance des résultats préliminaires, en français, quand nous aurons terminé la traduction. Si vous les avez traduits, ou connaissez quelqu'un qui l'a fait, merci de nous en aviser, nous en serons... allégés. ;-) Si vous lisez l'anglais, c'est ici.

Le mal de tête a eu raison de moi, je n'ai pu continuer. J'ai raté le rendez-vous que j'avais demandé à Dr. Gray pour faire une interview avec lui. J'espère qu'on pourra se reprendre l'an prochain. Je suis rentrée à la chambre me reposer. J'étais vraiment exhausted. J'ai pleuré, essayé de dormir, pleuré, pris une douche. Après m'être délestée de tout ça, j'ai fait un peu de stretching, et je me suis habillée... pour aller danser! :-)

Le samedi soir, c'est le Birthday Bash Masquerade Ball! Une centaine de jeunes et moins jeunes dansaient déjà quand je suis entrée dans la salle de bal déguisée de nos lunettes prismatiques arc-en-ciel. J'ai dansé pendant près de deux  heures en prêtant nos lunettes à tout un chacun, jusqu'à ce que Bob et/ou son frère Arthur nous les pique (emprunte à long terme), fasciné(s) qu'il(s) étai(en)t par les éclats lumineux de toutes les couleurs autour de toutes les lumières. Ils les ont gardés pour jouer au soleil le lendemain, et le jour d'après... et puis, Arthur a quitté le lundi avec des copains,... et avec nos lunettes! 

Brève et agréable rencontre avec Jennifer et ses charmants enfants. On a joué à qui était le plus jeune, ou le plus petit. ;-)
Et... dodo.


Dimanche, je me suis fait un jus vert, j'ai pris une banane, et après avoir bavardé un moment - et m'être perdue quelque part dans les corridors ou dans mes pensées - je suis allée à Unschooling your teens avec l'adorable Erika. Il y avait une dizaine de jeunes gens ou d'adolescents et plus d'une vingtaine de parents. Que d'intéressantes  - et émouvantes - discussions, encore une fois. La rencontre s'est prolongée un peu, j'ai manqué le yoga avec Litsong. J'en aurais bien eu besoin, pourtant. Tant pis! J'ai aussi manqué le moment de massage que je me promettais... une maman offrait 10 minutes de massage sur chaise pour... 5$! Re-tant pis!

Midi: Fin de la conférence, mot des organisatrices, applaudissements, annonce de la NEUC 2013. Re-applaudissements! 

Un peu d'air pur, balade au bord de l'eau d'où j'ai vu l'envol d'un Grand Héron Bleu (ou était-ce la veille?), causeries dans le hall. Changement de chambre. Notre réservation de 3 nuits était terminée. Un sympathique jeune homme, que nous avons aussi connu au SMUG nous a accueilli dans sa chambre pour cette dernière nuit. Nice!

ATC's avec Erika, sur la terrasse où Michael et Litsong nous ont rejointes et ont mangé les derniers bleuets frais que mes parents avaient cueillis dans le Saguenay pour nous les offrir. Ils étaient délicieux j'en suis certaine car, après leur départ, j'ai constaté qu'il n'en restait plus. ;-) À un moment, Litsong m'a fait remarqué que j'avais passé des bleuets canadiens aux douanes... je n'y avais même pas pensé!

Erika et Michael sont allés visiter les sorcières à Salem, Litsong a quitté la terrasse, plusieurs jeunes gens sont arrivés, venus dessiner à mes côtés ou jouer de la guitare et chanter. Et bavarder. Puis, on est rentrés préparer une salade verte, une vinaigrette, et une salade de fruits pour le potluck. On a fouiné un peu jusqu'au 12è (c'était la chaufferie!), puis rejoint la gang dans la suite, au 11è, pour manger un peu. Je me suis trouvée un petit coin tranquille dans le salon, sur la moquette. J'ai écouté un peu les conversations pour me rendre à l'évidence: la cacophonie anglaise ressemble à la cacophonie française... mais me donne plus de maux de tête si j'essaie d'y comprendre quelque chose. Alors, j'ai mis mon cerveau à OFF, et j'ai dessiné tranquillement. En échangeant un mot avec Michael, Keith, ou Michele, de temps à autre. À un moment, j'ai joint ma voix à celle d'Emilie lorsqu'elle a chanté Mad World, en s'accompagnant au yukulele. Emilie a une jolie voix. Elle a appris très rapidement à jouer du yuk, comme ils disent. J'aime beaucoup chanter avec elle. Dès que j'ai reconnu l'air, c'est parti tout seul. Je connais cette chanson parce que je l'ai entendu si souvent à la maison. Notre fils est venu me rejoindre et on est sortis marcher un peu dans le silence de la nuit. Le silence était bon. On est retournés au party un moment, on a vidé les bols, nettoyé un peu, bavardé encore un peu, remercié Kathryn et Beth de leur accueil, et on s'est souhaités une bonne nuit!

