lundi 28 octobre 2013
jeudi 24 octobre 2013
Défi allaitement 2013 à Québec avec Dr. Jack Newman
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| Dr. Jack Newman |
C'était la première fois que j'y assistais. Je m'y suis inscrite en tant que bénévole. Il y a plus de dix ans déjà, notre plus jeune se sevrait naturellement.
Dès l'arrivée, on m'assignait la tâche de me balader aux côtés d'Adeline, pancartes à la main, d'abord pour annoncer l'événement aux passants - qui, à cette heure matinale, visitaient principalement le Salon Nouvelle Maman - mais aussi pour diriger les familles qui venaient s'inscrire au Défi. Parce qu'on y fait un décompte sérieux et on remet un certificat de participation à toutes les mamans participantes. Une initiative plutôt chouette, qui semble offrir une belle visibilité à l'allaitement. Après un peu plus d'une heure de randonnée en centre commercial, nous avons rejoint les mèrenfants et l'équipe au 3è étage pour y entendre les présentations par le comité d'organisation du Défi, suivi de celle de Manon Méthot, IBCLC.
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| Valérie Lessard, Dr. Jack Newman, Manon Méthot - Défi Allaitement 2013 (photo: J'OSE la vie !) |
Ça faisait drôle de revoir Manon, maintenant à la Direction de la Santé Publique, cette maman qui, aux côtés de Marie-Josée, puis Joyce, offrait ces rencontres LLL où nous allions en famille. Monik St-Pierre, aussi de la DSP, a prononcé quelques mots encourageants. Demandant combien de papas et de grand-mamans y étaient, elle les a remerciés et félicités chaleureusement, confirmant que les études démontrent qu'ils sont les plus importants soutiens à l'allaitement. Ce soutien est aussi essentiel qu'inestimable. Je l'avais souligné ici.
A suivi une brève présentation par Dr Newman, qui a commencé par ces mots :
« Vous qui allaitez, vous qui soutenez l'allaitement, c'est vous qui en connaissez le plus au sujet de l'allaitement. Vous en savez plus que les médecins. Je suis médecin. Les médecins ne savent pas. Les pédiatres encore moins. »
Devant nous, il s'est rappelé ce cours en pédiatrie sur le sujet de la nutrition infantile où le prof avait dit « que le lait maternel était toujours à la bonne température et venait dans de si jolis contenants. » Se questionnant sur la réception qu'aurait aujourd'hui une telle déclaration, il a dit que c'est à peu de choses près tout ce qu'ils ont entendu au sujet de l'allaitement. Puis, il a abordé un peu ses débuts, au CHUL, juste en face. Coïncidence amusante.
Il y avait tant de mamans qui cherchaient un siège qu'on a du demander aux papas, grands frères, grandes sœurs et grand-parents de céder le leur. Ce qu'ils ont fait rapidement, bien sûr. Tout en écoutant le plus attentivement possible, j'aidais une maman à trouver un siège, et Adeline au 'parking de poussettes' créé pour l'événement.
| photo: Défi Allaitement Québec 2013 |
Des bénévoles s'étaient partagées des sections pour le décompte. C'est le Dr. Newman qui a fait l'annonce: un nouveau record... 192 !
Un record ?
En rentrant cet après-midi là, une amie bénévole impliquée dans le milieu de l'allaitement depuis plusieurs années me disait, au téléphone, qu'il y avait eu beaucoup plus de mèrenfants lors des Défis qui avaient eu lieu à Place Fleur-de-Lys, quelques années plus tôt. Comme le confirme cet article du Québec Hebdo, en octobre 2006, où on peut lire que:
Les mamans brisent un record d’allaitement
« Le lait a coulé à flots le samedi 30 septembre dernier au centre commercial Place Fleur de Lys à Vanier alors que 432 mères ont participé au plus important «allaite-thon» tenu dans la région depuis 2000.
L’événement hors du commun, baptisé «Record Allaitement – Défi 2006», avait pour principal objectif de faire la promotion de l’allaitement maternel et de sensibiliser la population à faire preuve de tolérance à l’endroit des mères qui allaitent. L’autre objectif spectaculaire était quant à lui de battre le record du plus grand nombre de femmes allaitant simultanément au même endroit.En 2000, lors d’une activité similaire, 237 femmes s’étaient prêtées à l’exercice. Six ans plus tard, le record a été battu sans grande difficulté alors que près du double de femmes ont répondu à l’invitation. En effet, 432 mères accompagnées de leur bébé se sont donné rendez-vous au centre commercial. »
Nous étions d'accord: ce n'était peut-être pas un record 'record', mais c'était quand même pas mal de réunir 192 mamans allaitantes au même endroit, en même temps, ne trouvez-vous pas ?
