mercredi 21 novembre 2012

En sortie avec Oli (Salon du livre anarchiste de Montréal 2012)

Le 20 mai dernier, Olivier et moi sommes partis en week-end à Montréal. Juste nous deux. C'était super !


Je n'avais jamais encore fait un voyage en auto toute seule avec lui. Quand on est tous les quatre en voiture, ce n'est pas la même chose, évidemment. Les gars discutent et rigolent à l'arrière. Jérôme écoute sa musique préférée sur le MP3 que Oli lui a donné. Olivier siffle ou chante, et observe les arbres.

Cette fois, c'était  différent. Assis tous les deux à l'avant - évidemment ! - on a discuté pendant des heures. On discute souvent pendant des heures depuis des années mais là, c'était quand même différent. On a parlé de tous ces sujets qui nous passionnent, de la vie et de l'humain donc : histoire de l'humanité, alimentation, besoins, modes de vie, relations. Juste tous les deux, sans interruption. 

Hall of Human Origins
Il m'a raconté ce qu'il a vu et lu en visitant le American Museum of Natural History, à New York. Il a passé tout l'après-midi dans la salle de l'histoire de l'humanité alors que je suivais Jérôme dans les salles de géologie en tant que photographe attitrée. Je n'avais pas encore eu le temps d'entendre Olivier me raconter tout ça et j'avais enfin un bon moment pour le faire. Je suis heureuse d'être maman de deux enfants. Mais j'ai trouvé difficile parfois de ne pouvoir les écouter attentivement tous les deux en même temps. Surtout s'ils parlaient de sujets différents ! ;-) Je sais que chacun n'a pas toujours reçu cette attention à laquelle il avait droit et que j'aurais aimé lui accorder. Et je les remercie de cette patience qu'ils ont eu.

Olivier, comme à son habitude depuis tout petit, ne se contente pas de lire trois ou quatre affiches dans un musée et quelques articles pour tirer des conclusions sur un sujet. Il cherche à fond, partout, est attentif à tout, tout le temps, collecte puis connecte toutes les informations qu'il trouve et entend partout. Que ce soit à la télé, dans un magazine, un musée, avec des amis, un voisin, ses grand-parents, des gens sur les forums, ou dans les livres et encyclopédies, partout ! Il cherche, lit, écoute, note, retient, questionne, mais surtout, surtout, il observe et commence par être son propre sujet d'observation, comme tout chercheur qui se respecte. Comme l'écrit Victoria Boutenko au chapitre 1 (Dare to observe) de Green for Life :

«L'observation constitue le fondement de chaque science. 
Vous et moi, comme chaque personne sur cette planète, avons le droit de faire nos observations et de tirer nos propres conclusions, et ce, que nous soyons scientifiques ou pas. Notre expérimentation personnelle nous aide à rester en charge de nos vies. Aucune donnée scientifique ne peut se substituer à notre propre expérience.
[...] Il n'y a qu'à travers l'observation que nous apprenons à connecter les conséquences aux causes, à être conscient de ce à quoi s'attendre.»
Et plus loin:
«Tout en vivant nos vies, essayant de nouvelles choses et cherchant de vraies réponses, nous acquérons beaucoup d'expérience. Notre savoir devient familier et pratique. Nous nous sentons plus confiants lors de quelque circonstance de la vie, particulièrement quand nous avons à prendre une décision urgente. À l'opposé, quand tout ce que nous avons est une compilation d'instructions de quelqu'un d'autre, le mieux que nous puissions faire est d'espérer et de prier pour que les auteurs de ces instructions aient été efficaces dans l'acquisition de leurs connaissances, et honnêtes dans leurs intentions. En d'autres mots, nous espérons que quelqu'un d'autre prenne mieux soin de nous que nous ne le faisons nous-mêmes.
[...]
Observer est un droit inné. Si nous utilisons notre habileté à observer, nous pouvons nous libérer du labyrinthe de confusions. Je crois que nos propres observations consciencieuses sont mille fois plus importantes que n'importe quelle revendication scientifique rigide.» 
- Victoria Boutenko (traduction: Édith Chabot-L.)

Tout ça pour dire que vivre avec Olivier, l'écouter, et l'accompagner dans son cheminement a toujours été fascinant: étincelant de découvertes et joyeux comme son rire printanier !

À mi-chemin entre Québec et Montréal, nous avons fait une pause dans une halte au bord de l'autoroute. Il faisait beau et très chaud. Nous nous sommes étendus dans l'herbe un moment, au soleil. Quel bienfait ! Puis, nous avons repris la route, et le Pont Victoria, pour nous rendre au Salon du Livre Anarchiste de Montréal.

crédit-photo: Salon du Livre Anarchiste de Montréal
On allait y rejoindre Idzie et Emilie, accompagnées de Lauren, qu'on n'avait pas revue depuis l'été dernier. Elles étaient avec Nick, que j'ai rencontré après le Défilé de la Saint-Patrick à Québec en mars dernier. Il est membre du Montreal Pipes and Drums, tout comme Emilie. Ils étaient au rendez-vous. Nous étions bien contents de les revoir. Nous avons visité une salle d'exposants avant d'aller nous asseoir sur l'herbe, sous un grand arbre, pour bavarder tranquillement. J'ai mangé la salade que je m'étais apportée.  Et quelques pissenlits sucrés qui me faisaient envie. J'étais un peu fatiguée de la route, je n'ai que peu participé aux conversations. J'ai écouté ces jeunes unschoolers tranquilles qui m'entouraient, parlant nutrition, santé, botanique, etc. Ils partageaient leurs idées, leurs connaissances. Leur présence était calme.