Lundi, 5h43, on frappe à la porte: une série de petits coups répétés. Je bondis pour découvrir qu'il n'y a personne. Je me suis remise au lit mais n'ai pu me rendormir. Silencieusement, j'ai fait ma toilette, et les bagages. C'était le jour du pique-nique à Salem. On sentait partout la joie chez toutes les familles qui étaient restées une nuit de plus pour cette sortie au parc. 

Bob et Arthur sont montés avec nous, leur père avec Erika. Nous avions noté l'itinéraire - en français - Lauren avait le sien, de l'an dernier, en anglais. Ils étaient semblables, mais pas identiques. Erika est parti devant, d'autres ont suivi. Lauren nous suivrait. On s'est un peu égarés. Lorsqu'un conducteur sympathique a dit qu'il nous laisserait passer devant lui pour prendre à droite lorsque le feu serait vert, j'ai (très bizarrement) oublié qu'elle nous suivait. Elle s'est donc vue forcée de tourner à gauche. Heureusement, elle est tombée sur Ren, qu'elle a reconnue par un bumper sticker, et en la suivant, elle est arrivée deux minutes après nous au Salem Willows Park. 

De grands arbres, majestueux. Un jeune homme tout content de grimper. Il y est resté un moment à former un panier avec ses bras pour qu'on puisse jouer au basket-ball. Ren et Keith prenaient des photos. Litsong et Wen faisaient voler leurs cerfs-volants. James gérait l'atelier crème glacée au nitrogène liquide. Cool!
On a eu notre sorbet. Le reste de la salade de fruits de la veille: bananes, pommes, raisins, fraises, prunes, sirop d'agave. Délicieux! Ça sentait si bon. Robyn a accouru pour y goûter, de même que Debbie et d'autres. En moins de deux minutes, il n'y en avait plus. Ou les abeilles auront dégusté le reste. J'ai causé, mangé, relaxé. On est allé à la mer. Avec Debbie et Ren, on a ramassé des trésors sur la grève dans la baie. Elles du verre, moi des roches. On s'est retrouvés à vingt les pieds dans l'eau! On a joué dans l'argile. On était bien. Après ce bel après-midi au soleil, après ces journées passionnantes, on n'avait pas très envie de quitter... quitter les amis, tous ces unschoolers au grand cœur, quitter ce joli parc au bord de la mer, quitter les États-Unis...


Avant de terminer, je tiens à remercier les organisatrices, 
Kathryn et Beth, 
les conférenciers et animateurs, et les autres bénévoles, 
les parents, les jeunes gens, les enfants! 
C'était vraiment formidable d'être là, avec vous tous. 
Merci!


Extrait de mon carnet, mercredi, 29 août 2012 

Aux côtés de mon très cher fils, je suis rentrée hier de Boston, aux petites heures du matin, après avoir roulé toute la nuit. À un moment, on a vu une météorite flamber dans le ciel juste devant nous! C'était la première fois de ma vie.  J'étais toute excitée! J'ai vu le soleil se lever sur la ville que j'habite depuis toute petite, pour la première fois de ma vie. 
Nous sommes allés à la NEUC, l'une des plus importantes conférences sur le unschooling en Amérique du Nord. Nous y avons rencontré, entre autres, le Dr. Peter Gray, qui fait actuellement une étude internationale sur le sujet du unschooling et y livrait les résultats préliminaires de ses recherches. Une présentation que j'ai beaucoup appréciée. Je suis très heureuse d'avoir rencontré autant de gens sympathiques, et je reviendrai vous raconter un peu les conférences et ateliers auxquels j'ai assisté, sans compter la movie night, le talent show, le dance-party, le potluck et le pic-nic. 
(Fin des notes du carnet)

Voilà! C'est fait. Si vous avez des commentaires, n'hésitez pas, écrivez-nous, ça fait toujours plaisir de vous lire, et parfois, ça oriente nos écrits à venir.