Quand j'en ai parlé à Bénédicte qui, de son côté, organisait 'la grande tétée' chez elle, à Lorient, elle m'a semblé être agréablement surprise. Tout comme je l'avais été. Car au-delà du nombre, c'est le message et le soutien qui comptent, bien sûr.
Soutien
| Chandail noir et brassard jaune - Photo: Défi Allaitement Québec 2013 |
J'étais aussi enthousiaste d'entendre la conférence de Dr. Newman que d'aider les parents qui cherchaient leur poussette dans le 'parking'. Chandail noir - tel que demandé - et brassard jaune au bras, j'ai apprécié que ce 'titre' de bénévole de l'événement me permette d'offrir mon aide à quelques parents-enfants un peu fatigués, mais combien courageux de s'être déplacés là plutôt que d'être tranquillement restés à la maison un samedi matin. Dans un lieu public, tel que cet immense centre commercial, ce n'est pas toujours facile. Il y a un bruit incroyable, des gens qui parlent, qui marchent, tout autour. Sans compter le son du micro, des annonces, ouf ! Facile de comprendre qu'un tout-petit ait plutôt envie/besoin du sein tout chaud de maman pour être nourri, réconforté, ou des bras chaleureux de papa pour observer le monde en toute sécurité. Comme Jean Liedloff l'a dit: au lieu de revenir des courses avec l'enfant dans la poussette, il vaut mieux mettre les courses dans la poussette et porter l'enfant.
Motivations
Est-ce du courage ? De l'amour ? Qui a conduit ces mamans (et familles) à se réunir hors du foyer familial ce samedi-là ? Une chose m'a parue évidente: c'était pour être 'ensemble'.
C'est pour se soutenir les unes les autres, POUR et AVEC leurs enfants, qu'elles font cela, les mamans. Et les papas et grand-parents aussi, bien sûr.
Notre aîné l'a observé tout au long de l'enfance: le premier besoin de l'humain n'est pas l'air, l'eau ou la nourriture, mais le lien. La famille. La 'tribu'. C'est essentiel, on ne peut vivre sans. Au point où, dans une situation qui va à l'encontre du flot de la vie, dans un environnement contre-nature, l'humain peut se soumettre, et tolérer jusqu'à l'intolérable pour ne pas être exclus. L'humain veut être reconnu comme un bon humain, un humain correct. Pourtant, lorsque la connaissance - et la reconnaissance - de notre 'groupe' en matière d'attachment parenting est suffisant, on ne ressent pas ce 'besoin'. Comme le disaient nos enfants, Jean-Pierre Lepri l'a écrit : si le besoin se fait sentir, c'est qu'il y a un manque. D'une chose, qui, pourtant, devrait être là. De même, dans cette culture un peu déconnectée de la nature humaine dans laquelle on vit, au Québec, en ce moment, la maman veut être une bonne maman, et reconnue comme telle. Elle veut suivre son instinct en allaitant son enfant et recevoir en retour, en plus du lien gratifiant et de l'amour mutuel qui en découle - qui, autrement, lui sont amplement suffisants -, le regard bienveillant de l'entourage, le soutien de sa communauté. Rien de plus légitime. Et facile à faire. Alors, accordons-le lui ! :-)
Au nombre des motivations à participer à ce Défi, je vois aussi que bien des mamans ont besoin d'une information juste, basée sur des faits. Ce qui leur tiendra ensuite lieu d'encouragement, de soutien. Pour certaines, ce sera aussi le tremplin qui leur permettra d'en poursuivre la diffusion.