En après-midi, je me suis rendue à la salle familialeOlivier devait, plus tard, animer un atelier aux côtés de Marike. Je suis arrivée au début d'un atelier sur un sujet qui me passionne depuis que je suis maman: 
-  Parentage proximal: co-dodo, allaitement, portage traditionnel. 
Animé par Caroline Quinn et Martine Quimper

J'avais l'impression de connaître Martine, déjà. Depuis cette conversation au téléphone l'hiver précédent. Le plus long que j'ai tenu dans ma vie, je crois bien. :-) Je suis entrée, cherchant des yeux un siège libre. Quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur Kathy et Donald, des amis de longue date que je n'avais pas revus depuis plusieurs mois à leur retour d'Équateur, où ils ont une maison, et une ferme. Une belle surprise!

J'ai écouté ces mamans partager leurs compétences. J'ai ajouté un bref témoignage, et quelques suggestions de lectures dont cet article: « Le portage de l'enfant: une réponse à ses besoins » par Agnès Vigouroux, psychologue clinicienne. Pour celles qui auraient pu sentir le besoin d'un article scientifique pour avoir plus d'infos et de preuves qu'en écoutant leur cœur, elles étaient dans le vrai.

L'atelier suivant était celui de l'École Libre Radicale de Montréal. Il y avait un monde fou, et une chaleur à étouffer. Peu d'espace dans le local, ce qui s'est traduit par un manque d'espace dans la communication à un moment. Après Marike, et Mathieu, Olivier s'est exprimé un moment. Certains, intéressés par son témoignage, ont voulu poursuivre dehors après l'atelier. Une dame nous a rejoint dans le parc pour nous féliciter... Je lui ai demandé pourquoi. Elle a dit qu'elle savait combien c'était d'engagement de la part des parents d'offrir une vie de unschooling à leurs enfants. J'ai dit que je n'avais aucun mérite, que Olivier et son frère avaient tout découvert par eux-mêmes, et nous avaient courageusement montré la voie du retour à soi. Nous avons bavardé un bref moment, elle était bien sympathique. 

Avant de quitter, j'ai demandé à Donald s'ils avaient un espace libre sur leur balcon, où l'on puisse passer la nuit. Il a offert de nous accueillir à l'intérieur, mais je me suis quand même assurée qu'il y avait un balcon, car Olivier aime bien le plein air. Donald était content que j'aie demandé, conscient de la confiance que je lui accordais, a-t-il dit. J'ai été touchée par ses mots. C'était bien sûr le cas, je n'irais pas dormir chez quelqu'un en qui je n'ai pas confiance. Évidemment. 

J'ai noté les indications précises. Nous sommes arrivés chez eux en début de soirée. J'étais crevée, j'avais mal à la tête. Donald m'a suggéré son truc: un bien de pied, bien froid. C'est vrai qu'il faisait une chaleur ! Ça a fait du bien. 

Après avoir mangé les délicieux fruits qu'on nous offrait, et quelques-uns que nous avions apportés, Olivier a bavardé avec eux de leur vie en Équateur. En soirée, nous avons regardé des photos de leur ferme là-bas. C'est si beau la montagne, les arbres, les fruits ! Beaucoup de travail aussi. C'était émouvant d'être invités ainsi à entrer dans leur vie sud-américaine. À un moment, leur fille a demandé où nous aurions dormi si nous n'avions pas rencontré ses parents. Bonne question ! On avait pris nos sacs de couchage en se disant qu'on trouverait bien. On était prêts à passer quelques heures dans une halte, au besoin. Il ne pouvait que nous arriver mieux ! Et c'est grâce à cette rencontre inattendue avec ses parents que nous étions si bien accueillis ce soir.

Après une bonne nuit de sommeil, quelques câlins à Michou (le chaton qui a passé une partie de la nuit avec nous) et une balade au bord du fleuve, Oli et moi avons repris la route. Nous nous sommes arrêtés un moment dans un supermarché, prendre des fruits rouges pour la route: fraises, cerises, framboises. Et du chocolat pour moi.

Et de nouveau deux bonnes heures de causerie, un bon moment à accueillir les confidences et les pensées de ce premier fils que nous avons accueilli dans notre vie, et que j'aime si fort. 

Merci Olivier pour ce bon moment, ce premier voyage juste nous deux! Merci de tout cœur. ♥ 

Et merci à vous, Kathy, Donald, Shelly, Myria, pour votre chaleureux accueil et les agréables causeries. :-)

Édith

3 commentaires:

Catherine a dit…

Quelle belle expérience! Merci de nous la partager!

maman caillou a dit…

oui vraiment merci!!

L'équipe du Journal JOSE a dit…

TOUT le plaisir est pour moi! Comme vous vous en doutez bien. :-)

Edith...
qui espère bien arriver a raconter bien d'autres de ces moments de pur bonheur, bientôt!

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