Je vous laisse sur d'autres vidéos du Talent Show:
Olivia et Adam chantent Portal and Portal 2 end credits




Emilie, Adli et Wen chantent The Ballad of Jayn



Édith
P.S. Pour plus de photos et le vécu d'une autre famille, visitez le blog des Bradstreet.... parce que moi, je suis partie sans appareil-photo afin de vivre la conférence plutôt que de la photographier, comme notre fils me l'avait demandé.
P.P.S. Je publierai quelques photos de plus dès que Ren me les aura fait parvenir; elle est very busy en ce moment. 

dimanche 9 décembre 2012

Le végétalisme - partie 2 - les enfants

Pour lire la partie 1, c'est ici.

Je reprends sur le sujet pour faire une mise au point importante concernant l'alimentation et les enfants. Mise au point de la part d'un maman. Spécialement parce que nous avons annoncé le documentaire «La face cachée de la viande», une réalisation des Productions J, et qu'il sera diffusé ce soir, sur TVA.

Quand notre tout petit a eu 2 ans, Stéphane et moi avons choisi d'assister à un cours de cuisine végétarienne. Ma mère ou une jeune voisine venait prendre soin de lui ces soirs-là. Nous sentions le besoin d'être mieux outillés pour nous faire des repas sans viande. Et peut-être de rencontrer d'autres personnes qui avaient le même désir.

Donc, le végétalisme et les enfants!

Je ne parlerai pas nutrition, je laisse ça à notre fils qui l'étudie et à Anne-Marie, nutritionniste-diététiste diplômée. Si vous osez la vie et lisez l'anglais, vous pouvez aussi lire un peu par ici.

J'ai raconté sur ce blog que nos enfants avaient choisi le végétalisme à un moment de leur vie. C'est leur choix, ça les regarde, eux. Leur cheminement leur appartient et ne saurait être comparé à celui des autres. Par respect pour chaque enfant. Chaque être humain est unique, a ses enthousiasmes propres, son parcours personnel.

Je vais aborder, ici, ce sujet délicat des questions que d'autres enfants ont posé si souvent à nos fils. De même que ce contrôle alimentaire souvent imposé aux enfants. D'abord je témoigne. Ce contrôle, je l'ai vécu, et je l'ai déjà imposé. 

D'où je viens, et au moment où je suis née, il est pratique courante de manger des animaux. Pour plusieurs facteurs dont le principal m'a semblé être le climat. Je n'ai pas aimé devoir manger de la viande, dépecer des poissons. Alors, lorsque, par 'éducation', j'ai exercé un contrôle sur l'alimentation parfois, ce n'était jamais à propos de viande. Je suis heureuse que ma mère nous ait donné le choix entre foie et mélasse, parfois, au souper. J'aime bien la mélasse. Maman cuisinait aussi des nouilles aux tomates ou au fromage, du riz, des légumes, beaucoup de légumes (que nous cultivions sur la terre de ma grand-mère), des soupes, des salades. Et des patates! 

Je me rappelle, à la maternelle, j'avais été nommée duchesse du Carnaval (allez donc savoir pourquoi, moi la timide et muette ...) et les grands (de 10 ou 11 ans) rencontraient chaque duchesse et intendant pour une petite interview. En plus de ma grande timidité, j'ai été bien embêtée quand on m'a demandé quel était mon repas préféré... j'ai cherché, hésité, cherché, et tout à coup, ce qui est sorti, a été: les patates! ;-) J'aime encore les patates, surtout les frites. Dans notre cuisine, j'ai toujours fait plus de tous ces plats sans viande. Ça convenait à notre famille. Mes parents ont agi selon leurs connaissances et leurs possibilités. Je suis heureuse d'être vivante, d'avoir cette vie que j'ai aujourd'hui, d'être maman. Et d'avoir accès à plus de choix aujourd'hui en ce qui concerne l'alimentation.