Pour moi
Maman d'un premier bébé allaité un trop bref moment, et d'un second petit allaité... des années, c'était l'opportunité de revenir un peu sur mon vécu. Et de me faire bénévole pour l'allaitement, chose qui me tenait à cœur depuis longtemps. Des monitrices LLL m'avaient demandé à quelques reprises de faire la formation pour devenir marraine d'allaitement. Chaque fois je refusais, timidement, sentant que je ne pouvais offrir à d'autres le temps que je désirais vivre AVEC mes enfants. D'autres y arrivent, et c'est tant mieux. En 1998-99, je ne le sentais pas. En 2013, je l'aurai fait, le temps d'une journée, plus quelques heures pour en témoigner ici. Et puis, comme toutes celles qui le vivent, j'en témoignais chaque jour.:-)
Maman d'un premier bébé allaité un trop bref moment, et d'un second petit allaité... des années, c'était l'opportunité de revenir un peu sur mon vécu. Et de me faire bénévole pour l'allaitement, chose qui me tenait à cœur depuis longtemps. Des monitrices LLL m'avaient demandé à quelques reprises de faire la formation pour devenir marraine d'allaitement. Chaque fois je refusais, timidement, sentant que je ne pouvais offrir à d'autres le temps que je désirais vivre AVEC mes enfants. D'autres y arrivent, et c'est tant mieux. En 1998-99, je ne le sentais pas. En 2013, je l'aurai fait, le temps d'une journée, plus quelques heures pour en témoigner ici. Et puis, comme toutes celles qui le vivent, j'en témoignais chaque jour.:-)
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Extraits de la conférence de Dr. Jack Newman:
à venir dans un prochain billet.
Images et mots
Merci à l'équipe du Défi Allaitement Québec 2013 qui a fourni les images de ces charmantes dyades que j'ai eu le plaisir de côtoyer ce jour-là. Pour d'autres images, visitez la page facebook de l'événement, ou cliquez ici. Radio-Canada était sur place.
En terminant
Un soir où je travaillais à la rédaction de cet article, je suis tombée sur un extrait de ce témoignage, et j'étais d'accord avec ceci:
J’ai lu, dans un excellent article publié par la Gazette des femmes, une phrase qui m’est resté en tête: «la cause à défendre ne doit plus être celle de l’allaitement, mais celle des femmes qui allaitent». Je ne pourrais être plus d’accord. Au lieu de faire de gros yeux à celles qui en arrachent, assurons-nous d’abord comme société de leur fournir toute l’aide dont elles ont besoin. Je suis certaine que ce serait plus efficace pour faire monter le pourcentage de bébés allaités. Mais surtout, ça réduirait grandement la détresse que vivent plusieurs mères dans ces moments de leur vie où elles sont si vulnérables. On leur doit bien ça, non?
J'y ai répondu ceci, sur la page facebook de J'OSE la vie !:
« J'appelle à la reconnaissance familiale et sociale, du 'métier' (de la vie) de maman. J'appelle à la reconnaissance du besoin des mamans de notre culture aujourd'hui de renouer avec la nature humaine, notre nature de mammifère.J'appelle tous ceux qui les entourent, la famille d'abord, les grand-parents, les tantes, les amies, les voisines, les cousines, (au masculin aussi) à offrir aide et soutien, à assumer tout le reste: tout ce qu'une maman n'a pas le temps ou pas envie de faire, et ce pendant toutes ces années où elle allaite son enfant.
Ne vous en faites pas, elle aura bien le temps et le désir de faire bien d'autres choses, et de reprendre, ou créer, de nouvelles activités qui auront un sens pour elle et son enfant, et sa famille. Vous n'en ferez pas des 'enfants gâtées' parce que vous faites l'entretien de la maison, les repas, la lessive, les courses, ou changer les couches, je vous assure.
J'appelle à une vraie vie vivante, au 'vivre ensemble', mèrenfants, familles, tribus. Tous heureux ensemble ! comme le disent mes enfants depuis si longtemps, si longtemps. »
Édith
P.S. Pendant ce temps, Bénédicte témoignait de son quotidien de maman qui allaite son enfant, sur le blog mamanana. À publier ici bientôt, le temps de trouver une ou deux autre(s) photo(s)... et du temps. ;-)
Les commentaires sur le unschooling
Chaque fois que c'est
arrivé, j'ai été étonnée de constater que quelqu'un me/se questionne,
ayant eu la pensée que nos enfants étaient enfermés ou éloignés de la
vraie vie et du monde alors que j'étais - ou nous étions - avec eux, en
pleine découverte au Parc ou au cinéma ou au Musée ou en rando dans la
forêt.
Cela dit, j'ai ensuite compris d'où ça vient : la scolarisation
obligatoire entretient la pensée qu'elle est essentielle et parce
qu'obligatoire, l'humain, pour ne pas être isolé, tend toujours à
s'habituer, se faire une raison et oublier, au moins temporairement,
pourquoi il fait ce qu'on lui a dit être obligatoire.
Mais, face à cette
idée, après avoir été étonnée, j'ai observé, avec nos enfants, et on a
vu que c'était probablement la connexion synaptique qui venait de
se (re?)faire. Et ça, c'est plutôt chouette, de voir que les gens se questionnent. Et que les neurones font toujours leur travail.
