mardi 4 septembre 2012

Quelle place pour les enfants ?

Au moment où ferment les bureaux de vote, en ce jour d'élections provinciales, je choisis de partager ici nos impressions. 

Hier soir, sur la route du retour de vacances, on a dormi au Nouveau-Brunswick. Je ne sais pas si c'est le fait d'être hors de la province, ou d'avoir la télé (ben, non, on ne l'a pas à la maison, choix de nos fils depuis que la télé est passée au numérique il y a un an), ou juste le hasard d'être tombés sur le Téléjournal à Radio Canada, édition spéciale de la veille des élections, en direct de notre ville (où nous n'étions pas), mais Jérôme avait envie d'écouter. Alors, lovés confortablement dans les oreillers, nous avons écouté. Des choses intéressantes, ou ridicules, des absurdités, et des horreurs. Des leurres et des mensonges aussi, qu'on appelle du 'positivisme' - ou méthode coué, en France. Trois leaders de partis politiques importants qui annoncent, tous les trois, à différents moments, devant des centaines, des milliers, de citoyens:

''Le 4 septembre, nous formerons un gouvernement majoritaire !''

Nonobstant le fait que deux sur trois, au moins, ont menti, comment est-ce possible ? 

Bien sûr, nous savons tous que Jean Charest, François Legault et Pauline Marois NE PEUVENT PAS former tous les trois un gouvernement majoritaire. À moins qu'enfin, ils décident de s'entendre, et de faire les choses ensemble, ce qui serait une première plutôt intéressante. Mais, nous savons tous que ce n'est pas du tout ce qu'ils insinuaient. Et moi non plus. Quand je demande 'comment est-ce possible?', je veux dire comment est-ce possible de mentir aussi effrontément aux gens, dans le but de se convaincre soi-même probablement, et, de façon tout aussi évidente, de ''convaincre'' l'électorat, et ce, tout à fait impunément, de façon tout à fait acceptée, valorisée socialement ? Moi, ça me dépasse ... !

Comment peut-on, comme peuple, comme parent tout spécialement, accepter de tels leurres de la part de possibles dirigeants ? Comment peut-on voter pour ces gens, remettre entre leurs mains notre voix dans les décisions qui seront prises concernant nos choix de vie en société ? 

Et que raconter à nos enfants lorsqu'ils feront de même ? Et gagneront ? Ou perdront ?

Que font ces gens le lendemain, quand ils réalisent qu'ils ont menti à tout un peuple, à tous leurs concitoyens? 

Et que pense celui qui n'a pas menti, s'il s'avère que son parti forme réellement un gouvernement majoritaire ? Qu'il a de la chance ? Ou qu'il a bien joué ses cartes et gagné un salaire assuré pour les 4 prochaines années?

Parmi les autres conversations passionnantes que j'ai eues avec Jérôme pendant et après cette émission spéciale, il a soulevé d'autres points... ou s'est soulevé d'indignation en entendant des promesses électorales comme celles-ci: 

Charest: ''On va donner 100$ par enfant qui fréquente nos écoles !''

Celle-là, on l'a trouvé assez cocasse quand même. Quand on en est rendus à devoir payer les gens pour qu'ils fréquentent nos écoles 'gratuites', ... pas besoin d'en dire plus ! 


Legault: '' Les autobus jaunes, qui partent de nos écoles à 3h30 l'après-midi, ils partiront plus à 3h30, ils vont partir à 5h00 (pm) maintenant !''

Tant qu'à enfermer les enfants, enfermons-les encore plus longtemps, tiens ! Horreur !


Marois: '' La gratuité scolaire pour tous. On va abolir les frais de scolarité. ''

Ah oui ! Et qui c'est qui va payer pour ça, c't'e beau projet-là, vous pensez ? Hein ? Ben, moi, je vous le dis: c'est Monsieur Baboune ! (vous vous rappelez cette annonce à la télé d'une dame qui racontait à son mari qu'elle retournait aux études ?)

Petite explication fiscale: si c'est gratuit, on le paye dans nos taxes. Si une partie est défrayée par les étudiants (ou leurs parents), on paye la plus grande partie dans nos taxes. La seule différence ici, c'est que la petite partie défrayée par les étudiants (ou leurs parents), ne sera pas prélevée sur notre humble salaire, à nous, parents, dont le fils aîné a choisi de ne pas fréquenter ce genre d'établissement. Nous défrayons le coût de ses apprentissages depuis toujours, et sommes heureux de le faire (sincèrement) mais nous ne désirons pas payer pour les études des enfants des autres. 


À la fin de l'émission, après avoir écouté très attentivement, et donné son avis sur plusieurs choses, Jérôme a fait son pronostic: 
Charest (Parti Libéral): gouvernement minoritaire (environ 50 sièges sur 125)
et Marois (Parti Québécois): opposition officielle. 

Personnellement, j'ai pensé que Charest gagnerait 63 sièges. 

Plus tôt aujourd'hui, Jérôme me disait qu'il a bien vu (et entendu) depuis longtemps que les gens votent pour celui qu'ils espèrent qui sera le moins pire, prendra les décisions les moins irrespectueuses du peuple, ou de leur portefeuille. Mais qui se soucie de nos enfants?

Ce soir, on est bien occupés chacun à nos activités, et on ne peut pas suivre le dépouillement des votes à la télé (ben, non, on n'a pas la télé, vous vous rappelez?), alors que sera sera

De toute façon, tant que le vote blanc ne sera pas sérieusement considéré, personne ne saura jamais quel est le véritable avis de chacun des citoyens. 

Et personne ne pourra se targuer d'avoir un vrai gouvernement majoritaire !

Et personne ne pourra affirmer vivre dans une vraie démocratie !


Édith, avec la participation de Jérôme

2 commentaires:

Catherine a dit…

Amen! Je suis tellement d'accord!

L'équipe du Journal JOSE a dit…

Merci pour ton mot, Catherine, que je passe aussi à Jérôme. ;-)

Édith

Enregistrer un commentaire

Les commentaires sont bienvenus.
(Note: tout commentaire irrespectueux sera supprimé.)