Les questions des autres enfants

Quand un enfant demande à un autre enfant pourquoi il ne mange pas de viande, c'est que lui en mange, n'est-ce-pas? Il ne viendrait pas à l'idée d'un enfant n'ayant jamais mangé de viande de poser cette question. Ensuite, s'il le demande, c'est que ça n'est pas passé inaperçu dans son esprit. Parce que quand quelqu'un fait des choses qu'on ne fait pas (ou à l'inverse, qu'il ne fait pas quelque chose qu'on fait), à moins que ça ne nous dérange, nous perturbe ou nous turlupine, ça passe effectivement inaperçu. Et si ça le dérange, le perturbe ou le turlupine, c'est qu'il y a matière à creuser. Selon lui. Les enfants creusent tout naturellement tous les sujets qu'ils rencontrent et qui ne correspondent pas exactement aux réponses qu'on leur a proposées ou qu'ils se sont faites de la vie et du monde autour d'eux. Ou ils se sont déjà questionnés et n'ont pas encore trouvé de réponse satisfaisante. Ou encore, et c'est très souvent le cas, ils ont questionné leur entourage (leurs parents, déjà...) et la réponse reste toujours insatisfaisante... ou vient d'être remise en question.

L'enfant est un scientifique-né. Il n'a besoin d'aucune leçon pour observer, émettre des hypothèses, se questionner, poser des questions aux gens en qui ils ont confiance, vérifier, tirer des conclusions et remettre en question ses propres conclusions s'il rencontre un fait nouveau et différent. Nos fils ont toujours fait ça et tous les enfants que je connais ou que j'ai rencontrés font ça. Pareil pour moi quand j'étais enfant. Après ce cheminement que j'ai entrepris, chemin de retour à moi, j'espère être redevenue l'enfant que j'étais. Et n'avoir pas trop vieillie. :-) Tous les jours de sa vie, l'enfant, l'humain, apprend.

La plupart des enfants que nos fils ont côtoyés ont remis sous la lumière de la science cette hypothèse selon laquelle il faudrait manger de la viande pour être en santé dès qu'ils ont rencontré une personne vivante et en santé qui n'en mange pas depuis assez longtemps. Donc, souvent devant nos yeux, dans notre cuisine. Ou celle d'amis ou de la parenté.
Buffet d'aniversaire de notre fils, 10 ans, végétalien comme ses invités.
photo: Brigit

Le contrôle alimentaire

Là où le bât blesse - et il blesse les deux enfants, qui se retrouvent parfois en opposition sans l'avoir jamais voulu dans cette recherche scientifique - c'est que les mœurs et croyances entrent en jeu. Celles des parents évidemment. Ce n'est pas aux enfants d'assumer les croyances de leurs parents. Cependant, c'est bien aux parents d'accompagner leur enfant dans ses apprentissages de la vie, du monde dans lequel il vit. Quand un enfant vit un tel conflit « scientifique » - je crois que les pédagogues disent « cognitif » - qu'il se sent remettre ses conclusions ou celles de ses parents sous la lumière de la science - donc de l'expérimentation qu'est la réalité - il est important de ne pas le laisser seul. Ou pire, de lui mentir. En affirmant qu'il faut manger de la viande pour être en santé. Ou que ceux qui ne le font pas sont en moins bonne santé. Ou encore que tout est question de religion ou de croyances sans mentionner qu'il est aussi question ici de leurs propres croyances de parents qui imposent la viande comme un aliment à leurs enfants. 

(À ce sujet, j'ai lu il y a longtemps, ce témoignage.) 

Ou encore que c'est question de choix.
Quoique, oui, c'est bien une question de choix... quand on a le choix.
Et les enfants, vos enfants, ont-ils le choix? 
Et s'ils ont le choix pour vrai, que faites-vous s'ils choisissent de manger des choses d'origine animale alors que vous n'en mangez pas? 
Ou s'ils choisissent de ne pas en manger et que vous le faites?