Bien sûr, c'est plus intéressant si l'autre questionne avec la
curiosité naturelle de l'enfant humain qui apprend toujours, que s'il a
peur et qu'il utilise la suspicion et l'interrogatoire. (Avec certains,
on peut se sentir comme avec un douanier parfois, qui nous cherche
quelque chose 'à déclarer'.) Après, nous - comme nos enfants -
sentons la différence, et pouvons répondre au premier, et laisser aller
le second dans son émotion. S'il la vit vraiment, il
pourra revenir à la curiosité naturelle et l'ouverture d'esprit naturel
de l'enfant, de l'humain. Ce qui est génial, je trouve. Et vous, qu'en pensez-vous ?
Édith
Mais, face à cette idée, après avoir été étonnée, j'ai observé, avec nos enfants, et on a vu que c'était probablement la connexion synaptique qui venait de se (re?)faire. Et ça, c'est plutôt chouette, de voir que les gens se questionnent. Et que les neurones font toujours leur travail.
Bien sûr, c'est plus intéressant si l'autre questionne avec la curiosité naturelle de l'enfant humain qui apprend toujours, que s'il a peur et qu'il utilise la suspicion et l'interrogatoire. (Avec certains, on peut se sentir comme avec un douanier parfois, qui nous cherche quelque chose 'à déclarer'.) Après, nous - comme nos enfants - sentons la différence, et pouvons répondre au premier, et laisser aller le second dans son émotion. S'il la vit vraiment, il pourra revenir à la curiosité naturelle et l'ouverture d'esprit naturel de l'enfant, de l'humain. Ce qui est génial, je trouve. Et vous, qu'en pensez-vous ?
vendredi 18 octobre 2013
Neurobiologie et éducation - Prof. Dr. Gerald Hüther
En présentation de cette vidéo, André Stern écrit :
Voici la toute première vidéo avec sous-titres français du neurobiologiste allemand Prof. Dr. Gerald Hüther. Une des pierre angulaire de l'écologie de l'éducation que nous sommes heureux de vous offrir.Son message, d'une importance primordiale pour l'avenir de l'éducation, se doit d'être aussi largement diffusé dans les milieux de l'éducation francophone qu'il l'est dans les pays germanophones.
Un écho aux mots de notre enfant
J'ai été très émue en 'lisant' cette vidéo.
J'ai été très émue en 'lisant' cette vidéo.
Sans école, sans enseignement, notre fils
nous partage depuis l'enfance tout ce que raconte ici le professeur Hüther. Quelle joie - et quel soulagement - de trouver un écho à ses mot, la confirmation scientifique de ce qu'il a observé et partagé. Alors qu'on nous a dit tant de choses contraires (pour n'avoir jamais eu le temps de le faire, semble-t-il), voilà que ce que nous avons vécu, observé, réalisé, est confirmé.
Comme
nos/les enfants le savent, comme je le ressentais depuis ma première
grossesse (comme tant d'autres mamans), le Pr. Gerald Hüther l'affirme aussi, la neurobiologie le
démontre. Là où André Stern dit que « l'autonomie prend pied dans l'attachement », Gerald Hüther dit que nos besoins de base sont « le lien et la croissance. » Quelques extraits, après lesquels je poursuis avec notre témoignage.
***
« Aucun de nous ne vient au monde en consumériste, ou en égocentriste brutal et sans égards. Cet état d'esprit est donc une chose qui s'acquiert avec le temps. Et oui, cela s'installe... et la bonne nouvelle pour ceux d'entre vous qui sont éducateurs ou parents, c'est que cela se met en place bien plus tôt que nous ne le pensions jusqu'à présent. »
« Les enfants prennent exemple sur ceux qui réussissent. Donc les enfants deviennent comme nous. C'est la première bonne nouvelle ! Deuxième bonne nouvelle, les enfants viennent au monde avec une ouverture d'esprit incroyable.Et nous voilà arrivés à un autre point : tous les enfants font, au début de leur vie, et même avant la naissance, deux expériences majeures - vous les avez tous faites aussi, qui sont totalement banales, tant qu'un enfant grandit dans le ventre d'une mère. Il éprouve la croissance d'un part, et, d'autre part, le lien. [...][...] et chaque enfant vient au monde avec l'espoir que dehors, il sera, d'une manière ou d'une autre, bienvenu, qu'il trouvera quelqu'un qui le prendra dans ses bras, qui lui offrira proximité et sécurité. Alors, ces enfants vont dans le vaste monde, et font des expériences, les expériences les plus importantes sont toujours celles qui ont lieu quand il est possible de combiner ces deux expériences primitives. On se souvient que ça marchait à l'époque ! Pendant au moins neuf mois, on a pu vivre en même temps le lien et la croissance. Alors on se retrouve dehors, et ce qu'on est ne convient pas tout à fait à la maman, ou au papa, ou à quelqu'un d'autre... on n'est pas accueilli tel que l'on est, des adultes se mettent à vous éduquer de partout, parce qu'ils voudraient qu'on soit comme eux, ou comme ce qu'ils auraient aimé être ou devenir. [...] » ~ Dr. Gerald Hüther
***
La souffrance de l'exclusion
Cette phrase, ci-dessous, presque mot pour mot, et tout le paragraphe, m'ont poignée aux tripes; j'entendais la voix de notre enfant qui le dit depuis si longtemps.