Le choix

Face à ce choix et à plusieurs autres, nos enfants étaient libres, et accompagnés dans leurs choix. Même si le végétarisme m'appelait depuis toujours, c'est notre fils aîné qui a fait le saut le premier. Et alors que j'avais adopté une alimentation végétarienne, puis végétalienne, notre plus jeune a continué de partager une pizza pepperoni/fromage avec son papa la fin de semaine ou quelques morceaux de poules mortes (croquette de poulet surgelées) chez ses grand-parents, ou qu'il nous demandait d'acheter au supermarché.

Se nourrir est un acte essentiel à la vie.  
Manger est un acte intime. 
Toute personne - l'enfant est une personne - a le droit de choisir les aliments qui entrent dans sa bouche et dans son corps. 
Tout comme la quantité d'aliments et la fréquence à laquelle elle se nourrit. 
C'est une question de respect!
Et l'enfant respecté dans ses choix fait de meilleurs choix.

Donc, aux enfants, bien sûr, on ne montre pas le film Terriens. Ni celui de ce soir, à la télé. On n'a pas à essayer de les inciter à manger végé ou à quoi que ce soit d'autre. Et puis, pourquoi leur montrer ou leur raconter les ignominies que font des adultes à des animaux sans défense? Ces horreurs, ce sont les adultes qui les font. À eux de les assumer. Ou de cesser. Ce n'est pas en remettant le poids des erreurs présentes ou passées des adultes à nos enfants qu'on va changer les choses. Les enfants ne naissent pas pour nous sauver, n'est-ce-pas?

En conclusion

J'aimerais partager un petit moment de vie. Un jour, au téléphone, une amie me confiait que son enfant était malade depuis quelques jours, mal au ventre assez important. Il avait faim maintenant et voulait du fromage. Elle n'était pas certaine que le fromage soit une bonne chose pour un enfant qui a eu mal au ventre et préférait lui offrir une soupe aux légumes. Bien que je sois persuadée que j'aurais préféré la soupe aux légumes dans les circonstances, et bien que j'aie choisi une alimentation végétalienne depuis longtemps (ce qu'elle savait), je lui ai dit que je sais que les enfants font les bons choix pour eux, instinctivement. Et que je pense qu'il vaut mieux se fier à eux et à leur instinct, qu'au nôtre qui souvent a été passablement abîmé par l'éducation. Il est possible que nos enfants aient aussi l'instinct un peu endommagé parfois mais je suis certaine, à les voir vivre, qu'il ne le sera jamais autant que le nôtre, ou que celui des générations précédentes. Si on s'assure de ne plus le briser, nous parents, par l'éducation.

Avec tout mon amour, pour nos enfants, mon mari Stéphane, et chacun, chacune d'entre vous. Oui, vous! ♥

Édith

musique et récupération


samedi 8 décembre 2012

Le végétalisme - partie 1 - pourquoi

Voici le premier d'une série de 4 billets que j'ai rédigés en 2010, révisés en 2011, mais que je n'avais pas encore publiés. Je n'avais encore jamais osé car nous avons été parfois isolés à cause de ce choix. On a cessé de nous inviter ou refusé nos invitations. On nous a interrogés comme si nous étions coupables de quelque chose de mal, et tentés de nous convaincre qu'il était essentiel à l'humain de manger des animaux. 

À la veille du film de Julie à la télé, trois semaines après avoir rencontré Georges Laraque, il est grand temps que j'ose dire la vérité et que je montre mon entière solidarité à nos fils qui ont parfois vécu tristesse et incompréhension d'être aussi incompris, voire mis de côté.

Je le fais donc, aujourd'hui, avec tout mon amour, pour mes enfants, pour ma famille, pour mes amis, pour les humains, pour les animaux, pour la vie!
Édith 
Pourquoi le végétalisme?
(Et... ne devrait-on pas plutôt se demander pourquoi des gens tiennent vraiment à enfermer des animaux dans le but de les engraisser puis de les tuer pour manger leur chair?)


Depuis que notre fils aîné, à l'âge de 7 ans,  a choisi de ne plus se nourrir d'animaux; depuis que j'ai fait de même alors que j'en avais 33; depuis que son petit frère a fait ce choix vers ses 8 ans; et leur papa quand il en avait 40 et des poussières, plusieurs nous demandent POURQUOI.  
Et si la vraie question qu'on veut nous poser n'était pas tant «pourquoi» que «comment»:

  • Comment faites-vous pour vivre encore? (on n'est pas mort, alors...);
  • Comment faites-vous pour manger JUSTE des légumes? (pour bien des gens, hormis la viande, y'a que légumes);
  • Comment pouvez-vous continuer à vivre sans le goût du steak, de l'omelette ou du camembert? (notre langue aurait-elle des papilles gustatives différentes de celles des autres humains?);
  • Comment pouvez-vous être heureux en vous "privant" ainsi?;
  • Comment pouvez-vous vivre avec le fait d'avoir à assumer la différence?

Cette dernière est peut-être la plus importante. Allons voir.
Pensant que c'était une simple question à laquelle l'interlocuteur cherchait une réponse, nous avons souvent pris beaucoup, beaucoup, de notre temps pour y répondre. Et après des années, nous nous sommes demandés comment cela serait-il possible que notre réponse soit si importante? Pour quelqu'un en recherche d'informations, oui, on pouvait en apporter. Parce qu'on a fait de la recherche justement. Mais s'il s'agissait d'un questionnement plus large, existentiel même, aurait-on été prétentieux de tenter d'y répondre?  Pour l'avoir vécu tous les quatre de si nombreuses fois, nous avons pris le temps d'observer. Nous avons eu l'impression que derrière cette question en apparence bien anodine, la réalité est que, souvent, ceux qui nous la posait, SE la posait à eux-même. Et, parfois, peut-être ne voulaient-ils pas vraiment y trouver une réponse... Retour au choix...

Pourquoi... ou comment?

Certains voulaient savoir COMMENT faire pour vivre avec ce choix. (ou avec 'un' choix). D'autres se demandaient COMMENT faire pour ne pas faire ce choix et continuer quand même de fréquenter des gens qui le font,... du genre nous fréquenter, nous? Ça peut sembler difficile... pourtant ça ne l'est pas. Ce n'est pas difficile de côtoyer des gens qui font des choix différents des nôtres. Bon, je ne parle pas de la marque de savon à vaisselle qu'on utilise (quoique ...) mais de ces choix reliés à la nature humaine et qui, souvent, sont à l'opposé de ceux de la majorité dans notre socio-culture actuelle. Ce n'est pas difficile de voir qu'il existe d'autres choix et d'y être intéressés ... ou pas. Ce qui est difficile, en revanche, c'est de s'avouer à soi-même qu'on ne veut pas changer de choix. Du moins en ce moment. Mais, ça, c'est pas que pour l'alimentation, hein! Tout est question de choix.  Moi, depuis que je fais mes choix en fonction de mes besoins, de mes enthousiasmes, de mes convictions, je sais que c'est facile. 

La vraie question ne serait-elle pas plutôt:

Comment choisir de vivre sans manger d'animaux? 
Sans boire le lait du bébé d'une autre mammifère? 
Sans manger les ovules non-fécondées d'un oiseau? 
Sans prendre la nourriture que des insectes fabriquent et stockent pour des périodes climatiques défavorables,
Et sans, du même coup, juger tous ceux qui ne font pas le même choix, en même temps?

Alors, pour tous ceux qui nous connaissent, pour ceux qui ne nous connaissent pas, et aussi pour tous ceux qui, peut-être, n'auront pas envie de nous connaître, voici LA réponse! ...roulement de tambour!...
(j'ai très envie d'écrire 42 mais je vais me retenir... ! :-D )

En fait,voici LA réponse courte:

Pour la vie, chacun de nous, chacun à sa façon, chacun à son moment, a choisi de se nourrir de végétaux. Et d'amour et d'eau fraîche que mon cher papa nous apporte de sa source dans les montagne. Et non pas uniquement de légumes, hein! Des végétaux, il en existe sûrement plus que vous ne pourriez en nommer dans chacune de ces catégories: 
  • fruits;
  • verdures;
  • légumes;
  • graines;
  • noix;
  • grains (céréales). 