« Les mêmes circuits neuronaux s'activent quand on nous inflige des souffrances corporelles. Autrement dit, notre cerveau réagit de la même manière lorsque nous sommes exclus d'une communauté que lorsqu'il repère un dérangement dans notre relation avec notre corps. Quand ça ne va pas dans le corps, ça fait mal. Quand ça ne va pas dans notre relation avec l'autre, ça fait mal aussi. Le même système, et dans les deux cas, ça fait mal, et il nous faut une solution, et voilà nos tout-petits déjà contraints de trouver une solution bizarre, et si les adultes ne leur montrent pas à quoi pourraient ressembler ces solutions - nous pourrons discuter un peu plus tard de ce à quoi elles pourraient ressembler - si nous ne leur montrons pas, probablement parce que nous l'ignorons nous-mêmes, à quoi pourrait ressembler une solution pour être à la fois lié et libre, et bien, alors, ils souffrent...
Et comme il est insoutenable de souffrir tout le temps, nous avons besoin dès notre plus jeune âge - et plus tard en tant qu'adulte, à chaque fois que nous ne pouvons pas recevoir ce dont nous avons besoin, de trouver quelque chose qui nous permette de le supporter. Quand on ne reçoit pas ce dont on a besoin, on prend ce qu'on arrive à prendre. Et à chaque fois qu'on y arrive, on est un peu contenté.Et cela active dans le cerveau ce que les neuroscientifiques appellent le centre de gratification. À chaque fois qu'on s'enthousiasme pour quelque chose, et ce sur quoi on s'enthousiasme importe peu au cerveau, il y a ce qu'on appelle des transmetteurs neuroplastiques qui se déversent, et ces transmetteurs neuroplastiques sont comme de l'engrais pour le cerveau, mais ces neurotransmetteurs, lorsqu'on nous fait apprendre l'annuaire par cœur ou bien ... lorsqu'on reçoit les conseils de gens avisés ... ils ne sont pas déversés. Ces transmetteurs neuroplastiques ne se déversent que lorsque les centres émotionnels sont activés dans le cerveau et pour qu'ils soient activés, il faut que quelque chose vous prenne aux tripes, il faut que quelque chose vous soit particulièrement important... » ~ Prof. Dr. Gerald Hüther
Chercher un espace de communication vraie
Nos enfants apprécient et cherchent toujours, partout, un espace de communication vraie avec chacun. Comme chacun de nous, n'est-ce pas ? Ils ont besoin de voir leur entourage, et tous les humains, partout, s'enthousiasmer toujours, pour autre chose de plus ...vivant !
Nos enfants apprécient et cherchent toujours, partout, un espace de communication vraie avec chacun. Comme chacun de nous, n'est-ce pas ? Ils ont besoin de voir leur entourage, et tous les humains, partout, s'enthousiasmer toujours, pour autre chose de plus ...vivant !
Comme chacun de nous, n'est-ce pas ? Il arrive à tous ceux qui ont grandi sans ce que le Prof. Hüther appelle 'lien et croissance', de souffrir parfois parce que ces besoins n'ont pas toujours été satisfaits. Ces besoins pour lesquels notre aîné d'abord, puis son petit frère, ont le plus souvent refusé les substituts et osé l'exprimer. Forts et courageux, ils poursuivent, parfois timidement, malgré une certaine crainte d'être de nouveau incompris (on ne craindrait pas quand on ne l'a pas été) mais éternels amoureux de la vie, du vivant, ils osent la vie. Et comme ils nous inspirent !
La problématique : tous les avis se valent.
Vraiment ?