On mange des centaines d'aliments différents, pas seulement des patates et des petits pois. Et pour certain d'entre nous, pas de patates! ;-)

Quant à LA réponse longue

Des tas de sites web et de blogs l'expliquent en long et en large. Un que j'avais trouvé bien lorsque je l'ai visité, y'a bien longtemps, est celui de Sophie Zhang, une québécoise, car elle faisait le tour de la question. Peta France a aussi une page FAQ qui fait un résumé des questions réponses sur le sujet. Et pour ceux qui préfèrent les écrits de «scientifiques», voici une chronique de Hubert Reeves (président de la ligue ROC) dans laquelle il aborde le sujet. 

Éthique, morale, convictions...

En terminant sur une note bien personnelle, je peux juste dire que je fais les choix de vie qui me conviennent. Je ne peux pas, personnellement, soutenir d'une façon ou d'une autre l'alimentation d'origine animale ou l'utilisation d'un animal pour ma propre utilité sans faire taire ma conscience, sans me fermer à moi-même. Je l'ai déjà fait, obligée au début, prise dans la pression sociale ensuite. Pour vivre, j'ai besoin d'être capable de me regarder en face, sans devoir me fermer les yeux. Au propre comme au figuré. J'ai besoin d'être capable de vivre avec moi-même, tout simplement. Je refuse la violence dans ma vie. C'est mon choix. Je sais que c'est semblable pour chaque membre de notre famille, mais je ne réponds pas pour eux. Ils en témoigneront ici s'ils le désirent, ils le font ailleurs depuis longtemps. Chacun fait ses choix pour soi, pour sa vie. Je fais mes choix pour moi, pour ma vie.
Tiens, je me relis et je vois que je n'ai pas encore répondu à une autre partie de la fameuse question: « Est-ce que je juge ceux qui ne choisissent pas le végétalisme? »

Peut-être qu'on devrait d'abord voir la définition de «juger». Trêve de plaisanterie, je ne juge pas.Je n'écoute pas de plaidoyer. Je ne dépose pas de jugement. Je n'impose pas, n'interdis pas, ne déteste pas. 
J'aime.
J'aime et partage mes enthousiasmes à qui le souhaite.
J'aime la vie. 
Je vis ma vie. 
Tout simplement.
Edith


P.S. Il est vrai que l'aspect « éthique » d'un choix de vie peut causer des difficultés avec certaines personnes au quotidien. Comment manger ensemble, dans la même pièce, quand on ne peut pas tolérer qu'il y ait des morceaux d'animaux ou du sang devant nos yeux et l'odeur de la chair qui cuit? Pas facile. Personnellement, j'arrivais encore à le tolérer lorsque je venais juste de prendre cette décision. Probablement parce que j'avais encore ... l'habitude. Puis, c'est devenu difficile. Impossible. Le dégoût venait rapidement. Un sentiment aussi, lié à la violence infligée aux animaux. Qu'y puis-je?

jeudi 6 décembre 2012

La fin de l'éducation, par Jean-Pierre Lepri - sortie 20 décembre 2012

Vous vous rappelez Jean-Pierre Lepri, qui est venu offrir des conférences au Québec en avril dernier, dont deux ici à Québec? Après la lettre mensuelle du CREA (éducation authentique), les rencontres, les tournées, voici le livre ! Il nous arrive tout bientôt, ou plutôt enfin. Merci Jean-Pierre d'oser en parler!
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Je ne sais plus si nous avons eu le temps de revenir sur le sujet depuis mais si non, nous désirons remercier publiquement Jean-Pierre et sa compagne qui nous ont gratifiés de leur charmante et authentique présence en acceptant notre humble invitation à loger chez nous durant ce bref séjour dans notre ville. Quelle joie ça a été de les rencontrer! Quel bonheur de partager ces moments avec des gens qui regardent la réalité, fondent leurs actions selon ce qui est juste, en suivant leur conscience, et ... ne mangent pas d'animaux! (soulagement ici pour nous qui allions les accueillir avec nos jus frais et nos repas plutôt frugaux) Merci à vous deux!
Équipe J'OSE la vie!
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LE LIVRE:
Jean-Pierre Lepri a servi l’Éducation nationale une cinquantaine d’années – dont une trentaine hors de France, sur les cinq continents. Docteur en éducation et en sociologie, il a été professeur d’école, formateur d’enseignants, inspecteur, expert international… Membre du CREA-Apprendre la vie (Cercle de réflexion pour une éducation authentique), il est père et grand-père. Sa vision s'apparente à celle de John Holt, pédagogue, fondateur de la revue « Growing Without Schooling - Grandir sans école ». André Stern (auteur de Et je ne suis jamais allé à l 'école, Actes Sud) signe la préface, et Zoé Neill (petite-fille du fondateur de Summerhill, A. S. Neill) la postface. 





--«L’éducation, personne n'y échappe, très peu en réchappent.
À l’école, en famille, dans la rue, au travail, à la télé...

Pourquoi ces éducations-formations ?
À quelle fin (quelle finalité) ?
L’éducation, je la trouve en naissant, mais elle n’a pourtant pas toujours existé.
Et il n’est pas dit qu’elle va durer. Pour plusieurs raisons.

Quelle fin (quelle disparition) prévisible pour l’éducation?
Alors,vivre sans éducation?
Moins bien ? Mieux ?
Pourquoi ? Comment ?

Des clés pour mieux comprendre
les effets collatéraux de mes éducations.
Pour vivre lucide et tranquille
et pour...»
  • ISBN : 978-2-916032-28-3
  • Éditions: L'Instant présent






Préface d’André Stern, auteur de ...Et je ne suis jamais allé à l’école, Actes Sud, 2012


Postface de Zoe Neill, fille d’Alexander Neill et continuatrice de son œuvre à Summerhill

Illustrations de DuBouillon Éditions l’Instant Présent, 140 p., 12 €

Plus de détails, ici. 
Bande-annonce du film, à distribuer largement:



Edith pour J'OSE la vie !

mardi 4 décembre 2012

La face cachée de la viande le 9 décembre 2012 à TVA - et cheminement de nos enfants

On vous en a parlé ici il y a bientôt deux ans. Et à nouveau en mai dernier lors de la sortie de la bande-annonce: http://journaljose.blogspot.ca/2012/05/la-face-cachee-de-la-viande-le-film-de.html . On commençait à se demander ce qui faisait que ça tardait autant...


Synopsis:
«Qu’ont en commun Pamela Anderson, Maman Dion, Anthony Calvillo, Patrick Norman, Hubert Reeves, Georges Laraque et Dr Richard Béliveau? Ils nous dévoilent La face cachée de la viande!»


(note: ces liens ont été modifiés le 4 avril 2018 suite au message d'un lecteur. Les liens étaient ceux de 2012, comme l'est ce billet.)
***

Notre participation: cheminement de nos enfants vers le végétalisme
Ce qu'on ne vous a pas raconté, cependant, c'est notre petite, toute petite, implication dans ce projet. À l'étape de la recherche, notre famille (tous les 4 végétaliens) a répondu à la demande de la recherchiste qui cherchait des gens qui étaient végétariens ou en cheminement vers le végétarisme. Elle nous a téléphoné; nous avons répondu à ses questions. Je ne me rappelle pas exactement tout ce que j'ai partagé mais assurément j'ai raconté comment nos enfants, parce qu'on les a respectés, parce qu'on a répondu à leurs questions, parce qu'on a cherché les réponses avec eux lorsqu'on ne savait pas, parce qu'il leur a été permis et offert de faire des choix dès tout petits, pour eux-mêmes, avec les informations qu'ils avaient et en expérimentant par eux-mêmes, ils ont appris à faire des choix. Et ils ont toujours fait de bons choix. Qui allaient dans le sens de la vie. Pas à l'inverse. (Ce ne sont pas eux qui rament à contre-courant!)
Nous avons rédigé 4 billets sur ce sujet et nous pensons les publier ici prochainement. À suivre, donc.
Édith

Lettre du 6 oct. 2009, par Jérôme, qui a demandé que j'en fasse la lecture à la recherchiste au téléphone.