Si les mots de cette vidéo m'ont tant touchée lorsque je l'ai 'lue' la première fois, c'est aussi qu'il est arrivé des difficultés de communication avec l'entourage, avec des gens que nous aimons beaucoup ou d'autres que nous connaissions moins. Sur les listes de discussions de parents, aussi, comme vous le savez si vous en avez fréquentées. Vous l'avez peut-être vécu, vous aussi, ce moment où nous sentons bien qu'après avoir abordé le sujet d'eux-mêmes ET demandé notre avis, certains ne veulent pas entendre / voir... parce qu'ils ont... mal... Cette douleur, chez l'autre, nous touchait aussi. L'ayant vécue, nous la comprenons. Et puis, tout naturellement, l'humain est touché par le mal-être de l'autre, il veut aider, soulager... aimer.
Alors que nous tentions, peut-être maladroitement parfois mais toujours avec amour, de témoigner de ce que nous avions observé longuement, étudié, comparé avec le vécu de tant d'autres familles, certains voulaient réfuter : ce n'était 'que' notre vécu personnel; ça ne s'appliquerait pas à tous; chacun a son avis; ou encore toutes les opinions se valent...
Les résultats étant différents - particulièrement à long terme - il serait pour le moins étrange d'affirmer que toutes les opinions, tous les choix de vie, se valent, n'est-ce pas ? Vous avez déjà entendu ce genre de choses, vous aussi ?
Les résultats étant différents - particulièrement à long terme - il serait pour le moins étrange d'affirmer que toutes les opinions, tous les choix de vie, se valent, n'est-ce pas ? Vous avez déjà entendu ce genre de choses, vous aussi ?
- Toutes les approches/méthodes en éducation (à l'école ou en famille) seraient équivalentes;
- Tel enfant est exceptionnel, ou doué, ou aventureux, et tel autre plutôt paresseux, moins talentueux, ou peureux;
- On ne naît pas tous 'pareils';
- Les difficultés rencontrées pourraient être dues aux vies antérieures;
- Le fait d'être 'méchant', 'agressif', 'violent', est 'naturel' chez l'humain. Ou chez le garçon (sexisme, quand tu nous tiens!)
- L'agressivité chez l'humain est semblable à celle d'autres animaux carnivores qui se battent et/ou tuent pour se nourrir.
On a même entendu, et pas qu'une fois, que ce ne serait pas ok de soulever une problématique, de regarder les choses en face, si on ne pouvait pas, du même coup,
apporter la solution, 'guérir' chacun instantanément ! (Ah ! si on avait le neuralizer des MIB!) Bref.

Une solution : rester connecté
Nous avons continué d'observer les faits, de voir que notre instinct ne nous trompait pas, qu'il nous indique que ce que nous vivons et observons - et les hypothèses que nous en tirons - était réalité, science donc et non pas croyance: quand un enfant n'est pas heureux, ou ne veut pas apprendre ou faire ceci ou cela, ou semble 'doué' ou son contraire, le 'problème' n'est pas l'enfant. L'enfant n'est pas un problème. L'enfant n'a pas de 'problème'.
(Re)connaissant
la souffrance de l'interlocuteur et toujours emplis d'espoir, nous
cherchions sans relâche une façon de dire les choses pour 'aider'. Éviter
que les gens souffrent. Je ramène au 'je', à moi. Comment
me suis-je assurée que je vis l'émotion qui me vient, sans la réprimer
ou être tentée d'imaginer que cette douleur intérieure vient de l'autre ? J'ai trouvé des choses qui aident. D'autres m'y ont aidée. Je les ai partagées, sur notre liste de discussion et ici, entre autres. Rester connecté à l'enfant. À ce qu'il nous dit, nous montre. Rester AVEC l'enfant. Au besoin, si l'émotion est forte, s'étendre au sol, respirer à fond, jusqu'au ventre. Regarder le plafond
ou le ciel, là où ce n'est pas encombré. Ne pas résister. Ne pas
réprimer l'émotion. Comme elle vient, elle va. Pas besoin de mots pour
l'exprimer. L'air suffit.
Retour au début : l'accueil à l'enfant
Portée par le plus grand enthousiasme que j'aie jamais vécu - et toujours bien vivant - celui du bien-être de ces enfants que nous avons accueillis, du respect de qui ils sont, de relations heureuses avec eux et avec le monde autour, je suis, comme eux depuis leur naissance, toujours en mode 'recherche active', alerte à tout ce qui vit, se dit, se partage, sur le sujet. De la vie.
Portée par le plus grand enthousiasme que j'aie jamais vécu - et toujours bien vivant - celui du bien-être de ces enfants que nous avons accueillis, du respect de qui ils sont, de relations heureuses avec eux et avec le monde autour, je suis, comme eux depuis leur naissance, toujours en mode 'recherche active', alerte à tout ce qui vit, se dit, se partage, sur le sujet. De la vie.
Toutes ces questionnements que nous avons, entourant l'humain, l'enfant, ses apprentissages, son bonheur, ou ce qu'on appelle dans notre culture les 'troubles' de développement, tout prend racine dans la façon dont on accueille le petit humain, dès la naissance. Et cet accueil, il ne repose pas 'que' sur la maman et le papa n'est-ce pas ? Et cet accueil commence avant la naissance car il est déjà humain et vivant ce petit dans le sein de sa maman, n'est-ce pas ?
Enfin, si vous avez apprécié cette conférence, je suggère que vous la partagiez à votre tour. Afin que nous puissions tous, enfin, vivre heureux ENSEMBLE, comme le désirent nos enfants - tous les enfants, donc nous tous - depuis toujours.
Merci !
Édith
mardi 15 octobre 2013
Le petit guide du unschooling au Québec (partie 1) - mes commentaires
Une maman (zen) a publié, ici, la première partie d'un article sur la non-scolarisation, présentant l'historique de l'école publique et obligatoire telle qu'on la connaît aujourd'hui, ainsi que certaines alternatives, dont le unschooling.
Suite à cette lecture, j'ai envie de partager avec vous mes observations et réflexions.
Un commentaire laissé sur la page de l'article m'a donné l'opportunité de partager un peu notre vécu, préciser et clarifier certaines données, afin que nos concitoyens québécois soient mieux informés, ou, s'ils le désirent, qu'ils se permettent de prendre le temps d'observer et d'en apprendre
plus sur cette attitude devant l'enfant, ce choix de vie, qu'est le
unschooling.
Voici donc les commentaires que j'ai publiés aussi sur la page de l'article en question.
Merci pour cet article bien documenté qui présente, du point de
vue de plusieurs auteurs sur le sujet, des alternatives à l’école
obligatoire, dont le 'unschooling', celui que nous avons choisi, car c’est
la vie, le chemin que nous empruntions naturellement. Apprendre est
impossible à éviter, et nous avons observé que dans la vie, dans le vrai
monde, plutôt que dans le vase clos de l’école, c’est non seulement
inévitable, mais plus joyeux !
Personnellement, je n’ai vu nulle part dans les mots de l’auteure de
cet article quoi que ce soit qui puisse donner à penser qu’elle aurait
la croyance que l’école soit une conspiration. Sinon, peut-être, les
citations de John T. Gatto ? Enseignant lui-même, il a vu ce qu’il a vu
et l’a partagé, ainsi que ses réflexions. Chose que j’apprécie chez
l’humain.
Il n’est pas le seul professionnel à avoir fait semblables
observations. En faisant de la recherche sur le sujet, on en trouve
plusieurs, dont certains sont cités ici, à juste titre, à commencer par
John Holt, enseignant et chercheur. En français, on peut lire
Jean-Pierre Lepri, qui après avoir servi l’Éducation nationale (en
France) une cinquantaine d’année, docteur en éducation et sociologie, a
publié chez l’Instant Présent : « La fin de l’éducation ? Commencements…
».
Et l’enthousiasmant témoignage d’André Stern: « …Et je ne suis jamais allé à l’école – Histoire d’une enfance heureuse » (Actes Sud – 2011),
où à la fin, il répond à toutes ces questions que les gens nous posent,
celles auxquelles nos enfants ont répondu aussi, si souvent. C’est aux
pages 148-150: « Et si tu avais voulu devenir médecin, avocat,
ingénieur ou architecte? »
Cela dit, je me dis que pour qui y trouve son bonheur, l’école est
toujours là. À chacun de faire le choix d’utiliser ou pas les services
proposés.
En commentaire, quelqu'un exprimait que certaines réalisations seraient difficiles si l'enfant reste auprès de sa mère.
Je reviens sur certaines parties, ci-dessous.
D’abord, sur ces ‘réalisations’:
« s’épanouir, élargir leurs horizons, socialiser avec d’autres de leur âge »
--> (J’ajouterais: et de tous âges). J’ai eu la chance
d’observer, chaque jour, comme elles font partie de l’humain dès la
naissance.
Et celle-ci:
« et apprendre à fonctionner dans un cadre bien spécifique (horaire, travail, respect…) »
--> J’ai vu qu’elles s’apprennent naturellement et s’intègrent
aisément dans la vie, juste du fait qu’il y a différentes structures
partout, autant dans la famille, différemment selon le moment ou
l’endroit où l’on vit, que partout ailleurs.
Aussi, j’ai observé, depuis une vingtaine d’années, chez nos enfants et
plusieurs autres (et chez les adultes), comme toutes les connaissances
et compétences sont acquises de façon toute naturelle, avec
enthousiasme, lorsqu’elles viennent d’un élan spontané intérieur plutôt
qu’imposées de l’extérieur.
Quant à la partie:
« toutes ces réalisations sont difficiles lorsque l’enfant reste auprès de sa mère.»
--> En lisant l’article, je n’ai pas vu où il serait écrit que l’enfant resterait uniquement auprès de sa mère. Je ne connais pas l’auteure de cet article mais chez nous – comme dans d’autres familles unschooling – on a choisi de ne pas confiner nos enfants dans une pièce unique, ni de leur demander de s’asseoir devant un plan de travail pour écouter, lire ou écrire, plusieurs heures chaque jour. Cependant, ils l’ont fait naturellement, quand ils ont eu envie d’apprendre ou de faire quelque chose qui se fasse mieux assis à une table ou un bureau, dedans ou dehors, ou à la bibliothèque, ou chez les grand-parents. Ils le font toujours. Nos enfants ne sont pas restés qu’à la maison, avec maman. (Ils ont un papa aussi !
Ils sont sortis tous les jours, avec un parent la plupart du temps au
début, mais sans nous aussi, en grandissant, heureux de vivre leur
autonomie. Ils ont des amis, rencontrent des gens partout, comme tout le
monde.
Ce questionnement (qui me semble bien normal) me fait sourire
maintenant car, avec mon esprit scolarisé, il m’était arrivé, parfois,
de ne plus prendre le temps d’observer. En le faisant, j’ai bien vu que
ces enfants, comme tous les autres, ont des voisins de tous âges, des
cousins, des tantes, des oncles, des grand-parents… déjà, ça fait pas
mal de monde avec qui vivre, découvrir, et apprendre.
Et j’ai pu voir alors qu’ils vont faire les achats, et chez le
dentiste, et au cinéma, au concert, au musée, aux conférences, aux
rencontres du club d’astronomie (ou autre), en randonnée, aux
expositions, et en voyage, comme tous les autres enfants, aussi.
Nos enfants ont eu accès à des dizaines d’adultes, chacun selon leurs
intérêts, leurs champs de compétences et leurs disponibilités. Nous
avons préféré cela (plutôt que le ratio scolaire d’un adulte de
référence pour 15 ou 20 enfants), pour répondre à leur soif innée
d’apprendre et de comprendre le monde dans lequel ils sont nés, pour les
aider à trouver des réponses et à poursuivre leur réflexion et leurs
recherches sur toutes ces questions qui leur venaient constamment.
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| (photo: J'OSE la vie ! - 2013) |
Et je profite de l’occasion pour remercier tous les parents, amis, voisins, collègues, techniciens et professionnels rencontrés ici et là, pour leur ouverture et leurs partages.
Merci !
Édith
lundi 30 septembre 2013
Unschooling et grand-parents
Je partageais ceci avec une maman récemment et j'ai pensé le partager ici aussi. J'en ai fait une très légère révision, qui ne change en rien le sens. En fait, j'ai laissé les mêmes phrases et ajouté quelques précisions puisque c'était tiré d'une discussion.
| au chalet |
« Parfois, pour le papa (pour un parent) le fait de savoir que les grand-parents font / feront partie de la 'tribu' d'adultes de référence pour ses enfants calme certaines peurs. » ~ Edith C.L.
Pendant quelques années, heureuses et plus faciles, nous avons eu mes parents tout près. Souvent disponibles pour bavarder avec nos enfants; leur faire un repas qu'ils aimaient quand je sortais avec l'un ou l'autre ou que j'allais faire des courses; nous accueillir au petit déjeuner le jeudi; parler de montagnes, d'arbres et de cartes topographiques avec notre aîné qui voulait en savoir plus à ce sujet (et tellement plus!).
Les grand-parents ont tant à offrir, quand ils en ont le désir sincère. J'ai beaucoup de gratitude pour ce que mes parents nous ont offert, et nous offrent encore aujourd'hui bien que ce soit autrement maintenant.
On se voit moins souvent, à cause de la distance, mais nos moments ensemble sont encore meilleurs, parce qu'avec le temps, ils ont découvert et observé le unschooling - la vie - en action, eux aussi.
Édith
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